Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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2° Année - N° 33 3fr 50 1er Mai 1926 L’ART VIVANT Revue bi-mensuelle des Amateurs et des Artistes éditée par les “Nouvelles Littéraires” ARTS DÉCORATIFS ET APPLIQUÉS PEINTURE - LE LIVRE - SCULPTURE LES ARTS DE LA FEMME Vente et Administration: LIBRAIRIE LAROUSSE 13-17 Rue du Montparnasse PARIS TERBURG. LA LETTRE Directeurs-Fondateurs : JACQUES GUENNE et MAURICE MARTIN DU GARD Rédacteur en Chef : FLORENT FELS SOMMAIRE L’école d’Avignon au XVe siècle --- André Blum --- Chronique des Arts décoratifs --- Ernest Tisserand --- La réouverture du Luxembourg --- Jacques Guenne --- Affiches du Mois --- Louis Chéronnet --- Origine de la peinture et de la gravure --- Abbé H. Breuil --- Palladio --- Maximilien Gauthier --- Gérard Terburg --- Franz Hellens --- Constant Permeke --- Luc et Paul Haesaerts --- La Sculpture vivante --- A. Salmon --- Brocante et truquages --- André Schmitte --- George Bottini --- Gustave Coquirot --- Néophile --- Ariste --- Calendrier des Expositions et des Conférences --- L’art en Province et à l’Etranger --- Les Expositions --- Charensol --- La Librairie d’Art ---

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BING & CIE --- EXPOSITION A. GRITCHENKO du 4 au 17 Mai 20 bis, Rue de la BOÉTIE --- GALERIE MARCEL BERNHEIM 2 bis, rue Caumartin - Paris (9°) Téléph. Central 88-28 — Télég. MABERNECO, PARIS --- TABLEAUX MODERNES ÉCOLE DE 1830 ECOLE IMPRESSIONNISTE EXPOSITIONS PERMANENTES D'ART CONTEMPORAIN VENTE - EXPERTISES - ACHAT --- dominique DELIVRE DU CAUCHEMAR DE L'ANCIEN dominique CONSTRUIT • MEUBLE • DECORE dominique 104 FAUBOURG SAINT-HONORE - PARIS TEL: ELYS. 62-84

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FONTAINE et Cie SERRURERIE DÉCORATIVE de tous STYLES, SERRURERIE DÉCORATIVE MODERNE Œuvres de : - A. BOURDELLE - J. BERNARD - A. MAILLOL - P. JOUVE - J.-M. POISSON - LE BOURGEOIS - MONTAGNAC - R. PROU - SUE et MARE - GROULT - St MARCEAUX - T. SELMERSHEIM - A. CHARPENTIER - E. ROBERT, etc. 190, Rue de Rivoli — 181, Rue Saint-Honoré R.C. Seine 72.356 EXPOSITION DES ARTS DÉCORATIFS MODERNES 1925 : Membre du Jury - Hors Concours --- MAITRES DE L'ART MODERNE DOUZE VOLUMES PARUS FANTIN-LATOUR --- par Gustave Kahn. --- BARYE --- par Charles Saunier. --- COROT --- par Marc Lafargue. --- RENOIR --- par François Fosca. --- CÉZANNE --- par Tristan Klingsor. --- CLAUDE MONET --- par Camille Maucclair. --- Paraitra prochainement : - GÉRICAULT, par Raymond Régamey. Berthe MORISOT --- par A. Fourreau. --- RODIN --- par L. Bénédite. --- MANET --- par Jacques-Emile Blanche --- PISSARRO --- par A. Tabarant. --- GAUGUIN --- par Robert Rey. --- VAN GOGH --- par Paul Colin. --- Paraitra prochainement : - GAVARNI, par André Warnod. Chaque volume : QUARANTE REPRODUCTIONS EN HÉLIOGRAVURE Broché : 13.50 Relié : 16.50 F. RIEDER ET Cie, ÉDITEURS, 7, PLACE SAINT-SULPICE, PARIS (VIe)

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CECI INTÉRESSE Tous les Jeunes Gens et Jeunes Filles et tous les Pères et Mères de Famille L'ÉCOLE UNIVERSELLE la plus importante école du monde, placée sous le haut patronage de l'État, vous adressera gratuitement, par retour du courrier, celles de ses brochures qui se rapportent aux études ou carrières qui vous intéressent. - Brochure n° 2903 : Classes primaires complètes, Certificat d'études, Brevet d'études primaires supérieures, Brevet simple, Brevet supérieur, C. A. P., Professeurs. - Brochure n° 2912 : Classes secondaires complètes, Baccalauréats, Licences (lettres, sciences, droit). - Brochure