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ART et Décoration Revue mensuelle d'Art Moderne Sommaire - La Peinture aux Salons. - Gustave Soulier. - Un Livre d'Études florales. - Les Objets d'Art aux Salons. - Émile Molinier. - L'Ameublement aux Salons. - G.S. - Concours. - Combinaisons ornementales. - Planches hors texte : - Reliure, par R. Lalique. - Etude de bruyère, par Miss J. Foord. --- JUIN 1901 --- LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX ARTS 13, RUE LA FAYETTE PARIS Prix de la Livraison : 2 fr. 5e Année — N° 6.

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Art et Décoration Revue Mensuelle d'Art Moderne COMITÉ DE DIRECTION : MM. VAUDREMER, GRASSET, JEAN-PAUL LAURENS, FREMIET, ROTY, LUCIEN MAGNE, LEONCE BÉNÉDITE, ROGER MARX, DAMPT Secrétaire de la Rédaction: GUSTAVE SOULIER --- Abonnement annuel: PARIS & DÉPARTEMENTS . . . . . . . . . . . . . . . 20 fr. ETRANGER . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 fr. Prix de la Livraison: 2 francs L’Année parue ...

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La Peinture aux Salons --- A près une trêve d'un an pour la Société Nationale, les deux Salons sont de nouveau rapprochés, comme ils l'étaient à la Galerie des Machines, où ces exhibitions avaient trouvé un abri aussi parfait que possible, par la bonne distribution de la lumière et de l'espace. Construit dans des conditions beaucoup plus hasardeuses, le Grand Palais, que l'on cherchait pourtant à utiliser autrement que pour les Concours hippiques et les expositions d'automobiles ou d'animaux gras, n'était pas sans inspirer des craintes sérieuses aux amateurs de peinture. L'Exposition Universelle avait montré plus qu'on ne l'eût voulu combien l'éclairage de certaines salles était défectueux. Cependant, les artistes ne surent pas s'entendre à temps pour demander qu'on les laissât à la Galerie des Machines, dont ils ne reconnaissaient peut-être pas assez vivement les qualités exceptionnelles. Cette démarche nous eût, au surplus, assuré la conservation d'un monument qui avait sa place dans l'histoire de l'architecture contemporaine, et qu'un zèle irréfléchi va faire sans doute disparaître. Il faut avouer pourtant que la disposition générale des Salons a paru plus heureuse qu'on ne l'espérait, d'une lumière meilleure que l'an dernier, sans doute grâce à des velums différents. Mais tout est loin d'être excellent encore. Certaines salles, dans la partie réservée à la Société des Artistes Français, sont d'une lumière trop crue, alors que la rotonde où a pris place une partie des sculpteurs de la Société Nationale — outre le mauvais goût sans retenue de ce style néo-jésuite — ne laisse filtrer qu'un jour pauvre et jauni. G. ROGER.

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Art et Décoration Du côté de la Société Nationale des Beaux-Arts, on s'est efforcé de suppléer comme d'habitude, par le soin des arrangements, aux fautes des plans ou du décor, et l'on a même apporté à ces aménagements intérieurs plus de luxe que jamais. Ce ne sont pas, pour ainsi dire, des salles d'exposition passagère que l'on a voulu réaliser, ce sont presque des salles de où la tonalité des tentures s'impose trop, où toute ordonnance est débordée par l'amas des œuvres à caser. D'un côté, les précautions de mise en place et d'entourage tendent à mettre en valeur même des œuvres médiocres, tandis que de l'autre les bons morceaux sont envahis dans cette bousculade de cadres, s'encastrant les uns entre les autres sur toute la surface CH. COTTET. Musée, où les œuvres sont groupées et placées comme si elles étaient là dans leur situation définitive. En même temps, on assure à leur contemplation les conditions de recueillement nécessaires: les pas sont étouffés sous les tapis qui recouvrent le parquet de la salle entière, au lieu de ne ménager qu'un étroit chemin en bordure des cimaises. Un tel scrupule dans la présentation des œuvres ne saurait être trop loué, et le voisinage oblige à comparer ces dispositions à l'entassement et aux à-peu-près de l'autre Salon, des murs, et la recherche des œuvres intéressantes produit une réelle fatigue physique et cérébrale, les yeux et l'intelligence se trouvant à la fois étourdis. Mais hélas — il est nécessaire de le dire — tous ces ménagements, toute cette prévenance pour les œuvres présentées ne tourne pas toujours à la gloire de la Société Nationale des Beaux-Arts. Nous avions naguère deux Salons franchement ouverts à tous les artistes qui donnaient les preuves de leur talent; or, le dernier fondé paraît de plus en plus devenir

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HENRI MARTIN. Bucolique.

