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LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART
LUSTRE EN VERRE DÉPOLI
PAR
J. PERZEL
CRÉATEUR & ÉDITEUR
1, Rue Henri Becque
PARIS
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N°26
SEPTEMBRE 1927
8 Frs.
RÉDACTION & ADMINISTRATION: 2 & 4 RUE MARTEL, PARIS, 10ST.
TÉLÉPHONE 8 LIGNES : PROVENCE: 04-04 & LA SUITE
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REVUE DES ARTS DÉCORATIFS ET APPLIQUÉS MODERNES, PARAISSANT TOUS LES MOIS, PUBLIÉE PAR "LES ECHOS" LA GRANDE REVUE COMMERCIALE FRANÇAISE
LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART
RÉDACTION ET ADMINISTRATION: 2 ET 4, RUE MARTEL PARIS (10° ARROND). TÉLÉPHONE: 8 LIGNES PROVENCE 04-04 ET LA SUITE N° DU CHÈQUE POSTAL 5559
Le Numéro: 8 Francs — Troisième Année — Le Numéro: 8 Francs
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LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART
LES SALLES DE BAINS
par FABIEN SOLLAR
La salle de bains prend peu à peu l'importance qu'elle devrait avoir dans les demeures modernes, mais avec une déplorable lenteur. Certes, beaucoup de chemin a été parcouru depuis cinquante ans. En 1875 une maison ne présentait guère de différence, en ce qui concerne l'hygiène et l'hydrothérapie, avec une maison du moyen âge ; même inconfort et même insalubrité. D'où naquit le revirement ?
SALLE DE BAINS DANS L'HOTEL DE M. DE VALÉRIO
ARCHITECTURE DE M. ADOLPHE THIERS
Photo Rep
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Comment les gens ont-ils un beau jour senti la nécessité nouvelle de se laver autrement que dans une cuvette, grande comme un rince-bouche, à l'aide du parcimonieux demi-litre contenu dans le pot à eau ! Comment en vinrent-ils à ne plus pouvoir se passer de l'eau courante, à se complaire dans la volupté des bains quotidiens, à rechercher le coup de fouet excitant de la douche ? Les raisons sont nombreuses, mais la principale est sans aucun doute dans le développement des sports qui, après le jeu épuisant des muscles, nécessite des ablutions vigoureuses permettant à la peau de respirer librement et chassant la fatigue. Les randonnées
E.-J. RUHLMANN
Salle de bains en marbre
Paonatzo
en auto dans la poussière des routes sont aussi pour beaucoup dans notre avidité d'eau claire. Enfin le goût des bains de mer, inconnu jusqu'au milieu du XIXme siècle, et que nous devons à la duchesse de Berry, devenu passion de nos jours, nous donne au retour, l'être fini, la nostalgie de l'onde : silôt rentrés nous avons plaisir à retrouver sa transparence attirante dans notre modeste baignoire.
Les architectes, qui furent pendant de longues années si résolument conservateurs, et, disons le mot, si routiniers, si adversaires de toute innovation qui les forçait de modifier des plans millénaires, n'ont accordé à la salle de bains qu'une place infime, sacrifiée. Ils l'eussent volontiers four-
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rée dans un placard, s'ils eus- sent pu. Un coin d'appartement sans air, sans dégagement, semblait-il inutilisable : c'était là qu'on installait la salle de bains, qui, sans ornement, délibérément laide et étriquée paraissait honteuse d'exister. Il n'y avait eu aucun progrès sur les cabinets de toilette de Versailles, ou sur la salle de bains construite dans le palais de Fontainebleau du temps de Napoléon.
Ce sont heureusement main- tenant des curiosités archéo- logiques. Depuis vingt ans la réaction salutaire a eu lieu ; des architectes ont eu l'audace de consacrer à l'étude de la salle de bains une importance égale à celle des autres pièces de l'appartement. Ils l'ont voulu claire, vaste, aérée. Les déco- rateurs, à leur tour, y trouvant de l'espace, de la lumière.
Aquarelle de M. Girard
SALLE DE BAINS DE M.L.
Revêtement mural et sol en marbres verts d'Estourt, grand antique et noir de Belgique.
Création de Victor Courtray à Pau
peuvent donner libre cours à leur fantaisie.
Et il est bien vrai que c'est dans une demeure la salle qui peut avoir le plus de gaieté, où peut se dépenser le plus d'imagination et où le goût du somptueux peut s'étaier le plus à l'aise, sans tomber dans le pré-tentieux ni l'ostentatoire.
