Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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L'ARCHITECTE REVUE MENSUELLE DE L'ART ARCHITECTURAL PUBLIÉE AVEC LE CONCOURS DE LA SOCIÉTÉ DES ARCHITECTES DIPLÔMÉS PAR LE GOUVERNEMENT COMITÉ DE DIRECTION - MM. ARFVIDSON - J. AUBURTIN - LOUIS-H. BOILEAU - LOUIS BONNIER - BOUWENS DE BOIJEN - A. DEFRASSE - AD. DERVAUX - TONY GARNIER - L. GODEFROY - CH. LETROSNE - PIERRE PATOUT - CH. PLUMET - H. SAUVAGE - LOUIS SOREL - ANDRÉ VENTRE Rédacteur en chef : Michel ROUX-SPITZ --- NOUVELLE SÉRIE 1re ANNÉE N° 9 SEPTEMBRE 1924 --- SOMMAIRE TEXTE L'ALIMENTATION EN EAU POTABLE DE LA RÉGION PARISIENNE (suite et fin). J.-B. Corbiot. EXHORTATION AUX ARCHITECTES DE S'INTÉRESSER AU JARDIN . . . . André Vera. PLANCHES Pl. LVI à LX. Église St-Louis à Vincennes Droz et Marrast. Pl. LXI et LXII. Jardin dans la Banlieue André et Paul Vera. Un numéro : France, 12 francs. Étranger, 14 francs L'abonnement annuel : France, 100 fr. Étranger, 120 fr. (partant du 1er janvier) --- ÉDITIONS ALBERT LÉVY 2, RUE DE L'ÉCHELLE — PARIS (1er) Tél.: Louvre 33-87. Chèques postaux 6690. R. C. Seine 64-696

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ÉTUDE PRATIQUE DES PLANS DE VILLES par Raymond UNWIN Traduit de l'anglais par W. MOOSER. Traduction revue et mise au point par Léon JAUSSELY Architecte en chef du Gouvernement Tous ceux qui, de près ou de loin, s'intéressent à l'urbanisme connaissent le livre de Raymond Unwin, qui est devenu classique sur ce sujet. Une traduction française de l'ouvrage, indispensable pour l'étude de cette science, nous était réclamée de tous côtés. Cette édition française vient de paraître et constitue un recueil de documents figurés, nombreux et divers, fort bien sélectionnés, d'ensembles et de détails, accompagnés d'un texte abondant et clair, qui initie le technicien par des exemples anciens et modernes, et l'amène à des considérations et des comparaisons fructueuses en le prédisposant à faire une œuvre personnelle pour l'adapter aux circonstances. L'ouvrage forme un volume relié de 366 pages, plus de 300 illustrations et 7 plans de villes en grand format. Prix... Prospectus illustré sur demande. --- ÉDITIONS ALBERT LÉVY, LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS 2, Rue de l'Échelle, PARIS (1er) --- TRAVAUX D'ART ORNEMENTS EN ZINC, CUIVRE, PLOMB pour le Bâtiment et l'Architecture EXÉCUTION DE TOUS DESSINS MAISON FONDÉE EN 1882 Anciens Mme E. MONNET et G. RAUDIN Réunies P. MONNET, Succr BREVETÉ S.G.D.G. 127, Avenue Jean-Jaurès, PARIS Dômes, Campanilles, Plomberie artistique, Lucarnes, Œils-de-bœuf, Crêtes, Balustrades, Epis, Girouettes, Vases, Statues, Membrons, Écussons, Faitages, Marquises, etc... OUVERTES ET BANDES, ÉGOUT POUR TOITURES, CIMENT VOLCANIQUE ESTAMPAGE ET REPOUSSAGE SURTOUS MÉTAUX, SOUDURE AUTOGÈNE Envoi franco du Catalogue sur demande --- ENTREPRISE GÉNÉRALE de PEINTURE, DORURE, TENTURE VITRERIE et MIROITERIE Maison LECLAIRE FONDÉE EN 1826 LAURENT, FOURNIER & C° Successeurs de BRUGNIOT, LAURENT & C° 25, rue Bleue, PARIS (IXe) Téléphone : GUT. 47-27 LOUVRE 42-60 Succursale : 7, Place Pereire Téléphone : WAGRAM 04-51 --- Maison Française fondée en 1905 HYGIÈNE - DÉCORATION - ENTRETIEN FACILE Obtenus par le PARQUET SANS JOINT MAGNÉSIEN CHAUD DOUX DOLEMENT NE PAS CONFONDRE AVEC LES DALLAGES MAGNÉSIENS SILICEUX E. CARLIER, Ing. E.C.P. 77, Boulevard Diderot, 77 - PARIS TÉLÉPHONE : DIDEROT 05-84 LE MEILLEUR, LE MOINS CHER CATALOGUE et DEVIS sur DEMANDE R.C. Seine 222-430 ---

