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ART d'aujourd'hui REVUE D'ART CONTEMPORAIN NUMÉRO 8 SÉRIE 5 DECEMBRE 1954 PRIX 300 FR.

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SOMMAIRE 1. Revue aujourd'hui. 2. Le respect dû aux œuvres d'art par les pouvoirs officiels. 3. PREMIER SALON DE LA SCULPTURE ABSTRAITE. Présentation de Roger Bordier. 4. Les exposants. 6. Diversité des œuvres, des hommes, des idées, textes de Roger Bordier. 11. Pourquoi un Salon de la sculpture abstraite ? 12. Paule Vezelay, par Michel Seuphor. 13. LA CALLIGRAPHIE JAPONAISE, par Michel Seuphor. 14. Quelques œuvres classiques de la Calligraphie. 18. Classification des tendances des calligraphes contemporains au Japon, par Shiryu Morita. 19. Œuvres de calligraphes et notes biographiques. 24. ART D’AUJOURD'HUI. Sommaire des numéros parus. 29. Les expositions à l'étranger et à Paris. La couverture a été réalisée d'après un collage d'André Bloc. La planche hors texte a été réalisée d'après une gouache de Herbin par les ateliers Renson. La composition et la mise en page de ce numéro sont de Pierre Lacombe. --- ART d'aujourd'hui Directeur : André BLOC Comité : Marguerite BLOC, Léon DEGAND, Pierre GUÉGUEN, Edgard PILLET, Michel SEUPHOR Secrétaire Général de Rédaction : Edgard PILLET. Editions de l'Architecture d'Aujourd'hui : 5, Rue Bartholdi, Boulogne-sur-Seine Téléphone : MOLitor 61-80 — C.C.P. Paris 1519-97- Abonnements (8 numéros) France : 2.000 frs — Etranger : 2.300 frs. DISTRIBUTEURS : Argentine : Editorial Victor Leru, Calle Cangailo, 2233 Buenos-Aires. — Belgique : Érie Lemesre « Formes nouvelles », 6, rue Ravenetein, Bruxelles. — Brésil : Sociedade de Intercambio, Franco Brasileira Ltda, 75, Rue Baroa de Itapetininga Sao Paulo. — Danemark : Borge Boesens Beghandel Raadhusplade, 55, Copenhagen V. — Etats-Unis : Wittenborn and Co 38 East, 57 th Street, New-York 22, Librairie M. Flax, 10846 Linalwok Drive, Los-Angeles 24, Italie : Sattc, 24 Via Monte di Pséta, Torino - Salto, Via Santo Spirito 14, Milan. — Iran : Librairie S. A. S., Avenue Chah, Téhéran. — Japon : Meiji-Shobo 4-2 chome Surugadal Kanda Tokyo. — Suède : Charles Portin, 40, Bastugatan, Stockholm. — Uruguay : S. U. R. D., Maldonado, 86, Montevideo. --- INVITATIONS DE PARIS ET DU MONDE BRUXELLES Gianni BERTINI du 4 au 21 décembre Galerie Aujourd'hui. BUENOS-AIRES Marta BUGNONE du 3 au 16 novembre Galerie Comte. FLORENCE David MALCHIN du 2 au 15 décembre Galerie Numéro. GOTHENBOURG (Suède) Lambert WERNER du 24 novembre au 8 décembre Lorensbergs Konstsalong. MILAN Andrea et Pietro CASCELLA Vernissage le 25 novembre Galerie del Naviglio. Jean LEPIEN du 4 au 17 décembre Galerie Bergomini. PARIS Abel BERTRAM du 26 novembre au 18 décembre Galerie Huguette Berès. BISSIERE Vernissage le 19 novembre Galerie Jeanne Bucher. CALDER Vernissage le 12 novembre Galerie Maeght. CARRENO du 23 novembre au 11 décembre Galerie Suzanne Michel. CHABAGNY du 26 novembre au 4 décembre Galerie Pierre Bouchet. GESTALDER du 2 au 18 décembre Galerie Simone Badinier. FANIEL Stéphane du 26 novembre au 11 décembre Galerie Diderot. HERBIN du 10 décembre au 9 janvier Galerie Simone Heller. HEROLD du 30 novembre au 14 décembre Galerie Furstenberg. RIBITZKI SCHUMANN du 13 novembre au 12 décembre Galerie du Colisée. LACROIX du 9 au 23 décembre Galerie Guénégaud. LEGER « Le Paysage dans l'œuvre de Léger » du 19 novembre au 31 décembre Galerie Louis Carré. LURCAT, tapisseries NOLL, bois sculptés du 27 novembre au 15 décembre Galerie la Demeure. NEMOURS Aurélie du 7 au 28 décembre Galerie de Beaune. RIOPELLE du 10 décembre au 10 janvier Galerie Rive Droite. SCHNEIDER du 26 novembre au 17 décembre Galerie S. Galanis. VAIL Laurence du 19 novembre au 7 décembre Galerie Guénégaud. NEW-YORK Ruth ASAWA du 6 au 31 décembre Peridot Gallery. Ralston CRAWFORD du 8 novembre au 4 décembre Grace Borgenicht Gallery. Léon HARTL du 15 novembre au 4 décembre Peridot Gallery. HOFMANN du 15 novembre au 11 décembre Kootz Gallery. --- BIBLIOGRAPHIE KLEE Les éditions Flinker, quai des Orfèvres, viennent de sortir l'édition française de l'ouvrage que le critique allemand Will Grohmann a consacré à Paul Klee. Dans l'abondante littérature sur Klee déjà existante, ce livre fera l'effet d'une somme. Par l'abondance des reproductions il ne peut se comparer qu'à l'ouvrage que Alfred Barr consacrera, il y a deux ans, à Matisse. Il est aussi fouillé, mais la mise en pages est plus agréable, surtout quant au texte. L'édition allemande est assurée par Kohlhammer, à Stuttgart, l'édition américaine par Abrams. M. S. SOLDATI Ouvrage consacré à l'excellent peintre que fut Soldati. Texte