n° 2923 : Toutes les carrières administratives. - Brochure n° 2928 : Toutes les Grandes Écoles (Agriculture, Industrie, Travaux publics, Armée et Marine, Enseignement, Colonies, etc...). - Brochure n° 2936 : Carrières d'Ingénieur, Sous-Ingenieur, Conducteur, Dessinateur, Contremaître, dans les diverses spécialités Electricité, Radiotélégraphie, Mécanique, Automobile, Aviation, Métallurgie, Mines, Travaux publics, Architecture, Topographie, Froid, Chimie, Agriculture. - Brochure n° 2948 : Carrières du Commerce : Administrateur, Secrétaire, Correspondant, Sieno-declato, Contentieux, Représentant, Publicité, Ingénieur commercial, Expert-comptable, Teneur de Livres), Carrières de la Banque, des Assurances et de l'Industrie Hôtelière. - Brochure n° 2954 : Langues vivantes : Anglais, Espagnol, Allemand, Italien). - Brochure n° 2968 : Orthographe, Rédaction, Calcul, Dessin, Ecriture, Calligraphie. - Brochure n° 2973 : Carrières de la Marine marchande. - Brochure n° 2984 : Etudes musicales (Solfège, Harmonie, Contrepoint, Fugue, Composition, Orchestration). - Brochure n° 2993 : Etudes artistiques (Dessins d'illustration, Composition décorative, Dessin de figurines de modes, Anatomie artistique, Histoire de l'art, Professorats de dessin). Envoyez aujourd'hui même votre nom, votre adresse et le numéro des brochures que vous désirez. Écrivez plus longuement si vous souhaitez des conseils spéciaux à votre cas. Ils vous seront fournis très complets, à titre gracieux et sans engagement de votre part. ÉCOLE UNIVERSELLE 59, Boulevard Exelmans — PARIS (16e) --- Photos d'Art - Études pour Artistes PEINTRES, SCULPTEURS, etc... LA PLUS GRANDE COLLECTION parue à ce jour TOUS GENRES, TOUS FORMATS Échantillonnages magnifiques contre fr. 10, 20, 30, 50 et 100 E. RAVELEAU, Éditions d'Art (Département A.V.) à Neuilly-Plaisance (Seine-et-Oise) --- L'ART POUR TOUS SOCIÉTÉ DE VULGARISATION ARTISTIQUE Fondée le 21 Avril 1901 par Edouard MASSIEUX Faire connaître au grand public les chefs-d’œuvre d’hier et d’aujourd’hui et lui permettre de suivre au jour le jour l’effort des créateurs de Beauté, telle est la tâche poursuivie par l’Art pour tous, qui a organisé plus de 1.200 visites-conférences dans les Musées, Monuments, Expositions, Ateliers, Manufactures, etc. COTISATION : 1 an, 12 fr. - 3 mois, 3 fr. :: DROIT D’INSCRIPTION 2 francs :: Les Adhésions et demandes de Programmes sont reçues aux Visites et au Siège social de L’ART POUR TOUS 2, Rue Brown-Séquard. — PARIS (XVe) --- GALERIE PERCIER PARIS — 38, Rue La Boétie, 38 — PARIS EXPOSITION MAÎTRES MODERNES --- LE TEMPS RETROUVÉ Curiosités, livres et œuvres d’art romantiques DU PREMIER AU 31 MAI EXPOSITION DES CRITIQUES D’ART 21, QUAI DE L’HORLOGE = PARIS --- LIQUEUR BÉNÉDICTINE

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RODIER Ne Vend pas à la Clientèle — Particulière. KASHAFLORE DÉGRADIC KASHA ONDECLA

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2e Année - N° 33 31er 50 1er Mai 1926 L'ART VIVANT DIRECTION-RÉDACTION PUBLICITÉ, 146, Rue Montmartre PARIS (2e) Téléphone : CENTRAL 52-65 74-95 Administration, Vente et Abonnements: LIBRAIRIE LAROUSSE 15-17, rue Montparnasse, Paris (6e) Chèques Postaux N° 155-85 Paris Rédacteur en chef : Florent FELS Revue Bi-Mensuelle des Amateurs et des Artistes Éditée par les "Nouvelles Littéraires" DIRECTEURS-FONDATEURS : Jacques GUENNE et Maurice MARTIN DU GARD ABONNEMENTS : FRANCE Un an : 75 fr. Six mois : 59 fr. Edition de luxe... un an : 150 fr. ÉTRANGER I. Pays ayant adhéré à l'accord de Stockholm Un an : 95 fr. Six mois : 48 fr. Edition de luxe... un an : 150 