Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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L'ARCHITECTE REVUE MENSUELLE DE L'ART ARCHITECTURAL PUBLIÉE AVEC LE CONCOURS DE LA SOCIÉTÉ DES ARCHITECTES DIPLÔMÉS PAR LE GOUVERNEMENT COMITÉ DE DIRECTION - MM. ARFVIDSON - J. AUBURTIN - LOUIS-H. BOILEAU - LOUIS BONNIER - BOUWENS DE BOIJEN - A. DEFRASSE - AD. DERVAUX - TONY GARNIER - L. GODEFROY - CH. LETROSNE - PIERRE PATOUT - CH. PLUMET - H. SAUVAGE - LOUIS SOREL - ANDRÉ VENTRE --- NOUVELLE SÉRIE 1re ANNÉE N° 8 AOUT 1924 --- SOMMAIRE TEXTE L'ALIMENTATION EN EAU POTABLE DE LA RÉGION PARISIENNE. . . . . . J.-B. Corbiot. PLANCHES Pl. I et LI. Cité-jardin à Suresnes . . . . A. Maistrasse. Pl. LII à LV. Central téléphonique et bureau de Poste à Paris . . . . . . . . . F. Leceur. Un numéro : France, 12 francs. Étranger, 14 francs L'abonnement annuel : France, 100 fr. Étranger, 120 fr. (partant du 1er janvier) --- ÉDITIONS ALBERT LÉVY 2, RUE DE L'ÉCHELLE — PARIS (1er) Tél.: Louvre 33-87. Chèques postaux 6690. R. C. Seine 64-696

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L'ARCHITECTE L'ALIMENTATION EN EAU POTABLE DE LA RÉGION PARISIENNE L'attention se fixe à nouveau sur un problème de la plus haute importance, celui de l'alimentation en eau potable de la région parisienne. Cette question n'est pas nouvelle puisqu'elle préoccupe à juste titre, depuis plus de vingt siècles, ceux qui ont la charge de la santé publique. D'après M. Diénert, dont la compétence en la matière est bien connue, la plus ancienne dérivation d'eau de source destinée à alimenter Paris fut construite pendant la domination Romaine. Durant le règne de l'Empereur Julien, un aqueduc fut établi pour aller chercher les eaux des coteaux de l'Hay, — de Rungis — et d'Arcueil-Cachan pour alimenter les Thermes de Cluny. Pour suppléer aux besoins toujours croissants de la population de Paris, le bon roi Henri IV fit installer des pompes à la Samaritaine. Ces pompes étaient mûes par une roue placée sous une des arches du Pont-Neuf et l'eau était refoulée dans un réservoir de 1.600 mètres cubes, placé dans le Cloître de Saint-Germain l'Auxerrois. La quantité d'eau prise au fleuve était d'environ 1.600 mètres cubes par jour. Soixante-quinze ans plus tard, sous Louis XIV, on installa une pompe à feu à Chaillot. — Cette installation où l'on fit usage, pour la première fois à Paris, des machines à vapeur inventées par Watt, refoulait l'eau de Seine dans des canalisations qui alimentaient des bornes fontaines et les concessions particulières. Ces dernières étant distribuées par faveur royale à des personnalités vivant dans l'entourage du souverain. La plus grande partie de la population de Paris trouvait encore son alimentation dans l'eau séléniteuse des très nombreux puits qui existaient alors dans la Ville. Cette eau était du reste également insuffisante. Pour remédier aux besoins nouveaux toujours croissants, on songea, dès cette époque, à dériver les rivières qui se jettent dans la Seine aux environs de Paris. On étudia tout d'abord la captation de la Bièvre; mais devant l'opposition systématique des mégisiers et des tanneurs du faubourg Saint-Marcel, ce projet dut être abandonné. Il appartenait à Bonaparte de reprendre la question et de poursuivre la réalisation de nouvelles adductions. En effet, le premier Consul fit commencer les travaux de dérivation de l'Ouroq dont les eaux furent amenées par un canal débouchant dans un bassin réservoir situé près de la Villette. Les travaux ne furent achevés qu'en 1822. A ce moment, Paris disposait de 60.000 mètres cubes d'eau de source qui étaient distribués aux quartiers de la rive droite et de la rive gauche, à l'exception des quartiers élevés qui continuaient à recevoir leur eau au moyen de la pompe à feu de Chaillot. Sous le Second Empire, la population de la Capitale s'élevait à un million d'habitants, ce qui amena de nouveaux besoins. Sous l'inspiration du Préfet Haussmann, l'ingénieur Belgrand rechercha les moyens de réaliser de nouveaux captages de sources. En 1865, la source de la Dhuys fut captée et ses eaux amenées de Champigny à Paris au moyen d'un aqueduc de 131 kilomètres de longueur. Ce fut un travail remarquable pour l'époque. Trois ans plus tard, en 1868, on dériva les sources de la vallée de la Vanne. La Vanne est une rivière qui prend sa source à l'orée de la forêt d'Othe, dans le voisinage de Troyes. Mais ce sont principalement ses affluents qui fournissent à Paris l'eau pure qui est amenée au réservoir de Montsouris par un aqueduc de 173 kilomètres de longueur. Quand Alphand prit la succession de Belgrand en 1878, Paris disposait de 120.000 mètres cubes d'eau de source, et cette quantité d'eau pure était nettement insuffisante pour ses besoins. Ceux-ci se révéleront particulièrement pressants en 1884, pendant une épidémie de choléra qui sévit sur la population parisienne; aussi décida-t-on immédiatement de capter les sources de l'Avre en Normandie. L'enquête fut longue et minutieuse et les travaux ne purent être entrepris qu'en 1891 et terminés en 1893. On put recueillir ainsi 100.000 mètres cubes d'eau pure. Devant le prix très élevé nécessité par les adductions d'eau de source, la Ville de Paris adopta une autre politique dès l'année 1897. A partir de cette époque, on songea à demander aux rivières parisiennes elles-mêmes, l'eau dont on avait besoin. Comme cette dernière était impropre à la consommation, on décida l'installation de deux usines de filtration. La première traitant les eaux de la Marne fut installée en 1897 à Saint-Maur; l'autre traitant les eaux de la Seine fut installée en 1899 à Ivry. (à suivre) J. B. Corbiot. AOUT 1924.