de Lionello Venturi, qu'accompagnent de très nombreuses reproductions en couleurs et en noir, qui permettent de se rendre compte de l'importance et de la variété de cette œuvre. Editions de la Galerie Bergamini, à Milan. THE LOST ART Ouvrage consacré au vitrail : historique technique, solutions contemporaines, texte de Robert Sowers, introduction de Sir Herbert Read. Nombreuses reproductions, dont certaines en couleurs, sous couverture pleine toile noire. Editions George Wittenborn, New-York, série « Problèmes contemporains ». --- NEUF ARTISTES ABSTRAITS Textes de Lawrence Alloway. Travaux et théories de Robert Adams, Terry Frost, Adrian Heath, Anthony Hill, Roger Hilton, Kenneth Martin, Mary Martin, Victor Pasmore, William Scott. Editions Alec Tiranti. --- CATALOGUES DU STEDELIJK MUSEUM 1945-54, histoire du musée pendant ces neuf dernières années, expositions, acquisitions, très beau catalogue illustré de nombreuses reproductions. P. OUBORG, exposition rétrospective des œuvres, peintures et dessins de cet artiste. BEN NICHOLSON, exposition des œuvres de Ben Nicholson, peintures, dessins, reliefs. Oskar SCHLEMMER, exposition des peintures et dessins de cet artiste. --- INFORMATION 3° BIENNALE DE PEINTURE DE MENTON La ville de Menton, poursuivant son but artistique, prépare sa 3° Exposition internationale de peinture contemporaine. Cette manifestation se déroulera pendant la période d'été : juillet, août, septembre 1955. Le Comité d'organisation de la « Biennale » est chargé de présenter, à l'occasion des Fêtes du Citron, du 18 au 24 février 1955, son exposition régionale des jeunes peintres du Sud-Est.

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à partir de janvier 1955 ART d'aujourd'hui s'intégrera dans aujourd'hui art et architecture revue bimestrielle consacrée à l'avant-garde de la création plastique

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LE RESPECT DU AUX ŒUVRES D'ART PAR LES POUVOIRS OFFICIELS C'est sans plaisir, avec le souci d'accomplir un devoir essentiel, par amour désintéressé de l'art et par affection pour le pays où l'art moderne, malgré les pires entraves, a procédé et procède encore à ses conquêtes les plus admirables, que la Direction, le Comité et les autres collaborateurs d'ART D'AUJOURD'HUI attirent tout spécialement l'attention des autorités compétentes et du public sur la façon pour le moins regrettable dont les pouvoirs officiels, en France, traitent les œuvres d'art dont ils ont définitivement ou temporairement la garde. Aucun besoin de littérature pour exposer de quoi il s'agit. Une simple nomenclature sera suffisamment éloquente. EN GÉNÉRAL : - murs sales et dégradés des locaux, - plafonds sombres ; - salles sans lumière ; - insuffisance et pauvreté inexcusables du matériel d'exposition ; - numéros d'ordre des œuvres, fixés directement sur la matière de l'œuvre, non sur le mur ou le support ; - mauvais goût de la présentation ; - signes trop nombreux d'incompétence et de manque de véritable amour pour les œuvres exposées. AU MUSÉE D'ART MODERNE DE PARIS : - ridicule stand de vente (de reproductions, livres, etc.) à l'entrée ; - dans le hall d'entrée, barrières de champ de foire, portant, pour orienter les visiteurs des inscriptions en lettres minuscules ; - dans certaines salles, lourds rideaux inutilement décoratifs ; - meubles encombrants et laids, inutiles, bien que l'on semble prétendre le contraire, pour la compréhension des peintures qu'ils accompagnent ; - classement désastreux des œuvres : des peintures sans fauvisme dans la salle du Fauvisme, sans cubisme dans la salle du Cubisme, un Miro non surréaliste dans la salle du Sur-réalisme, des Figuratifs dans la salle des Abstraits ; - observations simplistes sur les cartons explicatifs : « REMARQUEZ LA PARENTÉ ENTRE LES COULEURS DE CE VELOURS DU CONGO BELGE ET LES HARMONIES DE CERTAINES PEINTURES CUBISTES » et « CETTE ESTHÉTIQUE (nègre) QUI A FÉCONDÉ L'ŒUVRE (des Cubistes) » ; - cartels fixés directement, par deux punaises, sur la surface peinte du tableau ; - désinvolture : sur une sculpture de Gilili la pancarte DÉFENSE DE TOUCHER est posée sur l'œuvre même et découpée par encoches pour bien s'encastrer dans les angles; - l'accès aux salles de sculpture n'est autorisé qu'entre 14 et 17 heures, c'est-à-dire, pendant trois seulement des sept heures d'ouverture ; - gardiens peu aimables. AU MUSÉE DU LOUVRE : - FAUX MARBRE débordant jusqu'aux radiateurs ; - encadrement des portes, peint en FAUX BOIS sur le mur ; - la Pieta d'Avignon placée devant un FAUX MUR DE PIERRES ; - certains Rembrandt honorés de cadres pseudo-baroques en contreplaqué ; - abus