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LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART SALON DES ARTISTES DÉCORATEURS Bureau de dame en ivoire, galuchat et peau de serpent. Intérieur en corail verni. exécuté et édité par DIM (collab. M.M. René Joubert & Ph Petit) --- N°23 JUIN 1927 8 frs.
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LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART SALON DES ARTISTES DÉCORATEURS Bureau de dame en ivoire, galuchat et peau de serpent. Intérieur en corail verni. exécuté et édité par DIM (collab. M.M. René Joubert & Ph Petit) --- N°23 JUIN 1927 8 frs.
REVUE DES ARTS DÉCORATIFS ET APPLIQUÉS MODERNES, PARAissant TOUS LES MOIS, PUBLIÉE PAR "LES ECHOS" LA GRANDE REVUE COMMERCIALE FRANÇAISE LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART RÉDACTION ET ADMINISTRATION: 2 ET 4, RUE MARTEL PARIS (10° ARROND). TÉLÉPHONE: 8 LIGNES PROVENCE 04-04 ET LA SUITE N° DU CHÈQUE POSTAL 5559 Le Numéro: 8 Francs — Troisième Année — Le Numéro: 8 Francs ABONNEMENT FRANCE et Colonies Françaises … … … … … … … … … 80 francs par an ÉTRANGER, selon le pays destinataire … … … … … … … 120 ou 160 francs par an --- SOMMAIRE LE XVII<sup>me</sup> SALON DES ARTISTES DÉCORATEURS. texte par René CHAVANCE --- PAGE --- L’ART DE LA SOIE AU MUSÉE GALLIÉRA --- (Duchesne et Binet, p. 25. — Brunet, Meunié, Brunet et Cie, p. 24. — Rodier, p. 25. — Tassinari et Chatel, Cornille, p. 26. --- — Bianchini, Férier, H. Chanée et Cie, Maxime Beucher, p. 27). --- ÉCHOS ET NOUVELLES… --- Le N° 24 (Juillet) sera consacré à la CHAMBRE A COUCHER, aux DENTELLES et BRODERIES d’AMEUBLEMENT et aux JOUETS ARTISTIQUES Le N° 25 (Août) sera consacré aux TISSUS d’AMEUBLEMENT, au PAPIER PEINT, et à l’HORLOGERIE DÉCORATIVE > RETENIR CE OU CES NUMÉROS D’AVANCE > SOIT PAR L’INTERMÉDIAIRE D’UN LIBRAIRE, SOIT EN NOUS ÉCRIVANT. --- AVIS IMPORTANT Industriels et Commerçants, intéressés par les sujets qui seront traités dans ces numéros, publiez-y une annonce. Car notre revue touche à la fois la clientèle commerciale: Commissionnaires, acheteurs en gros, exportateurs, représentants, et la clientèle mondaine. En outre une importante diffusion de ces numéros sera faite à l’étranger. — Demandez-nous notre tarif de publicité, soit par lettre, 2, rue Martel, Paris (X°), soit par téléphone: Provence 04-04 et la suite. --- LAPPARPA FABRICANT ORFÈVRE 157, rue du temple PARIS IIIe Téléphone Archives 15.18, 69.13
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LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART 17ème SALON DES ARTISTES DECORATEURS L'ENTRÉE DU SALON, PAR GABRIEL ENGLINGER TOUT le monde s'accorde, semble-t-il, à reconnaître l'exceptionnel attrait de cette exposition, son caractère amusant, pittoresque, plein d'imprévu. Les organisateurs n'ont rien négligé pour y faire venir le public, pour le retenir, pour lui plaire. Déjà, l'année dernière, l'aménagement général était fort agréable. Il l'est peut-être encore plus, cette année. Quant aux installations des stands, elles rivalisent de luxe. On a singulièrement soigné la façade. C'est un fait que personne ne pourra nier. A vrai dire, il est permis de se demander si l'effort des artistes a réellement besoin d'un cadre aussi magnifique. Nous n'irons pas jusqu'à prétendre que ce cadre risque de lui nuire. Pourtant quand il prend trop d'importance, l'œuvre elle-même passe un peu inaperçue. Et puis il y a encore ceci : tous les envois étant mis également en valeur, les médiocres y gagnent au détriment des meilleurs. Le public a quelque peine à s'y reconnaître. Mais nous aurions mauvaise grâce à récriminer. Nous
M. ROUX-SPITZ, ARCHITECTE ROTONDE HENRY FAVIER FONTAINE LUMINEUSE en quartz et silice Photo Rep Photo 1 "Illustration" sommes chez les décorateurs. Que ceux-ci attachent du prix au décor, rien de plus naturel. Bornons-nous à constater qu'en dehors de la qualité des pièces exposées, l'intérêt de leur Salon réside de plus en plus dans le charme de la présentation. Après tout, c'est un art aussi, un art un peu superficiel et principalement utilitaire, mais qui correspond exactement à la mentalité contemporaine et dont nous ne saurions nous désintéresser. Il convient donc que nous lui donnions ici, en commençant, toute la part qu'il mérite. C'est M. Pierre Selmersheim qui a été chargé du plan général. L'irrégularité de l'emplacement dévolu à la Société, au rez-de-chaussée du Grand Palais, rend la tâche difficile. Mais il semble qu'elle ait servi à l'architecte au lieu de l'embarrasser, tant il en a tiré ingénieusement parti, utilisant le moindre recoin, assurant au public une circulation commode et lui ménageant sans cesse des perspectives agréables. L'entrée monumentale de la porte d'angle a été attribuée, à la suite d'un concours, à M. Englinger, un jeune, qui a réussi une amusante superposition de plans soutenus par deux colonnes rondes. Elle donne accès à un vestibule polygonal, de M. Favier, dont les panneaux de contreplaqué peint en blanc, s'ornent seulement d'un discret bandeau en bois découpé. Là-dessus s'ouvre une première galerie bordée de stands, construite par MM. Hiriart, Tribout et Beau qui ont eu l'heureuse idée d'en