fr. II. Pays ayant décliné cet accord Un an : 105 fr. Six mois : 54 fr. Edition de luxe... un an : 160 fr. (Voir la liste de ces pays aux pages suivantes) L'ÉCOLE D'AVIGNON AU XV° SIÈCLE La question, si longtemps controversée, de l'influence des van Eyck sur la peinture française du xve siècle est loin d'être close. On a soutenu qu'elle était tributaire des artistes flamands qui s'étaient installés à la cour de Bourgogne et parcouraient notre pays du nord au sud, rayonnant jusqu'à l'ancienne cité des papes, à Avignon. Suivant une autre théorie, ce n'est pas l'art de Flandre qui aurait été acclimaté dans cette région ; ce seraient des peintres siennois qui y auraient apporté le style sinuex et décoratif de leurs compositions. Ces deux thèses ne nous paraissent pas plus l'une que l'autre expliquer la formation de ce qu'on a appelé l'école d'Avignon. Y a-t-il une école d'Avignon? En réalité, ceux qui se trouvaient groupés dans cette ville n'en étaient pas originaires et venaient de différents points de la France: Dombet, de Loudans; Tavernery et Boytel, de Lyon; Adam du Mont, de Bresse; Farnet, de Salins; Grabusset, de Besançon; Pierre Villate, de Limoges; Nicolas Froment, d'Uzès, et Enguerrand Charonton, de Laon. Mais bien qu'ils fussent nés dans des provinces différentes, leur séjour dans l'ancienne résidence des papes contribua à leur donner un caractère commun que l'abbé Requin a défini assez justement: "Avignon, écrit-il, n'a pas eu comme les Flandres une véritable école de peinture, mais on peut dire qu'il y a eu, grâce à l'influence de l'installation antérieure des papes, à la magnificence de ses légats et au bon goût de ses habitants, une longue suite d'artistes de grand talent, de génie même, qui venus de divers points de la France, ont laissé des œuvres faisant l'admiration du monde entier." On a été tenté d'aller plus loin que l'abbé Requin ; on a même soutenu, à propos des fresques de la chapelle de la Chartreuse du Val de Bénédiction, à Villeneuve-lès-Avignon (Naissance de saint Jean-Baptiste, Circoncision, Zacharie écrivant le nom de son fils), qu'il y avait dès le xive siècle les origines d'un mouvement régional qui devait se développer au siècle suivant. C'est singulièrement exagérer la portée de quelques œuvres isolées, comme si l'on parlait d'une école de Nice parce que l'on trouve une Pieta à l'église de Cimiez, une autre à Sospel, un retable de saint Jean-Baptiste dans les mêmes parages, des peintures représentant saint Pierre et saint Martin, à Saint-Martin-de-Vésubie. Ce qui paraît le plus vraisemblable, c'est que l'école dite d'Avignon n'est ni flamande ni italienne, mais française, tout en participant d'un caractère emprunté à cette région. Deux œuvres principales, au musée du Louvre, donnent une idée de l'allure générale des œuvres de ces ateliers. L'une est le panneau provenant de la petite église de Boulbon, près de Tarascon, et intitulée: Le Christ debout dans le tombeau, entouré des instruments de la Passion. Il y a là une technique très originale qui, par la manière d'indiquer les plans, dénote la main d'un sculpteur. Ce style large n'a rien de la précision des Flamands, et sa dureté n'évoque nullement la souplesse des Italiens. Les armes placées à droite du tableau sont celles du pape Jean XXII, qui présida, en 1321, à la fondation de ENGUERRAND CHARONTON, 1453. LE TRIOMPHE ET LA VIERGE Photo Giraudon — 321 —