des velours pompeux ; - terribles erreurs dans le choix des couleurs de fond : un bleu trop fort tue les maîtres de l'école de Cologne, des verts variés se heurtent dans le cabinet des portraits français, l'ocre criard écrase les Memling ; - dorures ridicules aux fenêtres ; - fausse richesse, genre nouveau riche. AU MUSÉE DE L'ORANGERIE (IMPRESSIONNISTES) : - les numéros d'ordre posés sur la surface peinte des tableaux. A LA BIENNALE DE VENISE, PAVILLON FRANÇAIS : - locaux vétustes et laids ; - présentation dépourvue de bon sens : peintures de grand format (Léger) dans une petite salle, peintures de petit format (Dufy) dans une grande salle (Biennale de 1952) ; - présentation sans goût : trois sculptures de Germaine Richier déposées, comme en vrac au milieu de la salle centrale ; - bric-à-brac. A LA TRIENNALE DE MILAN, SECTION FRANÇAISE : - les Italiens, en 1954, disent que c'est LA RINASCENTE (magasins à prix unique des villes italiennes) ; - rencontres de goût douteux : Pevsner et Vasarely au milieu des cuisinières électriques, Herbin dans les pots de fleur, Le Corbusier dans le butagaz ; - bric-à-brac. CONCLUSION On dira que les pouvoirs officiels manquent de crédits. Mais ils pourraient se tirer d'affaire avec les moyens du bord sans manquer de goût, d'intelligence et d'amour. La situation est d'autant plus grave que la cause de la France, en l'occurrence et aux yeux de tous, se confond avec la cause de l'art. Nous prions nos lecteurs de bien vouloir nous adresser les informations qu'ils posséderaient sur la question. ART D'AUJOURD'HUI. ---

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PREMIER SALON DE LA SCULPTURE ABSTRAITE GALERIE DENISE RENÉ DU 10 DÉCEMBRE AU 15 JANVIER 1955 Nous le savons déjà, si nous l'oublions trop : l'histoire de l'art, donc des artistes, est, comme toute grande histoire humaine, une longue suite libératrice, j'entends : une longue suite, patiente, d'actes libérateurs. Bien sûr, il y eut des périodes hésitantes, trop d'intentions rétrogrades, des temps d'orgueil et de pesantes résignations, pour tout dire quelques nuits de la pensée, mais enfin, c'est vers cette seule lumière de la poésie en tant que telle, acte de liberté, expression de l'homme, que l'art s'est toujours dirigé. Et nous voyons bien de quelle exaltante lucidité il a su nourrir le combat contre les forces multiples qui tendaient à sa soumission. En bref, l'artiste est du côté de Prométhée : il se révolte toujours contre les dieux. Cette grandeur est aujourd'hui plus que jamais évidente, car le terrible dieu de la Figuration a fini par vaciller dans son ciel. Qu'il s'y perde ! Sur cette terre, les artistes éprouvent leur présence, la vérité de leur art et connaissent enfin cette joie réelle ,sans extérieur prétexte, qui naît d'une certitude de s'accomplir. Mais pourquoi faut-il que cette face prométhéenne de la grande aventure ne soit pas éclairée d'un jour égal ? Et peut-on admettre que restent ainsi dans l'ombre ces constructions de formes et d'espace, ces jeux de masses et de lumière qui la représentent si bien ? Le moment est venu de rendre au moins hommage à la sculpture abstraite. Mais il faut faire plus, il faut, nous le disons plus loin, créer tout un mouvement en sa faveur. Ce n'est faire injure à personne que de dire qu'il faut aujourd'hui un courage presque insensé pour se faire sculpteur, et qui pis est, sculpteur abstrait. Or, nous entendons venir une jeunesse que l'art à trois dimensions a séduit et qui, à quelques rares — oh ! très rares exceptions près — se résout à l'abandonner. C'est cette jeunesse que nous voudrions aider à prendre en mains, le ciseau, le burin, le marteau, ...le chalumeau, car la sculpture moderne a considérablement élargi ses techniques. En nous efforçant, déjà, de faire mieux connaître, d'imposer la sculpture abstraite par les œuvres de ses ainés, nullement à l'abri, eux-mêmes, de bien des injustices, peut-être lui préparons-nous une voie. Certes, nous ne sommes pas à même de faire poser des sculptures abstraites, donc des sculptures proprement dites, à la place des cadavres qui pétrifient nos places publiques. Il a déjà fallu beaucoup de temps pour détrôner du Louvre ce Gambetta stupide qu'il est pourtant question de remonter ailleurs, et le Musset du Théâtre-Français est toujours en place. Mais quoi, le monde de demain peut entraîner à des modifications que le monde d'aujourd'hui se refuse à prévoir. Alors, il faudra être prêt, il faut l'être déjà. On aura besoin des sculpteurs, et il importe que, dès maintenant, les sculpteurs y songent. Ce salon, qui débute modestement, voudrait aussi voir loin... Roger Bordier.