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L'ARCHITECTE L'ALIMENTATION EN EAU POTABLE DE LA RÉGION PARISIENNE (Suite et fin) L'appoint donné par les deux stations de Saint-Maur et d'Ivry fut relativement faible puisque ces deux usines d'épuration étaient susceptibles d'épurer seulement 60.000 mètres cubes en 24 heures. L'approche de l'Exposition Universelle de 1900 obligea le Conseil Municipal à revenir à la politique de l'eau de source. C'est ainsi que fut décidé l'adduction des eaux du Loing et du Lunain capables de fournir 40.000 mètres cubes par jour à l'agglomération parisienne. Les travaux décidés en 1892 furent poursuivis lentement et ne furent terminés que dans l'année 1900. A la fin de l'année 1900, Paris disposait donc de 280.000 mètres cubes d'eau de source se décomposant ainsi : - Eau de la Dhuys........... 20.000 m³ - Eau de la Vanne.......... 120.000 m³ - Eau de l'Avre............ 100.000 m³ - Eau du Loing et du Lunain . 40.000 m³ Ces 280.000 mètres cubes étaient encore insuffisants pour les besoins toujours croissants de la population. Deux épidémies sérieuses de fièvre typhoïde étant survenues successivement en 1899 et 1900, il fallut immédiatement prévoir la captation de nouvelles chutes. Une commission fut instituée par M. de Selves alors préfet de la Seine, avec mission d'étudier la question de l'alimentation en eau de Paris et de sa banlieue. Le Parlement fut saisi de la question et M. de Freycinet, rapporteur devant le Sénat, demanda que la Ville de Paris renonçât à ces solutions partielles qui l'obligeait à revenir périodiquement devant le Parlement. Il demanda que la question fut examinée dans son ensemble en vue d'assurer une alimentation de Paris et de sa banlieue pour un long avenir en évitant de capter des sources dans la région proche de la capitale. En un mot, il conseilla l'abandon des petits paquets et l'élaboration d'un vaste projet d'ensemble susceptible de fournir à la région parisienne, un million de mètres cubes d'eau par jour. A la suite des travaux de la Commission spéciale instituée par M. de Selves, quatre projets furent étudiés par l'Administration Municipale. 1° — La captation d'une nappe aquifère sur les collines du Perche; 2° — La captation d'eau superficielle sur les collines de Normandie. 3° — L'adduction des eaux du lac Léman; 4° — L'adduction des eaux des Vals-de-Loire. Nous examinerons très rapidement les trois premiers projets pour ne porter notre attention que sur le dernier qui paraît être le seul capable de satisfaire aux besoins de la capitale. Il est possible de trouver sur les collines du Perche qui séparent, comme on le sait, le bassin de la Seine de celui de la Loire, 60 à 70.000 mètres cubes d'eau par jour. Malheureusement, cette eau est de qualité très médiocre et le débit que nous venons d'indiquer est insuffisant pour assurer les besoins de la Ville de Paris. Les eaux des collines de Normandie pourraient être captées entre Argenta et Alençon. On trouverait dans cette région 240.000 mètres cubes en été et 390.000 mètres cubes en hiver. Mais il s'agit en l'espèce d'eau superficielle, douteuse par conséquent, et par cela même impropre à l'alimentation d'une grande ville comme Paris. Un autre projet important est celui qui a été étudié avant la guerre et qui consiste à puiser dans le Lac Léman, l'eau nécessaire à Paris, en transportant cette eau au moyen d'un aqueduc de 500 kilomètres de longueur. La quantité d'eau à enlever au Rhône ne serait pas supérieure au $ \frac{1}{2} $ de son débit, ce qui peut être considéré comme insignifiant à la condition que les périodes de sécheresses, comme celle de l'année 1921, ne se renouvellent pas. Il ne faut pas oublier cependant que la capta- Fig. 80. — ALIMENTATION EN EAU POTABLE DE LA RÉGION PARISIENNE. SEPTEMBRE 1924.