garnir les corniches et les soubas- sements avec un original tissu gris beige, au décor géométrique ton sur ton, évidemment suggéré par les souvenirs de la “Croisière Noire”. Après une élégante rotonde de M. Roux-Spitz, limitée par une co- lonnade circulaire, commence une nouvelle série de galeries, réalisées par MM. Selmersheim, Follot et Ruhlmann, tendues de toile écru, entre les pilastres et les corniches de ton pierre encadrant les stands, et dont les imprévus détours con- duisent à une manière de place où s’érige une élégante fontaine de M. Sylvestre et que termine une robuste grille en fer forgé de M. Subes. Dans la massive archi- tecture de M. Marrast, on dirait une porte de forteresse. Pourtant entre les barreaux solidement cloutés s’arrondissent de fines vo- lutes et l’énorme serrure lance des L É ONBOUCHET : HALL Mobilier en palissandre et loupe d’amboine, édité par G.-E. et J. Dennery
DEGUSTATION UNTEL 30 rue machin --- reflets d'or. C'est une porte de banque. Si vous continuez à droite vous entrez dans une longue allée qu'éclairent abondamment les hautes fenêtres de la façade Jean Goujon où s'alignent des vitrines, où s'abritent des meubles isolés dans des niches. Mais si vous prenez à gauche, vous vous trouvez soudain dans une voie sinuouse, coupée de voûtes comme les rues des villes moyenâgeuses et qui s'en va zigzaguant entre sa double rangée de boutiques, traverse un carrefour, tourne et bifurque jusqu'à deux culs-de-sac. C'est la rue publicitaire. Elle contourne la salle des fêtes avec son théâtre qui s'offre, comme on le sait, aux spectacles d'avant garde, aux films pareillement d'avant garde, aux séances de danse et de musique, aux exhibitions de modes masculine et féminine et dont les murs se couvrent aussi d'affiches et de feuilles d'annonces. L'art publicitaire en effet a été pour la première fois accueilli, cette année, au Salon des décorateurs. On ne peut d'ailleurs que louer cette initiative. A l'Exposition internationale de 1925, il avait reçu droit de cité parmi les autres arts. On ne devait pas en rester là. Il faut encourager le mouvement salutaire qui met une note raffinée dans les productions des annonciers et en relève la qualité. La rue nous montre d'heureuses trouvailles dans l'aménagement des devantures et des étalages. Les devantures d'abord. Elles s'adaptent pour la plupart opportunément à la nature des articles quelles renferment : Parfois largement ouvertes, leurs grandes glaces encastrées dans le luxe discret de panneaux marmoréens quand elles ont à offrir des piles alléchantes de fines bouteilles, comme celles des Magasins Nicolas, composées par M. Patout, elles se resserrent parfois pour former comme un grand écrin où reposent des objets précieux, de belles céramiques (Etablissements A.C.A.M.). Tantôt, elles n'offrent entre leurs panneaux pleins qu'une --- A. FRÉCHET : CHAMBRE DE DAME ÉDITÉE PAR E. VEROT Photo Bonney
L. BAILLY : COMMODE LOUPE DE FRÊNE vitrine longue et basse où s'étalent des livres et des gravures, sous un vif éclairage; tantôt, disparaissant en quelque sorte, elles ne font qu'un avec la boutique, comme si la rue tout entière était invitée à y entrer. Ici, le décor est d'une tonalité presque tapageuse. Là, au contraire il reste sobre. L'architecture d'une façade de magasin comporte un côté psychologique longtemps méconnu et dont on se préoccupe à présent. Il importe de tenir compte des habitudes de la clientèle à laquelle on s'adresse, de sa mentalité, non moins que de l'habile mise en valeur des objets exposés. L'amateur de bibelots se conquiert autrement qu'un bibliophile, et celui-ci, autrement qu'un gourmet. Regardez encore la plaisante disposition des vitrines que M. René Herbst P. MONTAGNAC: MEUBLE PALISSANDRE DE RIO imagine, entourant un hall d'hôtel. Elles rassemblent sous les yeux du voyageur une sélection de produits de luxe de la ville où il séjourne. Confortablement assis dans son fauteuil, il lui est loisible de faire son choix. Pourtant il importe que chacune d'elles ne nuise pas à sa voisine. Se succédant sans interruption mais dans un adroit dessin en dents de scie, elles demeurent isolées les unes des autres. Ainsi les commerçants qui les louent peuvent y faire figurer les objets les plus disparates, l'unité de l'ensemble n'en souffre pas. La question étalages n'est pas moins importante. Il ne suffit pas de mettre des objets en valeur, il faut encore les accorder entre eux de telle façon qu'ils composent un tableau M. ROUX-SPITZ : BAHUT LOUPE D'AMBOINE ET PALISSANDRE incrustations d'ivoire Photos Rep ...