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L'ARCHITECTE Fig. 68. — Cité-Jardin à Suresnes. A. Maistrasse, architecte (s. a. d. g.) L. Grandes villas. — N. Terrain de jeux. — O. Maisons collectives. — P. Groupe des familles nombreuses. — R. Groupe scolaire. — S. Enseignement ménager et professionnel. — U. Coopératives. V. Salle de réunions. — X. Cinéma. EXPLICATION DES PLANCHES PLANCHES L et LI. — Cité-jardin à Suresnes. — A. MAISTRASSE, architecte (s. a. d. g.) Cette cité-jardin a son terrain réparti sur les deux communes de Suresnes (Seine) et de Rueil (Seine-et-Oise). Sa surface totale en est de 33 hectares, vaste plateau triangulaire, il est à peu près horizontal, sa situation et l'aspect des environs motivent pleinement le choix qui en a été fait par l'Office des Habitations à Bon Marché du département de la Seine. Protégé des vents du Nord par les hauteurs du Mont-Valérien, il bénéficie vers le Sud d'une vue très étendue sur les collines de Louveciennes et sur le Champ de Courses de Saint-Cloud. L'accès principal de la cité est à l'angle N-E par une place située à la jonction du chemin de Rueil et du prolongement de la route stratégique (au point E du plan); ce carrefour sera le Fig. 69. — Cité-Jardin à Suresnes. — Vue perspective du 1er groupe construit. A. Maistrasse, architecte (s. a. d. g.)