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L'ARCHITECTE tion des eaux du Lac Léman peut donner lieu à des difficultés internationales avec la Suisse et que tout prélèvement sur les eaux du Lac diminuera d'autant la puissance des usines hydrauliques à répartir le long du fleuve, en aval de Genève. Deux autres objections peuvent être faites à ce projet. Les eaux du Lac Léman sont loin d'être pures, comme pourrait le faire supposer leur transparence. Un grand nombre de villes déversent leurs égouts dans le Lac et viennent souiller ses eaux. L'action stérilisante de la lumière n'est pas suffisante pour donner aux eaux du Léman une pureté absolue. On a prétendu qu'en faisant des prélèvements loin des rives et à une profondeur suffisante, on échapperait à toute contamination; mais il n'est pas douteux qu'il y a là une objection sérieuse. On objecte encore la dépense énorme qu'il faudrait engager pour capter les eaux du Lac de Genève. Trois trajets ont été étudiés pour l'aqueduc : l'un comporterait une longueur totale de 470 km. avec 220 km. de souterrain pour traverser le Jura et les monts de la Côte d'Or. Un deuxième tracé n'aurait que 325 km. avec 50 km. en souterrain, mais nécessiterait la construction d'une usine élévatoire. Enfin, dans le dernier projet, la longueur de l'aqueduc serait de 570 km. Il rejoindrait la vallée de la Loire aux environs de Digoin, suivrait le fleuve, de Digoin à Briare pour rejoindre Paris en passant par Fontainebleau. Cet aqueduc ne nécessiterait pas d'usine élévatoire. Avant la guerre, la dépense à envisager était de l'ordre de 7 à 800 millions. Il n'est pas dou- teux qu'à l'heure actuelle, en tenant compte de la diminution du pouvoir libératoire de l'argent, la dépense atteindrait probablement deux à trois milliards. Il résulte de ce qui précède que la seule solution possible est celle qui consiste à puiser de l'eau dans les Vals-de-Loire pour amener à Paris environ un million de mètres cubes par jour. C'est ce projet que le Conseil Municipal de Paris a retenu et on comprend qu'il n'ait pas hésité à faire des dépenses relativement importantes pour s'assurer de la possibilité de réaliser pratiquement une pareille entreprise. On désigne sous le nom de « Vals-de-Loire », un pays de plaines qui s'étend sur les deux rives de la Loire, plus spécialement sur la rive gauche entre Nevers et Gien. A partir de Briare cepen- dant, la bande de terrain désignée ainsi, passe de la rive gauche sur la rive droite. La région des Vals-de-Loire s'étend sur une longueur d'environ 80 km. et sur une largeur qui atteint 3 ou 4 km. C'est une région couverte de sables d'alluvions et d'une couche de terre végétale. La nappe aquifère paraît être formée par de l'eau qui descend des hauteurs et peut-être même, vient de beaucoup plus loin et qui se mélange avec l'eau venant du fleuve. Cette dernière traverse des couches de gravier et des bancs de sable, ce qui assure une stérilisation presque parfaite. Les eaux des Vals-de-Loire sont, en effet, d'une pureté absolue. Elles ne nécessitent aucune filtration complémentaire et les expériences ont montré qu'elles sont complètement exemptes de germes pathogènes. Leur température est sensiblement constante et varie, pendant les années les plus chaudes, entre 11 et 12°. En principe, la captation de la nappe aquifère serait faite au moyen de 500 puits placés à des distances variables du fleuve, ces distances ne devant pas excéder 200 mètres. Chacun de ces puits serait pourvu d'une pompe électrique débitant dans un collecteur secondaire qui alimenterait lui-même des collecteurs principaux se réunissant les uns aux autres pour former un aqueduc général d'aménée d'eau à Paris. Cet aqueduc partirait de Briare et rejoindrait Paris en passant par Fontainebleau pour aboutir à un réservoir à construire à Bagneux. La réalisation d'un projet aussi vaste que celui des Vals-de-Loire ne peut être