P. PATOUT, ARCHIT. : NOUVELLE DEVANTURE DES ÉTABLISSEMENTS NICOLAS Photo Rep séduisant qui retienne au passage l'acheteur éventuel. L'étalage aujourd'hui est une véritable construction où les lignes et les volumes ne sont pas moins étudiés que les coloris. La rue nous en soumet de charmants. Et puis il y a la publicité par l'image. L'affiche que, depuis Toulouse-Lautrec, Chéret, Steinlen, les artistes avaient un peu négligée, recommence à susciter les recherches de spécialistes de talent. Elle a évolué dans le sens des nécessités actuelles. L'existence hâtive de notre temps la veut de plus en plus synthétique, de plus en plus rapidement saisissable. Il convient qu'elle attire les regards du passant, même s'il roule à l'allure d'une vingt chevaux, qu'elle se fixe d'un seul coup dans sa mémoire. Mais il n'est pas moins nécessaire qu'elle présente des qualités d'équilibre, d'agréables rapports de tons. Si les affiches envahissent les murs, si elles grimpent aux échafaudages, au moins qu'elles n'enlaidissent pas les perspectives de nos villes. Vous verrez chez les décorateurs, des affiches de LOUIS CUNY Devanture de la Société A.C.A.M.
M. Cassandre, de M. Loupot, de M. Beaumont, de MM. Jan et Joe Martel, de M. Carlu, de M. Gérard Sandoz qui réunissent ces avantages. Vous verrez aussi dans la catégorie des feuilles d'annonces et des cartonnages — encore que la série en soit assez courte — des réalisations signées Georges Pinget, Jarrach et Chambry, Alfred Tolmer, qui ne manquent ni d'esprit, ni de goût, et vous n'oublierez pas les pages typographiques des fondeurs Deberny et Peignot et des imprimeurs Ducros et Colas qui jouent aussi leur rôle en cette matière. Mais, comme nous le disions en commençant, l'exposition tout entière est un vaste étalage publicitaire. À ce point de vue, jamais peut-être Salon des Décorateurs ne fut plus réussi. Quels délicats accords de couleurs, quels jolis arrangements de lignes et d'éclairages dans les Stands! Il en est qui offrent de si harmonieux tableaux que l'on est tenté d'en négliger le détail pour se laisser séduire par l'affait de la composition générale. C'est, en somme ce qu'on éprouve devant le plaisant living-room de M. Leleu aux tons subtilement assortis; le calme studio de M. Léon Bouchet où les meubles au rythme paisible, les coloris atténués créent une atmosphère élégante sans futilité, une atmosphère de bonne compagnie; la chambre d'homme, de Mme Lucie Renaudot, une symphonie en brun "tête de nègre" d'un confort imposant ou l'aimable chambre de dame de M. Fréchet, simple, honnête, claire avec son lit, ses sièges, son armoire à lingerie fine, son secrétaire en érable blond tendu de cuir d'un mauve presque rose. Panthère sculptée aux marteaux dans une seule feuille de cuivre. En collaboration avec R. Subes: Bibliothèque en acier recouvert de laque.

Cette publication mensuelle, "Les Echos des Industries d'Art", couvre le 17ème Salon des Artistes Décorateurs. Elle présente des critiques sur l'aménagement du salon, l'art publicitaire et diverses contributions d'artistes et d'entreprises dans les domaines des tissus d'ameublement, papiers peints, verreries, céramiques et mobilier. Les numéros futurs annoncés traiteront des chambres à coucher, dentelles, broderies, jouets, tissus d'ameublement, papiers peints et horlogerie décorative.