Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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2e Année - N° 31 3fr 50 1er Avril 1926 L’ART VIVANT Revue bi-mensuelle des Amateurs et des Artistes éditée par les “Nouvelles Littéraires” ARTS DÉCORATIFS ET APPLIQUÉS PEINTURE - LE LIVRE - SCULPTURE LES ARTS DE LA FEMME Vente et Administration: LIBRAIRIE LAROUSSE 13-17 Rue du Montparnasse PARIS BOURDELLE. HERACLÈS Directeurs-Fondateurs: JACQUES GUENNE et MAURICE MARTIN DU GARD Rédacteur en Chef: FLORENT FELS SOMMAIRE: Les Primitifs français du XIVe siècle . . . . . . André Blum --- L’Opinion d’art . . . . . . Maximilien Gauthier --- Le Salon des Indépendants . Florent Fels --- Chronique des Arts Décoratifs. Ernest Tisserand --- Gustave Moreau (1826-1897). Charensol --- Les Arts de la Femme : Abat-jour et boules de verre. Anne Querillac --- L’Art Populaire français : Bourgogne Latine . . . . . Gabriel Jeantou --- Les Livres du Mois . . . . . Clément-Janin --- La sculpture vivante : Bourdelle et Nadelmann . André Salmon --- Affiches du Mois . . . . . Louis Chéronnet --- Plan de Beauvais . . . . . Marcel Coulon --- Les Expositions . . . . . Charensol --- L’Art en Province et à l’Étranger --- Calendrier des Expositions et des Conférences

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BING & CIE EXPOSITION TABLEAUX de MAITRES MODERNES 20 bis, Rue de la BOÉTIE --- GALERIE MARCEL BERNHEIM 2 bis, rue Caumartin - Paris (9e) Téléph. Central 68-28 — Télég. MABERNECO, PARIS --- TABLEAUX MODERNES ÉCOLE DE 1830 ECOLE IMPRESSIONNISTE EXPOSITIONS PERMANENTES D'ART CONTEMPORAIN VENTE - EXPERTISES - ACHAT --- dominique DELIVRE DU GAUCHEMAR DE L'ANCIEN dominique CONSTRUIT • MEUBLE • DECORE dominique 104 FAUBOURG SAINT-HOMOIRE - PARIS TEL: RLYS. 62-84

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vient de paraître dans la collection LA CULTURE MODERNE Directeur: FLORENT FELS BYZANCE et L'Art du XIIe Siècle par GEORGES DUTHUIT Un volume illustré: 5 francs Dans la même collection: La Mentalité Primitive ... J. Blondel La Sculpture Romane ... Denise Jalabert L'Art et la Folie ... D' Jean Vinchon L'Humanité Primitive dans les Eyzies Capitan et Peyrony Le Folklore et l'Art Populaire ... A. Van Gennep DELAMAIN & BOUTELLEAU LIBRAIRIE STOCK - PARIS --- Galerie Armand DROUANT EXPOSITIONS PERMANENTES MAITRES MODERNES 66, rue de Rennes, 66 — PARIS (VIe) Tél.: Fleurus 69-56

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FONTAINE et Cie SERRURERIE DÉCORATIVE de tous STYLES, SERRURERIE DÉCORATIVE MODERNE Serrure de Joseph Bernard Œuvres de : A. BOURDELLE — J. BERNARD — A. MAILLOL — P. JOUVE — J.-M. POISSON — LE BOURGEOIS — MONTAGNAC — R. PROU — SUE et MARE — GROULT — St MARCEAUX — T. SELMERSHEIM — A. CHARPENTIER — E. ROBERT, etc. 190, Rue de Rivoli — 181, Rue Saint-Honoré R. C. Seine 72,356 EXPOSITION DES ARTS DÉCORATIFS MODERNES 1925 : Membre du Jury - Hors Concours --- 4 CHEMINS EXPOSITIONS TABLEAUX — DESSINS — ESTAMPES ÉDITIONS D'ART CÉZANNE --- PICASSO --- HENRI MATISSE --- ROUAULT --- MARIE LAURENCIN --- GROMAIRE --- MODIGLIANI --- UTRILLO --- 18, RUE GODOT-DE-MAUROY, 18 — PARIS-IXe (Madeleine)

