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BEAUX-ARTS REVUE D'INFORMATION • ARTISTIQUE • --- LE " SALON UNIQUE " Nous annoncions récemment que les Salons de Printemps de cette année comporteraient, non pas deux, mais trois expositions distinctes, abritées sous le toit vitré du Grand Palais : celle des Artistes Français, celle de la Société Nationale, et celle de la Société des Artistes Décorateurs ; mais, à la suite d'événements orageux, dont nous avons, du reste, retenu l'écho, un groupe de dissidents de la Société Nationale va camper sous ses tentes aux Tuileries, en attendant de faire l'assaut du Grand Palais, l'année prochaine, et il a choisi, pour cri de ralliement : le « Salon Unique » ! A peine avaient-ils tourné les talons que les maîtres du terrain de la Société Nationale bousculaient le tourniquet qui, depuis plus de trente ans, les sépare des Artistes Français et décidaient, d'accord avec ceux-ci, que cette barrière symbolique serait supprimée pour cette année tout au moins. D'où ce résultat que le public qui visitera le Grand Palais, aura l'illusion, dès maintenant, d'un « Salon unique » de peinture et sculpture, au moins parce qu'il ne paiera qu'un seul droit d'entrée. L'organisation intérieure des deux Sociétés et les conceptions esthétiques de leurs membres et de leurs placeurs n'ont été, du reste, en rien modifiées. La fusion complète, d'ailleurs, tant au point de vue financier qu'au point de vue de la hiérarchie des droits acquis, si importante dans toute société d'artistes, comporterait des difficultés nombreuses et presque insurmontables, sans beaucoup de bonne volonté. Quant aux Décorateurs, après avoir obtenu péniblement de se glisser dans le Grand Palais, indépendants et autonomes pour la première fois de leur existence, ils maintiennent, pour le moment, les barrières qui les isolent ; mais, depuis longtemps, ils ont affirmé que, le jour où l'unité du Salon serait réalisée, où ils ne seraient plus tirailés entre Nationale et Artistes Français, ils deviendraient volontiers, eux aussi, la section d'art décoratif du Salon unique. Il est même, parmi eux et autour d'eux, quelques esprits hardis et provisoirement qualifiés de chimériques, pour déclarer que c'est par les Décorateurs que se réalisera le Salon unique, le jour où peintres et sculpteurs ne joueront plus, dans un ensemble d'art logiquement organisé, que la partie qui leur revient essentiellement d'auxiliaires de la décoration et de l'architecture. Quoi qu'il en soit, l'unité est à la mode et pourrait bien se réaliser de façon ou d'autre assez prochainement. Il n'est pas question, bien entendu, d'un Salon d'Etat ou d'un Salon d'Académie, tels qu'il en exista sous l'ancien régime, sous le second Empire, ou encore au début de la troisième République. Le nouveau Salon des Tuileries, qui paraît jouir de quelques sympathies officielles, affirme son éclectisme et renouvelle la représentation proportionnelle nécessaire des groupes et des tendances que l'on avait vues s'organiser, déjà à plusieurs reprises, au Salon de la Triennale, par exemple. L'accord peut s'imposer, du reste, par suite des circonstances extérieures, si l'Exposition des Arts Décoratifs, par exemple, occupe, l'an prochain, ou au moins en 1925, le Grand Palais tout entier, et si peintres et sculpteurs sont obligés d'aller chercher asile ailleurs. La Galerie des Machines, après la démolition du Palais de l'Industrie, le Petit Palais, pendant la guerre, ont déjà vu des Expositions ainsi unifiées, au moins dans la forme. On se rappelle enfin la campagne ardente et généreuse menée par Fernand Sabatté et quelques bons esprits, en faveur d'une combinaison dont le public, certainement, ne se plaindrait pas, si un peu de sélection et quelque restriction s'imposaient à une production dont la surabondance le fatigue et le déconcerte. Il restera toujours, d'ailleurs, le Salon d'Automne, pour les gens avancés et les Indépendants... pour tout le monde.