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L'ART VIVANT la collégiale de Saint-Agricole, patron de la ville d'Avignon, figuré dans le tableau, la main sur la tête du donateur. La Pietà de Villeneuve-lès-Avignon, que l'on a par erreur apparentée à des compositions d'Enguerrand Charonton ou de Nicolas Froment, paraît se rapprocher plutôt du retable de Boulbon, si l'on compare dans chaque œuvre l'expression du donateur, grave, les mains jointes. La Pietà est plus belle et plus pathétique, la résignation de la Vierge, à la tête si douloureuse, le cadavre du Christ se détachant sur ses vêtements sombres avec une audace de courbe d'un effet dramatique, tout cet ensemble constitue une des œuvres les plus puissantes de cette école. On ne connaît pas son auteur, ÉCOLE D'AVIGNON. XV° SIÈCLE. PIETA ---

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L'ART VIVANT ÉCOLE D'AVIGNON VERS 1475. LE CHRIST RESSUSCITÉ, SAINT AGRICOLE ET UN DONATEUR et cependant on possède de nombreux actes qui donnent des détails précis sur les artistes d'Avignon de ce temps-là. Grâce à ces pièces d'archives, on peut reconstituer leur vie et leur technique. On sait qu'ils étaient groupés en une association appelée Confrérie de Saint-Luc, dirigée par un bayle. On n'ignore pas les prix de couleurs, les qualités du bois et des ors qu'ils employaient. On a retrouvé des contrats d'apprentissage et des comptes de commandes, dans lesquels tout est mentionné : les tarifs, l'échelonnement des payements, la date de la livraison. Pour le plus célèbre d'entre eux, Enguerrand Charonton, on a découvert que le Triomphe de la Vierge lui a été commandé pour cent vingt florins, dont quarante à la mise en œuvre, qu'il a été commencé le 23 avril 1453, qu'il devait être terminé à la Saint Michel de 1454, ce qui fut exécuté. La Vierge de Miséricorde, du musée Condé, à Chantilly, devait être payée trente écus d'or nouveaux, auxquels on ajouterait six autres écus si l'ouvrage était rapidement conduit. Généralement, dans ces commandes, tous les détails étaient prévus : le sujet, le nombre de personnages, la couleur des vêtements et des fonds, la nature des paysages, les procédés techniques, l'emploi de l'huile, mais cette précision n'entravait pas la liberté et l'ampleur des formes. Il y a loin de la minutieuse délicatesse des enlumi- neurs au naturalisme exquis de ces deux œuvres si importantes: Le Triomphe de la Vierge de Villeneuve-lès-Avignon et le retable des Cadard, à Chantilly. Dans le Triomphe de la Vierge, il y a un contraste entre l'apparition d'une Vierge aux traits fins, couronnée par le Père et le Fils, entourée de figures célestes de tous côtés, et la vue d'un paysage de Provence, aux collines surmontées d'une Crucifixion, aux nombreuses maisons blanches, semées çà et là sur la terre, au-dessous de laquelle se meut, à droite et à gauche, la foule des élus et des réprouvés. Dans la Vierge de Miséricorde du Musée Condé, le thème bien connu de la Vierge protectrice qui enveloppe un groupe dans les plis de son manteau, est exprimé avec une émotion intense. Commandé, en 1452, aux peintres Enguerrand Charonton et Pierre Villate, par Pierre Cadard, fils des deux priants représentés aux pieds de la Vierge, le retable apparaît comme un autre chef-d'œuvre. Nicolas Froment, que l'on a considéré à tort comme un disciple des Brugois, peut se rattacher à l'école d'Avignon, quoiqu'il y ait passé seulement de 1468 à 1472 et qu'il ait surtout vécu à Aix, à la cour du roi René. Quand il commença le Buisson ardent, de la cathédrale d'Aix, il avait déjà quitté Avignon et adoptait une manière soucieuse de ---