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ÉTUDES CHEZ SOI L'ÉCOLE UNIVERSELLE, placée sous le haut patronage de l'État, la plus importante école du monde, permet, grâce à ses cours par correspondance, de faire chez soi, dans le minimum de temps et avec le minimum de frais, des études complètes dans toutes les branches du savoir. Elle vous adressera gratuitement, et sur demande, celles de ses brochures qui se rapportent aux études ou carrières qui vous intéressent : - Brochure 2904 : Classes primaires complètes, Certificat d'études, Brevets, C.A.P., Professorats. - Brochure 2913 : Classes secondaires complètes, Baccalauréats, Licences (lettres, Sciences, Droit). - Brochure 2922 : Grandes Écoles spéciales (Agriculture, Industrie, Travaux publics, Mines, Commerce, Armée et Marine, Enseignement, Beaux-Arts, Colonies). - Brochure 2927 : Toutes les Carrières administratives. - Brochure 2939 : Carrières d'Ingénieur, Sous-Ingenieur, Conducteur, Dessinateur, Contremaître dans les diverses spécialités : Electricité, Radiotélégraphie, Mécanique, Automobile, Aviation, Métallurgie, Mines, Travaux publics, Architecture, Topographie, Froid, Chimie, Agriculture. - Brochure 2949 : Carrières du Commerce, Administrateur, Secrétaire, Correspondantier, Sténo-dactylo, Contentieux, Représentant, Publicité, Ingénieur commercial, Expert-comptable, Teneur de livres, Carrières de la Banque, des Assurances et de l'Industrie hôtelière. - Brochure 2955 : Langues étrangères (Anglais, Espagnol, Italien, Allemagne). - Brochure 2967 : Orthographe, Rédaction, Calcul, Dessin, Ecriture, Calligraphie. - Brochure 2972 : Carrières de la Marine marchande. - Brochure 2985 : Etudes musicales (Solfège, Transposition, Harmonie, Contrepoint, Fugue, Composition, Orchestration). - Brochure 2994 : Etudes artistiques (Bessin d'Illustration, Composition décorative, Dessin de figurines de modes, Anatomie artistique, Histoire de l'art, Professorats de dessin). Ecrivez aujourd'hui même à l'École Universelle. Si vous souhaitez en outre des conseils spéciaux à votre cas, ils vous seront fournis très complets, à titre absolument gracieux et sans aucun engagement de votre part. ÉCOLE UNIVERSELLE 59, Boulevard Exelmans - PARIS (16e) --- MOSAIQUES DÉCORATIVES en Émail et Ors Dallages en Marbre et Grès Cérame --- SOCIÉTÉ ANONYME DES ANCIENS ÉTABLISSEMENTS GUILBERT-MARTIN Anciennement: RENÉ-MARTIN & Cie 20, Rue Génin à St-DENIS (Seine) Téléphone : St-DENIS 222 R.C. Seine N° 207.649 B --- A. DUMAS Meubles Décoration Installations Antiquités --- 24 et 26, rue Notre-Dame-des-Victoires PARIS (2e) --- L'ART POUR TOUS SOCIÉTÉ DE VULGARISATION ARTISTIQUE Fondée le 21 Avril 1901 par Edouard MASSIEUX Faire connaître au grand public les chefs-d'œuvre d'hier et d'aujourd'hui et lui permettre de suivre au jour le jour l'effort des créateurs de Beauté, telle est la tâche poursuivie par l'Art pour tous, qui a organisé plus de 1.200 visites-conférences dans les Musées, Monuments, Expositions, Ateliers, Manufactures, etc. COTISATION : 1 an, 12 fr. - 3 mois, 3 fr. DROIT D'INSCRIPTION 2 francs Les Adhésions et demandes de Programmes sont reçues aux Visites et au Siège social de L'ART POUR TOUS 2, Rue Brown-Séquard. — PARIS (XVe) ---

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RODIER Ne Vend pas à la Clientèle — Particulière. KASHAFLORE DEGRADIC KASHA ONDECLA