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L'ARCHITECTE --- point terminus ou l'arrêt principal d'une ligne de tramways prolongée. De cette arrivée une voie de 25 mètres (F), bordée de maisons et d'édifices collectifs, rejoignant l'axe principal du terrain, aboutit à une place demi-circulaire (G) sur laquelle débouchent les diverses voies donnant accès à toutes les parties du terrain; c'est là que se fera la répartition des habitants dans les différentes directions. Cette place entourée de maisons d'habitations et d'édifices sociaux a été conçue de façon à ce que à chaque voie corresponde un point de vue intéressant. Bien que les places précédemment décrites aient une importance capitale, elles ne peuvent constituer le centre social et commercial indispensable. Cette grand'place (K), se trouve au centre de la composition, largement ouverte sur le Mont-Valérien et ayant sa plus grande partie en arrière Fig. 70. — Cité-Jardin à Suresnes. — A. Maistrasse, architecte (s. a. d. g.) Plan du rez-de-chaussée du 1er groupe construit. (Familles nombreuses) ---

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L'ARCHITECTE de la circulation, ce qui permet d'y créer un square. Pour la faire plus animée, elle sera bordée de maisons collectives avec boutiques, on y trouvera : restaurant populaire, coopérative de consommation, salle des fêtes, cinéma-théâtre, bâtiment affecté aux cours, bibliothèque, cercles, etc. (U.V.X.) du plan. Le but a été de réduire au minimum le nombre des voies. On a préféré les tracés à peu près rectilignes facilitant le lotissement, en évitant les trop grandes longueurs, sources de monotonie. A l'intérieur des îlots, les espaces libres ont des formes variées et furent établis en cherchant toujours la variété et les heureux effets de perspective. La conception de l'habitation individuelle est la déterminante du plan d'ensemble d'une cité-jardin. Doit-on prévoir par chaque famille une maison isolée au milieu de son lot de terrain, ou l'architecte peut-il grouper ces maisons individuelles? On a nettement adopté ce deuxième parti, en composant des groupes d'éléments presque semblables, de 2 à 3 maisons (plus généralement de 3). Les avantages en sont : réduction de longueur des façades, économie dans la construction et le chauffage, et répartition des charges de voirie et d'édilité. Cette solution est d'ailleurs définitivement adoptée dans toutes les cités modèles à l'étranger. Les espaces libres servent de pelouses pour les enfants, jeux de boules, tennis, certains se divisent en petits jardins loués aux locataires des maisons collectives. Le plus grand de ces espaces deviendra un terrain de jeux et sports près du gymnase-piscine (N). Les sorties postérieures des jardins s'ouvrant sur ces espaces ou sur les petits chemins qui les desservent, les transports des terres ou détritus se feront en dehors des maisons. Outre ces habitations individuelles on a prévu de grandes Fig. 71. — Cité-Jardin à Suresnes. — Bâtiment D. Plan des 1er et 2e étages. Fig. 72. — Cité-Jardin à Suresnes. — Bâtiment A. Plan des 1er et 2e étages.

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L'ARCHITECTE --- FIG. 73. — Cité-Jardin à Suresnes. — Bâtiment C. Plan des 1er et 2e étages. villas. Placées en bordure du chemin de Fouilleuse, elles jouissent d'une vue magnifique. Elles sont plus vastes et plus luxueuses que les autres et se louent à des prix tendant à aider à l'équilibre de l'opération financière. Les maisons collectives à étages furent en outre imposées par le prix élevé du terrain et la situation près de Paris. Ce qui fut amélioré par le chauffage central, la distribution d'eau chaude, et la proximité de services généraux : bains-douches, lavoirs. Des cours plantées, ouvertes au Midi permettent une grande aération et l'ensoleillement parfait de ces maisons. On a prévu : un groupe scolaire pour 1.200 élèves avec garderie d'enfants, école maternelle, école de filles et de garçons, cantines, ateliers de travail manuel, réfectoires, salles médicales, etc. Un autre groupe d'enseignement ménager ou professionnel est prévu à l'extrémité de l'avenue principale (S). Un bâtiment aménagé pour les sports, gymnase, piscine avec les terrains de jeux y attenant est placé en bordure du carrefour demi-circulaire (N). Actuellement est achevé et habité le 1er groupe des habitations collectives pour familles nombreuses. --- FIG. 74. — Cité-Jardin à Suresnes. — Plan du rez-de-chaussée d'un pavillon à trois logements. --- FIG. 75. — Cité-Jardin à Suresnes. Plan du rez-de-chaussée d'un pavillon à deux logements.