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BEAUX-ARTS NOUVELLES La médaille commémorative de la Victoire des alliés a été mise au concours entre les artistes français. Des cinquante projets présentés c'est celui de M. Alexandre Morlon qui a été choisi. Parmi les artistes qui avaient concouru citons : MM. Landowski, Bouchard, Dropsy et Jean Boucher. M. Morlon a traité classiquement le thème traditionnel de la Victoire ailée portant, dans ses mains levées, la couronne de laurier et le rameau d'olivier. Il est question de créer à Tunis une école des Beaux-Arts. Un ancien palais arabe, dit : la Maison des Esclaves, serait le siège de cette future Académie, qui serait complétée par un musée et une bibliothèque L'initiative de cette fondation revient à M. Saint, résident général de France en Tunisie. M. F.-D. Gallatin, directeur général des parcs de New-York, propose la création d'une commission chargée de classer les bâtiments et monuments d'intérêt artistique ou historique existant dans cette ville. et de régler les dimensions et les caractéristiques des constructions à élever. Parmi les édifices et sites à classer figurent la Trinité et la cathédrale Saint-Patrick, l'hôtel de ville, quelques « gratte-ciels » comme le Woolworth Building, et les jardins de Grammercy Park et Washington Square. NÉCROLOGIE Nous avons enregistré cette quinzaine le décès de M. Paul Gout, architecte en chef des monuments historiques, qui fut en dernier lieu chargé de travaux importants au Mont Saint-Michel; et celui du peintre Albert Dawant, élève de Jean-Paul Laurens, membre du comité de la Société des Artistes Français. ENSEIGNEMENT Le gouvernement Canadien a décidé la fondation d'une école d'art décoratif à Montréal et de plusieurs écoles d'art appliqué dans les diverses villes de la province de Québec. Il a demandé au gouvernement français de lui désigner un directeur, chargé d'organiser ces écoles. Cette mission a été confiée à M. Emmanuel Fougerat, l'excellent peintre qui dirige et fait prospérer l'école des Beaux-Arts de Nantes. M. Fougerat a été mis en congé pour un an. Notre collaborateur, M. Bertini Calosso a fait le mois dernier en Sorbonne, sous les auspices de l'Union intellectuelle franco-italienne, une brillante conférence sur le peintre napolitain Domenico Morelli. ACADEMIES SOCIETES SAVANTES Académie des Inscriptions et Belles Lettres Séance du 6 avril. M. Cagnat donne lecture d'une note adressée par le général commandant les troupes d'occupation de Constantinople et relative aux fouilles archéologiques effectuées en Turquie en 1922. Lecture est donnée également d'une communication de M. le docteur Carton relative à des découvertes faites récemment à Carthage dans le quartier Salammbô, ce quartier si riche en antiquités, où l'on a retrouvé un temple de Tanit et mis au jour notamment une tête d'Antonin le Pieux, une statue de la Fortune et des stèles puniques. Les découvertes récentes permettent de fixer les dimensions du temple de Tanit. Séance du 13 avril. M. Babelon fait une communication sur une monnaie de Priène. Il s'agit d'une petite médaille de bronze que les habitants de cette ville d'Ionie ont fait graver en signe de reconnaissance, en l'honneur du légat d'Asie C. Caesonius Macer Rufianus, qui avait fait restaurer à ses frais la statue d'Athéna dans leur temple inauguré par Alexandre le Grand. M. Gustave Cohen, professeur à l'université de Strasbourg, fait une communication sur un curieux manuscrit de la bibliothèque de Mons. Il s'agit du livre du régisseur d'un mystère joué à Mons, et qui est la Passion d'Arnoul Gréban, remaniée par Jean Michel M. Cohen a découvert aussi le livre des comptes de dépenses, avec l'indication des machinistes et des peintres qui ont collaboré à cette représentation, et il est possible ainsi de reconstituer complètement une représentation dramatique au moyen âge. Société Nationale des Antiquaires de France Séance du 4 avril. M. l'abbé Sautel entretient la Société de l'histoire de la ville romaine de Vaison depuis l'époque gallo-romaine jusqu'au xme siècle. M. Michon communique des fragments de rebords de bassins à usage liturgique, ornés d'une décoration en relief, appartenant au Musée de Chicago. M. Mayeux, associé correspondant national, parle de l'église de la Cheylade (Cantal) des xi°, xii° et xiii° siècles. L'EXPOSITION RÉTROSPECTIVE D'AUGUSTE RAVIER (1814-1895) au Salon de la Société Nationale Bien qu'il soit largement représenté au Louvre, à Grenoble, à Saint-Etienne, à Reims, et surtout à Lyon, sa ville natale, Ravier n'a pas encore la place qui lui est due dans la glorieuse phalange des paysagistes, dont il fut le contemporain, celle des Rousseau, des Dupré, des Diaz, des Troyon, des Chintreuil, des Daubigny. Il porte la peine d'avoir vécu loin de Paris, loin des Salons, ne

