Extrait
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
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L'ARCHITECTE
REVUE MENSUELLE DE L'ART ARCHITECTURAL PUBLIÉE AVEC LE CONCOURS DE LA SOCIÉTÉ DES ARCHITECTES DIPLÔMÉS PAR LE GOUVERNEMENT
COMITÉ DE DIRECTION
- MM. ARFVIDSON
- J. AUBURTIN
- LOUIS-H. BOILEAU
- LOUIS BONNIER
- BOUWENS DE BOIJEN
- A. DEFRASSE
- AD. DERVAUX
- TONY GARNIER
- L. GODEFROY
- CH. LETROSNE
- PIERRE PATOUT
- CH. PLUMET
- H. SAUVAGE
- LOUIS SOREL
- ANDRÉ VENTRE
Rédacteur en chef : Michel ROUX-SPITZ
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NOUVELLE SÉRIE
1re ANNÉE N° 7
JUILLET 1924
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SOMMAIRE
TEXTE
LES BOIS DE CONSTRUCTION DES ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Fin) . . . . . . . . . . . . H. PRUDENT.
PLANCHES
Pl. XLIV. École à Mies, canton de Vaud (Suisse) . . . . . . . . . . . . M. BRAILLARD.
Pl. XLV. Usine de parfums à Levallois-Perret . . . . . . . . . . . . J. MARRAST.
Pl. XLVI à XLIX. Maison d'un ferronnier, boulevard Murat, à Paris . . . . . . . . . . . . H. FAVIER.
Un numéro : France, 12 francs. Étranger, 14 francs
L'abonnement annuel : France, 100 fr. Étranger, 120 fr.
(partant du 1er janvier)
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ÉDITIONS ALBERT LÉVY
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Tél. : Louvre 33-87. Chèques postaux 6690. R. C. Seine 64-596
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Traduit de l'anglais par W. MOOSER. Traduction revue et mise au point par Léon JAUSSELY
Architecte en chef du Gouvernement
Tous ceux qui, de près ou de loin, s'intéressent à l'urbanisme connaissent le livre de Raymond Unwin, qui est devenu classique sur ce sujet. Une traduction française de l'ouvrage, indispensable pour l'étude de cette science, nous était réclamée de tous côtés. Cette édition française vient de paraître et constitue un recueil de documents figurés, nombreux et divers, fort bien sélectionnés, d'ensembles et de détails, accompagnés d'un texte abondant et clair, qui initie le technicien par des exemples anciens et modernes, et l'amène à des considérations et des comparaisons fructueuses en le prédisposant à faire une œuvre personnelle pour l'adapter aux circonstances.
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LES BOIS DE CONSTRUCTION DES ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (FIN)
Bois d'aubier. Dessication artificielle
Les procédés de dessication artificielle ont été perfectionnés au point que le bois ainsi préparé présente plusieurs avantages sur le bois simplement desséché à l'air : il est moins hygrométrique, partant moins enclin à pourrir. La méthode artificielle est beaucoup plus rapide et moins coûteuse que l'autre ; de plus elle diminue la densité du bois. La meilleure preuve de son excellence est que tous les gouvernements l'ont utilisée pendant la dernière guerre dans la préparation des bois destinés à la construction des aéroplanes.
L'importance de cette question, pour l'avenir du commerce franco-américain, réside en ce fait que le bois d'aubier domine dans les produits des scieries du Sud des Etats-Unis et que, par suite, son prix est bien moindre que celui du bois de cœur. Elle est d'ailleurs minime lorsqu'il s'agit du sapin de Douglas, celui-ci n'ayant presque pas d'aubier; en revanche sa production est le tiers de celle du pin jaune du Sud.
Dimensions courantes des Bois
Une considération de grande importance qui a, jusqu'à aujourd'hui, restreint l'importation des bois américains, est celle de la différence des dimensions usitées dans les deux pays. Le bois du Nord, aussi bien que ceux de Bosnie et de Galicie, sont importés avec les dimensions en usage en France, et les négociants français exigent toujours que les bois qu'ils achètent aux Etats-Unis soient livrés avec ces mêmes dimensions, lesquelles sont inusitées en Amérique. Pour leur donner satisfaction il faudrait que les américains emploient une main-d'œuvre spéciale, d'où résulterait une augmentation considérable du prix des produits.
