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CIMAISE ISSN 0009-6830 ART ET ARCHITECTURE BIMESTRIEL N° 143 PRESENT DAY ART AND ARCHITECTURE F : 40 F
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CIMAISE ISSN 0009-6830 ART ET ARCHITECTURE BIMESTRIEL N° 143 PRESENT DAY ART AND ARCHITECTURE F : 40 F
Galerie Kutter 17, rue des Bains, Luxembourg tél. 2.35.71 en permanence: Downing Coignard Estève Feito Friedlander Junius J-F Koenig Mirò Probst Singier Zao Wou-Ki GALERIE JEANNE BUCHER 53 rue de Seine 75006 Paris 326.22.32 AGUAYO AMADO JOHN BENNETT BISSIERE DUBUFFET FIORINI FLECHEMULLER ASGER JORN MOSER NALLARD NEVELSON REICHEL GUILLERMO ROUX GERARD SINGER N. DE STAEL SZENES TOBEY VIEIRA DA SILVA
jacques damase, galerie de varenne, 61 rue de varenne, paris 7 exposition LA BOXE par Luc Albert-Moreau, Segonzac, Patrick Raynaud Sonia et Robert Delaunay en exclusivité Vient de paraître : GUSTAVE DORE, peintre et sculpteur Catalogue des livres d'art sur demande --- REGARDS 40, rue de l'Université Paris 7 - Tél. 261.10.22 (ouvert de 14 à 19 heures sauf lundi) --- SERPAN rétrospective 29 mai - 26 juin Armitage --- Claude Georges --- Bonnet --- Gleb --- Bryen --- Guadagnucci --- Chadwick --- Guitet --- Dimanov --- Haas --- Fachard --- Hairy --- Feito --- Hosiasson --- Fichet --- Serpan --- Magda Franck --- Soisson --- Frilay --- Zack --- Garanjoud ---
DOUCET collages du 7 juin au 7 juillet GALERIE ERVAL 16, rue de Seine - 75006 Paris 033.73.49 Galerie Karl Flinker 25 rue de Tournon, Paris 6, 325 18 73 ARROYO J.M.B.W one man show ART 10'79 BÂLE stand 13.331
CIMAISE ART ET ARCHITECTURE ACTUELS PRESENT DAY ART AND ARCHITECTURE 26e ANNÉE - N° 143 Juillet-août-septembre 1979 Directeur-Rédacteur en Chef : Jean-Robert Arnaud Conseiller artistique : John Franklin Koenig Secrétaire général : René Barzilay Administration-Rédaction : 8, rue Récamier, Paris-7e. Tél. : 544-04-82 Impression : Société Mondiale d’Impression, 3, rue Maurice-Loewy, Paris-14e. Tél. : 327.15.40 Prix --- ce numéro : --- France --- 40 F --- Etranger --- 50 F --- Abonnement --- 6 numéros : --- France --- 180 F --- Etranger --- 240 F --- C.C.P. Cimaise 5542.39 --- Abonnements pour le Canada : --- PERIODICA, 5090, av. Papineau, Montréal 134, Canada --- Couverture de Domoto --- Claude Bouyeure Domoto La mesure de l’absence ou les vagues du soleil The measure of Absence or the waves of the sun Michel Ragon Gilioli Paule Gauthier Jeanne Socquet Des couches picturales où se dévoile « L’histoire affreuse de la femme » Pictorial layers which lay bare “The actrocious history of a woman” Xavier Girard Robert Droulers Gilles Plazy Jacques Damase artiste en livre Paule Gauthier Jiménez-Balaguer vers un « méta-matérialisme » ? toward a “meta-materialism” ? Le numéro 144 paraîtra le 5 octobre 1979
domoto Claude Bouyeure la mesure de l'absence ou les vagues du soleil Le temps n'est autre chose que la forme du sens, c'est-à-dire de l'intuition de nous-mêmes et de notre état intérieur. Kant. > “Time is nothing more than the form of the sense, that is, of the intuition of ourselves and of our inner state.” > Kant.
Planète grise. 1973. $145 \times 145$ cm Solar éclipse. 1973. $162 \times 130$ cm (coll. de l’artiste) Photos : Y. Uchida, Sakamoto photo R.L. Les choses allèrent soudain à une allure vertigineuse et l’Occident s’abusa. Dès l’abdication de Tokugawa Keiki, le dernier shōgun (1), lorsqu’éclata la révolution de 1868, l’appareil féodal japonais croula comme un décor de théâtre pour donner naissance au Japon moderne. (1) Nom des chefs militaires japonais qui, sous l’autorité nominale des mikados, détinrent le pouvoir effectif depuis 1185 jusqu’à la révolution. The Measure of Absence or The Waves of the Sun Things suddenly moved at a dizzying speed, and the Occident is deluded. From the moment Tokugawa Keiti, the last Shogun (1) abdicated, when the 1868 revolution broke out, the Japanese feudal organization crumbles like a stage set to give birth to modern Japan. (1) Name of the Japanese military chiefs who, under the nominal authority of the Mikados, held the real power from 1185 up to the revolution.