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BEAUX-ARTS sollicitant pas plus la faveur des cénacles que l'attention du grand public, ne suivant que son humeur de campagnard, de solitaire, de philosophe. Une pittoresque note autobiographique, rédigée vers 1880, pour Félix Thiollier, nous raconte les débuts de l'artiste, et, du même coup, nous éclaire sur son talent et sur son caractère, mieux que des pages de critique savante, car elle a cet accent personnel, ce vif et ce rare dans le négligé, qui sont la marque de la moindre étude sortie de la main de Ravier : « Mon honnête père, d'une famille légendaire de tabellions, est tombé dans la confiserie par suite de la Révolution. Il n'avait qu'une ambition : réhabiliter la race en faisant des Ravier notaires. Pour ce, point de dessin, métier de gueux aux yeux du père, métier de perdition aux yeux de la mère, puisqu'on copie des femmes nues. Donc, à 22 ans, me voilà à Paris, piochant le Code : jugez comme c'était drôle ! En cachette, je dessine. J'envoie un paysage pour la fête du père. Le paysagiste de l'endroit vint à mon aide et trouva cela merveilleux : ce serait péché de ne pas continuer. On me permit, tout en exigeant la continuation du droit, et enfin, après un dernier examen, reçu capable en droit, je me trouve capable de jeter Cujas aux orties. » (1) C'était en 1836. Suivant son propre témoignage, Ravier se mit à travailler sans direction, tantôt dans les environs de Paris, tantôt dans les campagnes du Lyonnais, du Dauphiné ou de l'Auvergne. Ce fut au cours de ces studieuses pérégrinations qu'il rencontra, en 1839, à Royat, Corot, qui avait passé la quarantaine et qui était déjà un maître, et cette rencontre fut l'origine d'une amitié durable. En 1840, Ravier part pour l'Italie, où il passe quatre ans, et où il rencontre de nouveau Corot. Au retour, s'étant marié, il s'établit sur les confins du Lyonnais et du Dauphiné. Sa vie s'y écoulait dans deux propriétés qu'il habita successivement, à Crémieu, de 1850 à 1867, puis à Morestel, où il mourut le 26 juin 1895. Il ne peignait plus depuis près de dix ans, sa vue ayant été gravement atteinte par un accident dont les conséquences finirent par amener une cécité complète. Dès le temps de son séjour en Italie, Ravier montre une prédilection pour l'aquarelle. Mais il ne néglige pas l'huile, et plus d'une des simples, franches et lumineuses peintures de cette période n'est pas indigne d'être mise en parallèle avec les études, si admirées aujourd'hui à bon droit que Corot peignit d'après nature à Rome et dans la Campagne romaine. Ravier resta toujours fidèle à son enthousiasme de jeune homme pour le génie de Corot. Cependant (1) Paul Jamot, Auguste Ravier, étude critique suivie de la correspondance de l'artiste, Lyon, Lardanchet, 1921, à Crémieu et à Morestel, le travail qu'il fit, replié sur lui-même, dans la contemplation de la nature, l'entraîna peu à peu dans d'autres voies, des voies jusqu'alors inexplorées, du moins en France. Les féeries de la lumière l'attirent, le fascinent. Il poursuit à la fois — redoutable problème — la richesse de la couleur et l'éclat, la fluidité, la mobilité de la lumière. Il continue à manier parallèlement l'huile et l'aquarelle. La peinture à l'huile est souvent une note rapide, prise sur place, afin de saisir un aspect fugitif de l'heure ou de la saison. La réalisation complète, Ravier la demande plutôt à l'aquarelle, faite dans l'atelier, à loisir, et dont il obtient, par des pratiques savantes, raffinées, inédites, parfois contraires aux règles, des effets tour à tour puissants, vaporeux ou fantastiques. Dans ses aquarelles, il lui arrive de rivaliser avec Turner ; dans ses peintures, avec Monticelli. Il ne s'agit d'ailleurs, ici, que d'affinité et non d'imitation. Si Ravier admira le génie de Turner, ce fut sans connaître, ou peu s'en faut, ses œuvres et le nom de Monticelli ne semble même pas être venu jusqu'à lui, dans sa solitude. A-t-il ignoré le mouvement naissant de l'impressionnisme? Le silence de ses lettres le donnerait à croire. On n'en est que plus frappé de voir comment, par ses efforts passionnés pour rendre la vibration de la lumière, il annonce, non seulement les ambitions des impressionnistes, mais leur technique. Cependant, jusque dans les ébauches les plus hardies, les plus fougueuses, sa vision originale de la nature et sa fantaisie de coloriste, obéissent à un sens classique de la composition et à un goût presque musical du rythme. Paul Jamot.

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BEAUX-ARTS MONUMENTS HISTORIQUES Nos lecteurs n'ignorent pas que la loi du 31 décembre 1913 sur les Monuments historiques ne permet pas seulement de classer les édifices ou parties d'édifices, mais aussi d'assurer la conservation des objets mobiliers appartenant, soit aux collectivités ou établissements publics, soit même à des particuliers. La section spéciale de la Commission des Monuments historiques, chargée d'opérer ces classements a, au cours de ses dernières séances, retenu un certain nombre d'objets d'art particulièrement intéressants, que nous voudrions signaler. C'est d'abord, dans le bâtiment appelé « La Consigne du Port », à Marseille, où figurait jadis le bas-relief de Puget de la Peste de Marseille, aujourd'hui au Musée, une série de peintures du commencement du xixe siècle, rappelant le souvenir de grands fléaux ayant décimé la population marseillaise ou les vaisseaux venant y aborder : La Peste de Marseille, par Gérard, 1826; Le Chevalier Rose faisant enterrer les pestiférés, par Gérard, 1833; Le Choléra à bord de la « Melpomène », par Horace Vernet, 1833; La frégate « la Justice » ayant la peste à bord, par Ph. Tanneur, 1842; un Saint Roch, par Louis David, 