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ART ET INDUSTRIE jean Colin PRAIRIAL JUILLET — 1935 — XIe ANNÉE — 5, RUE MONTAIGNE LE N° 8 FRANCS

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SMITH ET CIE E.R.LAMY DÉCORATEUR 5 PLACE DU PALAIS BOURBON CHAMBRE DES DÉPUTÉS PARIS . VII° TÉLÉPH.: INVALIDES 5 5 . - 20 --- PHOTOGRAPHIE INDUSTRIELLE DEBRETAGNE 3, Place Malesherbes PARIS (XVII°) Tél. : { CARNOT 76-04 — 91-73 } INTÉRIEURS - OBJETS D'ART TRAVAUX PUBLICS ARCHITECTURE --- MARC SIMON ÉBÉNISTERIE DÉCORATION 89, Faubourg Saint-Antoine PARIS

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ADI ET INDUSTRIE MAX FOURNY, DIRECTEUR PIERRE LISSANDRE, REDACTEUR EN CHEF RENÉ MURAT, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL --- JUILLET 1935 - "NORMANDIE", par William BERTRAND, ministre de la Marine Marchande. - PLANS DE "NORMANDIE" ET PRÉFACE DU G. G^OLIVIER - LE GRAND HALL, LA SALLE A MANGER ET LE SALON - LA GALERIE-SALON, LE FUMOIR, LE SALON DES DAMES - LA CHAPELLE ET LE CHEMIN DE CROIX - LA NURSERY ET JACQUELINE DUCHÉ - LE HALL SUPÉRIEUR, LE THÉÂTRE, LA PISCINE, LE JARDIN D'HIVER - LE SALON DE COIFFURE, LA SALLE DE CULTURE PHYSIQUE, LE CAFÉ-GRILL, LE FUMOIR DES TOURISTES - LES APPARTEMENTS DE GRAND LUXE - LES VERRES GRAVÉS D'ANDRÉ HUNEBELLE - PLUSIEURS APPARTEMENTS DE PREMIÈRE CLASSE - LA VERRERIE ET L'ORFÈVRERIE SUR "NORMANDIE" - LES APPAREILS DE SÉCURITÉ SUR "NORMANDIE" - LA GARE MARITIME DU HAVRE - LA RÉNOVATION DU PAPIER PEINT DE FRANCE - LA TENDANCE DANS LES TISSUS D'AMEUBLEMENT - LES RÉCENTS PROGRÈS DE L'ÉLECTRICITÉ DANS LES THÉÂTRES - LES LIVRES - LES RELIURES DE PAUL BONET - DOSSEUR - LES FEMMES SCULPTEURS : M^me ALALOU - LE TOURISME --- SOCIÉTÉ ANONYME AU CAPITAL DE 2.000.000 DE FRANCS 5, RUE MONTAIGNE, PARIS (8°) TÉL.: ÉLYSÉE 90-24 ET 90-25 --- COMITÉ D'HONNEUR MM. Pierre BENOIT, de l'Académie Française; Jacques-Emile BLANCHE; Jean CASSOU; Henri CLOUZOT; Jean COCTEAU; M^me L. DELARUE-MARDRUS; MM. Jean GIRAUDOUX; C. GRONKOWSKI; G. JANNEAU; Charles LOUPOT; Camille MAUCLAIR; Auguste PERRET; Léon RIOTOR; Jean SARMENT; M^me Marcelle TINAIRE. PARAISSANT LE 15 DE CHAQUE MOIS LE NUMÉRO: 8 FRANCS — ÉDITION DE LUXE: 20 FRANCS ABONNEMENT FRANCE ET COLONIES: 70 FRANCS UNION POSTALE: 100 FRANCS - AUTRES PAYS: 120 FRANCS Édition de luxe. Abonnement: 200 francs. Étranger: port en plus. Tous droits de reproduction réservés pour tous pays. Copyright. Juillet 1935, pa. Art-et Industrie.

