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DALOU. — LE TRIOMPHE DE LA RÉPUBLIQUE. SOMMAIRE ARSÈNE ALEXANDRE,INSPECTEUR GÉNÉRAL DES BEAUX-ARTS ET DES MUSÉES.Si Paria disparaissait : Nos Monumenta. --- HENRI CLOUZOT,CONSERVATEUR DE LA BIBLIOTHÈQUE FORNEY.Lea Bibliothèquea de Paria. --- HENRY COCHIN,ANCIEN DÉPUTÉ DU NORD.Lea Églisea de Paria. --- NOZIÈRE,Lea Théâtrea de Paria. --- GEORGES CAIN,CONSERVATEUR DU MUSÉE CARNAVALET.Lea vieux Hôtela parisienæ. --- J.-C.-N. FORESTIER,CONSERVATEUR DU BOIS DE BOULOGNE.Dana lea Jardina de Paria. --- LÉONCE BÉNÉDITE,CONSERVATEUR DU MUSÉE DU LUXEMBOURG ET DU MUSÉE RODIN.Lea Muséea de Paria. --- ADRIEN FAUCHIER-MAGNAN,ATTACHÉ AU PALAIS DES BEAUX-ARTS DE LA VILLE DE PARIS.Lea Collectiona privéea. --- GEORGES LECOMTE,PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ DES GENS DE LETTRES,DIRECTEUR DE L’ÉCOLE ESTIENNE.Nos Chefs-d’Œuvre de peinture décorative. --- DANIEL-LESUEUR,PRÉSIDENTE DU DENIER DES VEUVES DES GENS DE LETTRES,PRÉSIDENTE DE L’AIDE AUX FEMMES DES COMBATTANTS.La Parisienne. --- Couverture illustrée par PAUL-ÉMILE COLIN 100 illustrationa dans le texte.

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L'ÉCOLE SUPÉRIEURE DE GUERRE.

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COUR D'HONNEUR DE L'HÔTEL DES INVALIDES. « SI PARIS DISPARAISSAIT » NOS MONUMENTS Certainement, Paris exerçait un charme sur le visiteur; ce charme ne vient pas tant des monuments que de l'ensemble de la disposition de la ville et de sa construction logique, mais Paris n'est, en aucune façon, une ville où il y a des monuments dignes d'être éternels. Il y a juste deux monuments originaux: Notre-Dame, et encore elle n'est pas de l'art le plus noble, et la Sainte-Chapelle, et encore Sainte-Marie de Trèves lui est-elle dix fois supérieure. Ce qui constitue la masse de ses grands monuments, ce sont de plus ou moins mauvaises copies de l'antique: le Panthéon, lamentable copie du Panthéon romain; l'Arc de Triomphe, copie de l'Arc de Triomphe de Titus. Ses trésors artistiques sont une collection de vols à travers le monde entier. L'obélisque de Lougsor appartient à l'Egypte. Non, si Paris disparaît de la terre, l'architecture du monde n'en sera pas plus pauvre d'une pierre. La presse française ne nous fera jamais croire que la lumière disparaîtra du monde quand la dernière lampe de Paris sera éteinte. Qu'on nous laisse donc tranquilles avec tous ces songes creux. Gazette du Rhin et de Westphalie. LA CHAPELLE DES INVALIDES. CES lignes qui ont paru dans la Gazette du Rhin et de Westphalie et qui ont été aussitôt reproduites et répandues dans le monde entier sont un exemple parfait d'un de ces éclatants services que parfois l'Allemagne rend à la civilisation, soit par la profondeur de sa cruauté, soit par l'intensité de sa sottise. Les innombrables lecteurs de cet article, sauf bien en-