Présentiment de printemps. 1973. $130 \times 130$ cm Saisi, l’Occident regarda le Soleil Levant traverser en un éclair un espace qu’il avait mis lui-même près de cinq siècles à parcourir. Pour préserver son indépendance menacée le Japon s’adapta à l’Europe. Dans cet ajustement l’Occident infatué vit du mimétisme. Il s’agissait d’un élargissement, non d’une copie servile. De longues habitudes de silence et de contemplation ont doué le Japon d’un ample esprit d’analyse, d’une formidable capacité d’orchestrer les valeurs pratiques. S’étonner de son essor accéléré c’était méconnaître sa vraie nature. Staggered, the Occident looks on as the Rising Sun crosses in a flash a distance which it had itself taken more than five centuries to cover. To preserve her threatened independence, Japan adapts herself to Europe. In this adjustment, the Occident, infatuated with itself, sees mimicry. But it was really a matter of expansion, not of servile copying. A long habit of silence and of contemplation had endowed Japan with an ample spirit of analysis, a formidable capacity of orchestration of practical values. To show astonishment at her accelerated stride was to mistake her true nature.
Planète jaune. $130 \times 130$ cm Hisao Domoto, né à Kyoto (2), a vécu plus de dix ans en France (il vint à Paris eh 1955, à 26 ans) et aux Etats-Unis ; il a voyagé à travers l’Europe. Ses trajets ne l’ont pas métamorphosé en médium de la peinture occidentale. Même si, au commencement des années 50, il abandonne l’art pictural japonais traditionnel (il s’y est initié aux Beaux-Arts de sa ville natale), les thèmes naturalistes, le pigment fait de couleurs minérales et de colle (Nikawa), la soie, le pinceau tenu, sensible au point d’enregistrer la plus infime poussée du corps et qu’il convient de manœuvrer de l’épaule et du coude, non du poignet. (2) Plusieurs membres de sa famille sont des artistes. Hisao Domoto, born in Kyoto (2), lived more than ten years in France (he came to Paris in 1955, at the age of twenty-six) and in the United States; he traveled throughout Europe. His wanderings did not metamorphose him into a medium of Occidental painting. Not even if, at the beginning of the 1950’s, he abandoned traditional Japanese pictorial art (he was initiated into it at the Fine Arts school of his native city). The naturalist themes, the pigment made of mineral colors and of glue (Nikawa), the silk, the held brush, sensitive to the point of recording the most infinite movement of the body and which it is correct to (2) Several members of his family are artists.
Sky-hammer. 1973. $77 \times 193$ cm (Coll. Matsui, Kyoto) Faire table rase des pratiques ancestrales au profit de la peinture informelle n’est sans doute pas une tâche insurmontable pour un peintre extrême-oriental en ces années 50. La mutation peut se réaliser naturellement. Il est rompu à une accoutumance séculaire d’abstraction, de stylisation qui lui permettent de recourir à la forme géométrique pour transposer, représenter sur sa toile les révélations phénoménologiques les plus secrètes que sa méticulosité l’a entraîné à enregistrer, classifier, comme s’il s’agissait d’une science. A cette époque-là ne sont-ce pas plutôt les artistes des Etats-Unis et d’Europe qui subissent ouvertement l’attrait de la calligraphie orientale ? De Pollock à de Kooning (entre 48 et 52 durant leur période en noir et blanc), à Kline, Michaux, Hartung, Mathieu... les autres ; presque tous ceux de l’Abstraction Gestuelle. A utiliser des matériaux propres aux artistes occidentaux, Domoto se trouve en présence des mêmes problèmes picturaux de construction, de couleur, de forme, qu’eux. Ainsi se retrouve-t-il également héritier des solutions apportées par Cézanne. Mais ici s’arrête la concordance. A la forme. Pour le reste, Hisao Domoto ne doit qu’à lui-même et à une Asie qui n’a jamais rien livré ni abandonné de son âme. Son itinéraire esthétique révèle sa volonté de puiser la vitalité créatrice dans les rythmes cosmiques et la métaphysique Extrême-Orientale. Qu’il s’agisse de sa période informelle de 1950 — toiles et dessins — avec éclaboussures, drippings, calligraphies à l’en- manœuvre from the shoulder and the elbow, not from the wrist. To make a clean sweep of ancestral practices in favor of informal painting is not, most probably, an insurmountable task for a Far Eastern painter in the Fifties. The mutation can take place naturally. He is broken in to a secular habit of abstraction, of stylization, which permit him to have recourse to the geometrical form in order to transpose, to represent on his canvas, the most secret phenomenological revelations which his meticulousness had led him to record and classify, as if they were a science. At that time, are not the artists of the United States and of Europe those who are openly submissive to the attraction of Oriental calligraphy? From Pollock to De Kooning (between 1948 and 1952, during their black and white period), to Kline, Michaux, Hartung, Mathieu... the others; almost all those who were action-abstractionists. Upon using those matters common to Occidental artists, Domoto finds himself in the presence of the same pictoral problems of construction, of form, as they. Thus, he finds himself as well the heir of solutions contributed by Cézanne. But here the similarity stops. At form. The rest, Hisao Domoto owes only to himself and to an Asia which has never surrendered or abandoned anything of its soul. His aesthetic itinerary reveals his determination to draw his creative vitality from the cosmic and metaphysical rhythms of the Far East. Whether it be a

Ce numéro de la revue Cimaise présente des articles sur Domoto, Gilioli, Jeanne Socquet, Robert Droulers, Jacques Damase et Jiménez-Balaguer. Il aborde des thèmes tels que la mesure de l'absence, les vagues du soleil, et le "méta-matérialisme". La revue est consacrée à l'art et à l'architecture actuels.