1780, et un Christ en Croix, par A. Aulard, 1840. A l'église de Saint-Julien, d'Arles, on a classé la riche décoration du chœur, qui comprend, dans les lambris de bois sculpté, datant de 1684, quatre statues de Saints en bois doré, et trois toiles : la Cène, de Parrocel, L'Adoration des Mages, de Gabriel d'Aix, un Saint Julien et une Sainte Basilisse, d'un auteur inconnu du xviiie siècle. L'église Notre-Dame, de Versailles, conserve douze médaillons en marbre du xviiie siècle, dont M. Paul Vitry a établi l'histoire, dans une communication à la Société de l'histoire de l'art français (1), et qui représentent divers saints. Ce sont les morceaux de réception, à l'Académie de sculpture, de Regnau-din (1657), Benoît Massou (1665), Lespagnandelle (1665), Le Gros (1666), Lehongre (1667), Hérard (1670), Raon (1672), Louis Le Comte (1676), Magnier (1680), Anselme Flamen (1681), Arcis (1684), Bourderelle (1688), qu'il importait de sauvegarder de toute atteinte par le classement qui vient d'être prononcé. La même mesure vient d'être prise, sur la demande du propriétaire, l'Académie Florimontane, (1) Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art Français, 1921, pp. 28-31, 1 pl. en ce qui concerne les bas-reliefs en bronze du château de Montrottier, en Haute-Savoie, œuvres des célèbres sculpteurs allemands Peter et Hans Vischer. Les lecteurs de la Gazette des Beaux-Arts (1) ont déjà eu connaissance, par un article de M. Réau, de l'histoire de ces bas-reliefs, que M. Ch. Buttin, président de l'Académie, a réussi à reconstituer avec précision. Nous rappellerons seulement qu'ils ont fait partie d'une grille qui fut commandée par les illustres banquiers Fugger pour leur tombeau à Augsbourg. Elle ne fut d'ailleurs pas mise en place et fut acquise ensuite par le Conseil de Nuremberg, pour la décoration de la grande salle de l'hôtel de ville. Démolie en 1806 sur l'ordre du gouvernement bavarois, on en avait perdu toute trace; la découverte de M. Buttin permet à nouveau l'étude de cette œuvre capitale des tendances italianisantes des Vischer. Buste de Louis XIV attribué à JEAN DUBOIS Un amateur dijonnais a acquis récemment un buste en pierre, attribué à Jean Dubois, qui venait d'être retrouvé à Dijon même, et représente le roi Louis XIV déjà vieillissant; on peut l'attribuer aux dernières années du xviiie siècle. En acceptant de le voir classer comme monument historique, ce collectionneur a donné un salutaire exemple, puisque cette mesure a pour effet d'interdire la sortie de France d'une œuvre d'art qui, sans être de tout premier ordre, offre un vif intérêt pour l'iconographie du Grand Roi. Jean VERRIER. (1) Octobre 1921.

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[41] 1er MAI 1923 117 BULLETIN DES MUSÉES UN FRAGMENT DU TOMBEAU DE SAINT LAZARE D'AUTUN au Musée du Louvre Le département de la sculpture du Moyen Age vient de s'enrichir d'un fragment extrêmement précieux de l'art français du xxe siècle. La tête d'homme barbu en pierre dure, reproduite ci-contre (Haut. 0m. 20), provient, au dire du vendeur, de la région d'Autun, et son rapprochement avec les débris conservés, notamment au Musée lapidaire d'Autun, permet d'affirmer qu'elle appartint jadis à l'ensemble du tombeau de Saint Lazare. On sait que ce tombeau, élevé pour contenir les reliques insignes du saint, figurait dans l'abside de la cathédrale, derrière le maître autel, et comportait principalement un groupe de cinq personnages debout, réunis autour du sépulcre ouvert d'où va sortir le ressuscité : le Christ, Saint Pierre, Saint André, Marie-Marthe et Marie-Madeleine. Une description de la fin du xve siècle, publiée naguère par M. F. Thiollier (1), nous en assure et nous renseigne également, grâce à des textes d'inscriptions qu'elle transcrit, sur la date (entre 1170 et 1189) (1) Bulletin archéologique du Comité des Travaux Historiques, 1891, pp. 115 et suiv. et, chose plus rare encore, sur l'auteur du tombeau, un certain Moine Martin. M. de Lasteyrie, dans ses Etudes sur la sculpture française au Moyen Age (2), Cl. Serv. Phot. B.-A. Tête provenant du tombeau de saint Lazare (profil) Cl. Serv. Phot. B.-A. Tête provenant du tombeau de saint Lazare (face) et M. André Michel, dans son chapitre VI (Tome I), de l'Histoire de l'Art, ont insisté comme il convient sur la signification et la beauté de ce monument. Le tombeau fut détruit, par ordre du chapitre, avant la Révolution, en 1766, et les débris en furent dispersés; quelques-uns servirent au pavement du chœur et ont été exhumés; d'autres furent recueillis par des collectionneurs. C'est ainsi que les trois statues de Saint André et des deux saintes femmes appartiennent à la collection Jovet, puis à celle de M. Bulliot, qui les donna au Musée Lapidaire. Tel fut sans doute aussi le sort de notre tête. Abritée pendant un certain temps chez un amateur de la région, elle était malheureusement tombée dans le commerce, où l'on sait trop aujourd'hui la valeur, même marchande, de tels documents. Le Conseil des Musées Nationaux a compris l'intérêt capital de ce fragment et nous a permis d'acquérir ce type excellent et daté avec une précision suffisante de la grande sculpture bourguignonne de la deuxième moitié du xixe siècle. Paul Virny. (1) Monuments Piot, tome VIII, 1992.

