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Les Echos des Industries d'Art Soirie Moderne "Les Prismes" Composition de Benedictus N°25 Août 1927 8 frs. --- Éditée par BruneT, Meunié & Co 13, rue du Luzès, Paris
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Les Echos des Industries d'Art Soirie Moderne "Les Prismes" Composition de Benedictus N°25 Août 1927 8 frs. --- Éditée par BruneT, Meunié & Co 13, rue du Luzès, Paris
REVUE DES ARTS DÉCORATIFS ET APPLIQUÉS MODERNES, PARAISSANT TOUS LES MOIS, PUBLIÉE PAR "LES ECHOS" LA GRANDE REVUE COMMERCIALE FRANÇAISE LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART RÉDACTION ET ADMINISTRATION: 2 ET 4, RUE MARTEL PARIS (10° ARROND). TÉLÉPHONE : 8 LIGNES PROVENCE 04-04 ET LA SUITE N° DU CHÈQUE POSTAL 5559 Le Numéro: 8 Francs — Troisième Année — Le Numéro: 8 Francs ABONNEMENT FRANCE et Colonies Françaises …………………… 80 francs par an ÉTRANGER, selon le pays destinataire …………… 120 ou 160 francs par an --- SOMMAIRE LES RECHERCHES MODERNES DANS LES TISSUS D’AMEUBLEMENT ET LES PAPIERS PEINTS, par René CHAVANCE ………………………………………… 5 Brunet-Meunié & Cie ………………………………………… 9 Rodier …………………………………………………………… 10 Duchesne & Binet …………………………………………… 11 Cornille & Cie ……………………………………………… 12 Toiles Imprimées …………………………………………… 13 — PAPIERS PEINTS : Ch. Follot ………………………… 14 Paul Gruin …………………………………………………… 15 M. Gaillard ………………………………………………… 16 Linerusta-Walton & Loréid ……………………………… 17 LA RUE MALLET-STEVENS ………………………………… 18 DINANDERIE ………………………………………………… 20 PENDULES …………………………………………………… 22 LES JOUETS DE CALDER ………………………………… 23 ÉCHOS ET NOUVELLES …………………………………… 24 --- dominique meubles, tissus tapis modernes dominique décoration architecture intérieure dominique céramique tabletterie bibelots modernes 104, faubourg saint-honoré, paris --- ANDRÉ FAU Céramiste - Décorateur --- TOUT DANS LA DÉCORATION où la CÉRAMIQUE D’ART TROUVE UN EMPLOI RATIONNEL GROS: HOURY fils 54, RUE DE PARADIS PARIS Provence 26-60 18, Rue de Buzenval Boulogne-s/-Seine Tél.: 261 à Boulogne ---
RUHLMANN 27. rue de Lisbonne ARCHITECTURE INTÉRIEURE --- JEAN DUGRENOT ABAT-JOUR - COUSSINS PARAVENTS CARTON NAGES DE LUXE MEUBLES - POTICHES 161, FAUBOURG SAINT-HONORÉ - PARIS ÉLYSÉES 33-84 R.C.SEINE 100.795 --- DELVAUX 18, Rue Royale, PARIS VERRERIES PORCELAINES DÉCORATION MODERNE r.d. --- LAPPARRA FABRICANT 157, rue du temple PARIS IIIe ORFÈVRE Téléphone Archives 15.18, 69.13
FABRIQUE DE PAPIERS PEINTS ETABLISSEMENTS M GAILLARD -ant M- --- LA COLLECTION QUI MONTE USINES 73 AVENUE GAMBETTA A PARIS ET 5 BOULEVARD DE CRETEIL A ST MAUR
LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART Les Recherches Modernes dans les Tissus d'Ameublement et les Papiers Peints par RENÉ CHAVANCE S'il n'est pas à la portée de tout le monde de renouveler le fond solide de son mobilier suivant les goûts contemporains, du moins chacun peut-il créer dans son chez lui une atmosphère à son gré en habillant ses murs comme il l'entend. C'est même une nécessité qui parfois, avouons-le, s'impose trop souvent à notre bourse quand nous voulons vivre dans un intérieur soigné. Mais personne n'y échappe. Le choix du papier de notre chambre et des rideaux de nos fenêtres ne reflète pas moins notre caractère, aux yeux d'un observateur avisé, que notre façon de nous vêtir. Et si nous l'abandonnons, comme il arrive trop souvent, au caprice du décorateur, celui-ci doit s'efforcer non seulement de nous composer un cadre séduisant, mais aussi de l'adapter autant que possible à notre genre d'existence. Les tentures d'un appartement, moins encore que les meubles, ne sauraient être en désaccord avec les toilettes de la femme qui l'habite. Elles y participent, jusqu'à un certain point.
