Extrait
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
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L'ARCHITECTE
REVUE MENSUELLE DE L'ART ARCHITECTURAL PUBLIÉE AVEC LE CONCOURS DE LA SOCIÉTÉ DES ARCHITECTES DIPLÔMÉS PAR LE GOUVERNEMENT
COMITÉ DE DIRECTION
- MM. ARFVIDSON
- J. AUBURTIN
- LOUIS-H. BOILEAU
- LOUIS BONNIER
- BOUWENS DE BOIJEN
- A. DEFRASSE
- AD. DERVAUX
- TONY GARNIER
- L. GODEFROY
- CH. LETROSNE
- PIERRE PATOUT
- CH. PLUMET
- H. SAUVAGE
- LOUIS SOREL
- ANDRÉ VENTRE
Rédacteur en chef : Michel ROUX-SPITZ
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NOUVELLE SÉRIE
1re ANNÉE N° 10
OCTOBRE 1924
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SOMMAIRE
TEXTE
LES LOIS DE LA CONSTRUCTION MODERNE AUX PAYS-BAS... H. Asselin.
PLANCHES
Pl. LXIII à LXVI. École de Filles, rue de Pontoise, à Paris... J.-M. Auburtin.
Pl. LXVII. Projet pour une Académie des Beaux-Arts à Amsterdam... Bijvoet et Duiker.
Pl. LXVIII et LXIX. Maison, rue Vavin... Sauvage et Sarrazin.
Un numéro : France, 12 francs. Étranger, 14 francs
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L'ARCHITECTE
LES LOIS DE LA CONSTRUCTION MODERNE AUX PAYS-BAS
Dans un pays, dont la population a presque doublé en moins d'un demi-siècle, le problème de l'habitation occupe nécessairement une place considérable. Depuis une quinzaine d'années surtout, le développement des grandes villes de la Hollande a pris des proportions extraordinaires. Le touriste étranger venu autrefois pour les Rembrandt d'Amsterdam et qu'attirera peut-être demain les jeux olympiques au grand Stadion de la même ville, s'émerveillera de découvrir au sud et à l'ouest de la capitale, des quartiers entiers de villas pittoresques et confortables, des faubourgs ouvriers immenses et des cités-jardins, là où ne règnent alors que le polder et la plate campagne éternellement vaste. Même impression à La Haye, à Rotterdam et à Utrecht: partout des villes neuves construites en briques roses, sortent du sol et offrent au regard du passant l'élégance de leurs plans et la hardiesse de leurs conceptions architecturales absolument originales.
La crise du logement aux Pays-Bas date de 1916. Dans ce pays, comme dans les pays en guerre, elle était due à l'arrêt de la construction qui résultait lui-même des difficultés nées de la guerre: stagnation dans les affaires, incertitude du lendemain, manque ou cherté du matériel, absence de la main-d'œuvre, en raison d'une mobilisation de toutes les forces du pays qui allait durer quatre ans. Cette crise put être évaluée lors du recensement qui eut lieu en 1919 dans les communes de plus de 2.000 habitants: plus de 60.000 ménages sur un total de 1.315.000 se voyaient contraints de partager le logement d'autres ménages, et, dans le pays entier, 8.512 logements seulement étaient disponibles, soit 0.6%. A la suite d'autres évaluations encore, on décida de procéder à l'édification de 164.000 logements dans la période s'étendant de 1920 à 1922.