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BEAUX-ARTS Doux pays, par Puvis de Chavannes Cl. Serv. Phot. B.-A. LES COLLECTIONS DE LÉON BONNAT Deuxième Exposition au Musée du Louvre À la place des œuvres anciennes que nous avons signalées il y a un mois, une deuxième exposition vient d’être organisée par la Conservation du Louvre, qui comprend essentiellement les tableaux du xixe siècle. On y a joint quelques admirables épreuves des bronzes de Barye, une magnifique esquisse, en plâtre et cire, de son Lion assis, plusieurs esquisses en terre cuite ou en bronze de Chapu, avec qui Léon Bonnat fut particulièrement lié d’amitié dès sa jeunesse, et dont il possédait également un délicieux buste en marbre, reproduit ci-contre, représentant Mme Chapu. C’est aussi un témoignage d’amitié que nous offre la magnifique composition du Doux Pays, de Puvis de Chavannes, dédiée à Léon Bonnat et datée de 1882. Elle figurait jadis dans l’escalier de l’hôtel de la rue Bassano, où elle était, du reste, en assez mauvaise lumière. Le sujet en était connu surtout par l’esquisse qui appartient à M. Vever, et qui a été montrée à plusieurs reprises; mais la vue de l’original sera une véritable révélation pour beaucoup et fera naître en même temps le regret que cette noble page, si digne de représenter dans nos collections nationales le maître décorateur, ne puisse demeurer au Louvre: on y voit, devant un ample et lumineux paysage méditerranéen, des jeunes femmes et des enfants jouant ou se reposant auprès de corbeilles de fruits, sur un tertre qui domine la mer d’un bleu profond. Quelques tableaux de la première moitié du xixe siècle: un Jeune Garçon et un Cheval, de Géricault, une vigoureuse étude de Decamps pour ses Juifs au Prétoire, trois délicates études d’Ingres, des mains de femme admirables et deux morceaux charmants qui servirent de préparation, le premier pour une des muses de l’Apothéose d’Homère, le second pour la mère et l’enfant du Saint-Symphorien d’Autun; une esquisse de Delaroche pour le Portrait du Marquis de Pastoret, aujourd’hui au Musée de Boston, représentent, dans cet ensemble, de véritables pièces de collections, dignes de Musées Cl. Serv. Plot. B.-A. Etude pour une figure du “Saint-Symphorien”, par INGRES

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BULLETIN DES MUSÉES célebres. D'autres pièces, plus récentes, ne sont guère que des souvenirs d'artistes, mais précieuses encore pour un musée, comme celui de Bayonne. Telles les deux études de portraits de femmes, par Ricard, un petit paysage de Harpignies, un Portrait de Carpeaux, par Soumy, des Etudes de têtes de Heim, enfin différentes esquisses d'après les maîtres, de Léon Bonnat lui-même, morceaux de peinture vigoureux, qui témoignent de l'intelligente compréhension de certains génies particulièrement admirés et aimés, un Syndic des Drapiers, une Suzanne au bain, de Rembrandt, des études d'après de grandes pages de Titien, de Tintoret et de Ribéra. Il y a plus encore pour la révélation de la personnalité de l'artiste et du donateur, ainsi que du développement de son talent, dans deux tableaux de lui, l'un daté de son extrême jeunesse, 1853, une Scène d'intérieur, d'une intimité enveloppée et charmante, où figurent sa mère et ses frère et sœur, l'autre, datée de 40 ans plus tard, où, avec l'autorité accrue de son talent et la tendresse permanente de son cœur de fils, il a repris l'étude du portrait de sa mère, et a réalisé une œuvre qu'il jugeait digne entre toutes de le représenter pour l'avenir, puisqu'il l'avait destinée au Louvre. Cl. Serv. Phot. B.-A. Buste de Mme Chapu, par H. CHAPU MUSÉE DU LOUVRE Antiquités grecques et romaines. — Mme Vve de Ridder vient, en souvenir de son fils, A. de Ridder, le regretté Conservateur adjoint des antiques, de faire, au Louvre, une nouvelle donation. Le capital de 50.000 francs, antérieurement constitué par elle, est porté à la somme de 75.000 francs, dont les arrérages seront affectés à l'enrichissement du département des antiquités grecques et romaines. MUSÉE DU LUXEMBOURG La presse s'est occupée, à plusieurs reprises, ces temps derniers, du legs fait par les fils du peintre Renoir aux Musées nationaux. Fidèles au principe Cl. Serv. Phot. B.