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RODIER MARC REAL 35 FILE SES MANIFYL A LA MAIN

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MAGNIFIQUE SYNTHÈSE "NORMANDIE" RÉPOND FORMULE QUI INSPIRE NORMANDIE D'ART ET DE TECHNIQUE, PARFAITEMENT A LA CETTE REVUE ET CONSTITUE LA PLUS BELLE PRÉFACE DE L'EXPOSITION DE 1937. IL NE FAUT PAS CRAINDE D'EXPRIMER L'ADMIRATION QUE MÉRITE CE CHEF-D'ŒUVRE FRANÇAIS, RÉALISÉ PAR TOUS LES CORPS DE MÉTIER DE NOTRE PAYS. L'AMÉRIQUE A RÉSERVÉ A CE NAVIRE UN ACCUEIL ENTHOUSIASTE DONT LE RETENTISSEMENT EST MONDIAL. LA FRANCE PEUT ÊTRE FIÈRE DE CETTE VICTOIRE PACIFIQUE DUE A SON TRAVAIL ET A SON GÉNIE. --- WILLIAM BERTRAND MINISTRE DE LA MARINE MARCHANDE.

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$\text{CO TRANSAT}$ $\text{PAQUEBOT N}$ $\text{PIAN AU PONT PROMENADE ET}$ Les architectes de « Normandie » se sont imposé de distribuer les grands locaux de réception dans les espaces libres entre les trois panneaux-gaines des cheminées et les deux panneaux-gaines des turbines. Ils ont été amenés à laisser au pont-promenade toute la perspective possible offerte par les passages latéraux des panneaux-gaines des cheminées. Ainsi ont-ils obtenu 120 mètres de perspective depuis le théâtre jusqu’à l’escalier du fumoir menant au café-grill et créé un ensemble de salons de réception en rapport avec l’impressionnante structure du navire. Si, de par sa situation, le pont-promenade reçoit la lumière normale du jour, les architectes ont ménagé dans les pièces maîtresses (hall, grand salon, salon des dames, fumoir, café-grill, jardin d’hiver), des baies vitrées dont certaines mesurent plus de 5 mètres de haut. CETTE COUPE VERTICALE DE “NORMANDIE” FAIT APPARAÎTRE, AU-DESSUS DU PONT-PROMENADE, LA SUCCESSE DÉCORATION DE CES PIÈCES A ÉTÉ EXÉCUTÉE SOUS LA DIRECTION DE MM. BOUWENS DE BOIJEN ET EXP DIMENSIONS, ET, VERS L’AVANT, LA PISCINE, SITUÉE SOUS LA CHAPELLE. CES PIÈCES ONT QU’UN TÉMOIGNAGE DE PLUS SOIT FOURNI, PAR LES SOINS “D’ART ET INDUSTRIE”, SUR LA PERFECTION TECHNIQUE ET ESTHÉTIQUE DU PAQUEBOT “NORMANDIE”, JE NE PUIS QUE M’EN RÉJOUIR POUR LES INTÉRÊTS FRANÇAIS LES PLUS GÉNÉRAUX. EN EFFET, LES HEURES INOUBLIABLES DE LA PREMIÈRE ARRIVÉE A NEW-YORK DE CE NAVIRE M’ONT APPRIS A JAMAIS QUEL INSTRUMENT MERVEILLEUX DE PRESTIGE PACIFIQUE ET DE HAUTE “RÉCLAME” NATIONALE IL POUVAIT ÊTRE, ET CELA INTÉRESSE, AU DELA DES ARMATEURS, AU DELA DES MARINS, NON SEULEMENT TOUS LES ARTISTES ET TOUS LES INGÉNIEURS DONT L’ŒUVRE EST REPRÉSENTÉE DANS CE PRODIGIEUX MUSÉE FLOTTANT, MAIS ENCORE TOUS NOS COMPATRIOTES JUSQU’AUX PLUS ÉLOIGNÉS DE LA VIE MARITIME ET MÊME DES ÉCHANGES URBAINS — VOIRE, PAR EXEMPLE, JUS-