D'autre part, le peu d'importance de leur commerce avec la France amène les manufacturiers américains à attendre, pour débiter leurs bois, d'avoir reçu une commande, tandis qu'ils en débitent chaque jour sur leurs chantiers ordinaires, constituant ainsi des stocks considérables et prêts pour l'exportation.
Cette question des dimensions est purement scientifique. Dans les premiers temps de l'exploitation des forêts d'Amérique, on construisait, dans ce pays, avec du sapin et du pin Weymouth doués des dimensions usitées en France et en Angleterre. Lorsque les forêts contenant ces essences commencèrent à s'épuiser, les constructeurs mirent en œuvre le pin jaune du Sud et, reconnaissant ce bois comme plus résistant que ceux qui les précèdent, ils lui donnèrent des dimensions moindres, mieux proportionnées à ses propriétés physiques.
Les dimensions brutes courantes des bois des Etats-Unis sont celles-ci :
Epaisseur : 0m025; 0,031; 0,038; 0,050; 0,063;
Largeur : 0m075; 0,100; 0,150; 0,200; 0,250; 0,300;
Longueur : 3m047; 3,656; 4,875; 5,485; 6,095; etc.
Ce sont celles du bois vert; elles diminuent d'environ trois millimètres sur l'épaisseur et cinq sur la largeur quand les sciages sont séchés à l'étuve. Mais ce retrait n'étant pas constant, la pratique s'est établie de faire passer les pièces sous une raboteuse qui en égalise la largeur aux driffes-étalons.
Des nombreux essais effectués pour déterminer la résistance des diverses essences, il résulte que le pin jaune du Sud et le sapin de Douglas sont de 30 à 50 % plus résistants que les sapins blanc et rouge du Nord. Ainsi une solive faite de l'un des premiers avec une section de 0,143×0,045 sera plus résistante qu'une solive en bois du Nord avec une section de 0,177×0,050.
Cette supériorité des bois américains devrait inciter les constructeurs français à les mettre en œuvre de préférence et à établir, entre autres ouvrages, des planchers à la fois plus légers et plus solides, en substituant aux dimensions qu'ils emploient d'habitude celles usitées aux Etats-Unis, conformément au tableau suivant:
Bois du Nord.
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Bois d'Amérique.
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0,177×0,050
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0,143×0,044
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0,228×0,050
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0,193×0,044
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0,279×0,050
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0,244×0,044
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0,177×0,063
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0,143×0,057
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0,228×0,063
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0,193×0,057
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0,279×0,063
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0,244×0,057
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et ainsi de suite.
Les planches brutes de 0,025 d'épaisseur n'ont plus que 0,020 une fois rabotées. Les dimensions des frises de parquets sont 0,025 d'épaisseur et 0,075; 0,100 et 0,150 de largeur avant rabotage, puis 0,020 d'épaisseur et 0,057; 0,088 et 0,135 de largeur après rabotage, non compris la languette.
L'emploi des bois des Etats-Unis avec leurs dimensions habituelles présenterait pour les
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Français un intérêt d'économie générale, car il entraînerait une diminution du cube total mis en œuvre, et partant du tonnage transporté et de la dépense, tout en les faisant profiter des économies résultant de la production quantitative américaine; mais il leur faudrait, pour cela, renoncer à des exigences d'où résultent une mauvaise utilisation des propriétés physiques des bois américains et un gaspillage de matière première.
Des millions de stères des bois en question sont stockés en Amérique, prêts pour l'expédition; des commandes faites à l'avance feraient augmenter ces stocks du triple, et diminuer les prix de moitié.
ETALONNAGE DE LA GRADUATION
L'adoption simultanée d'une graduation bien comprise et strictement maintenue entraînerait incontestablement le développement du commerce franco-américain et une importante réduction de dépense dans les deux pays.
Voici la graduation employée aux Etats-Unis et encore inconnue en France:
Grade A : bois exempt de tout défaut.
Grade B : n'admet que de très faibles défauts et correspond sensiblement aux meilleurs matériaux, provenant de la Baltique.
Grade no 1 commun : admet quelques nœuds solides ne diminuant pas la résistance et ne présentant pas d'inconvénients pour l'utilisation, en général, des pièces de bois; correspond à peu près au grade no 3 des bois du Nord.