-A. Baigneuses, par Aug. RENOIR que nous nous sommes imposé ici, nous n'avons pas cru devoir entretenir nos lecteurs de l'œuvre importante du peintre de Cagnes, qui allait entrer ainsi, grâce à la libéralité de ses héritiers, dans le patrimoine national, avant que le sort de celle-ci ne fût définitivement réglé. Aujourd'hui, un accord certain, et quelque peu laborieux, est intervenu, et l'œuvre, dont nous donnons ci-contre une reproduction, suivra son destin normal : elle figurera au Musée du Luxembourg et y complètera utilement la série commencée avec les œuvres du legs Caillebotte. Celle-ci pourra d'ailleurs se corser encore plus tard (les meilleurs amis du grand peintre ne sont-ils pas unanimes à souhaiter que certains chefs-d'œuvre, comme la Loge ou le Bal, viennent représenter son génie à côté des maîtres de toutes les époques?) En attendant, l'intérêt de l'importante et brillante toile des Baigneuses se double du fait que ce fut le dernier tableau que Renoir exécuta pendant sa glorieuse vieillesse. MUSÉE DE CLUNY A propos du hanap d'or hollandais du legs Salomon de Rothschild Nous devons à l'obligeance de M. F.W. Hudig, directeur-adjoint du Nederlandsch Museum d'Asterdam, les renseignements suivants, qui viennent

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BEAUX-ARTS compléter l'article, publié récemment ici, de M. Ha- raucourt : Le hanap d'or du legs Salomon de Rothschild, pu- blié dans votre revue du 1er mars, n'est pas une pièce unique, et son histoire n'est pas inconnue en Hollande. Après l'entrée glorieuse de la flotte des Provinces Unies dans le Medway et la des- truction de la flotte anglaise en 1667, les Etats Gé- néraux ont offert un hanap d'or de même forme et de même décor au député plénipotentiaire Cornelis de Witt, au commandant en chef de la flotte, le vice-amiral De Ruyter, et au commandant de l'escadre, le vice-amiral De Ghent. Ces hanaps portaient tous une inscription célé- brant le fait d'armes. Ils ont été faits par Nicolaes Lockeman, orfèvre de La Haye, l'année même de l'expédition. Une pièce identique à celle de la collection de Rothschild et dédiée à De Ruyter, se trouve au Nederlandsch Museum voor Geschiede- nis en Kunst, d'Amsterdam (cat. no 221, et Pit, Het Goud en Zilver, p. 14, pl. XXI). Le troisième hanap s'est égaré; on suppose même qu'il a été détruit. L'histoire circonstanciée de ces objets com- mémoratifs, a été écrite par le chevalier B.W.-F. Van Riemsdyte, dans la revue Eigen Haard (1894, p. 53). DEUX TABLEAUX DE FRAGONARD au Musée d'Angers Sauf quelques exceptions comme le musée d'A- miens, où la donation des frères Lavalard, de Roye, a fait entrer d'un coup six toiles de Fra- gonard, nos musées de province *sont relative- ment pauvres en œuvres de ce maître. Il est donc d'un intérêt tout particulier de rechercher si dans quelqu'un d'eux ne se dissimulent pas des œuvres méconnues de l'artiste. Le musée d'Angers possède, depuis 1882, deux toiles — deux «pendants» — non signées, mais certai- nement dues au même maître, que lui a léguées M.J. J.E. Duboys. Le supplément au catalogue ré- digé par M. Henry Jouin les attribue à Boucher et les désigne sous les titres: Allégorie de l'Amour et Scène mythologique (1). Les reproductions que nous en donnons ci-dessous nous dispensent de les décrire. Le rédacteur du catalogue n'a pas su retrouver l'histoire de ces peintures. En 1854, elles avaient été vendues, ensemble, à la vente de Mme Gentil de Chavagnac, toujours sous le nom de Boucher. Elles portaient alors leurs titres véritables: Ju- (1) H. 0,78; L. 1,78. Supplément du 1er juillet 1887 au livret du Musée d'Angers, par Henry Jouin, nos 791 et 792. piter et Calisto, Céphale et Procris (1). En effet, elles représentent bien, l'une, Jupiter, sous les traits de Diane, assis, à côté de la nymphe qu'il va séduire, sur le croissant de la lune; l'autre, Céphale recevant le dernier soupir de celle qu'il a blessée par une fatale erreur. Une petite esquisse pour Jupiter et Calisto se Jupiter et Calisto. Esquisse par FRAGONARD. (Coll. de Mme Fernand Halphen.) trouve à Paris dans la collection de Mme Fer- nand Halphen (2). Nous la reproduisons égale- ment. C'est par erreur que ces deux peintures ont été attribuées à Boucher. Nous y reconnaissons la main de Fragonard. Les deux toiles livrent bientôt leur secret à qui les examine de près et les compare aux œu- vres incontestables de Boucher. Elles sont plus libres, plus vivantes que celles-ci, leur touche est plus légère, leur coloris plus transparent, les personnages y ont une attitude, un mouvement différents de ceux que Boucher leur eût donnés. D'ailleurs, si devant les tableaux on pouvait hésiter un instant sur le nom de l'auteur, un simple coup d'œil sur l'esquisse lèverait tous les doutes: Fra- gonard seul a pu la peindre. Il est une partie importante de l'œuvre de Fra- gonard qui, jusqu'ici, est fort mal connue parce qu'elle a été peu étudiée; dans le livre que nous achevons sur ce maître, nous espérons éclairer, par le rapprochement des œuvres et des textes, l'origi- (1) Vente de Mme Gentil de Chavagnac, 20 juin 1854. — E. Soullié et Ch. Masson, Catalogue de l'oeuvre de Bou- cher, dans le Boucher de M.A. Michel, nos 104 et 181. (2) H. 0,46, I. 0,55.