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LES EXPOSANTS --- WILLY ANTHOONS. Né en 1911 à Mâlines. Etudes à Bruxelles : peinture et architecture. Se fixe à Paris en 1948. Premières œuvres abstraites en 1946. Expositions particulières : Bruxelles, Galerie Manteau ; 1944, 1947 ; Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, 1945, 1951, 1954 ; Bruxelles, Galerie Apollo 1952 ; Liège 1951 ; Paris, Galerie des Deux-Iles 1950 ; Paris, Galerie Colette Allendy 1954. Expositions de groupe : Salon de mai depuis 1949, Salon de la jeune sculpture depuis 1950, Biennale de Sao-Paulo 1953, « Quatre et Quatre », Galerie Colette Allendy 1953, « Divergences » 1952, 1954, et à Bordeaux, Aix-en-Provence, Biot, Buenos-Aires, Le Caire, Stockholm, Zurich, Oxford, etc... --- JEAN ARP. Né le 16 septembre 1887 à Strasbourg. Est à Zurich, en 1916, un des fondateurs du mouvement Dada, avant de prendre part au mouvement surréaliste qui lui fait suite. Participations au groupe abstraction-création, aux Salons des Réalités Nouvelles, de la Jeune Sculpture, et de Mai. Principales expositions à New-York (Valentin-Gallery), Paris (Galerie Maeght), Bâle (Kunsthalle), Berne (Kunsthalle), Zurich (Kunsthaus), Yverdon (Hôtel de Ville), Liège, Bruxelles, Amsterdam (Stedelijk Museum), Venise (27e Biennale). Cincinnati, Chicago. Expositions de groupe dans une grande partie de l'Europe, des deux Amériques et au Japon. Œuvres dans les Musées de Paris, Londres, Rome, Turin, Bâle, Zurich, New-York, Philadelphie, Chicago, Rio de Janeiro, Sao Paulo et dans un grand nombre de galeries et collections privées d'Europe et d'Amérique. Grande sculpture en bronze à la Cité Universitaire de Caracas, reliefs muraux à la Cité Universitaire de Harvard (Mass.) fonts baptismaux à Bâle, église Allerheiligen. --- ÉTIENNE BEOTHY. Né en 1897 à Heves (Hongrie). Etudes classiques, école d'architecture, Ecole libre de dessin, puis Ecole supérieure des Beaux-Arts. 1924-26, bourse de voyage (Vienne, Munich, Nuremberg, Paris, Londres, Florence, Rome, Venise, etc... En 1926, s'installe à Paris. De 1928 à 1939, expositions personnelles à Paris, Budapest, Zurich, etc... Fait partie des expositions permanentes organisées par Léonce Rosenberg. Un des membres fondateurs, puis vice-président du groupe Abstraction-Création. Un des membres fondateurs également du Salon des Réalités Nouvelles. Organisateur à Budapest, en 1938, de l'exposition d'art abstrait franco-hongroise. Expositions personnelles à Paris (galeries Maeght, Denise René) à Stockholm, etc... Expositions de groupes sur le plan international. Membre de Comités de plusieurs organisations artistiques. Chargé de cours à l'Ecole des Beaux-Arts. Prix de la critique. --- ANDRÉ BLOC. Né à Alger le 23 mai 1896. Ingénieur E. C. P. Fondateur et Directeur des Revues. « L'Architecture d'Aujourd'hui » et « Art d'Aujourd'hui ». Réalise, en 1949, une sculpture en béton armé de 12 mètres, présentée à Paris, place d'Iéna, à l'occasion de l'exposition du Centenaire du Béton Armé. Participe à de nombreuses expositions de groupes, en France et à l'Etranger. Expositions personnelles à Paris et à Bruxelles. Réalise : Tapisseries, mosaïques, vitraux et reliefs pour des architectes. Mise en couleurs d'une école à Montrouge et de groupes d'habitations. Président du Groupe Espace. --- ALEXANDRE CALDER. Né à Philadelphie en 1898. Ingénieur diplômé en 1919 du Steven Institute of Technology. Exerce pendant quatre ans son métier d'ingénieur. En 1923, étudie la peinture à l'Art Students League, de New-York, et vient à Paris en 1926. À Paris, fréquente assidûment les milieux artistiques d'avant-garde. Son fameux cirque - miniature en fil de fer obtient un très grand succès de curiosité. En 1921, il réalise ses premiers mobiles, 1932 le voit exposer à Paris pour la première fois. Depuis, a construit, devenu exclusivement sculpteur, de très nombreux « mobiles » et « stables », la plupart en fer, mais beaucoup aussi en bois. Nombreuses expositions personnelles dans le monde. Son œuvre a déjà suscité des études importantes, dont la plus connue est celle de Jean-Paul Sartre qui figure dans un des volumes « Situations » du grand écrivain. --- EDUARDO CHILLIDA. Né à San Sebastian (Espagne), le 10 janvier 1924. Etudie l'architecture à Madrid jusqu'en 1947. Se consacre ensuite exclusivement à la sculpture. S'installe à Paris en 1948 et y réside jusqu'en 1951. Au cours de ce séjour, expose deux fois au Salon de Mai et participe à la quatrième exposition des « Mains Éblouies » à la galerie Maeght. Depuis 1951, habite Hernani, petit village près de San Sebastian. Au printemps 1954, exposition personnelle à la galerie Clan, de Madrid. Participation à la dernière Triennale de Milan. --- MAXIME DESCOMBIN. Né le 5 décembre 1909 à Le Paley (Saône-et-Loire). Autodidacte, d'ailleurs en tous domaines. Participe à de nombreuses expositions, tant en France qu'à l'étranger. Expose régulièrement aux Salons de Mai, d'Automne, de la Jeune Sculpture et des Réalités Nouvelles. Pas de manière définie. Considère que la recherche essentielle, la seule valable, revient à assumer la « manifestation ». ---

