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ART d'aujourd'hui photographies • 600 frs
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ART d'aujourd'hui photographies • 600 frs
léon --- Degand --- l'art de la photographie --- pierre --- Guéguen --- tout n'est qu'image --- denis --- Béraud --- werner --- Bischof --- andrè --- Bloc --- édouard --- Boubat --- guy --- Bourdin --- denis --- Brihal --- henri --- Cartier-Bresson --- robert --- Capa --- paul --- Child --- j. l. --- Craven --- christer --- Christian --- paul --- Damaz --- robert --- Doisneau --- paul --- Facchelli --- marc --- Foucault --- michel --- Graner --- edwin --- Hallan --- bidermanas --- Izis --- louis --- Lachenal --- siegfried --- Lauterwasser --- charles --- Leirens --- daniel --- Masclet --- hans --- Namuth --- man --- Ray --- willy --- Ronis --- p. e. --- Sarisson --- david --- Seymour --- dr. --- Steinert --- louis --- Stellner --- jean-pierre --- Sudre --- kryn --- Taconis --- andrè --- Thévenet --- serge --- Van der Cam --- agnès --- Varda --- georges --- Violton --- sabine --- Weiss --- edward --- Weston --- | r. v. | Gindertael | le passage de la ligne | | léon | Degand | 57 | | r. v. | Gindertael | les expositions | | julien | Alvard | 62 | La recherche des documents, la composition et la mise en page de ce numéro, ont été assurées par Paul Etienne-Sarison Il semble bien que, la représentation des apparences visibles du monde extérieur par des images à deux seules dimensions réelles, ait de tout temps intéressé l'humanité. Pour quelles raisons ? Nous l'ignorons pour les époques les plus anciennes que nous connaissons. Et, pour les autres époques, l'histoire de ces raisons n'a pas encore été écrite, que je sache, peut-être parce que l'on a toujours estimé que l'intérêt pour les représentations de ce genre est si naturel, si spontané, qu'il est inutile de beaucoup s'interroger à son sujet. L'examen sans parti pris des représentations à deux seules dimensions, depuis les peintures des cavernes jusqu'à celles du début du XIXe siècle, fait apparaître, cependant, que cet intérêt ne dut pas être toujours et, dans toutes les circonstances, d'une nature identique. Si, pour certains peintres, à certaines époques et dans l'intention de répondre à certaines nécessités, la peinture consiste dans la représentation la plus photographique possible du monde extérieur, pour d'autres peintres, à d'autres époques ou, tout simplement, pour répondre à d'autres nécessités, la peinture consiste plutôt dans une expression, en vue de laquelle toutes les libertés peuvent être prises avec une représentation conforme au modèle. Il serait sans doute téméraire d'affirmer, pour de nombreuses époques et de nombreuses œuvres du passé, dans quelle mesure l'expression résulte d'une décision de l'artiste plutôt que d'une incapacité d'arriver à la représentation photographique. Mais il est certain que le XVIIIe siècle et le début du XIXe assistèrent au triomphe d'une évolution commencée à la Renaissance et aboutissant à la complète confusion de la peinture avec la représentation photographique. Et s'il n'est pas certain, étant donné que les documents nous manquent, il est, du moins, assez probable que la fonction photographique de la peinture, au cours des siècles passés, ne fut pas seulement utile — les services non artistiques rendus par le portrait par exemple, sont incontestables — mais satisfaisait aussi un désir permanent de l'humanité : celui du plaisir de reconnaître, dans une représentation, les objets représentés. J'insiste. Je ne dis pas : le plaisir de se documenter sur ces objets, mais le plaisir de les reconnaître, donc, après les avoir déjà vus, le plaisir de les trouver, dans l'image, identiques à ce qu'ils sont dans la réalité. Voilà une des raisons de la représentation, qu'il ne faut jamais négliger et qui n'a pas laissé, d'ailleurs, de contribuer très puissamment à l'énorme succès de la photographie. Bien entendu, il ne saurait y avoir une exacte identité entre ce que nous percevons par les yeux dans une image, surtout si elle est plane, et ce que nous percevons dans la réalité. La différence est notable. L'écart est accentué par les peintres quand ils veulent en tirer un surcroît d'expression. Mais il est très sensible aussi dans une photographie, au point que, par contraste, il rend plus piquante, plus ravissante, l'identité relative entre les objets et leur représentation. Ce qui explique peut-être l'obstination de certains peintres à confondre la peinture avec de la photographie en couleurs : le ravissement où les plonge l'apparition d'une fidèle image du modèle sur la toile leur suffit. Et il suffit aussi aux amateurs de ces peintures, c'est-à-dire, à la grosse majorité du grand public. Les mérites spécifiques de la photographie résultent certes de son aptitude à réaliser des images parfaitement ressemblantes des modèles (du moins, aussi ressemblantes que le lui permettent ses moyens propres). Mais ils ne résultent pas moins de l'écart qu'elle impose entre le monde extérieur et sa représentation, et des transformations et développements de cet écart par les divers procédés tirés de la technique photographique. D'où, deux conceptions de la photographie, dont usent les photographes d'aujourd'hui. En tant que moyen de représentation aussi parfait que possible, la photographie a pu se poser d'abord en rivale de la peinture, de la peinture considérée comme une sorte de photographie précédant par des moyens non mécaniques et automatiques. Mais on aurait tort de croire que la photographie l'emporta sur cette peinture : bien qu'elle ne soit plus appréciée par la minorité du public averti, la peinture photographique n'est pas morte du tout, et c'est au degré de la ressemblance photographique que le grand public juge, aujourd'hui encore, de la qualité de toute peinture. Et l'on aurait tort aussi de croire que c'est parce que la photographie s'est révélée un meilleur moyen de représentation que la peinture photographique, que la peinture d'avant-garde s'est livrée Léon Degand (Suite page 10)
"Tout n'est qu'image et Poursuite d'Images..." par Pierre Guéguen Voilà sans doute ce qu'eût proclamé l'Ecclesiaste, s'il avait eu un « Leica » ou quelque merveilleux appareil semblable dans ses phylactères. Ce vent, en effet, que poursuit l'homme sur la terre, est un vent d'images séduisantes, incarnées en des corps charmants. Or l'homme ne chérit pas seulement ces bigarrures imagées, hélas ! passagères. Il tient à en garder l'adorable reflet et, toujours, il a recherché les images d'images. Après les passions et la « poursuite du vent », une photographie trop regardée, finit de mourir dans quelque tiroir ou quelque album. (suite page 24)
Sabine WEISS
SARISSON Une vie ne devient un destin que dans le regard de celui qui l'observe et c'est dans ce regard qu'elle prend tout son sens. Luc Decaunes.
Ce numéro de la revue Art d'aujourd'hui, dirigée par Andrè Bloc, présente un ensemble de photographies et d'articles sur le thème de l'image et de la photographie. Il inclut des contributions de nombreux photographes et critiques d'art, explorant la nature de la représentation visuelle et son rôle dans l'art.