RAOUL DUFY: “LE CIRQUE”, TOILE IMPRIMÉE Ces compositions d'une ironie spirituelle mais douce, sont imprimées à la main, sur toile. Ce sont, en somme, des tapisseries légères que l'on peut emporter avec soi l'été, à la mer, pour camoufler la hideur ou la banalité écœurante des murs des villas à tant la saison de la mode. Aussi les voit-on évoluer plus rapidement que les autres éléments du décor de notre vie. Les fabricants, s'ils veulent, comme on dit, rester “à la page” sont obligés de s'astreindre à de continuelles recherches. Reconnaissons d'ailleurs que beaucoup l'ont compris. Les fonds “de style” perdent chaque jour de leur vogue et la clientèle, qui va de plus en plus vers le moderne, trouve abondamment de quoi satisfaire ses désirs. Mais l'initiative des industriels ne donnerait que des résultats incomplets si les artistes n'y étaient associés pour une large part. C'est à une telle collaboration que nous devons le perpétuel renouveau dont nous allons noter les formes les plus récentes. Celles-ci toutefois ne sauraient être identiques dans les tissus et les papiers peints. Aussi prendrons-nous ces productions l'une après l'autre. La variété des matières ouvre à l'imagination des créateurs de modèles un champ très vaste dans la décoration des tissus. Encore faut-il, pour en tirer parti, que l'artiste RAOUL DUFY: “RÉCEPTION”, TOILE IMPRIMÉE
ne soit pas étranger à la technique. Or, dans cet ordre d'idées, de très heureux progrès ont été accomplis. Jusqu'à ces derniers temps les décorateurs appliquaient tour à tour leur invention aux destinations les plus diverses. Aujourd'hui une sorte de spécialisation tend à s'établir. Tout au moins des artistes comme Bénédictus, Beaumont, Lamorinière, Bonfils, Séguy, Crevel, Dufy, Garcelon, Coudyser ont pénétré tous les secrets du tissage et c'est en fonction des nécessités de celui-ci qu'ils composent leurs modèles. Ils n'y gagnent pas moins que le fabricant. Une minutieuse construction du dessin, une précise délimitation des couleurs, parfois même un numérotage des armures leur assure une interprétation fidèle. D'autre part, la mise en carte est facilitée et des effets multiples peuvent être obtenus sans que soit sensiblement compliquée la fabrication. La plupart d'entre ces artistes du reste suivent de près la réalisation de leurs projets. Ils les modifient, les améliorent en cours de route, d'accord avec les industriels, jouant un peu auprès d'eux le rôle d'un ingénieur dans une usine. Le problème technique s'est d'ailleurs transformé du fait de l'utilisation des matières nouvelles. Pour des raisons économiques aussi bien que par besoin de renouvellement, les fabricants s'essaient au jeu de substances inusitées. Aux créateurs de modèles d'y conformer leurs conceptions. Et par une pente naturelle celles-ci se sont simplifiées. Étudiez dans leurs dernières œuvres, un Bénédictus, un Beaumont, un Lamorinière, un Seguy, vous constaterez que leurs dessins deviennent de plus en plus synthétiques. Et si, par ci, par là, ils se laissent aller à des traductions plus sensibles de la nature ; si de fins artistes comme Bonfils, Dufy, Crevel, s'y livrent souvent encore avec bonheur, si d'ailleurs le décor imprimé les y invite, du moins pourtant les tonalités s'adoucissent-elles. Aussi bien dans les précieux tissus du métier à main que dans les plus courantes productions à la machine, on trouve de larges combinaisons de lignes géométriques, de sobres ordonnances de couleurs à plat, ou subtilement dégradées, qui s'accordent avec le grain, la consistance des matières et produisent des effets imprévus. Le papier peint n'offre point de telles ressources. Aux surprenantes imitations d'étoffes, de bois ou de pierre que la chimie permet d'obtenir, les artistes n'ont rien à voir. Pour eux le papier reste du papier. C'est au papier tout franc