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2me Année - N° 31 3 fr. 50 1er Avril 1926 --- L'ART VIVANT DIRECTION-RÉDACTION PUBLICITÉ : 146, Rue Montmartre PARIS (2e) Téléphone : CENTRAL { 52-65 { 74-95 Administration, Vente et Abonnements : LIBRAIRIE LAROUSSE 13-17, rue Montparnasse, Paris (6e) Chèques Postaux N° 155-85 Paris Rédacteur en chef : Florent FELS Revue Bi-Mensuelle des Amateurs et des Artistes Éditée par les "Nouvelles Littéraires" DIRECTEURS-FONDATEURS : Jacques GUENNE et Maurice MARTIN DU GARD ABONNEMENTS : FRANCE Un an : 75 fr. Six mois : 59 fr. Edition de luxe... un an : 150 fr. ÉTRANGER I. Pays ayant adhéré à l'accord de Stockholm Un an : 95 fr. Six mois : 48 fr. Edition de luxe... un an : 150 fr. II. Pays ayant décliné cet accord Un an : 105 fr. Six mois : 54 fr. Edition de luxe... un an : 160 fr. (Voir la liste de ces pays aux pages suivantes) --- LES PRIMITIFS FRANÇAIS DU XIVe SIÈCLE Dès le xiiiie siècle, on assiste en France à l'épanouissement d'un art original, qui se manifeste dans l'album de dessins de l'architecte Villard de Honnecourt, les manuscrits enluminés comme le Psautier de Saint Louis, les fresques de Montmorillon, du Petit-Quevilly ou du Puy, les verrières de Chartres, de la Sainte-Chapelle. Toutes ces œuvres dénotent un style personnel, un sentiment de la vie étonnant. Si elles ont été méconnues du xvie à la fin du xviiie siècle, le romantisme en a commencé la réhabilitation, qui s'est continuée en 1904, lors de l'exposition des Primitifs français, et se poursuit de nos jours. L'exposition récente du Moyen Age de la Bibliothèque Nationale a permis de jeter un coup d'œil sur les œuvres de nos premiers enlumineurs, qui s'inspiraient des peintres byzantins et les surpassaient par la technique. Tandis que l'or des Byzantins s'est écaillé au cours des siècles par suite de la mauvaise qualité des préparations employées pour fixer le métal, celui de nos illustrateurs reste intact. L'éclat de l'or est aussi brillant aujourd'hui qu'à la date où le miniaturiste les brunissait. C'est que la formule de ce qu'on appelle «l'assiette», c'est-à-dire le mélange de craie et de colle destiné à fixer l'or au parchemin, était bonne. Au début, l'enlumineur est exclusivement religieux, obéit à son chef, travaille avec conscience et conviction à embellir le monastère, mais le thème de ses productions reste immuable. Peu à peu, apparait l'enlumineur laïque, ouvrier modeste qui par nécessité de gagner sa vie, cherche à s'attirer par son talent les commandes des grands seigneurs amis des beaux livres d'Heures. Un grand progrès est accompli. Il se forme au xiiiie siècle dans l'Ile-de-France, en Bourgogne, dans les Flandres, sur la Loire et dans l'Avignon-nais des écoles de peinture importantes, mais c'est surtout celle de Paris qui prend une place prépondérante. Elle ne compte pas d'artistes comme Giotto ou Cimabue en Italie, mais d'excellents imagiers, dont la manière s'inspire des décorateurs de vitraux ou des selliers ou des miniaturistes. Le Livre des Métiers d'Etienne Boileau nous renseigne sur leurs procédés de préparation, consistant en plâtre, lamelles d'argent, or, jusqu'à ce que la couleur fût appliquée sur les parties poncées au préalable. Certains historiens ont soutenu que cette école parisienne du xiiiie siècle avait subi une influence italienne, florentine ou siennnoise et, pour montrer qu'elle continue au xive siècle, ils signalent que Simone de Martino travailla longtemps à Avignon. Les rapports entre l'Italie et la France sont indéniables. En 1298, Philippe le Bel envoya à Rome le peintre Etienne d'Auxerre. Inversement beaucoup d'artistes italiens vécurent en France. Mais ces rapports entre la France et l'Italie ne suffisent pas à justifier les théories d'une action exercée par l'un de ces pays sur l'autre, alors que dans chacun d'eux, l'art au xiiiie siècle se développe d'une manière personnelle. Un rapprochement a été tenté également entre les peintres de Flandre, de Hollande et les nôtres. L'idée vient de ce que --- LA FUITE EN ÉGYPTE FRESQUE DU PETIT-QUEVILLY

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L'ART VIVANT PAREMENT DE NARBONNE. DÉTAIL (VERS 1374) Photo Giraudon --- LES ARTS LIBÉRAUX. FRESQUE DE LA CATHÉDRALE DU PUY ---