envisagée sans une étude préalable très précise. C'est ce qu'a compris le Conseil Municipal de Paris qui, dès avant la guerre, avait voté un crédit de 300.000 fr. pour entreprendre les études préparatoires. Ces études ont été interrompues par la guerre et reprises en 1920 et 1921. La première question à élucider a été celle de la qualité des eaux. Il importait au plus haut point d'avoir sur cette question tous les apaisements nécessaires. Cette étude fut confiée au Dr Henry Thierry, chef de service technique de la Ville de Paris. Sa conclusion a été très nettement favorable à l'utilisation des eaux des Vals-de-Loire pour l'alimentation de la capitale. Mais il était un point aussi important qu'il convenait de fixer; c'était la possibilité d'extraire des Vals-de-Loire une quantité de 500.000 mètres cubes d'eau par jour, pouvant être portée à un million de mètres cubes.

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L'ARCHITECTE Pour trancher cette question, la Ville de Paris décida d'entreprendre en 1920, puis en 1921, des pompages intensifs dans le nord du département du Cher et en bordure de la Loire. L'eau ainsi pompée, fut envoyée au fleuve après avoir été jaugée et analysée. Les résultats furent tout à fait concluants, et M. Lemarchand, conseiller municipal, rapporteur de la 6e Commission put affirmer dans son rapport que la qualité des eaux, et leur abondance étaient suffisantes pour justifier des études plus avancées. Ces études sont actuellement en cours. Mais on conçoit sans peine qu'un tel projet ait suscité une violente critique des populations agricoles voisines du fleuve. Nous nous permettrons de rappeler que chaque fois que la Ville de Paris a réalisé des captations nouvelles, elle a rencontré chez les riverains une vive résistance qui n'était pas toujours désintéressée. Il n'est pas douteux que le limon qui se dépose sur les rives, lorsque le fleuve sort de son lit, est un admirable fertilisant pour des terres sablonneuses. Mais est-il besoin de faire remarquer que ce qui est praticable en Egypte ne l'est pas en France, et qu'il est préférable de soustraire des populations au désastre des inondations. Les auteurs du projet pour assurer à la Loire un débit régulier et pour éviter d'assécher les terrains des Vals-de-Loire pendant les périodes de pompages, ont prévu la construction d'une série de barrages-réservoirs dans la haute vallée du fleuve. Ces réservoirs dont le principal, celui de Villerest, serait établi dans les environs de Roanne, retiendraient l'eau pendant les périodes de pluie et éviteraient les crues de la Loire qui sont si fréquentes à l'automne et au printemps. L'eau ainsi emmagasinée serait restituée au fleuve pendant les périodes d'étiage, de sorte que finalement pendant l'été le niveau des eaux serait plus élevé qu'à présent. On s'est tout naturellement demandé s'il ne serait pas plus pratique d'envoyer directement à Paris, l'eau emmagasinée dans ces réservoirs, en utilisant la différence de niveau, et en opérant par écoulement naturel. Cette solution aurait l'avantage d'éviter la construction d'usines élévatoires ou de puits de pompages et permettrait également d'éviter la captation de la nappe aquifère des Vals-de-Loire. Cette solution présente cependant de graves inconvénients. La captation des eaux de la Loire dans les environs de Roanne, priverait la Ville de Paris des apports des affluents qui sont situés en aval de cette ville, et particulièrement de ceux de l'Allier dont le débit est assez considérable. Il convient encore de signaler que l'eau puisée dans des réservoirs non couverts, serait beaucoup plus contaminée que celle qui se trouve en réserve dans les couches souterraines et sablonneuses des Vals-de-Loire. En outre, l'usine élévatoire qui serait nécessaire pour élever les eaux électriquement depuis les pompes des Vals-de-Loire jusqu'à Paris, peut être établie sur le barrage