qu'ils destinent leurs recherches. D'où la nécessité d'un dessin rigoureusement étudié, fermement établi. En tournant de ce côté leur attention, ils ont montré le bon exemple aux fabricants qui inclinaient à donner toute l'importance au coloris. Dans ce même ordre d'idées, ils ont restauré l'usage vénérable de la planche à main, détrônée par la machine, et par là, indirectement, ils ont provoqué de notables perfectionnements dans la fabrication au cylindre demeurée indispensable dans la grande industrie. C'est assez dire que cette fois encore ils se sont fait techniciens. Au vrai, les René Gabriel, les Fraissinet, les Crevel, les Bénédictus, sont des manières de spécialistes, venant après les décorateurs comme Groult, Ruhlmann, Dufrène ou Paul Follot. Et tout en se familiarisant avec René GABRIEL : “SYLVIE” Papier à la planche René GABRIEL : “MARRAKECH” Papier à la planche
EXEMPLE D'APPLICATION DES PAPIERS MODERNES EMPRUNTE A L'ALBUM J. GRANTIL les difficultés du métier ils se sont pénétrés des conditions rationnelles de leur art. Au papier qui "comptait trop" ils ont restitué son vrai rôle qui est de servir de fond. Les importants rames, les vives oppositions de couleurs qui triomphaient en 25 ne sont plus de mise. Certes on n'a point complètement abandonné le modèle à sujets, on en fait même de charmants, mais l'exception confirme la règle. D'ailleurs, ceux-ci, avec leurs tons atténués, prennent sur le mur modestement leur place. Et c'est le jeu de fond qui domine. Les motifs s'amenuisent et s'estompent, se réduisant parfois à des formes abstraites, voire à des constructions cubistes. Reflets de la mode sans doute, mais d'une mode qui a des racines assez profondes dans les aspirations logiques de ce temps. De ces tendances et de leurs effets, nous aurons la confirmation dans les réponses à l'enquête ouverte par les Echos des Industries d'Art auprès des principaux fabricants. René CHAVANCE. DETAIL D'UN PAPIER - TENTURE EMPLOYE DANS L'ENSEMBLE CI-DESSUS
BRUNET SOIÉRIES MODERNES "LE MÉTÉORE" --- MEUNIÉ & Cie DESSINS DE BÉNÉDICTUS "MÉDUSE" Cette maison, l'une des plus anciennes du Sentier, est aussi l'une des premières qui se soient résolument engagées dans la voie des productions modernes. Elle ne cesse d'y étendre ses moyens d'action. Sur ses récents efforts, voici ce qu'a bien voulu nous apprendre M. Berthe, l'un des animateurs de la maison. Depuis l'Exposition de 1925, où nous avons montré des soièreries aux armures multiples, et surtout depuis ces dernières années, nous allons délibérément vers la sobriété. Si les toiles de lin, que nous imprimons à la planche ou au cylindre, réclamer encore des motifs directement inspirés de la nature, nos décors tissés se réduisent à d'amples arabesques, de rigoureux accords de lignes, de larges effets d'à plats et nous simplifions notablement les armures. Pour la composition de ces dessins, nous avons fait d'ailleurs appel à des artistes qui perçoivent vivement les directions modernes. En plus de toutes les œuvres de M. Bénédictus, nous éditons des modèles de M. Beaumont, de M. Jallot, de M. Séguin, de M. Crevel, de M. Desbarbieux, de Mlle Bobet, une élève très douce de l'école Rapin, pour ne citer que ceux-là. D'autre part, nous avons porté nos recherches sur l'emploi de matières nouvelles comme le jute, la soie artificielle qui, mêlées au coton ou au lin, donnent de belles étoffes à la portée de chacun. Le tout est de savoir utiliser (par un tissage ingénieux, les ressources qu'elles offrent en grand nombre. (Suite page 24) --- LES FRUITS D'OR "LES ARABESQUES"