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE 221 tendu les Allemands de naissance ou d'esprit, ont, suivant leur tempérament, soit haussé les épaules avec un sourire, soit frémi d'indignation. Nous sommes de ceux qui ne peuvent sourire de ces choses. Le ridicule est une arme excellente chez nous, mais qui n'a aucune prise sur l'Allemagne ni sur ceux qui ont le cerveau germanisé. Quelle que soit la splendeur de Paris, quelles que soient sa beauté artistique, sa gloire historique et intellectuelle, — et même précisément à cause de tout cela, — il se trouvera toujours des villes, des races, des nations, soit rivales et partant envieuses, soit hésitantes et par suite sujettes à l'erreur, capables, les unes de propager par haine, les autres d'adopter par ignorance ou par faiblesse une légende dont le vénimeux article de la Gazette du Rhin pourrait devenir le germe. Ce sont les plus grandes vérités qui ont le plus besoin d'être le plus constamment défendues, car l'erreur et la calomnie se défendent et se répandent toutes seules. Paris a beau être une des forces les plus actives et une des lumières les plus claires du monde, il y L'HÔTEL DES INVALIDES. L'ÉCOLE MILITAIRE.

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L'ARC DE TRIOMPHE DE L'ÉTOILE.

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE 223 LA PLACE DES VOSGES. aura toujours des ennemis à démasquer, des incertains à conquérir, des ignorants à renseigner Hélas! bien souvent, nous-mêmes, nous rendons-nous un compte suffisant de beautés qui nous sont trop familières, de charmes que nous goûtons moins parce nous les subissons depuis trop longtemps, et même de beaucoup de choses admirables que nous ignorons parce que, vivant parmi elles, passant tous les jours à côté, nous avons remis constamment l’occasion de les connaître! Ce numéro exceptionnel de la Renaissance de l’Art LA MADELEINE.

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE français sera donc, avec l'éloquence de ses documents et l'expression d'amour filial ou d'indignation de ses écrivains, à la fois une réponse simple et fière à l'inapté blasphème du vandale, un rappel à la vérité et aux justes proportions dédié aux nations amies et à tout étranger de bonne foi. Ce sera peut-être plus encore un témoignage de notre fierté et de notre joie de faire partir du cœur même de notre cité menacée, insultée et indomptable, la condamnation d'un des plus criminels desseins, prouvé par la gazette westphalienne, qu'aura eus à enregistrer et à démasquer notre histoire. * Paris! Sa beauté! Le caractère et la signification de ses monuments, pris chacun à part ou considérés comme LE PANTHÉON. un des plus augustes ensembles d'efforts, de génie, d'épreuves, de grandeurs que les siècles aient constitués, comme eût dit Renan «par un décret spécial de la Providence»! Mais c'est l'Océan, et l'on ne peut faire tenir un océan dans ces pages! Toutefois on peut, comme des océans mêmes, en tracer une sorte de carte que le regard mesure et que l'esprit amplifie jusqu'aux plus larges limites de l'imagination. Il serait LE PALAIS DE LA LÉGION D'HONNEUR.

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE LE PALAIS DE L'INSTITUT. trop facile, tout d'abord, pour mettre les choses à leur échelle, de répondre à ce cri du barbare : « Si Paris disparaissait !...» un : « Si Berlin disparaissait », et de dire que le monde ne perdrait qu'une neuve et morose cité qui ne vaut que par ses achats et non par ses créations ;— un : « Si Cologne disparaissait... » et de noter que la célèbre cathédrale, gothique du xixe siècle, ne vaut pas, en y ajoutant la gare sa voisine et sa sœur, un des seuls portails de Reims meurtrie ; — un : « Si Dresde disparaissait... » et de certifier que le monde aurait à se consoler de la perte d'une agréable terrasse, d'un beau musée et d'un pastiche architectural outré de notre xviiie siècle. Et même si Nuremberg, vieille ville truquée entourée d'une immense agglomération moderne; et même si Francfort, l'affreux pandémonium de pierre neuve dans laquelle sont taillés les blockhaus de l'agio... Mais à quoi bon prolonger cette énumération ? Nous ne voulons, nous, détruire ni Berlin, ni Francfort, ni Cologne, ni le restaurant du Rheingold, ni son rival en beauté le château impérial de Guillaume II, ni cet Opéra grec, à qui il sied, en effet, de railler l'Arc de Triomphe et la Madeleine. Il faudra toujours une Allemagne pour les Allemands. Qu'il soit simplement permis, pour en finir avec cet ordre d'idées, de rappeler que les quelques beautés dont cette Allemagne peut s'enorgueillir, c'est la France, plus généreuse mille fois, et incapable de la même haineuse jalousie, qui les a découvertes, proclamées, vulgarisées dans le monde. C'est la voix de ces grands enthousiastes, de ces sublimes naïfs, de ces dupes géniales, les Victor Hugo, les Michelet, qui les a consacrées, qui les a fait croire à l'univers. Il était bon, simplement par une nécessité d'équilibre, LA TOUR SAINT-JACQUES.