lui-même, la transmission de la force se faisant à une distance de 200 kilomètres au moyen de lignes électriques à haute tension raccordées avec les lignes des grands transports d'énergie dont la création est prévue sur tout le territoire, de sorte que ces mêmes lignes serviraient simultanément à transporter l'énergie nécessaire aux pompages et l'énergie recueillie sur le Rhône et transmise à Paris. Une grande artère de transport passant par Lyon, Roanne, Nevers, Cosne, Fontainebleau et Paris, serait susceptible de recueillir à Lyon, puis à Roanne, des quantités importantes de force pour les transporter dans la Capitale, de sorte que, finalement, le problème des Vals-de-Loire serait à la fois un problème hydraulique et électrique. Ce réseau de transport d'énergie pourrait apporter aux populations de la vallée de la Loire, la force et la lumière dont les campagnes ont un impérieux besoin. Ainsi donc, bien loin de provoquer la ruine des populations rurales, le projet de captation de la Loire doit amener la prospérité dans une région admirablement placée au centre de la France, et dont le développement industriel est déjà esquissé depuis quelques années. Si l'on se place au point de vue uniquement agricole, la possibilité de fournir de l'énergie à bon compte à l'agriculture, non seulement pour satisfaire aux besoins des fermes mais aussi pour labourer les terres et irriguer les prairies, est une considération qui mérite l'attention des pouvoirs publics. Il faut donc espérer que ceux-ci ne s'opposeront pas à la réalisation des projets de Vals-de-Loire qui intéressent à un si haut degré, le bien-être et l'hygiène de la population parisienne. J. B. Corbiot.

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L'ARCHITECTE EXHORTATION AUX ARCHITECTES DE S'INTÉRESSER AU JARDIN On ne donne plus, par goût et calcul, aux maisons de plaisance forme irrégulière. Le jardin environnant n'a plus de motif d'être paysager. Il est régulier, sans être pastiche, ou réduction, ou partie de Versailles. Un jardin sans kiosque, marches en rondins, rivière serpentine, mais avec gloriettes, emmarchements d'escalier, fontaines et statues, doit captiver l'architecte. Jardin paysager est de genre suranné au même degré que maison pittoresque, peinture impressionniste, roman réaliste et vers libre aussi. La forme régulière n'est aucunement un deuxième artifice afin de produire illusion d'étendue sur un petit espace. C'est un autre système : appartement extérieur dont les murs et cloisons, à dessein d'intimité, sont, soit tapissés de plantes grimpantes, soit doublés de haies, soit, près de l'habitation, à l'appui d'un banc, au bout d'une allée, ornés de treillages, disposés à plein ou seulement encadrant fresque, bas-relief, mosaïque ou statue. Dans ces petits jardins, l'ornement n'est pas un énorme morceau juste bon pour Versailles : l'échelle éclaterait; il est à l'exemple de fontaines et statues, de faibles dimensions, laissées par le Moyen-Age et la Renaissance. L'ornement est réalisé en nouveaux matériaux. Ainsi que les statuettes, les vases sculptés, garnis à déborder de fleurs et fruits massés, sont exécutés, soit en céramique, soit en pierre agglomérée. Le fond d'un bassin, un morceau de mur, encadré de treillage, sont rendus amusants par de la mosaïque en pâte de verre. Les vases contenant des arbustes taillés, sont en ciment armé, teinté d'un beau rouge. Les dés de maçonnerie qui sont au-dessous, sont en agglomérés de sable et de ciment blanchis à la chaux. Telle blanche colonne est de ciment armé, encore frais chaudé. Quelques marches blanches à base de béton, marquent dans le terrain un changement de plan. Les badigeons de chaux et la céramique que la pluie nettoie mais ne patine pas, donnent au jardin un aspect neuf, propre, même hygiénique : signe de modernité. Fig. 81. — Église Saint-Louis à Vincennes. — Place. Droz et Marrast, architectes (s.a.d.g.)