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NINO FRANCHINA. Né à Palerme en 1912. Vit à Rome. Participation aux dernières Biennales Vénitiennes. Expositions personnelles à Paris en 1949 à la galerie Pierre; participation aux premiers salons de la Jeune Sculpture et des Réalités Nouvelles. Représenté également à la Biennale de la Sculpture d'Anvers en 1953 et à des manifestations à Zurich, Stockholm, etc... A exécuté un certain nombre d'œuvres en collaboration avec des architectes. --- ÉMILE GILIOLI. Né à Paris le 10 juin 1911. Œuvres au Musée d'Art Moderne de Paris, à la Tate Gallery de Londres et dans plusieurs collections particulières. Salons de Mai et de la Jeune Sculpture; Monument aux déportés (Grenoble); Monument pour La Chapelle-en-Vercors; Monument de Voreppe. --- ROBERT JACOBSEN. Né à Copenhague le 4 juin 1912. Exécute, en 1930, ses premières sculptures, travaillant alors le bois, puis reprend en 1941 ses recherches et expose pour la première fois au Danemark. Il se consacre alors à la taille directe (marbre, granit), en particulier. De 1942 à 1945, il prend une part active au Salon d'Automne de Copenhague dont il deviendra, en 1945, membre du jury. Un an plus tard, toujours à Copenhague, il est parmi les membres du Salon Host. En 1947, arrive à Paris. Depuis cette date, expose chez Denise Renet fait partie du groupe de la Galerie, Participe, de 1949 à 1953 aux Salons de Mai et de la Jeune Sculpture, Réalisateur, avec Mogens Kruse, de plusieurs films dont «Réalité-A», ayant pour thème certaines de ses sculptures en fer. Expositions de groupe sur le plan international. Œuvres dans les musées d'Art Moderne de Milan, Rome, Providence (E.U.), San Francisco et dans un grand nombre de collections privées. Obtient en 1952 le grand prix du journal «Politiken». 1954: exposition personnelle au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. --- BERTO LARDERA. Né le 18 décembre 1911 à la Spezia (Italie). Etudes classiques et universitaires, mais autodidacte en art. A éprouvé les différentes techniques de la sculpture. Expositions particulières à Milan, Paris, Bruxelles. Participation à la Biennale de Venise, à la Biennale de São Paulo, aux Salons de Mai, de la Jeune Sculpture, des Réalités Nouvelles, ainsi qu'à de nombreuses expositions de groupes et manifestations internationales. Œuvres dans les Musées d'Art moderne de Milan, Rome, Providence (E.U.), San Francisco et dans un grand nombre de collections privées, françaises et étrangères. Monument aux partisaas d'Altoro (Florence), Fonts baptismaux (bas-relief) en aluminium pour l'église S. Piero à Ponti (Florence). --- DAY SCHNABEL. Américaine, d'origine Autrichienne. Etudes classiques, puis études de peinture à l'Académie des Beaux-Arts de Vienne, suivies d'études d'architecture et de sculpture en Hollande, Italie et à Paris. Depuis 1947, partage ses activités entre New-York et Paris. Expositions particulières à New-York et Bruxelles. Œuvres dans plusieurs musées et collections. Expositions de groupe sur le plan international. Participation aux Salons de Mai, des Réalités Nouvelles, de la Jeune Sculpture, aux expositions en plein air de Bruxelles et Anvers. --- NICOLAS SCHÖFFER. Né en Hongrie le 6 septembre 1912, naturalisé français. Etudes de peinture et de sculpture à Budapest puis à l'école des Beaux-Arts de Paris. Participations aux Salon d'Automne, des Tuileries, des Réalités Nouvelles et de la Jeune Sculpture. Expositions particulières à Paris en 1950 et 1952. Nombreuses expositions de groupe en France et à l'étranger. Poursuit depuis plusieurs années des recherches sur le «spatiodynamisme». Conférences sur ce thème, récemment encore en Sorbonne. --- FRANCESCO SOMAINI. Né en 1926 à Lomazzo, dans la province de Côme, en Italie, où il réside toujours. Poursuit ses études de droit, mais attiré par l'art finit par suivre sa seule vocation. Choisit la voie difficile de la sculpture où une évolution toute naturelle le conduit à abandonner, en 1949, la figuration. Participation à la Biennale de Venise et à la Quadriennale de Milan. Premier prix de la section italienne au concours du Prisonnier politique inconnu (Florence 1952). --- FRANÇOIS STAHLY. Né à Constance, de père italien et de mère rhénane le 8 mars 1911. Naturalisé français. Passe son enfance et sa jeunesse en Suisse jusqu'à l'âge de vingt ans. En 1931, arrive à Paris où il décide de se fixer définitivement. Etudie à l'Académie Ranson, jusqu'en 1938, dans l'atelier de Malfray — expose en 1937 avec le groupe «Témoignage» 1939. La guerre. S'engage et acquiert la nationalité française. Expositions de groupe à la galerie Mai, chez René Drouin, Denise René, Jeanne Bücher, Nina Dausset, Colette Allendy et dans de nombreuses ville de l'étranger. Participe aux Salons de Mai, de la Jeune Sculpture et des Réalités Nouvelles. Travaux pour l'église de Baccarat: bas-relief de la façade puis en collaboration avec Etienne-Martin, bas-reliefs du clocher. Etude pour le clocher de la nouvelle église de Biserte, en collaboration avec J. Lecouteur, architecte (Technicien : Jean Prouvé).