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MANDIE PONT DES EMBARCATIONS Le hall, considéré comme centre, les locaux sont répartis comme suit : - Vers l'avant : la salle de théâtre, la scène, les salons de correspondance et de lecture, le jardin d'hiver avec sa paroi vitrée ; - Vers l'arrière : la galerie-salon, le grand salon avec son annexe, salon des dames, le fumoir, l'esca-lier du fumoir, le café-grill, la plage arrière. Toute la décoration des grands locaux a été étudiée par les architectes qui ont établi les volumes des formes et choisi les matériaux à employer. Ils ont ensuite appelé, pour la réalisation définitive, la pléiade des artistes qui ont exécuté à leur tour les œuvres murales, peintes et ornementales. Les décors et ornementsations ont été le plus possible éloignés des tôles de construction pour loger les canalisations, courants d'air, câbles. Des chemins de ronde ont été également réservés pour l'inspection des parties non visibles entre les tôles et les décors, ceci pour assurer le maximum de sécurité. --- DES PIÈCES DU CAFÉ-GRILL AU JARDIN D'HIVER, QUI FIGURENT DANS LE PLAN REPRODUIT CI-DESSUS; LA T. ARCHITECTES. AU-DESSOUS DU PONT-PROMENADE APPARAÎT LA SALLE À MANGER AUX GRANDIOSES CONÇUES ET LEUR DÉCORATION ÉTUDIÉE PAR MM. PATOUT ET PACON, ARCHITECTES. QU'AUX BERGERS DES ALPES, TOUS NOUS DEVONS BÉNÉFICIER, SANS EXCEPTION, DE L'IMMENSE RAYONNEMENT QU'A OBTENU LA VICTOIRE SUR L'ATLANTIQUE DU NOUVEAU RECORDMAN DE GRANDEUR, DE VITESSE ET DE BEAUTÉ. C'EST BIEN, PAR EXCELLENCE, CE QU'ON PEUT NOMMER UN "PORTE-PAVILLON". N'HÉSITONS DONC PAS A EN ÊTRE FIERS, NOUS TOUS QUI NOUS SENTONS LIÉS PAR LE MÊME PACTE — QUASI FAMILIAL — DE LA NATIONALITÉ. IL EST SPLENDIDE ET IL TRAVAILLE DÉJÀ PUISSAMMENT POUR LE BIEN COMMUN, NOTRE DERNIER-NÉ GIGANTESQUE... TOUT CE QUI CONTRIBUERA A LE FAIRE ENCORE MIEUX CONNAITRE DANS LE MONDE ENTIER SERA DE LA PLUS SAGE ET DE LA PLUS EFFICACE DIPLOMATIE FRANÇAISE. --- Gouverneur général Olivier président de la Compagnie général transatlantique.

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"NORMANDIE" TRIOMPHE DE L'ART DÉCORATIF FRANÇAIS Bien curieuse, en vérité, fut l'évolution que subit la décoration des navires à travers les âges. Jadis, les navires de la vieille marine à voiles, sveltes corvettes et accortes frégates qui promenaient sur les vastes océans le pavillon fleurdélisé du Roi de France, limitaient leurs ambitions d'élégance et de luxe aux sculptures de la coque, à mille enluminures extérieures. Quant aux aménagements intérieurs, mieux vaut n'en pas parler. Aujourd'hui, les beaux navires ne sont plus construits en bois, mais en fer. Peut-être aurez-vous encore la bonne fortune de découvrir dans les arrière-bassins du Havre ou de Dunkerque un survivant attardé de ces romantiques quatre-mâts scandinaves, à la proue ornée de quelque walkyrie marine en bois peint, moitié sirène, moitié femme, dont les seins durs pointent en avant comme pour apaiser par leur offrande le courroux du dieu Neptune. Mais ce sont là rarissimes exceptions. Les navires modernes, et, à leur tête, les orgueilleux paquebots géants des « lignes impériales », sont nets comme des sous neufs; leurs lignes visent à la simplicité géométrique, à la pureté classique, à l'équilibre des forces. C'est dans leurs flancs que se cachent les merveilles, les raffinements qui font de « Normandie » le plus complet musée d'art décoratif qui se puisse rêver. Tout cela a été dit et répété à travers la grande presse. L'image a popularisé ces admirables réalisations que sont le jardin d'hiver, oasis de fraîcheur, peuplé de plantes rares et d'oiseaux des îles, la piscine aux délicates tonalités vert d'eau; la « grande rue », heureusement ponctuée de magasins où les passagers et surtout les passagères trouveront tout ce qu'ils peuvent désirer d'utile et surtout d'inutile. À peine le visiteur a-t-il pénétré dans les flancs du monstre, par une minuscule ouverture que, sans transition, commence le conte de fées : le palace l'a englouti et c'est d'un pas incertain et l'œil ébloui qu'il se glisse le long des couloirs, silencieux comme des tombeaux. Les immenses proportions du hall d'entrée, tout rutilant de lumières, avec ses quatre ascenseurs enchâssés dans une étonnante ferronnerie dorée, et haut de la hauteur de trois ponts, lui donnent un petit choc au cœur. Perspective unique, le décor du grand salon, ouvert par de vastes baies, avec le luxueux fumoir qui lui fait suite ! Et que dire de la salle à manger, sorte d'immense Galerie des Glaces aux cristaux irisés d'or, avec ses monumentales portes de bronze massif ? Qu'il me soit permis de féliciter ici l'état-major de notre grande compagnie de navigation d'avoir su écarter de cet ensemble unique tout ce qui était douteux, écrasant. Pour la première fois, la discipline a joué. A bord de ce paquebot-musée, œuvre collective et espoir de tout un peuple, l'on trouve une cohésion que l'on chercherait vainement dans nos salons d'artistes décorateurs. Par là aussi, aux yeux du monde entier, « Normandie » constitue, en même temps qu'un cri de victoire, le symbole vivant du rayonnement artistique de la France. Pierre de la ROCHE. LE GRAND HALL Dans le grand hall des premières classes, d'un côté s'ouvre la chapelle. Un imposant panneau d'émail cloisonné sert d'huis au saint lieu. M. Schmied, auteur de ce véritable chef-d'œuvre, a travaillé sur la fonte de fer. C'est ce matériau qu'il a habillé d'émail, suivant des modèles œuvrés dans le bois. Son « Chevalier Normand » est, consé- quemment, la révélation d'une technique neuve, qui est appelée à de bien curieuses et émouvantes applications. Au bout opposé de ce hall, lui-même vêtu d'onyx, Raymond Subes, ferronnier fervent, a fixé une porte à médaillons qui résume les principales cités de la province de Normandie. LE GRAND HALL DES PREMIÈRES CLASSES