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L'ART VIVANT PORTRAIT DU ROI DE FRANCE JEAN LE BON (VERS 1359) beaucoup d’entre eux, classés dans l’école parisienne, portent des noms de localités de ces pays : Jean de Bruges, Ancelin de Haguenau, Pol de Limbourg, Jacquemart de Hesdin. Il ne s’ensuit pas de là qu’il faille négliger l’étude des milieux où ils ont vécu et travaillé, d’où vient leur style particulier et qui est de nature à les ranger au nombre des artistes français. Le rôle de la taille, impôt direct, a révélé beaucoup de noms de peintres au xive siècle qui, bien avant les Van Eyck, exécutèrent des œuvres importantes. Ce sont Jean d’Orléans, Jean de Bondolf, Jean d’Artois, Colart de Laon, Jacques Cène et Malouel. Dès 1323, Jean de Jaudun signalaît qu’il y avait à Paris « de très subtils faiseurs d’images en peinture ». Le métier n’était pas mauvais, car beaucoup d’entre eux payaient une taille relativement élevée. Leur situation devint même assez considérable pour que le prévôt de Paris, Jean de Folleville leur assurât une indépendance professionnelle, en établissant le 12 août 1391 leur statut corporatif. Ce qui caractérise le trait principal de leur école, c’est une tendance vers le réalisme, qui s’affirme dans les principales œuvres de cette période. Le portrait du roi Jean le Bon, attribué par Bouchot à Girard d’Orléans, par le comte Durrieu à Jean Coste et exécuté sans doute vers 1357-1360, époque où le noble captif, pris à Poitiers, fut dirigé sur Londres, est une œuvre réaliste d’un caractère français, peu influencée par l’école florentino-siennoise, quoi qu’on ait dit. C’est un profil d’un accent sincère où se marque l’expression d’accablement et de résignation d’une physionomie rude. Un grand dessin à l’encre sur une soie appelée au xive siècle « samit », le Parement de Narbonne du Musée du Louvre, traduit un sentiment naturaliste assez voisin. Dans la composition centrale, la Crucifixion, les têtes des larrons, et dans les scènes latérales, l’Arrestation de Jésus et le Portement de Croix, les mâchoires saillantes, les yeux féroces, l’attitude sauvage des soudards qui symbolisent les bourreaux du Christ sont traités avec une brutalité analogue à celle du portrait de Jean le Bon. Bouchot attribuait cette œuvre à Jean d’Orléans, peintre du roi Charles V, représenté ici avec la reine, agenouillés tous deux de chaque côté de la Crucifixion. D’autres historiens ont considéré Jean de Bruges comme l’auteur de ce parement d’autel de l’époque de Charles V. Quel que soit l’artiste auquel on donne ce travail, par sa technique il a le caractère d’une peinture originale d’une expression de vie intense. Il y a là un style parisien qu’on retrouve dans le diptyque (La Vierge et l’Enfant Jésus — La Crucifixion) de la collection Carraud du Bargello à Florence. Cette tradition d’art parisien persiste dans la petite chapelle portative à volets peints de la collection Cardon (Musée du Louvre) représentant des scènes de la vie de la Vierge et MISE AU TOMBEAU (VERS 1380) --- Photos Giraudon --- — 243 —