Grade no 2 commun : admet de grands nœuds et autres défauts ne présentant pas d'inconvénients pour la construction économique.
Dans aucun de ces grades l'aubier n'est considéré comme un défaut, à condition que le bois ait été desséché.
L'acheteur désirant que le bois livré soit tout bois de cœur doit le spécifier dans sa commande; cette condition entraîne une plus-value de 25 francs par stère (1).
De l'exposé qui précède il résulte en somme que trois facteurs entraineraient l'abaissement des prix :
1° L'adoption sur le marché français des dimensions et grades américains;
2° La diminution du prix du fret, ne portant que sur les bois rabotés et desséchés;
3° L'utilisation de stocks considérables et permanents.
(1) Chiffre de 1919.
TARIF DOUANIER FRANÇAIS
Le plus grand obstacle qui s'oppose au commerce franco-américain des bois, est le tarif douanier français. Bien que le tarif minimum soit applicable aux bois américains en grumes ou bruts de sciage, les droits d'entrée qui frappent le pin jaune du Sud sont plus élevés que ceux appliqués aux sapins de Russie, de Scandinavie, de Finlande, du Canada et des pays balkaniques, et cela dans la proportion de 143 %.
Cette différence résulte de ce que le taux de ces droits a été calculé proportionnellement à la densité des bois taxés. Or la densité moyenne du pin jaune est de 800 kilogrammes et celle du bois du Nord de 560.
Quant aux bois ouvrés, tels que lames de parquets, chassis de portes et de croisées, etc., ceux provenant d'Amérique subissent des droits beaucoup plus élevés que ceux d'autres provenances, pour la double raison qu'ils sont plus denses et affligés du tarif maximum, tandis que les autres bénéficient du tarif minimum.
Il semble donc qu'il y aurait lieu de reviser ce tarif douanier pour permettre aux bois américains d'accéder au marché français dans les mêmes conditions que les autres bois.
TARIF DES CHEMINS DE FER
Une autre difficulté, qui est également d'ordre artificiel, fait obstacle au développement logique du commerce des bois américains en France; elle est suscitée par les frais de transport par voie ferrée. Sur tous les réseaux français, les tarifs comportent deux catégories : bois non-exotiques et bois exotiques. Les bois de toutes essences poussant en France, ainsi que les bois du Nord aussi bien que la sapin et l'épicéa de Bosnie et de Galicie, sont classés dans les premiers; par contre les bois tendres des Etats-Unis, susceptibles de la même utilisation, tels que le sapin de Douglas et le pin jaune du Sud, sont classés dans les seconds. A une ou deux exceptions près, le prix du transport des bois exotiques est beaucoup plus élevé que celui des bois dits non-exotiques, et cette disproportion varie entre 160 et 210 %.
Il est tout naturel que le prix du transport des bois du Nord soit moins élevé que celui du pin jaune du Sud, plus dense. Il n'en est pas moins vrai que pour arriver dans les régions libérées le pin jaune doit payer par stère, de sept à dix francs et le sapin de cinq à huit francs (1) plus cher que
(1) Chiffres de 1919.
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le bois du Nord, le sapin de Galicie, le pin maritime et les bois français.
APPROVISIONNEMENTS DISPONIBLES
Si les constructeurs français se décidaient à utiliser les bois des Etats-Unis et à employer l'étalonnage américain, il leur serait possible d'acquérir les stocks de toutes les scieries de ce pays, et le nombre de celles-ci est de 40.000. Leurs approvisionnements en bois secs sont toujours disponibles et elles pourraient facilement fournir à la France un million de stères par an, dont la moitié en pin jaune et l'autre en sapin de Douglas. L'importation en Europe de ce dernier bois s'élevait, avant la guerre, à moins du centième de la production totale annuelle. Etant donné que cette production n'a point encore atteint son maximum, et aussi la surface forestière prodigieusement étendue de cette essence, on peut avancer avec raison que son importation en France serait illimitée.
Il n'est pas possible de prévoir exactement le prix des bois en question : il est fonction de celui du fret. Si cependant les Etats-Unis pouvaient les expédier avec leur propre étalonnage, et bénéficier des mêmes tarifs douaniers et ferroviaires que les pays scandinaves et balkaniques, que la Russie, la Roumanie et l'Autriche, il est bien certain que les bois américains nous seraient cédés à des prix inférieurs à ceux provenant de n'importe quel autre pays.