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BULLETIN DES MUSÉES Jupiter et Calisto, par FRAGONARD (Musée d'Angers) ne de ces toiles où l'on sent l'influence directe de Boucher. Les deux tableaux du musée d'Angers sont d'excellents types de ces œuvres décoratives, dont nous avons retrouvé et classé une série importante. Cette série marque une phase dans l'évolution de l'artiste. Pour ne citer qu'un exemple, des œuvres également inspirées de Boucher: la Bas-cule ou le Colin-Maillard ont été gravées par Beauvarlet en 1760 (1). Fragonard les a donc peintes avant de partir pour Rome, en 1756. Ce n'est pas, en effet, à l'Académie de France, sous la stricte surveillance de Natoire, qu'il eut pu se soustraire aux travaux absorbants exigés (1) Portalis et Béraldi, Les graveurs du xvm siècle, tome I, 1re partie, p. 143, nos 9 et 10. par le règlement. Il a peint ces tableaux à Paris, entre 1751, date de son entrée chez Boucher, et la fin de 1756. Et nous avons probablement en eux l'explication de son attitude au moment de ce départ. Qu'on se rappelle tout ce qu'il alléguait pour le retarder; il n'était pas suffisamment prêt à profiter de l'enseignement de l'Italie, il avait encore besoin des leçons de Van Loo (1). En réalité, n'avait-il pas simplement accepté déjà quelques commandes et ne préférait-il pas les achever à Paris? D'autre part, nous montrerons que Fragonard a pu continuer, longtemps après son retour d'Italie, de peindre dans le goût de Boucher pour satisfaire quelques amateurs. (1) Courajod, L'Ecole royale des élèves protégés, p. 65 Géphale et Procris, par FRAGONARD (Musée d'Angers)]

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BEAUX-ARTS Ainsi, qu'elles marquent une phase ou un aspect du génie du maître, des œuvres telles que les deux panneaux d'Angers n'en sont pas moins importantes. Leur origine et leurs vicissitudes mériteront également d'être précisées. Mais, pour rester dans les limites que nous nous étions fixées aujourd'hui, il nous suffit de restituer dès maintenant le Jupiter et Calisto et le Céphale et Procris du musée d'Angers à Fragonard, leur véritable auteur. Georges WILDENSTEIN. AU MUSÉE D'AMIENS La remise en place des Puvis de Chavannes Le Musée de Picardie fut très gravement atteint, lors de l'offensive allemande de 1918, par la chute d'une torpille, pendant la nuit du 28 mars: tout un pavillon fut détruit. Cl. Sect. Ph. de l'armée Escalier du Musée d'Amiens. La dépose des Puvis (1918) Le ministère des Beaux-Arts s'émut du danger que couraient les collections du Musée, en particulier les merveilleuses peintures de Puvis de Chavannes, décorant le grand escalier et la galerie d'honneur. Un technicien fut consulté, par les soins du ministère des Beaux-Arts, au sujet du démarrage des toiles. A son avis, l'opération était très dangereuse et presque impossible, une peinture marouflée faisant partie intégrale du mur sur laquelle elle est fixée. Dans le doute, on attendit la marche des événements. Le bombardement redoublant, la Direction des Beaux-Arts délégua un de ses fonctionnaires à Amiens, avec un homme de métier, pour faire un essai de démarrage. C'était vers la seconde quinzaine de mai 1918. L'opération tentée sur une surface d'environ 60 cm., réussit suffisamment pour faire entrevoir la possibilité du démarrage des grandes pages de Puvis. M. Lafferre, alors ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, vint lui-même à Amiens, et le démarrage fut décidé. Les ordres furent donnés fin mai ou commencement de juin. Le bombardement de la ville était alors intense, et c'est sous la chute des obus que se fit le travail, dirigé par M. Boutreux, puisamment aidé de deux volontaires de l'équipe de camouflage, dont M. Van de Velde. Les toiles démarrées étaient aussitôt roulées sur des cylindres de bois et évacuées au château de Blois, où on les remit sur chassis et l'on répara les accidents qu'elles avaient pu subir du fait du bombardement ou de celui de l'arrachage. Seul, le panneau du Travail, qui nécessitait des opérations plus sérieuses et un rentoilage complet, fut envoyé à l'atelier de restauration du Musée du Louvre. L'administration des Beaux-Arts avait confié à M. Victor Koos, ancien collaborateur et disciple du maître, la restauration des précieuses peintures, et M. Koos s'en acquitta avec une véritable piété d'artiste. A l'exception du Travail, qui était à Paris, les toiles réparées restèrent déposées et visibles, de 1918 à 1922, dans la Salle des Etats du château de Blois. En 1922, les travaux de restauration du Musée d'Amiens étant assez avancés pour permettre la Cl. Albert Roze Escalier du Musée d'Amiens. La repose des Puvis (1923) remise en place des célèbres toiles, l'Administration municipale se mit en rapport avec la Direction des Beaux-Arts; un devis fut demandé à M. Hadrot, spécialiste, à qui fut confié le remarroulage des toiles de l'escalier et de la galerie.