TISSUS NOUVEAUX RODIER Le dernier Salon des Artistes Décorateurs a révélé chez Rodier une production toute nouvelle. Cette maison où règne un esprit modernisé si aigu ne nous avait montré jusqu'ici, en dehors de ses prodigieux tissus de mode, que des étoffes de vitrage, du linge de fable et des couvertures d'auto, lesquelles d'ailleurs touchent d'assez près à la parure. Depuis quelques mois elle a fait une large place aux tentures d'aménagement. Dans un but philanthropique, nous disent MM. Rodier et étant donné que nous avons à Bohain, centre de nos ateliers artisanaux toutes les mains nécessaires pour interpréter nos créations, nous avons trouvé intéressant et pittoresque à la fois de concevoir et d'exécuter des tissus d'aménagement. N'est-il pas curieux en effet de voir les mêmes doigts épais réaliser un jour des tissus d'une extrême tenuité — 50 à 60 gr. au m² — et fabriquer le lendemain des étoffes pesant douze à quatorze fois plus ? Cette espèce de métamorphose s'effectue sur le même métier où seule est modifiée la dimension du peigne. Ainsi s'oppose à la devise de certaines races jeunes : quantité et productivité, notre propre point de vue qui peut se résumer en deux mots : variété et qualité. Il s'agissait donc de créer des tissus nouveaux, conçus dans des grandeurs multipliées. Abandonnant la laine, exposée aux attaques des vers, nous avons adopté des matières permettant d'obtenir à des prix abordables, dans le mobilier et la décoration, des effets séduisants, d'une somptuosité discrète : le jute, le coton, le chanvre avec la soie artificielle. Naturellement la composition de nos dessins est commandée par ces matières. Elle se conforme en outre à la destination du tissu qui se présente sur de larges surfaces et doit être vu à une certaine distance, d'où grandissement, amplification des motifs qui, au surplus, ne diffèrent pas sensiblement de ceux de la mode. La tendance actuelle d'ailleurs, à laquelle nous ne sommes pas tout à fait étrangers et qui s'affirme dans nos modèles à travers les fluctuations de notre fantaisie, est à la sobriété des couleurs et des lignes, aux combinaisons géométriques dont nous évitons la sécheresse par de fins passages de tons dégradés. Quant au but philanthropique, dont nous vous parlions en commençant, nous avons l'impression de l'atteindre par cette production, en diffusant dans le public moyen, des produits de bon goût et en fournissant aux artisans, en cas de morte-saison par exemple, de nouveaux débouchés.
DUCHESNE & BINET Cette maison est trop connue pour qu'il soit nécessaire de rappeler les importantes initiatives qu'on lui doit et dont a si largement bénéficié la décoration moderne. Dans tous les genres de tissus d'ameublement, depuis la percale jusqu'aux soieries, elle a répandu ses conceptions nouvelles et a fait une large place aux artistes contemporains. "Faut-il vous rappeler les noms des créateurs de modèles à qui nous avons fait appel ? nous demande M. Binet. Laissez-moi vous citer seulement M. Seguy, M. Bénédictus, TOILES IMPRIMÉES "LES PERROQUETS" "LA PERGOLA" Photos E.I.A. M. Coudyser, M. Garcelon. Avec eux nous avons renouvé notre production. Et nous poursuivons incessamment des recherches nouvelles dans nos soieries tissées, nos velours ciselés ou imprimés, nos toiles imprimées. "Aux audaces, parfois excessives de ces dernières années, a succédé un goût marqué pour des coloris plus calmes, des effets plus mesurés. Les directions s'unifient en quelque sorte dans la logique, mais en même temps un public de plus en plus nombreux s'y rallie. Encore que la clientèle étrangère reste en grande partie fidèle aux copies d'ancien, nous voyons s'établir à Paris et en province, un courant très net en faveur du moderne." --- "LES CHEVAUX"

Cette revue mensuelle, "Les Echos des Industries d'Art", publie des articles sur les arts décoratifs et appliqués modernes. Le numéro d'août 1927 présente des recherches sur les tissus d'ameublement et les papiers peints, avec des contributions d'artistes et d'industriels. Il aborde également la dinanderie, les pendules et les jouets.