Les hauts prix de la bâtisse allaient toutefois entraver la réalisation de ce projet. Le tableau suivant donnera une idée des variations de ces prix, de 1914 à 1922 compris:
- à Amsterdam . . . . . . 20.020 logements
- à Rotterdam . . . . . . 11.433 —
- à La Haye . . . . . . 7.904 —
Habitations ouvrières
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Habitations pour classes moyennes
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Coefficient
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70 à 80 mq
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100 à 120 mq
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Juillet 1914
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2.000 florins
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3.500 florins
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1. »
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— 1915
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2.200
---
3.850
---
1.10
---
— 1916
---
2.650
---
4.650
---
1.33
---
— 1917
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3.450
---
6.050
---
1.72
---
— 1918
---
4.650
---
8.150
---
2.32
---
— 1919
---
5.600
---
9.800
---
2.80
---
— 1920
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6.200
---
10.000
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3.10
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— 1921
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5.600
---
9.800
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2.80
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Janvier 1922
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5.000
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8.750
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2.50
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Juin 1922
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4.000
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7.000
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2. »
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L'année 1922 marque le sommet de l'effort consenti à la fois par les constructeurs et par l'État. A Amsterdam, capitale, et qui peut être considérée comme ville type en ce qui concerne l'extension de la construction, on constate, en 1923, un léger ralentissement. Cependant, on a construit encore 5.216 maisons au cours de cette année, se répartissant de la façon suivante:
- Loyers inférieurs à 260 florins par an. 28
- Loyers de 260 à 350 florins . . . . . 1.072
- Loyers de 350 à 700 florins . . . . . 3.038
- Loyers de 700 à 1.000 florins . . . . . 770
- Loyers de 1.000 et au-dessus . . . . . 308
Ces 5.000 maisons ont été construites en grande partie par la Municipalité et par des sociétés en commandite (exactement 2.664). Et 2.102 maisons ont été construites par des particuliers avec une prime de l'État; 450 ont été édifiées sans subside d'aucune sorte.
Au cours de cette année 1923, le nombre des familles ayant quitté Amsterdam a dépassé de 637 celui des familles qui se sont installées dans la capitale : ce fait contribuera naturellement à adoucir la crise du logement qui sévit toujours et de façon sérieuse en ce qui concerne les très petits loyers. Des améliorations notables vont pourtant y être apportées incessamment: la cité jardin d'Oostazaan, toute neuve, est prête à être habitée; dans le village en béton situé près du Watergraafosmeer, les premiers groupes de maisons sont achevés et, sur les 6.000 maisons du plan Amsterdam Ouest, dont l'exécution est en cours, 1.744 habitations sont commencées. En comprenant ce dernier chiffre, à la fin de l'année 1923, 7.118 habitations étaient en construction à Amsterdam, soit 2.171 habitations construites par la commune et par des sociétés et 4.947 maisons bâties pour le compte des particuliers.
Un grand architecte hollandais, d'esprit très moderne, M. Berlage, a écrit quelque part: « Créer
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L'ARCHITECTE
une maison est d'une telle importance que tout l'édifice social s'en ressent ». Il y a, dans cette sentence, l'indication du haut intérêt que chacun apporte dans ce petit pays de Hollande, depuis le simple particulier, jusqu'à l'État, aux divers problèmes matériels, financiers, techniques et esthétiques, de la construction.
Il existe ici au moins cinq façons de procéder à la « création d'une maison »:
1° L'État participe aux frais;
2° La Commune (ou la Municipalité), prend les frais à sa charge ou y participe;
3° Le particulier fait construire sans subvention;
4° L'entrepreneur fait construire pour spéculer; ou bien, plus simplement, il devient propriétaire et loue à bail;
5° Une association de locataires se constitue en participation et exploite un immeuble ou un groupe de maisons.
Précisément, ces dernières années, un mode nouveau de construction a fait son apparition dans les grandes villes et surtout à Amsterdam: c'est l'immeuble de rapport, à étages et à plusieurs appartements par étage. Maison bourgeoise le plus souvent et d'un loyer élevé. La plupart de ces immeubles, encore peu nombreux d'ailleurs, ont été bâtis pour le compte d'associations de locataires, l'association devenant propriétaire et exploitant l'immeuble à son gré. Les intéressés se réservent généralement pour eux-mêmes un appartement dont ils payent le loyer annuel à leur propre association. C'est la Société par participation. L'affaire, jusqu'à présent, passe pour être peu brillante: ces immeubles ont tous été construits au lendemain de la guerre, à un moment où la main-d'œuvre et le matériel étaient extrêmement coûteux, le résultat est qu'un locataire propriétaire dispose ainsi d'un appartement pour un loyer variant entre 2.000 et 4.000 florins, alors qu'on peut avoir une fort belle maison pour ces prix. Les avantages, cependant, sont nombreux : de nos jours, les domestiques sont aussi exigeantes que rares ; une maîtresse de maison apprécie les commodités qu'offre l'appartement sans escaliers et de superficie réduite. D'autre part, tous ces immeubles sont construits selon les principes les plus séduisants du confort moderne; la moitié du travail des domestiques est faite par avance. Il arrive même que l'association de locataires exploite une cuisine commune qui, du rez-de-chaussée, envoie aux différents étages le menu du jour. La salle à manger commune existe également, mais, elle est peu fréquentée.