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L'ARCHITECTE Ni dans les ornements, ni dans le jardin, ne règne la confusion. Rien précédemment n’arrêtait le jardinier dans le tracé capricieux des allées et corbeilles, ni l’entrepreneur dans la construction du kiosque rustique. Notre appartement pour la vie dehors est assujetti à l’ordre géométrique. Parterres, miroirs d’eau, tapis de gazon et chambres d’habitation, glaces et carpettes ont formes analogues. Ce jardin régulier diffère de celui du xvie siècle par la composition, comme par les matériaux. Sa disposition est ramassée, synthétique, point développée, point analytique. Il nous plaît d’ordinaire à pouvoir démêler avec rapidité, ayant de la préférence plutôt pour l’information que pour la connaissance. A notre curiosité se joint toujours la hâte. Télégraphe, automobile, nous auraient-ils rendu la vitesse indispensable ? La cohésion n’est pas assurée, comme il était d’usage au xvie siècle autant dans le jardin et le bâtiment, par dégradations, que dans le discours, par transitions et conjonctions; elle est obtenue de la même manière, sans pièces superflues, que dans une machine. De cette exactitude, nous trouvons un modèle dans les plans de Le Nôtre. Etant parcourus à la pointe sèche, ils enseignent non pas quelle forme faire, mais comment en faire une. En un mot la tradition commande de tenir les parties entre elles dans un rapport mathématique. Toute mesure suppose une unité. La maison la fournit : elle est le module. Les choses ayant un même multiple, une harmonie d’abord est réalisée; puis est instituée une subordination. Allées, bassins, parterres, vases, statues, bancs, étant établis d’après la maison, un encadrement est constitué à l’habitation. L’architecte sera-t-il sans considération pour un tel système qui se règle sans cesse sur le bâtiment et le met en valeur ? Ce genre de jardin ne donne pas seulement Fig. 82. — Église Saint-Louis à Vincennes. — Coupe longitudinale. Droz et Marrast, architectes (s. a. b. g.)

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L'ARCHITECTE sujet à construction : bas- sins, pavillons sans doute remplaceront mares cimentées et vide-bou- teilles recouverts en chaume ; il rend à l'architecte le commandement. L'ar- chitecte au jardin donnera le mouvement d'après ses façades : largo, staccato. Par un mur de pavillon, ou par un fronton, ne for- cera-t-il pas peintre ou sculpteur aux belles pro- portions? Mais bien davantage: par les tracés direc- teurs qui naîtront du bâti- ment, ne tiendra-t-il pas, comme par des rênes, les décorateurs ? Place et di- mensions d'une statue par exemple, seront dans sa dépendance. De cette mo- narchie, la mathématique sera le protocole. L'art du jardin accepte de rester mineur, mais attend de l'architecte des formes nouvelles pour les ajuster aux parterres, bancs, vases et treillages. Les jardins du xvi°, du xvii°, du xviii° siècle sont des transpositions. Ils ont les traits caractéristiques de l'habitation, autant que les meubles: tout était marqué au style de l'architecte. Aujourd'hui l'art du jar- din est en pareil état qu'il y a trente ans l'art de l'ameublement. Il est tout autant aux mains des four- nisseurs. Comme alors les ébénistes et les tapissiers, les horticulteurs et les pépiniéristes ont des dessinateurs. Pourquoi les architectes — quand précisément par la rareté de la main ouvrière, les jardins sont petits et les dispositions forcément définitives, c'est-à-dire architecturales, fleurs vives par exemple, dans un vase présenté au coin d'une pelouse sur un carrelage en grès blanc vernissé — ne tenteraient- ils pas de rétablir le goût dans l'art des jardins ? Une telle entreprise n'est pas méprisable.Serlio, Palladio, Androuet du Cerceau, Blondel,Lepautre, Marot, Gabriel, Percier et Fontaine n'avaient pas de dédain pour l'art des jardins. Ils y voyaient moyen d'épuiser le lyrisme de la profession. Une construction étant achevée, n'est-ce point une Fig. 83. — Église Saint-Louis à Vincennes. — Facade principale. Droz et Marrast, architectes (S.A.D.G.)