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BULLETIN DES MUSÉES Un échafaudage, dressé par les soins de M. Vi-vien, architecte de la Ville, fut bientôt aménagé et M. Hadrot put procéder à l'opération, qui se dé-roula avec beaucoup de succès. M. Arsène Alexan-dre, inspecteur des Beaux-Arts, et M. Léonce Béné-dite, vinrent le constater. M. Victor Koos fut ensuite appelé pour les quelques raccords qui s'imposaient. Les amis du maître purent se rendre compte, à leur grande joie, qu'aucune trace ne restait des mauvaises heures passées. Les toiles ont repris leur place et font l'admiration des nombreux visiteurs du Musée. Comme conclusion, il faut rendre hommage à l'Administration des Beaux-Arts, qui prit, à une heure tragique, cette mesure du démarrage des toiles de Puvis, mesure si discutée, mais si sage, et décida l'évacuation totale des œuvres d'art du Musée menacé et déjà atteint. Il faut rendre hom-mage également aux vaillants sauveteurs dont le travail, sous un bombardement intense, avait été parfois bien pénible, et exécuté avec le maximum de soins compatible avec les circonstances. Albert Roze. MUSÉES DE QUIMPER A la suite du départ de M. Guey, nommé di-recteur du Musée de Rouen, M. Godeby, artiste peintre a été nommé conservateur du Musée mu-nicipal des Beaux-Arts, tandis que la direction du Musée départemental des antiquités a été con-fiée à M. Waquet, archiviste départemental, an-cien élève de l'Ecole des Chartes. MUSÉES DE BORDEAUX M. Alaux, conservateur du Musée de peinture de Bordeaux, ayant pris sa retraite, M. Mansiet a été nommé à sa place. D'autre part, M. Paul Courteault, professeur à l'Université de Bordeaux, a été récemment char-gé de la conservation du Musée lapidaire et du Musée des antiquités, qui dépendent de l'Université. MUSEE D'AGEN On nous signale d'Agen les dangers permanents d'incendie qui menacent les collections du Musée de cette ville, installées dans un bâtiment ancien aux planchers de bois, et dont le rez-de-chaussée est occupé par les bureaux de l'octroi, par ceux du service sanitaire et par... les pompes à incendie. Le remède est ainsi près du mal et c'est à cette proximité, sans doute, que l'on doit d'avoir, à deux reprises, arrêté, en 1905 et en 1913, des commencements d'incendie qui n'allèrent cependant pas sans de graves dommages causés à certains tableaux. Les inspecteurs des Beaux-Arts se sont-ils émus de cette situation et de ces accidents? En ont-ils même eu connaissance? l'un des tableaux endommagés était pourtant, paraît-il, un « dépôt de l'Etat ». MUSÉE DE COLMAR Le joli Musée d'Unterlinden, où trône le chef-d'œuvre de Mathias Grünewald a été, ces derniers temps, notablement amélioré dans ses dispositions générales et enrichi dans ses parties modernes. On sait qu'il est dirigé par la toujours vigilante activité du vénérable M. Waltz, qu'assiste aujourd'hui de ses conseils son fils, le bon dessinateur Hansi. L'installation des primitifs alsaciens et des sculp-tures gothiques a été révisée et aérée dans le grand vaisseau gothique qui les abrite; la salle entière des peintures modernes a été réinstallée dans une des ailes, de façon très agréable. Signalons, par-mi les dons récents, qui y ont fait entrer utile-ment de bons spécimens d'art français moderne, un Nu au pastel, de Roll, don de M. Ch.-Ferd. Dreyfus; un important panneau de Lucien Simon, le Quai d'Audierne, et un Ruisseau, d'Henri Martin, dons de M. Camille Méquillet; des Fleurs, de Blanche, et une Côte de Bretagne, d'Henri Rivière, dons de Mme Langweil, qui a tenu d'autre part, ici comme à Strasbourg, à extraire quelques pré-cieux objets de ses admirables collections d'Extrême-Orient, pour l'instruction de ses compatriotes alsaciens. MUSEE PERCHERON DE MORTAGNE Lorsque, le 12 juillet 1914, fut inauguré, à Mortagne, le buste de Chaplain, par Denys Puech, Madame Chaplain, à la libéralité de laquelle le Musée Percheron devait déjà une collection des médailles du maître, promit d'ajouter à ce don une œuvre nouvelle. C'est ainsi que, depuis 1921, le Musée Percheron peut exposer dans sa grande salle, la maquette de la statue de l'Abbé Rollin, dont le marbre orne le grand amphithéâtre de la Sorbonne. On sait que l'œuvre sculpté de l'illustre gra-veur en médailles est assez restreint et se réduit à quelques bustes ou statues: celles d'Henri Re-gnault et du baron Gros, à l'Hôtel de Ville de Paris, celle d'un sergent d'armes du xvi° siècle, au guichet nord du même édifice, le monument de Gréard, dans le square de Cluny, et le buste de son ami et beau-frère, Dumont, au cimetière Montparnasse. Le don de Mme Chaplain, à la ville natale de son mari, n'en a que plus de prix pour celle-ci. René Gobillot.