D'abord l'eau y crée le mouvement et la vie avec l'irisation de ses nappes immobiles, avec les myriades d'étoiles de ses gouttelettes, la courbe gracieuse de ses jets et la chanson de ses cascades. Il y a là tout un élément décoratif naturel dont nos artistes n'ont pas encore su jouer autant qu'il convient. L'eau est pour eux une res-
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source infinie, grâce aux éclairages, qui peuvent tour à tour lui donner tous les tons de l'arc-en-ciel Un architecte, M. Brachet, l'a utilisée de manière ingénieuse dans un hôtel qu'il vient de construire à Paris. Un mince jet d'eau fuse au-dessus d'une vasque et semble tour à tour un jaillissement de paillettes d'or, une éclosion sous daine de feuillage ou un oiseau de feu; un très simple mécanisme allume et éteint des ampoules colorées habilement dissimulées dans la vasque.
Il y a là, en réduction, un heureux souvenir de l'Exposition des Arts Décoratifs dont le moindre attrait ne fut pas ces fontaines lumineuses, cascades flamboyantes, volcans
R. EBEL : SALLE DE BAINS REVÊTUE DE MOSAIQUE
Tonalité verte et grise. Aux murs revêtements de faïence. Sol et piscine, en ciment armé recouvert d'une mosaïque de marbre
de feu, épanouissements de gerbes magiques, que l'on pouvait admirer, sitôt la nuit venue, de chaque côté du Pont Alexandre III. Ceux qui les ont vues en gardent encore un éblouissement dans les yeux. On aurait donc pu croire qu'après ces magiques réalisations, l'eau, féériquement animée par la lumière électrique, aurait acquis le droit de cité dans l'art décoratif moderne. Il n'en fut rien. Ou plutôt il n'y eut de jets d'eau, de jaillissements sveltes et de retombées gracieuses de pluies que dans les innombrables motifs de rideaux de
SALLE DE BAINS DE Mme M., A NEUILLY
Composée par Mulette. Les murs et le plafond sont entièrement revêtus de Lincrusta-Loréid jaune, orangé et or
Photo Rep
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SALLE DE BAINS DANS UN PALAIS ROYAL
exécutée par les Etablissements Ch. Blanc
dentelles, de tissus, de papiers peints et de portes en fer forgé qui naquirent alors. Le jet d'eau, stylisé, inspirait tous les artistes décorateurs. Mais on l'admirait de loin, en effigie. Et on n'a guère osé encore s'en servir.
M. Brachet, dans l'exemple que nous citons, a placé sa vasque, et le plus heureusement du monde, dans un hall d'hôtel. C'est bien. Et on imagine l'agrément que de semblables fantaisies apporteraient dans les jardins d'hiver ou les salles à manger d'été : mais leur plus facile emploi, le plus logique et le plus naturel, n'est pas là.
Viendra-t-il enfin un architecte qui, ayant à édifier une de ces luxueuses piscines, comme il
s'en crée chaque jour à Paris, ou ayant simplement à construire une salle de bains, saura exprimer la poésie sommeillante dans l'alliance de la lumière et de l'eau? Quelles atmosphères de rêves, quelles visions des mille et une nuits pourraient être créées, sans efforts et sans frais, autour des corps reposant dans l'onde ou s'étirant tour à tour dans des flots d'or, des pourpres éclatantes et des paleurs opa-lées, auprès desquels paraîtraient médiocres les couchers de soleil sur l'Adriatique et les clairs de lune sur Venise.
Qui, le premier, donnera au ruissellement d'une douche l'enchantement d'une rivière de diamants, subitement transformée en émeraudes ou en rubis?
Quel artiste du luminaire, enfin, cherchera à adoucir la lumière par le voile coloré de l'eau, ou à l'irradier et la multiplier par les mille facettes des gouttelettes tremblantes?
RENÉE KINSBOURG : PROJET DE SALLE DE BAINS
Baignoire en marbre encastrée dans un bow-window. Toilette sur fond de marbre et coiffeuse sur fond de glace. Placards dissimulés dans les murs peints au pochoir
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G. BASTARD : JEU DE BROSSES ÉBÈNE ET IVOIRE
Édité par J. Dupont et Cie
Du plus simple des voiles, la Loie Fuller a su tirer des effets prodigieux. Quel décorateur saura jouer des reflets de l'onde sur un corps humain?
Les plus belles matières peuvent décorer les salles de bains. Non seulement les marbres de Carrare, des Pyrénées, ou de Corse, mais aussi toutes ces matières somptueuses, plus brillantes au regard et plus agréables au toucher que les marbres eux-mêmes, inventées par la chimie depuis quelques années : pâtes
G. ROMANT : ONGLIERS IVOIRE
RABY : NÉCESSAIRE DE TOILETTE EN IVOIRE