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DIVERSITÉ DES ŒUVRES, DES (Aucun classement, de quelque méthode qu'il s'inspire, n'a été établi ici. On a pensé que la disposition la plus libre permettrait ARP dans sa suite. Avec Arp, c'est tout un grand et très proche passé, non seulement de la sculpture, mais de l'art moderne en ses diverses expressions ou tentatives qui vient directement à notre rencontre. Au fait, y vient-il : Arp est de ce temps avec tellement d'évidence et de naturel qu'il ne paraît pas utile de l'envisager autrement que lié aux constantes de l'action, en quoi la vie, chaque jour, se recommence, à cet « absolument moderne » de Rimbaud, qui semble l'avoir à jamais convaincu. C'est même là sans doute, la seule dépendance qu'il se reconnaisse. Quand on a, entre autres, fondé Dada et participé à l'aventure surréaliste, cette attitude ne manque évidemment pas d'être pleinement significative. C'est par son esprit d'universalité, sa poétique à l'exacte mesure d'une jeunesse plastique qui se continue au fil des ans, sa modernité efficiente, que l'œuvre de Arp nous demeure irremplaçable. Aux yeux de toute une génération, aux yeux même, de créateurs attachés à d'autres disciplines, elle prend aisément valeur d'exemple. Soyez sûr que Arp ne l'a pas fait exprès, et qu'il n'y pense guère. Il est bien trop poète pour cela, justement, et bien trop cultivé. Il y a bien trop d'humanité en lui, je dirai même : bien trop d'humanisme. Seulement son œuvre lui ressemble. « Silence », 1953, bronze patine noire. (Coll. C. R. Villanueva.) « Idole », 1950, bronze patiné. (Coll. privée, Bruxelles.) Photos Giacomelli. JACOBSEN ou : De quelques certitudes. Ce constructeur d'espace est encore plus exactement un constructeur d'espaces. Car ce qui frappe chez Robert Jacobsen, c'est l'étonnante diversité de ses structures aérées. Peut-être n'a-t-on pas remarqué assez — et il faudrait, à mon sens, dans l'habileté et la confusion actuelles, y insister volontiers — que ce que révèle ce patient, puissant travail du muscle et du matériau, c'est exactement le contraire d'un système. Car il ne faut jamais se contenter de l'idée, qui, pour géniale qu'elle soit conduit à la répétition, non à l'invention. Jacobsen le sait bien, qui a découvert, j'entends : s'est forgé un authentique langage. Aussi bien lui est-il donné d'exprimer en courbes de fer, en angles de soudure, des sentiments esthétiques infiniment plus subtils et complexes, d'ailleurs, que sa riante et pacifiquement nordique personne tendrait à nous le faire croire. Ce monde de métal et d'air que contrôle débonnairement Jacobsen, auquel lui-même a fini par se rattacher, tant par sa présence physique que l'équilibre de ses pensées, se développe depuis plusieurs années selon un rythme qui lui est propre, qui ne vaudrait à priori pour aucune autre matière, ni aucune autre conception de l'espace, enfin qui connaît ses lois, et ce n'est pas là un phénomène courant. En vérité, Jacobsen possède sa matière, sa technique et sait fort bien ce qu'il construit. Sculptures en fer. Photos Galerie Denise René. GILIOLI et le rôle de la masse. « Je trouve beau le ciel, les galets aussi. Il y a une façon de se tenir entre le ciel et le galet », a dit une fois Gilili. En fait, ce qu'il imagine, c'est le galet dans la lumière du ciel. Le galet en tant que bloc, masse, compacité ; la lumière du ciel en ce qu'elle éclaire, pour lui, aussi bien l'âme que la nature. Et tout Gilili, je crois, peut tenir en cette courte définition. Au contraire de ceux qui veulent intégrer l'espace dans l'œuvre, il entend, lui, placer l'œuvre dans l'espace. Dès lors, le pouvoir essentiel de la sculpture revient à revendiquer, prendre, recevoir, se nourrir enfin de tout le monde ambiante, pour, de cette force en elle sublimée, tirer sa grâce, unique, son rayonnement extérieur. Ce qui fait qu'il y a échange et que la masse, au fond, dialogue avec l'espace. On comprendra donc que Gilili pousse aussi loin, comme dans une sorte d'obstination mallarméenne, le souci de la justesse. Il ne faut pas que soit faussé l'échange ; il ne faut pas qu'une certaine impuissance de l'œuvre à capter la lumière dans le sens comme avec toute la densité que réclame sa propre nature, diminue, modifie pour le moins, la qualité expressive. Il importe qu'ici le jeu de rencontres qui pleinement vise à s'établir entre la forme et l'entour s'accomplisse aussi sûrement que l'a voulu l'artiste ; son sentiment. Et tel est le sentiment le plus profond de Gilili. « Puissance de la nuit », 1954, granit noir. (Coll. particulière.) « La Sulamite », 1949, bronze poli.

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HOMMES, DES IDÉES justement de souligner ce caractère de diversité - Les œuvres représentées ne sont pas forcément celles qui figurent à l'exposition). DESCOMBIN rien que chercheur. « Le goût de la sculpture est en moi depuis l'âge de huit ans, et sans qu'aucune ascendance ne puisse l'expliquer », m'écrit Descombin. Sans doute, mais c'est que la préocité du créateur ne procède d'aucune héritéité. En fait, les vocations d'art et de poésie, les grandes vocations intellectuelles, c'est bien rarement par quelque atavisme qu'elles s'expliquent et si une légende flatteuse, et facile, s'est créée autour des « enfants de la balle », c'est que ceux-ci représentent, précisément, une exception. Il est plus courant de naître dans la boutique d'un tapissier et de mourir dans la peau d'un Molière. Mais ces évidences n'ont que peu d'intérêt ; si je m'y arrête, c'est simplement parce que les remarques de Descombin semblent éclairer l'artiste du jour le plus clair. Du jour de ses huit ans. Plus que quadragénaire, Descombin l'homme a gardé devant l'artiste Descombin le même étonnement. Il faudrait n'avoir jamais réfléchi sur une destinée humaine pour ne pas comprendre le sérieux d'une telle attitude, qui renvoie assez bien, au demeurant, à l'œuvre elle-même, aux préoccupations dont elle témoigne. Attaquant une matière ou l'autre, compliquant très souvent dans l'espace de larges plans acrés, des équilibres précis, et qui respirent, et qui s'allègent d'eux-mêmes, Descombin, inlassablement, multiplie les recherches. Il dit lui-même ne pas connaître d'autre prétexte à l'action. Son œuvre est comme un calcul enthousiaste, sans doute une vraie conquête. Bois, 1949. Sculpture en acier polychromé, 1952. Photos Tibislavsky. SCHÖFFER et un certain sens du rythme. Pénétrable, telle veut être d'abord la sculpture de Nicolas Schöffer. Pénétrable de partout, de tous côtés, précise le sculpteur. Cette exigence l'amène à définir, avec une application souveraine, une importance partout égale, les moindres phases du rythme par quoi ses constructions légères et complexes se révèlent à elles-mêmes leur continuité. Il est