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L'ART VIVANT l'exactitude des détails. C'est ainsi qu'on lui attribue au Louvre les portraits de René d'Anjou et de Jeanne de Laval, et même quelquefois à tort le retable du Parlement de Paris. On lui donne aussi le portrait de saint Siffrein, évêque de Carpentras (musée Calvet, à Avignon), mais ce n'est pas dans ce tableau qu'il faut le juger : c'est surtout dans le Buisson ardent, dans la Résurrection de Lazare, du musée des Offices et dans celle que le Louvre vient d'acquérir en 1925 à la vente Castiglioni. Il y a dans la façon de traiter les paysages, l'expression des physionomies, les mouvements des personnages, certaines habitudes qui rappellent Enguer- tandis que celle de Charonton serait de 1452 et celle du musée du Puy de 1420 environ, était fréquemment traité dans la région d'Avignon. Le motif de la Vierge de Miséricorde qui abrite sous son manteau ouvert une foule de laïques et d'ecclésiastiques a été repris dans quelques estampes incunables de la fin du xve siècle, que Bouchoit attribuait à cette contrée. Il tirait ses arguments de textes de l'abbé Requin, citant un orfèvre bohémien Waldvogel qui, dès 1444, c'est-à-dire avant Gutenberg, proposait à un étudiant demeurant à Avignon, Manaud Vitalis, une sorte de machine pour le clichage et l'impression. Mais c'est une présomption en faveur de praticiens graveurs à Avignon, sans qu'on puisse affirmer à propos d'aucune image du xve siècle, qu'elle soit de ce pays. Pour les enluminures qui ont, à cette époque, une parenté si étroite avec les peintures, un grand nombre furent exécutées à Avignon. M. Labande nous a révélé les noms de plusieurs de ces miniaturistes, fixés dans cette ville de 1440 à 1490, tels que Michel Sanche, Nicolas Prévot, Colin de Toysie, Trubert, Bolet, de Ruvelle, Bonabut, Gastel et surtout Guiot Baletet, qui a signé le 18 avril 1488 un livre d'Heures, aujourd'hui à la bibliothèque d'Avignon. Ces décorations de manuscrits marquent la décadence d'un art si florissant avant l'aube de la Renaissance. La faiblesse de ces enluminures contraste avec la beauté de plusieurs peintures capitales qui montrent l'importance d'Avignon, centre de relations entre les Flamands, les Bourguignons et les Italiens, où les artistes venus de divers côtés se groupèrent pour former une école, s'inspirant directement de la nature. André BLUM. --- FROMENT. LE EUSSION ARDENT rand Charonton. Il l'a connu en 1461, et inconsciemment il imite cette manie singulière d'incliner la tête de ses personnages, qui constitue comme un signe caractéristique de ce maître. De toutes ces œuvres de l'école d'Avignon, il résulte qu'on ne peut constater dans aucune d'entre elles une trace visible d'influence eyckienne ou préeyckienne. Les Italiens, pas plus que les Flamands, ne semblent avoir exercé une action bien nette sur tous ces groupements. C'est une hérésie d'apparenter le Triomphe de la Vierge de Charonton aux compositions de Fra Angelico. Il y a dans cette école une énergie particulière qui n'est ni flamande ni italienne, mais propre aux peintres de la région. Si l'on est tenté de faire un rapprochement pour Enguerrand Charonton, il faudrait citer Pierre de la Barre qui, dans la Vierge à fond d'or, exécutée pour Jean de Quiquerand, traite le thème de la Vierge de Miséricorde dans le même sentiment qu'Enguerrand a composé le retable des Cadard à Chantilly. Le sujet de cette composition que l'on date de 1441, --- FROMENT. SAINT SIFFREIN ---