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LA SALLE A MANGER La salle à manger porte la signature architecturale de MM. Patout et Pacon. Les proportions en sont impressionnantes : 86 mètres de long, 9m,50 de haut ! Et, puisque nous parlons chiffres, ajoutons que cette salle à manger accueille cent cinquante tables avec leurs sept cents invités. Au plafond, des caissons d'or ; aux murs, des dalles de verre gravées, et ciselées par M. Labouret. L'armée de luminaires, sortie des ateliers de M. René Lalique, comprend deux lustres, douze pots à feu et quarante-huit appliques. Les deux lustres sont accrochés à LA GRANDE SALLE A MANGER ET LE PANNEAU DE LÉON DRIVIER chaque bout de l'immense pièce. Les pots à feu mesurent chacun 3 mètres de haut, font 1m,50 de diamètre et pèsent la bagatelle de une tonne par unité, monture comprise ; quant aux appliques, elles s'élèvent, de bout en bout, de 4 mètres ! A chaque extrémité de la salle à manger, sur un fond de marbre rouge conjugué avec des motifs de verre, quatre bas-reliefs de 6 mètres portent les noms de MM. Poisson, Drivier, Pommier et Delamarre. Pour les meubles et la décoration, Rothschild a été l'inspirateur et Bernard Nelson et Neveu frères les exécutants pieux et fidèles. Au sommet, enfin, de la pièce, la statue symbolique de « PAX » tient, souriante, un rameau d'olivier à la main. Ici, tout est joie et tranquillité...

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Un des bas-reliefs dorés de 6 mètres de haut de la salle à manger. « Les arts et monuments Régionaux », œuvre de Raymond Delamarre. Un des douze pots à feu échelonnés au long de la salle à manger, création de René Lalique.

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Photo Desboutin LE GRAND SALON Pénétrons maintenant dans le grand salon qui occupe la largeur entière du roof sur le pont-promenade. Des fenêtres énormes prennent jour sur ce pont. A l’arrière, des portes coulissantes, barrières du fumoir attenant. Les murs de ce salon des merveilles sont en glaces décorées. Les glaces ont été réalisées sur les maquettes de M. Dupas. Leur ensemble peut s’intituler : Les grandes époques de la navigation. C’est, dans l’ordre chronologique : l’Europe, la Naissance d’Aphrodite, le Char de Thétis, le Char de Poséidon (Neptune). Quelques précisions : les panneaux ont 6 m. 50 de haut et 15 mètres de large. Or, argent, couleurs s’y livrent un combat harmonieux. Entre les panneaux, des décors de laque. Les tapisseries des fauteuils ont été exécutées par les Établissements Marcel Coupé, spécialiste réputé d’Aubusson, d’après les cartons de Gaudissard. Le rideau, avec son décor de cerises sur fond blanc, d’une légèreté et d’une richesse admirables, est dû à Cornille, exécuteur scrupuleux et interprète savant des dessins de Jean Beaumont. La porte qui glisse entre le grand salon et le fumoir est une autre création de Dupas, exécutée en bas-relief sur laque... Aurore, Nuit, Rose des Vents, la Mer calmée, le Soleil... un imposant arceau. LES RIDEAUX DU GRAND SALON