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L'ARCHITECTE chance que d'en pouvoir assurer au dehors et dedans la continuation et la mise en valeur ? Aimant sans exception tous les arts du dessin, possédant des idées sur l'emploi de chacun, quelle heureuse rencontre pour un architecte que de faire un ensemble, suscitant sculpture, fresque et mosaïque! La fête pour l'imagination sera plus complète. L'architecte déjà se croit un puissant par un grand bâtiment, ou par une villa goûte les délices de la modestie. Il ira plus avant dans l'illusion, s'il compose un jardin sur plusieurs hectares, ou ménage seulement un endroit agréable où mettre la table. Ses nouveaux matériaux ne seront-ils pas par eux-mêmes aimables plus que pierre et brique ? Ne jouira-t-il pas, en les composant, du plaisir d'approcher près de la nature? Ne verra-t-il pas, dans l'art des jardins, un moyen de donner un plus large cours à sa sensibilité : avec affection disposant végétaux, et même animaux, par des installations simples et recherchées, communiquant le goût des bêtes de choix, de la sorte à la race conjoignant le style. ANDRÉ VERA. EXPLICATION DES PLANCHES PLANCHES LVI à LX. Église Saint-Louis à Vincennes. — Droz et J. Mar-rast, architectes (s.a.d.g.) En 1912, mise au concours entre quelques architectes invités, la construction de cette église fut commencée en 1914 et reprise après l'armistice. Le terrain, très irrégulier, situé à l'angle de trois rues et mitoyen sur un côté, rendait la composition du plan difficile. L'église proprement dite est sur plan carré, avec une abside au fond. Quatre arcs ogivaux en béton armé se coupent à angle droit et portent une lanterne polygonale. L'ouverture de ces arcs est de 22.35. Les baies sont formées de claustras de béton armé. Le baptistère est surmonté d'un clocher non encore exécuté et d'une hauteur de 46 mètres. Cette église est entourée de ses dépendances sur les rues Marinier et Massue. Ce sont : une chapelle secondaire, des bureaux, une sacristie des mariages, des accès à la crypte où se logent la grande salle des catéchismes et représentations de cinéma, enfin les caves, chaufferie, dépôts, etc. Les façades, d'une grande simplicité, sont en meu-lière et brique. Sur la base des murs et sur une hauteur de 1m40 environ, les architectes ont appliqué sur l'enduit frais une peinture à fresque foncée qui est ensuite encaus-tiquée. Le chemin de croix, composé d'assez grandes peintures à fresques est d'Henri Marret. Le mur de l'abside du fond doit recevoir une grande composition de Maurice Denis représentant saint Louis rendant la justice sous le fameux chêne. Les tables de communion et autels sont ornés de céramiques exécutées par Dhomme. Un grand orgue surmontera l'entrée. Enfin tous les meubles, confessionnaux, etc., exécutés d'après les dessins des archi-tectes, contribuent à donner à l'ensemble une parfaite et saisissante unité de style. La dépense, non compris le mobilier et le clocher, s'élève à un million. Cette église, pleine de souvenirs du passé nous retient par son ossature et son style. Elle est profondément religieuse, d'un art aristocrate et simple, elle est l'œuvre amoureusement étudiée d'artistes qui travaillent avec plaisir. Fig. 84. — ÉGLISE SAINT-LOUIS A VINGENNES. — Façade latérale Droz et Marrast, architectes (s. a. d. g.)