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE envie, quand on ne veut y voir que l'écume inséparable de son immense bouillon- nement. * Il faut, je dirais presque, avoir quitté Paris quelque temps pour en comprendre l'âme et l'harmonie. Il vous est arrivé, n'est-ce pas, comme à moi-même, de revenir de quelqu'une des plus nobles capitales, dont la grandeur nous avait effarés, dont l'accueil avait été plein de luxueuse courtoisie, et, les premiers jours de retour à Paris, de vous sentir comme enveloppés d'une tendre, délicate et subtile caresse? D'où venait cette impression délicieuse de bien-être et comme de renouveau? C'est uniquement de ce que tout est en proportion chez nous; que la clarté y règne dans la complexité; que les siècles y gardent on ne sait quelle jeunesse et, aïeux aimables entre tous, y font bon ménage avec les générations nouvelles et leurs apports. Paris a de merveilleuses propriétés d'assimilation, un don de sobriété et de tact, qui s'accordent avec la plus grande richesse, et, il faut répéter ce mot sans cesse, un privilège d'harmonie à nul autre pareil. Il y a, du reste, un art de voir Paris, et l'on s'explique assez que cet art soit inaccessible à une âme allemande. Les Allemands qui ne sont pas venus à Paris, le voient, sans doute, à travers les étroites et hostiles théories des éducateurs enrégimentés, ou bien, hypocrites, à travers des prêches analogues à celui de ce pasteur qui, au début de la guerre, déclarait à la Chapelle de la Cour impériale, que la destruction de Reims était « conforme à la pure doctrine du Christ ». Quant aux Allemands qui ont été nos hôtes, ils n'ont jamais vu et compris Paris que comme une proie. Ils n'en ont donc bien connu que la partie matérielle. Or, pour comprendre Paris il faut en goûter les attraits sans doute, mais il faut aussi être capable de ressentir la part de vénération et d'amour supérieur qu'il a de quoi prodiguer. Dessiner à larges traits Paris, poser comme les jalons d'un vaste et studieux itinéraire est déjà chose difficile et leçon importante. S'imagine-t-on jamais assez ce qui s'accumule de poèmes de pierre entre l'Arc de Triomphe et Notre-Dame d'une part, entre Saint-Pierre de Montmartre et le dôme du Val-de-Grâce de l'autre? Et ce qu'entre les édifices compris dans ces limites et ceux qui, non moins nombreux, les débordent, tout ce qu'il y a pour les relier de grandioses perspectives, de douces verdures, de pimpantes élégances, avec traversant, parcourant, rassemblant puissamment tout cela, le ruban chatoyant, féerique de la Seine, lui-même succession d'aspects envirants, de glorieuses demeures, de Palais qu'il faut, pour bien en pénétrer le sens, considérer comme des titres de noblesse, non seulement de la Ville et de la France même, mais encore de tout l'univers. Si l'on veut se rendre un compte à la fois succinct et éblouissant de ce qu'est Paris, et de la place que ses monuments y occupent, il faut, comme le fit Hugo il y a quatre-vingt-dix ans, monter