vrai que, pour Schoffer, « le plus petit espace contient des possibilités énergiques très grandes » et c'est bien pourquoi il s'oppose aux volumes hermétiques qui, selon lui, ont pendant trop longtemps privé la sculpture de ses moyens intrinsèques de développement, et ce, dans le domaine plastique comme en différents autres. Quant au principe d'expression de l'œuvre par sa géométrisation systématique, il repose, en tout premier lieu, pour Schoffer, sur la répétition du seul angle droit, auquel les déplacements de perspective, les rapports de proportion, lui semblent offrir des ressources variées, le rythme ainsi se transformant encore et s'amplifiant. L'autre élément de géométrisation directe de son œuvre est constitué par le disque, le plus souvent polychromé et qui ajoute à la vibration que la sculpture reçoit de ses éléments plans, lesquels sont généralement découpés dans des plaques de duraluminium. Sculpture en duraluminium avec disques polychromés, 1951. Construction en acier et duraluminium, 1953. Propositions multiples d'ANDRÉ BLOC. Plutôt que d'orienter un choix décisif, le problème des pleins et des vides se ramène, pour André Bloc, à l'intérêt primordial de l'espace. On sait assez, déjà, la place qu'il entend donner à la plastique, conçue en tant que mesure universelle, dénominateur commun de l'art et du monde fonctionnel, dans notre temps. Un des grands mérites d'André Bloc est d'avoir rappelé que la plastique appartient, par définition, à l'espace, en la monstre de ses manifestations comme en la plus ambitieuse. Aussi les recherches du plasticien André Bloc, constructeur au sens tout à la fois matériel et spirituel et dont Pierre Guéguen a dit excellemment, paraphrasant Le Corbusier, qu'il avait, à Meudon, créé un poème à habiter (1) rejoignent-elles toutes cette préoccupation majeure qui concerne une occupation diversifiée de l'espace, où doivent entrer autant de significations différentes : élégance des formes liée à la puissance de la matière du fameux « Signal » conçu pour le centenaire du béton armé, encerclement dynamique du vide par ces jeux de cercles s'enfermant les uns les autres, volonté statique de la masse éprouvée pour elle-même, intégration et dessin précis de l'espace dans les blocs de marbre d'un seul mouvement, utilisation, enfin, de matériaux les plus divers. Les sculptures de Bloc sont autant de propositions à une plastique moderne. (1) P. Guéguen : André Bloc et la réintégration de la plastique dans la vie. Collection Espace. Vue de l'atelier. Sculptures récentes.

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DIVERSITÉ DES ŒUVRES, DES HOMMES, DES IDÉES CALDER et le mouvement. Que dire, sur Calder, qui n'ait déjà été dit ? Il faut faire cette remarque, car elle peut nous aider à mieux saisir certains aspects de l'orientation actuelle de l'art : comme Bloc, il est ingénieur, et comme Bloc, ce qui d'abord le passionne, c'est la plus large conquête spatiale possible. Aussi Calder a-t-il décidé de circonscrire l'espace par le mouvement. L'importance de cette révolution, ou évolution, ou découverte, peu importe, bien qu'elle ait été mentionnée et étudiée par beaucoup, y compris par de grands écrivains, n'a peut-être pas encore été comprise comme elle doit l'être. Parlant de l'art abstrait, Degand a écrit : « Ce n'est pas un aspect nouveau de quelque chose qui existait déjà (comme le Fauvisme ou le Cubisme étaient des aspects nouveaux de la figuration), c'est quelque chose de neuf, dont nous commençons à connaître certains aspects ». Eh ! bien, ce sont des considérations identiques qu'inspire l'œuvre de Calder : nous sommes devant quelque chose de neuf : un art nouveau, l'art du mouvement, et du mouvement au sens non plus seulement symbolique, métaphysique, mais du mouvement réel, du mouvement physique, lequel enfin se définit lui-même comme moyen esthétique. Car il s'agit de la mobilité de l'œuvre elle-même. Et il ne s'agit de rien moins que d'un commencement. Œuvres récentes. Photos Agnès Vorda. --- Sérénité d'ANTHOONS. Anthoons est typiquement sculpteur, je veux dire sculpteur au sens, en quelque sorte, le plus humainement classique du terme. Il appartient à cette race appliquée, silencieuse, des artistes de grande tradition manuelle et l'éloquente simplicité ouvrière de ses moyens se lit en chacune de ses pièces dont elle est comme le premier contenu émotionnel. Il n'est pas besoin de connaître Anthoons pour l'imager tel qu'il a été, une fois, photographié ; revêtu de la blouse de l'artisan, tenant en mains le ciseau et le marteau. On sait la prédilection de Willy Anthoons pour le bois, elle est normale : les hommes qu'anime le sentiment d'une pureté manuelle sont toujours les plus près de la nature. Anthoons, creusant le bois, fait preuve de tant de mesure et de discrétion que son souci constant semble être de respecter cette nature en ne lui imposant que les modifications qu'elle attend, très précisément, de l'artiste, pour passer de la masse commune à l'originalité de formes. Il y faut une grande habitude de la taille directe, et cette modestie dans l'intention que révèlent la plupart des sculptures, bois ou pierre, de Willy Anthoons. Cela, aussi, s'apprend. - « Ephémère et éternel », 1952, ébène. - « Interne », 1952, marbre blanc. --- D'une certaine sensation propre à LARDERA. Un autre métallurgiste. La place que tient le métal dans la sculpture contemporaine constitue d'ailleurs un événement de première importance. Mais le métal, Lardera le voit, lui, non pas sous forme de barres, ou de tiges légères, mais de plaques. Dans ces plaques, il découpe de larges feuilles aux bords cisailles ou nets, qui se croisent, s'unissent, se superposent, pour monter, gymnastes de fer aux muscles de soudure, des équilibres à la fantaisie nullement surprenante puisque ce qu'elle exprime, nous le savons bien, c'est la liberté créatrice de celui qui a imaginé ces constructions de plans, ces emboîtements de plaques. Lardera aime le métal pour lui-même, et surtout, sentiment que traduit l'esthétique même de ses sculptures comme le fait qu'il se refuse à les peindre, la surface même du métal. Voilà ce qu'il faut bien observer, je crois, à propos de Lardera, car nous nous trouvons devant un sentiment original et qu'il n'est pas besoin d'analyser longuement pour y retrouver la personnalité même de l'artiste. Voilà pourquoi Lardera a soutenu le paradoxe de la sculpture à deux dimensions, voilà pourquoi, revenu aux trois dimensions, il continue d'organiser ses constructions par plans, voilà pourquoi, patiemment, il martèle, modèle et remodèle ses plaques, voilà pourquoi... Phénomène sentimental? Sans doute, mais plastique aussi, et qui ouvre peut-être certaines perspectives à l'utilisation du métal en art. Sculptures en fer, 1954. Photo la Photothèque.