On appelle ces constructions modernes, des « flatgebouw ». Elles sont, dans la vie du Hollandais, si habitué à la maison particulière, une petite révolution et un signe des temps. L'idée se généralisera sans doute; déjà, à La Haye, par exemple, on projette d'édifier un nouveau « flatgebouw » pour bourses moyennes, dont les loyers ne dépasseront pas 800 florins par an.
Tydschrift Voor Volkshuisversting, d'ailleurs citée par la revue belge l'Habitation à Bon Marché, donne des chiffres éloquents et de suggestifs renseignements. Les sommes déboursées par l'État hollandais, de 1914 à 1923, pour encourager la construction de logements populaires, représentent un total de plus de 600 millions de florins :
en 1914
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12 053 035 florins
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en 1917
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39 215 498 —
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en 1918
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49 525 709 —
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en 1919
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102 269 662 —
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en 1920
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167 772 748 —
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en 1921
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174 051 752 —
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en 1922
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80 000 000 —
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« Ce sont les pouvoirs publics qui assument en Hollande la construction d'habitations à bon marché et, spécialement, les communes et les sociétés de construction qui bénéficient de subsides gouvernementaux et de prêts. Les capitaux nécessaires: 1° à l'achat de terrains et 2° à la construction d'habitations, sont prêtés au taux de 6 % contre remboursement en 75 annuités dans le premier cas et 50 annuités dans le second.
« L'État prête uniquement aux communes qui supportent les responsabilités financières des opérations et qui peuvent prêter elles-mêmes aux Sociétés de construction.
« Les Sociétés de construction sont des organes semi-officiels, autorisés par le gouvernement comme travaillant uniquement à l'amélioration du logement populaire; leurs capitaux ne peuvent être affectés à d'autres buts. Quand une Société désire construire, elle s'adresse à la Municipalité qui s'adresse, à son tour, directement à l'État sans que, par mesure de simplicité, l'avis de la province soit demandé.
« Les Sociétés de construction sont surtout composées de coopératives de locataires. Ce n'est qu'à défaut de coopérateurs que les logements sont donnés en location à d'autres personnes. Jamais les habitations construites ne peuvent devenir la propriété individuelle des membres; elles appartiennent à la collectivité et peuvent en tout temps être réquisitionnées par la Commune.
Les loyers doivent autant que possible être en
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L'ARCHITECTE
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rapport avec les circonstances ; comme règle, on admet que les maisons construites avant fin 1921 doivent produire un loyer d'au moins 50, 60, 70 % (suivant les dimensions du logement) des frais d'exploitation; le pourcentage est actuellement de 80. Les locataires sont presque tous des ouvriers ; mais la crise du logement a fait admettre des employés et de petits bourgeois; le Gouvernement toutefois a décidé, par une mesure remarquable, que les loyers seraient proportionnés aux revenus des locataires (1/6 ou 1/7) et respecteraient les minima établis.
« Les modalités de la politique de subvention ont varié de manière très souple suivant les modifications de la vie économique, de l'augmentation incessante du taux de l'argent et du coût des éléments de la construction. En plus des crédits susmentionnés, des subsides supplémentaires sont accordés pour couvrir les frais d'exploitation; ils s'élèvent à 75% du déficit pour l'État et à 25% pour la commune.
« La loi sur le logement populaire se rapporte uniquement à la construction d'habitations ouvrières par les Sociétés de construction et les Communes, mais des stipulations particulières ont permis la construction d'habitations par des particuliers. En 1918, une circulaire ministérielle accordant des subsides à fonds perdus a paru. Elle a été modifiée en 1919; elle attribuait un fond spécial à la construction d'habitations pour classes moyennes; elle stipulait que les frais s'élevant à 150% des prix de 1914 resteraient à charge du constructeur (ce pourcentage a été élevé en 1920 de 150 à 170 et 200%) et que les frais supplémentaires seraient couverts, sans hypothèque, par le Gouvernement.