H. PRUDENT.
Plan du rez-de-chaussée. M. Braillard, architecte.
Plan du premier étage. M. Braillard, architecte.
EXPLICATION DES PLANCHES
PLANCHE XLIV. — École à Mies (Canton de Vaud). — MAURICE BRAILLARD, architecte à Genève (Suisse).
Ce bâtiment situé dans le canton de Vaud est placé dans un site remarquable, entre le Jura au nord, le lac de Genève et la chaîne des Alpes au sud.
Construit pour un village de 200 habitants, il comporte au sous-sol : une salle de réunion, des locaux pour le combustible et le chauffage central, des caves pour les appartements.
Au rez-de-chaussée : une classe pour l'école enfantine, une pour l'école primaire, une salle de couture et des W.-C.-Lavabos pour filles et garçons.
Au premier étage : une salle pour le conseil municipal; deux appartements d'instituteurs, devant par la suite, en prévision d'un agrandissement, se transformer en classes.
On accède à cet étage par un escalier extérieur couvert par un grand avant-toit; ce dispositif a été adopté en vue de l'extension de l'école au premier étage de façon à ce que l'école primaire qui se trouvera à cet étage soit indépendante de l'école enfantine qui prendra tout le rez-de-chaussée.
Au deuxième étage se trouvent 2 appartements dont la commune retire momentanément un revenu, mais qui par la suite seront destinés aux institutrices. Cet étage contient aussi une chambre à lessives.
Le bâtiment est entièrement en pierre de maçonnerie de Meillerie, crépie à la truelle; la pierre de taille et les escaliers sont en granit; les planchers sont en béton armé; la couverture est en petite tuile plate du pays.
Le sol des vestibules, W.-C., cuisines, etc., est en planelles de grès de Siegersdorf; le sol des classes et des appartements en linoléum; les baies des classes sont munies de stores en toile à projection.
Les murs des classes, cuisines, W.-C., lavabos, etc., sont peints à l'huile ; ceux des vestibules en terranova; les murs et le plafond de la salle du conseil sont boisés et décorés par les élèves.
L'architecture est inspirée des traditions locales quant à la forme et aux proportions tout en étant adaptée aux conditions modernes.
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PLANCHE XLV. — Usine de Parfums à Levallois-Perret. — J. MARRAST, architecte (s. a. d. g.)
Les plans et dessins que nous reproduisons ne montrent qu'une partie, celle actuellement réalisée, de cette usine de parfums qui constituera une fois terminée un ensemble très important.
Le bâtiment que l'on voit émerger, du côté de Paris, d'une floraison de baraquements, a été construit à l'alignement de la limite de la zone militaire; il se trouvera ainsi, dans l'avenir, en bordure d'un boulevard.
La méthode de travail,
adoptée dans cette usine, nécessite une liaison verticale entre les ateliers où s'exécutent les phases successives de la fabrication. Cette nécessité et la valeur des terrains ont conduit l'architecte à utiliser la totalité du gabarit réglementaire.
La construction, entièrement en béton armé avec remplissages de briques, est composée de trois sous-sols et de huit étages. Elle repose sur des semelles reliées entre elles formant une sorte de raquette.
Les sous-sols de la cour sont occupés par la salle des générateurs et celle des machines, séparées par la grande cheminée autour de laquelle est établi un réservoir annulaire de 50.000 litres.
Afin d'éviter la propagation du feu par les trémies d'ascenseurs et les cages d'escaliers, les
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L'ARCHITECTE
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Fig. 60. — Usine de parfums à Levallois-Perret. — Étude de façade. J. Marrast, architecte (s. a. d. g.)
atteignant ainsi à la beauté sans la poursuivre obstinément.
L'architecte moderne sait ne plus mépriser l'usine, mais au contraire y trouver un occasion unique d'appliquer, sur des programmes précis, scientifiques et entièrement nouveaux, sa science de composition simple et toujours claire, et sa facilité à trouver, malgré toutes les difficultés soulevées par les besoins complexes de la fabrication, le parti de plan qui les solutionne.
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portes des ascenseurs et des escaliers sont en béton armé de 0.04 d'épaisseur; les unes à coulisse, pendues sur rails, les autres à va et vient sur pivots.