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BEOTHY et l'idée de l'architecture. Béothy a beaucoup réfléchi lui-même à l'évolution de son art, et tout spécialement, puisqu'il fut d'abord architecte, aux conditions dans lesquelles il a pu passer de l'architecture à la sculpture. Il observe que, en dépit du fait que certains architectes sont des détracteurs de l'art abstrait, l'art de l'architecture est lui-même abstrait. « Les deux sources de l'art architectural ne sont-elles pas, rappelle Béothy : la composition et le problème de la proportion ? » Il poursuit : « L'architecture ne procède-t-elle pas de formes géométriques et fonctionnelles ? Elle est donc au moins aussi abstraite que, par exemple, la musique symphonique. Une forme figurative est aussi déplacée et indésirable dans la première que l'imitation des bruits de la nature l'est dans la seconde. Ici et là, ce sont des signes d'une carence de la force créatrice ». Ainsi Béothy pense-t-il que le passage qu'il a effectué en allant de l'architecture à la sculpture lui a permis de créer des œuvres pures, capables, dit-il, « de susciter l'émotion en n'employant que les interactions rythmiques des distances (d des angles) ». Ce cas particulier mérite réflexion. La leçon que Béothy a su si parfaitement tirer de ses études en architecture rejoint explicitement le sens des constatations faites par Alvar Aalto dont le numéro « Synthèse des Arts » d'Art d'Aujourd'hui exposait les points de vue. Ce qu'il faut préciser, à propos de Béothy, c'est que son œuvre se maintient dans un style et une optique proches de celles par lesquelles on envisage généralement le type du « monument ». « Marin », 1951, nyangon. « Colonne », 1953, ciment polychrome. (Ecole du Havre.) Photo Louis Frédéric. --- DAY SCHNABEL devant la matière. « Notre œuvre ne peut être qu'influencée — en accord ou en opposition — par la pensée contemporaine. À mon avis, une étroite relation existe entre les recherches dans tous les domaines du progrès scientifique et technique et les manifestations artistiques de nos jours. L'univers, dont la connaissance devient de plus en plus vaste, nous incite à une conception correspondante. Il me semble que le caractère centrifuge de certaines œuvres contemporaines peut servir d'exemple. Je veux dire que la composition, au lieu de se construire strictement à l'intérieur d'un ordre donné, tente de faire sauter cette enceinte et d'explorer l'espace », a déclaré une fois Day Schnabel (2). Cette exploration, elle l'a entreprise en effet très librement, en refusant de se lier à une technique définie. Si elle a taillé le granit, elle a aussi utilisé le ciment armé et encore sculpté le bois, en surface, exécutant un grand panneau mural, avant de souder des tiges de métal pour la maquette d'une œuvre destinée à être placée sur le toit d'une synagogue, à New-York. L'opposition est ici absolue avec certains de ses plus importants travaux où c'est incontestablement le sens du volume, parfois même poussé à l'extrême, qui domine. (2) Témoignages pour l'Art abstrait. Ed. Art d'Aujourd'hui. Composition, 1953, pierre. Maquette en fer soudé pour le toit d'une synagogue, 1954. Photo Hans Namuth. --- La forme chez FRANCHINA. Une sculpture de Franchina s'intitule « Aérodynamique ». Ce terme seul signifie assez clairement, je crois, l'intention première de l'artiste, qui est de tenir compte du dynamisme aérien de la forme, laquelle se présente tantôt ouverte, tantôt fermée. Le plus souvent donc, les sculptures de Franchina valent par la précision, la légèreté de leur élan. Ce dessin, en lui-même déjà très aérien, des lignes, cette simplicité aussi de la courbe, disent assez de quelles lois de l'harmonie s'inspire le sculpteur : des plus habituelles, mais dont il faut savoir retrouver précisément le sens, et l'essence. Mais il arrive aussi que chez Franchina, les volumes pèsent. C'est qu'alors ils ont à affirmer une présence qui doit, en tant que telle, constituer la première qualité expressive de l'œuvre. Encore n'est-ce que très relatif, encore ne présentés, sans doute, que parce qu'ils semblent tenir compte, moins essentiellement que d'autres, de cette liberté aérienne qui s'offre à eux. Liberté, d'ailleurs, dont la sculpture de Franchina sait jouir hardiment. Ainsi le montrent ces tiges, lamelles et grilles chromées qu'il fait jouer entre elles et dont nous attendons, rassemblées pour nous, qu'elles nous révèlent la sûreté de leur orchestration. Sculptures, 1953. Photo Giacomelli. ---