« Les particuliers et les sociétés pouvaient bénéficier de cette réglementation. Enfin, en 1920, un arrêté royal a déterminé l'attribution, avec hypothèque, d'une prime à la construction d'habitations ouvrières et d'habitations pour classes moyennes. Cet arrêté royal a pour objet d'aider les particuliers; cependant, les sociétés d'habitation peuvent également en bénéficier, parce que construisant à bon marché. L'appui de la Commune n'est point nécessaire; elle peut toutefois intervenir en ce qui concerne le paiement d'hypothèques. La prime s'élevait au début à 2.000 florins par maison et a été diminuée progressivement jusqu'à 600 florins ».
Elle est même tombée jusqu'à 300 florins en dernier lieu, c'est-à-dire fin 1923. Elle était tout d'abord applicable aux logements représentant une superficie de 450 mq; puis elle n'a plus été attribuée qu'en faveur des logements de 225 mq maximum. Depuis le 1er décembre 1923, en raison sans doute de la situation très difficile du budget néerlandais, elle n'existe plus, exception faite toutefois au profit du Plan-Ouest d'Amsterdam, déjà mentionné, où elle est de 900 florins par logement, et en faveur du Plan-Nieuwendam où la commune d'Amsterdam a encore obtenu la participation de l'État pour la construction de 1.000 logements ouvriers par adjudication.
Commentant, dans l'Habitation à Bon Marché, l'effort fait par l'État, M. Jan Wils, architecte haguenois arrive à cette juste conclusion que le
Fig. 87. — École de Filles, rue de Pontoise, à Paris. — Façade sur la cour.
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L'ARCHITECTE
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manque d'habitations, en Hollande, n'a jamais atteint le degré de gravité constaté ailleurs; qu'en général, la qualité des maisons bâties a été améliorée; qu'enfin la construction d'habitations a bien été considérée, selon le mot de Berlage, comme faisant partie de celle de l'évidence social.
La loi régissant les conditions matérielles et esthétiques du logement populaire ne date du reste que de 1901. Auparavant, la construction était abusivement abandonnée à l'entrepreneur, lequel se substituait à la fois à l'État, à la Commune et à l'Architecte. Aujourd'hui, l'architecte est imposé à l'entrepreneur qui n'a plus la liberté d'établir lui-même ses plans. En outre, l'architecte est absolument dans la dépendance des commissions d'esthétique qui sont d'une sévérité extraordinaire. Exemple: un entrepreneur a-t-il acquis un terrain carré dont les quatre faces sont libres. L'architecte n'aura pas le droit de construire sur un point déterminé de l'une des faces du carré; il devra bâtir, et d'un style uniforme, soit une face entière soit un angle prolongé. À Amsterdam, le règlement, datant de 1915: il vient d'être complètement remanié.
H. ASSELIN
(à suivre).
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Fig. 88-89. — École de Filles, rue de Pontoise, à Paris. Plan des rez-de-chaussée et premier étage.
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L'ARCHITECTE
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EXPLICATION DES PLANCHES
PLANCHES LXIII à LXVI. — École de filles, rue de Pontoise, à Paris. — J.-M. Auburtin, architecte, (S.A.D.G.)
Ce bâtiment scolaire, édifié en 1910-1911, comprend essentiellement au rez-de-chaussée : un vestibule, parloir, logement de concierge, grand préau avec lavabos, cuisine-office, salle des adjointes. Deux escaliers desservent les étages qui comportent huit classes de 48 élèves, salle de dessin avec dépôt de modèles, cabinet de la directrice, cabinet médical, appartement de la directrice et petites salles de service.
Quelques-unes des classes donnent sur la rue, ce qui dans le cas présent n'est d'aucun inconvénient, cette rue étant peu passagère et très calme.
La construction est en briques, les planchers sont en fer. Les façades sont extérieurement en briques apparentes roses avec semis de boutisses noires — briques dites de Gournay. Toutes les baies sont couvertes par des arcs en briques, sauf celles du second étage que couronne un linteau en bois formant sablière continue.
La décoration des murs est uniquement obtenue par l'emploi de briques à coudes ronds dans les frises, encadrements de baies, bandeaux ou panneaux disposés en nid d'a-beille dans le second étage.
Le bâtiment est couronné par un large forget de bois soutenu par des doubles chevrons formant console, ces chevrons reposent sur la sablière continue. Tous ces bois sont peints en bleu et jaune vif.
Ces façades sont à la fois d'une construction loyale et d'une élégance sobre et aimable absolument française.