Un escalier central comporte deux volées, croisées en X, de manière à assurer une issue large et facile en cas de panique.
L'ensemble de cette usine est d'une complète logique. L'ossature absolument visible, franchement accusée, laisse pénétrer la lumière au maximum dans tous les étages des ateliers. Toutes ces bandes lumineuses s'alignant entre les élégantes verticales de l'ordonnance, forment un ensemble qui donne à la fois satisfaction à l'œil et à l'intelligence, démontrant une fois de plus qu'en architecture ce qui satisfait entièrement aux besoins du programme et aux exigences de la construction scientifique, réalise, quel que soit le sujet, une œuvre vivante et expressive.
L'architecture ne sera pas renouvelée par de vaporeuses esquisses d'esthètes, ni par des excentricités d'ignorants, mais bien par des réalisations consciencieuses, composées et exécutées scientifiquement sans jamais perdre le contact de la vie,
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Fig. 61. — Usine de parfums à Levallois-Perret. — Escalier central. J. Marrast, architecte (s. a. d. g.)
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PLANCHES XLVI à XLIX. — La Maison d'un Ferronnier, Boulevard Murat, à Paris. — Favier, Architecte (d.p.l.g.).
Le programme de cette construction était celui d'une maison de commerce. Il se composait de deux parties très distinctes, l'une contenant la réception des clients, l'autre étant purement à usage administratif et technique. La première partie s'exprime en façade sur le boulevard Murat, la seconde sur la rue Erlanger.
Le terrain exigu créa de grosses difficultés dans l'étude de ce plan. La cour fut réduite à la surface minima nécessaire à l'accès facile au garage et au quai de chargement.
Au rez-de-chaussée, nous trouvons trois entrées, celle des clients ou visiteurs, celle du personnel et l'entrée charretière sous la surveillance du concierge; à gauche, nous remarquons le grand magasin de matières avec son quai de chargement, le bureau du représentant, celui du chef magasinier, et le bureau du pointeau. Au fond du plan, est l'escalier du personnel avec un monte-charge. A droite se trouve le garage d'automobiles et de camions, avec un escalier complètement indépendant, conduisant à la cuisine et au réfectoire du personnel placés au-dessus du garage. L'entrée des visiteurs, par un escalier principal, conduit à la grande salle d'exposition du premier étage.
Au premier étage : la grande salle d'exposition, largement ouverte sur l'escalier, donne dès l'arrivée l'effet de toute sa perspective en profondeur. Elle est établie au-dessus de la cour d'entrée, du concierge et d'une partie du garage.
L'escalier qui n'a pu être traité avec plus d'ampleur, faute de place, conduit à un vestibule qui, outre la grande salle, dessert les bureaux du directeur, du maître ferronnier, ainsi que les services techniques de dessin, la comptabilité, la caisse, une salle d'exposition où sont placées les ferronneries de second ordre et les services divers de téléphone, water-closets, lavabos.
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Fig. 64. — Maison d'un ferronnier à Paris. — Détail du balcon. H. Favier, architecte (D.P.L.G.)
Au deuxième étage se développe une grande salle permettant les tracés « grandeur » des compositions importantes de ferronneries. On trouve à cet étage les archives et les services : lavabos et water-closets du personnel.
Enfin, se logent dans le sous-sol, les services habituels : fosse de la chaudière, soute à charbon, magasins et dépôts.
Les façades, d'un goût extrêmement sévère dans le choix de leurs éléments, sont d'une belle sincérité. Tous les services de la composition s'y expriment avec clarté. Sur l'une, la salle d'exposition déplie ses trois arcs de belles proportions, créant un motif dont l'unité est accentuée par un grand balcon.
La partie des façades située sur la rue Erlanger est l'expression exacte des services techniques qu'elle contient et contraste harmonieusement avec la façade sur le boulevard Murat.
Enfin, la construction très soignée est en grande partie la source du caractère architectural logique, utilitaire et d'une chaleur décorative toute méridionale de ce bâtiment à la fois moderne et classique.
Cette œuvre fait honneur à son auteur et montre, une fois de plus, ce que peut être un architecte moderne nourri à l'enseignement de l'Ecole
Fig. 65. — Maison d'un ferronnier à Paris. Salle d'exposition ; vitrine. H. Favier, architecte (D.P.L.G.)