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L'ART VIVANT LE MARTYRE DE SAINT DENIS (VERS 1400) de la vie de Jésus-Christ. En rapprochant les costumes et les armes des soldats, les détails du mobilier, la manière de traiter les anges musiciens des miniatures contemporaines de l'Ile-de-France, on est frappé d'une similitude de technique. Elle apparaît encore dans la Mise au tombeau du musée du Louvre où le coloris de la Vierge et des saintes femmes rappelle le style parisien du Parement de Narbonne. Une des œuvres les plus originales de cette période est la Vierge à l'Ecritoire, qu'on a classée quelquefois parmi les pièces françaises, d'autres fois parmi les morceaux de l'école espagnole, à cause des riches brocarts du siège, mais la tête de la Vierge et celle de l'Enfant endormi pendant qu'il écrit, la main tenant encore un style appuyé sur un cahier, un écusson suspendu à droite, ont un caractère plutôt germanique. Il faut signaler à Berlin au Kaiser Friedrich Museum le Couronnement de la Vierge et les Scènes de la vie de Saint Berlin, qui appartiennent bien au xive siècle et paraissent de l'école parisienne. Au couronnement de la Vierge s'apparente un tableau rond du Louvre, la Piété de Notre-Seigneur, inspiré à la fin du xive siècle par un passage des Prédications de Bonaventure. Si l'on ignore les noms des auteurs de ces œuvres, on attribue du moins à Jean Malouel quelques-unes d'entre elles, comme la Piété et la Dernière Communion et le Martyre de saint Denis, du Louvre. Cette dernière serait un des plus anciens tableaux de chevalet de l'école française et l'on pos- sède à ce sujet des documents d'archives. Commandé en 1398 à Jean Malouel par le duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, pour la Chartreuse de Champmol, il aurait été continué par Henri Bellechose. Il est dans la tradition du Parement de Narbonne, mais il s'apparente aux miniatures exécutées pour le duc de Berry. Tous les manuscrits enluminés provenant de Jean de Berry ont été très étudiés par des savants compétents, qui ont déterminé par quels artistes différents un même livre d'Heures a pu être exécuté. Ce qui ressort de leurs recherches, c'est que le duc avait dans ses divers châteaux des enlumineurs à demeure, des peintres, des sculpteurs, des architectes auxquels il donnait des appointements réguliers par mois. L'accord n'était pas toujours parfait dans ce monde. Un certain Jean de Hollande accusait les valets de Jacquemart de Hesdin, qui était à Poitiers en 1398, de lui voler des couleurs. Un de ceux-ci se vengea et souffleta Jean de Hollande. Au cours de la rixe, le beau-frère de ce dernier, Perrot Garnier, fut tué d'un coup d'épée. Toutes ces histoires sur les passions qui agitaient cette société d'artistes, montrent qu'à un moment où les Van Eyck sont encore bien jeunes, une forme nouvelle d'art apparaît dans l'école parisienne au début du xve siècle qui sera reprise par celles des Flandres, de Touraine, de Lyon, d'Avignon. Ce qu'on appelle quelquefois art flamand, français ou italien, est au fond un art plutôt international qui se différencie par un accent particulier dans chaque pays. André Blum. ---

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L'ART VIVANT BOULANGER Le SALON des INDEPENDANTS 1926 C'est un Salon amusant. Le grand Don Quichotte, fait de tuyaux de poêle, de boîtes de conserves, de bidons d'essence, de vieux pneus, de tuyaux de caoutchouc, nous apparaît comme le symbole de cette manifestation. C'est drôle, mais on est navré devant tant d'œuvres insignifiantes. Don Quichotte, frère aîné de l'autre Chevalier de la Triste Figure, Charlie Chaplin, n'a plus à combattre. Il semble bien que les romans de la Table Ronde ont été écrits depuis longtemps, que la geste des peintres est terminée. Du moins, ne verrons-nous ici, ni héros, ni monstres. Des imitateurs. Des peintres du Dimanche. Quelques artistes de talent. N'oublions pas que Charlie Chaplin est un héros éternel, et que déjà Gus Bofa réalisa l'an dernier un Don Quichotte, dont celui-ci est une imitation. Il n'y a rien de nouveau sous le soleil du Bois de Boulogne, que l'abstention de bien des peintres capables de donner une impression d'art en cette manifestation qui devient une sorte de Salon des Humoristes de haute qualité. Salon sans vedettes, dans lequel nous allons nous efforcer de connaître au passage quelques amateurs et quelques peintres véritables. *** Akhvlediani est Géorgien. Ses toiles où domine un vert sombre de son invention sont animées d'une vie pittoresque. C'est de la miniature orientale ramenée à la proportion de la peinture de chevalet, très décorative, assez séduisante. On ne peut nier chez Alexandrovitch le parti pris de « faire peinture populaire ». Son portrait de Lénine est une pauvre image maladroite et le héros de la Révolution russe mérite mieux qu'un métier aussi indigent. Angiboult expose des fantaisies décoratives qui feraient la fortune de quelques décorateurs du paravent ou de meubles de laque. Un charmant aspect de St-Etienne-du-Mont par Annenkoff, habilement dessiné et peint avec de fines nuances, un sens très subtil dans l'expression des volumes par le trait. C'est une peinture d'un goût délicat. Antral est vigoureux et bref. Il cherche l'expression dans les plus simples motifs et par les moyens — 245 — DE CREEST