Le préau est peint en blanc — un grand cartouche avec les armes de la Ville de Paris orne le mur du fond. Le plafond et la partie haute des murs sont blancs, le soubassement jusqu'à 1 m. 20 est de couleurs vives, ainsi que les portes et chambranles.
L'école comporte une grande cour avec petit bâtiment des W.C. relié par un passage vitré au vestibule voisin du préau. Enfin cette cour est séparée de la rue par un jardin entouré d'une pergola, et où les jeunes filles apprennent la culture des fleurs.
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L'ARCHITECTE
Fig. 92. — Projet pour une Académie des Beaux-Arts, à Amsterdam. — Maquette, façade principale.
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PLANCHE LXVII — Projet pour une Académie des Beaux-Arts à Amsterdam (Hollande). — Bijvoet et Duiker, architectes.
En 1917 le Gouvernement Néerlandais ouvrit un concours pour la construction d'une nouvelle Académie nationale des Beaux-Arts à Amsterdam. Ce concours eut un grand succès auprès des architectes hollandais. Il y eut 114 envois et le projet reproduit ci-contre reçut le 1er prix.
L'édifice devait servir à l'enseignement des Beaux-Arts tel qu'on le reçoit à l'Académie des Beaux-Arts d'Amsterdam et même d'une façon plus étendue, car dans le nouveau plan, il a été réservé des locaux en vue de l'enseignement de l'architecture, qui jusqu'ici ne figurait pas parmi les matières inscrites au programme de l'Académie.
A côté des exigences de distribution pratique et économique des locaux, il y avait, dans ce programme, des exigences spéciales au point de vue esthétique.
Quoique l'architecture de ce projet soit du même esprit que celui de « De Styl » il n'est pas sans intérêt de noter ici qu'en 1917 les auteurs de ce projet n'avaient pas la moindre idée de l'existence de « De Styl » et de l'esprit de cette revue. Ce qui les a portés à éliminer toute forme d'un caractère passager et à accentuer le rôle principal de l'architecture : « créer des espaces », est plutôt l'idée que l'architecture d'un édifice dont la destination serait d'accueillir les Beaux-Arts à travers tous les temps, devait nécessairement témoigner d'un esprit universel.
En dehors de la série de locaux destinés à l'enseignement, parmi lesquels les ateliers situés sur façade nord, il était demandé un certain nombre de locaux d'un caractère plus représentatif et monumental, tels que : une grande et deux petites salles de moulages, des salles de fragments d'architecture, une salle d'audition, une salle d'exposition, un hall avec grand escalier, une bibliothèque avec salle de lecture, des petites salles de conférences, des bureaux du directeur, des professeurs et du Conseil.
La situation de l'édifice ayant une façade de 160 mètres à l'extrémité du grand boulevard entraîna la nécessité de composer sur l'axe de ce boulevard. L'élément
Fig. 93.
Projet pour une Académie des Beaux-Arts, à Amsterdam
Vue perspective de la petite cour.
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L'ARCHITECTE
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FIG. 94. — PROJET POUR UNE ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS, A AMSTERDAM. — Plan du sous-sol.
1. Habitation du concierge;
2. Habitation du mécanicien;
3. W.-C. femmes;
4. Restaurant;
5. Chambre à air pour ventilation;
6. W.-C. homme;
7. Restaurant;
8. Réserve;
9. Entrée bicyclettes femmes et hommes;
10-11. Garage femmes et hommes;
12-13. Chauffage;
14. Moulage;
15. Travail de la pierre;
16. Atelier de professeur;
17. Ateliers pour artisans.
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FIG. 95. — PROJET POUR UNE ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS, A AMSTERDAM. — Plan du rez-de-chaussée.
1. Entrée;
2. Attente;
3. Concierge;
4. Hall;
5. Petites salles de moulages;
6. Fragments d'architecture;
7. Petite cour;
8. Grande salle de moulages;
9. Sortie;
10. Grande cour de moulages;
11. Conférences;
12. Lecture;
13. Bibliothèque;
14. Travail du bois;
15. Moulage en plâtre;
16. Travail de la pierre;
17. Atelier de professeur;
18. Modelage;
19. Dessin;
20. Dessin du soir;
21. Architecture;
22. Conférences publiques;
23. Anatomie;
24. Etc.
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