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE sur un des sommets et essayer de dénombrer les édifices qui sont comme portés sur les flots pressés des habitations. De Notre-Dame de Paris, comme lui, l'on se trouve sur un des plus magnifiques observatoires, qui a l'avantage de vous faire lire à livre ouvert la structure même de la ville : le puissant esquif de la Cité au milieu même du fleuve qui partage l'ensemble en deux moitiés fraternelles; les principales collines, aux souples ondulations, de la montagne Sainte- Triomphe les grandes artères du Paris moderne en même temps que les nappes de verdure du Bois de Boulogne; de la Tour Eiffel constater que Paris, de si haut, semble pourtant sans limites; de telle autre colonne ou édifice moins altier, devenir l'Asmodée d'une innombrable légion de toits dont votre caprice peut soulever l'enchevêtrement pittoresque. Toujours et de tout point, vous apparaîtront en même temps et la puissance formidable de cette vie et de cette beauté, L'HÔTEL DE CLUNY. Geneviève, de Montmartre et de Belleville, qui sont à Paris un peu comme Fiesole et San Miniato sont à Florence. De là, au loin, le portail de l'Arc de Triomphe s'ouvre comme une lointaine et mystérieuse entrée sur les espaces. Si l'on grimpe, d'autre part, au haut de Montmartre, de devant le Sacré-Cœur, Paris devient gigantesquement fantasmagorique, étalé, suivant les heures, dans des draps d'argent, dans des brumes d'or, de pourpre, d'opale aux irisations de rêve. Les monuments, suivant les plans, prennent des importances diverses, parfois contradictoires, toujours surprenantes, mais Notre-Dame y demeure incontestable reine. Vous pouvez varier ces ascensions, voir de l'Arc de et l'incroyable sottise de l'hypothèse germanique : Si Paris disparaissait! De plain pied Paris parcouru, c'est redoutable et grisant. C'est invitant malgré tout et toujours. Les divisions — et par suite les parcours — sont beaucoup plus claires et plus logiques (c'est la seule vertu que le Teuton ait reconnue, ce qui prouve sa prodigieuse perspicacité) qu'on ne l'aurait cru d'abord, en contemplant de haut les immenses entrelacs. Nous en avons indiqué une à l'instant qui fait une des beautés et une des séductions de Paris, c'est-à-dire la Seine, sur laquelle on rencontre successivement Saint-Gervais, Notre-Dame, l'Hôtel de Ville, le Palais de Justice, le Louvre (le Louvre!), le Palais Mazarin, la

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE fois de plus, l'idée d'un grand vaisseau et rappellent et justifient la fière devise. Et qui a même songé que tout ce parcours de la Seine comporte seize ports, tous assez curieux pour amuser pendant des journées les dénicheurs de manifestations de la vie ? Mais il est une autre division à laquelle on ne prend plus LE PALAIS DES THERMES, D'APRÈS UN DESSIN DE GENILLON. Légion d'honneur, la magnifique perspective de la Concorde avec les édifices si bien équilibrés de la Madeleine et du Palais-Bourbon, d'un hellénisme plus naturalisé qu'on ne pense en Westphalie et moins dépaysé que les Propylées à Munich, les perspectives non moins aristocratiques de l'Esplanade des Invalides, du Trocadéro et du Champ-de-Mars. Il n'est pas besoin de le dire, mais on a plaisir à le redire quand même, tout cela est un enchantement que favorise, exalte, multiplie un ciel d'une légèreté, d'une diversité et d'une douceur, dont le besoin d'y revenir prouve assez le bienfait. Trente ponts permettent de renouveler ces spectacles à l'infini. En est-il de plus beaux que celui de Notre-Dame découverte du pont d'Austerlitz, ou de la Cité vue du pont Royal ? Ces deux aspects évoquent, une assez garde depuis le voies sans cesse et toutefois n'en persiste perçement de certaines grandes de préférence suivies, et qui pas moins d'une façon qui trou- LE PALAIS DES THERMES.