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L'ARCHITECTE L'emplacement de ce 1er groupe est entièrement compris dans l'ilot marqué (I) au plan général de la cité-jardin. Sa surface est de 17.000 mètres carrés, entièrement sur le territoire de Suresnes. Neuf bâtiments sur caves avec rez-de-chaussée et 4 étages, et 13 maisons individuelles, groupées par 2 et par 3, constituent avec un bâtiment de lavoir et bains, l'ensemble de ce premier groupe. Tous ces bâtiments ont leur grand axe très près de la direction N. S. Le bâtiment A est à l'angle N. O. F. de l'ilot. Il comporte 25 logements dont un de concierge. Les bâtiments B (6 semblables), comportant chacun 4 logements par étage soit 20 logements par pavillon. Le bâtiment C comporte 25 logements et à rez-de-chaussée des locaux commerciaux (société coopérative de consommation). Le bâtiment D comprend 22 logements et un restaurant coopératif. Comme construction on a prévu, pour les caves, des murs en meulière hourdée en mortier de chaux hydraulique, les cloisons de distributions en briques, les portes en chêne brut. Les descentes à ces caves sont à l'extérieur, afin d'éviter les dégradations, elles assurent en outre la ventilation complète des caves. Les couloirs suffisamment larges pour le passage des fûts sont placés le long des murs de face, par suite bien éclairés et aérés; toutes les canalisations y trouvent leur place et sont ainsi d'une surveillance facile. La hauteur des étages : 2 m. 70, 3 mètres au rez-de-chaussée et 2 m. 80 au 1er. Fig. 76. — Central téléphonique à Paris. — F. Lecœur, architecte. Plan du rez-de-chaussée. PLANCHES LII à LV. — Central Téléphonique et Bureau de Poste à Paris. — F. LECOEUR, architecte.

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L'ARCHITECTE Le projet de ce Central Téléphonique a été établi en 1911. Il fut construit entièrement en ciment armé et en briques armées. Ce bâtiment, qui est un Central Téléphonique manuel devait se composer de grandes salles de manipulation d'au moins 12 mètres de large et qui devaient être aussi longues que possible, permettant ainsi d'y installer un « multiple ». Ce meuble qui est continu sur deux rangs, fait le tour de la salle et les téléphonistes assises sont à l'intérieur de cette enceinte, tout autour de laquelle les mécaniciens peuvent circuler et faire les réparations. Il faut donc que la lumière inonde ce meuble qui montre le dos aux ouvertures, la face doit en être éclairée par les ouvertures opposées. Les salles sont en conséquence très hautes, les baies vastes et les plus nombreuses possible. Mais il faut aussi des murs pour suspendre les appareils et les fils, cette nécessité a commandé le parti du plan : les façades furent ouvertes le plus largement et les deux extrémités du bâtiment au contraire fermées, ce qui s'exprime en façade par un grand pignon plein sur lequel s'étale l'horloge en fer forgé. Restait à traiter les bureaux suivant leurs besoins et ils ne pouvaient avoir les hauteurs des grandes salles. Au lieu de créer des entre-sols, l'architecte prit le parti franc de les placer les uns au-dessus des autres, sur la rue du Faubourg Poissonnière, les salles des multiples étant sur la rue Bergère. Enfin au dernier étage se trouvent les réfectoires, salle de repos et tous les services indispensables à la détente d'un personnel surmené auquel les terrasses sont accessibles ce qui constitue un des grands agréments de ces services. Fig. 77. — CENTRAL TÉLÉPHONIQUE. — F. Lecœur, architecte. Plan du premier étage. Le personnel entre par la rue du Faubourg Poissonnière et après avoir traversé le vestibule sous le contrôle du concierge, trouve le vestiaire aux extrémités duquel sont les deux escaliers qui mènent aux salles.