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L'ART VIVANT LA CRÉATION D'UN MUSÉE D'ART MODERNE S’IMPOSE LA RÉOUVERTURE DU LUXEMBOURG En août 1925, dès que nous apprîmes la nomination de M. Charles Masson, comme conservateur du Luxembourg, un de nos collaborateurs fut chargé par nous de demander au successeur de M. Léonce Bénédite quels étaient ses projets. — Je ferai quelques remaniements, dès que cela me sera possible, lui répondit M. Masson, ainsi que des modifications partielles et impartiales, chaque année. Je compte pouvoir accrocher toutes les acquisitions faites dans les Salons et les Expositions, qui sont dignes de figurer dans un musée d’enseignement comme le nôtre. C’est impartialement, à notre tour, que nous avons examiné, lors de la réouverture du Musée du Luxembourg, qui eut lieu le vendredi 16 avril, l’œuvre accomplie par M. Masson. La question se pose ainsi : Qu’y a-t-il de changé au Luxembourg ? Les murs ont été repeints, les verrières nettoyées. C’est fort bien. Au grand scandale de tous les amateurs d’art éclairés, les deux salles qui se trouvent à droite, dès l’entrée, contenaient jusqu’à ces derniers mois les impressionnistes de la collection Caillebotte. Ces toiles paraissaient en exil, condamnées au voisinage du vestiaire et des terribles cadavres de marbre qui encombraient et encombrent encore le hall d’entrée. Ces deux salles sont désormais réservées aux tableaux de Lucien Simon, Paul-César Helleu, Aman Jean, et à une rétrospective que nous voulons bien croire « provisoire » des œuvres de Cottet. Les impressionnistes de la collection Caillebotte ainsi que les toiles acquises depuis plusieurs années, mais condamnées à l’humidité des caves par M. Bénédite, ont été accrochées sur les murs d’une vaste salle claire, véritable oasis parmi l’effroyable désert qu’est ce Musée. Toute une période de l’art contemporain de 1880 à 1900 est assez bien représentée ici. Les chefs-d’œuvre ne manquent pas. On admirera notamment : Les Bords de la Seine de Sisley. De Renoir : Le Portrait de Banville et celui de Madame Charpentier, les Jeunes Filles au Piano et cette adorable toile, La Balançoire. De Pissarro : Le Lavoir, La Maison, De Monet : Le Déjeuner sur l’herbe, l’Eglise de Vétheuil, les Régates à Argenteuil. De Van Gogh, La Guinguette et Le Restaurant de la Seine. De Manet : L’Angelina d’une si grande beauté plastique aux noirs magnifiques et le Balcon. De Cézanne : le Village, un Paysage de forêt très savoureux, d’une belle architecture. L’Estaque que l’humidité du Luxembourg et l’indifférence de son ancien conservateur semblaient avoir condamnée à une fin prochaine a été nettoyée et vernie par les soins de M. Masson. Que celui-ci en soit loué ! Cette salle a, d’ailleurs, une belle unité, bien qu’un Claude Monet soit placé à côté d’un Baschet, que la Liseuse de Renoir soit flanquée d’un Quost et d’un Sabatté, et que les Degas soient écrasés par un Guillaumet. Dans une salle voisine, un Renoir (Les Nymphes), un Gauguin et un délicat Charles Guérin sont condamnés au voisinage d’un Piot et d’un Gustave La Touche. Mais, c’est dans les salles suivantes que sévit la plus grande confusion. On nous affirme que M. Masson crut faire une concession aux défenseurs de l’art vivant en acquérant UN TABLEAU DONT LE LUXEMBOURG N'A PAS VOULU SE PRIVER: H. GERVEX. L'HOPITAL DU D^PÉAN. Le Beau Jour d’été de M. Balande qui nous semble aussi triste qu’un long jour d’hiver. Des œuvres qui, réunies dans une ou deux salles, auraient pu représenter pour les étrangers nombreux et avertis qui visitent le Luxembourg, l’art si riche et si varié de notre époque, ont été dispersées et condamnées aux plus fâcheuses promiscuités. N’aurait-on pu grouper, puisque ces toiles indiquent une même tendance, le beau Portrait de femme de Vuillard, Les Bords de Rivière de Marquet, Le Nu de Bonnard, le Neptune de Van Dongen, les œuvres de Quizet, Waroquier, Wlaminck, ---