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Art et Décoration une société fermée, se recrutant par choix. De semblables associations ont toujours le droit d'exister, et il n'y aurait pas à protester si ces tendances, qui s'exagèrent d'année en année, n'étaient en parfait désaccord avec les statuts Or, un fait qui s'est produit cette année a fait un véritable scandale dans le monde des arts, par l'état nouveau qu'il révèle dans la constitution de la Société Nationale. Je veux parler de l'exclusion du peintre Lévy-Dhurmer, RENÉ MENARD. de la Société Nationale, avec les allures de libéralisme qu'elle se donne et qui étaient à ses débuts parfaitement justifiées. On peut ajouter que les intentions des fondateurs, dont plusieurs ont déjà disparu, sont assurément méconnues. Au moment d'élire des sociétaires ou des associés, ce choix, si exclusif qu'il puisse être, est toujours légitime, mais il n'en est pas de même quand il s'agit de la simple admission des œuvres. On avait voulu, en 1890, ouvrir un nouveau Salon en face de l'ancien, favorisant un esprit plus jeune, mais respectant toutes les personnalités, et où l'introduction n'était point affaire de cénacle. dont les œuvres n'ont pas été admises cette année ; et les membres du jury n'ont pu dissimuler que la valeur des œuvres n'avait rien à voir dans cette exclusion. Quelque discussion que l'on puisse entamer sur l'orientation d'un talent et les prédilections personnelles pour tel ou tel genre, il est des artistes qui imposent le respect de tous par leur science et l'intérêt de leur conception. M. Lévy-Dhurmer jouit depuis longtemps d'une situation justifiée par le mérite et la portée de ses œuvres, et il a droit à ce respect. On se souvient de l'étude que nous avons consacrée, il y a déjà quelques années, à l'œuvre de ce

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La Peinture aux Salons CONCORTA Souvenir de Fête. J.-C. CAZIN. peintre (1), et l'on sait fort bien qu'elle ne peut être ignorée ou dédaignée. Nous reviendrons, du reste, sur les tableaux de M. Lévy-Dhurmer qui auraient dû figurer au Salon de cette année. (1) Janvier 1898. On ne peut pas dire même que l'espace était compté afin de donner asile à des œuvres d'une valeur tout à fait surprenante, car il y aurait des coins entiers à signaler à ceux qui vont au Salon pour rire, et jamais peut-être la Société Nationale n'a été si indulgente pour une classe

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Art et Décoration de peintures qu'elle raillait chez ses voisins. Je ne veux signaler qu'un nom, celui de M. Joan Berg, dont les tableaux font à ceux de M. La Touche une bordure amusante. M. Joan Berg est sociétaire, et son introduction dans la Société Nationale est due à une confusion de noms : on voulait nommer un peintre suédois intéressant, M. Richard Berg, et la nomination a été adressée à un homonyme, sans qu'il parût possible de revenir sur cette décision. Cette anecdote valait la peine d'être contée, car il s'en dégage une morale. Nous regrettons que la Société Nationale joue à une intransigeante sévérité, et ce n'est pas notre faute si son exposition n'éveille pas purement des discussions esthétiques. Les morceaux de peinture qui nous paraissent avoir le plus puissant intérêt, ceux qui ont une destination très nette de revêtement décoratif et monumental, ne sont pas très nombreux cette année aux Salons, mais l'esprit qui les a suscités se révèle de façons assez diverses et donne lieu à des considéra- Mlle H. CRESPEL. tions et à des rapprochements intéressants. La Société Nationale a attribué avec juste raison une place d'honneur à quelques œuvres du maître Cazin, au milieu desquelles on revoit cet admirable peinture, Souvenir de Fête, qui appartient à la Ville de Paris, et qui, jusque dans son mélange de sensation ressentie et très justement notée et d'allégorie, apparaît réellement comme un panneau participant à la décoration précise d'une salle.

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La Peinture aux Salons En consacrant le mois dernier un mot d'hommage à la mémoire du peintre, nous disions combien il fallait déplorer que l'on n'eût pas confié à Cazin un important travail de décoration pour un monument public, pour le Panthéon ou l'Hôtel de Ville. Aucun morceau ne peut mieux inspirer ce regret que le Souvenir de Fête, d'une impression si large et si pacifiée, avec cette vérité de vie qui en fait l'émotion communicative. Dans cette belle nuit que l'on sent transparente et chaude, où s'épanouit la fleur des fusées d'artifice, ce sont les verdures pleines du Luxembourg qui foisonnent, et c'est la silhouette imposante du Panthéon qui s'exhausse. La minute réelle de contemplation qui a donné naissance à l'œuvre se magnifie et devient plus intense, grâce à l'ordonnance du poète qui en dégage l'essentiel. C'est bien un Souvenir qui a été ici célébré, et il n'y a pas moyen de s'y tromper devant l'émotion qui filtre à travers l'œuvre, sous la caresse enveloppante de cette nuit d'été; mais le temps ne se précise point, cette heure se détache de la vie de tous les jours, des coudoïements habituels; et les personnages allégoriques que Cazin a mis en scène aident à en faire sentir le caractère d'éternité. C'est encore une œuvre foncièrement décorative que le plafond de M. Maxence, Papillons de Nuit, exposé aux Artistes Français. Il y a dans la peinture des plafonds, telle qu'on la conçoit d'ordinaire, une erreur de principe, car on ne peut guère trouver une position humaine pour regarder un tableau placé au-dessus de nos têtes. On ne peut guère accepter comme AMAN-JEAN.

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Art et Décoration logique qu'un léger dessin d'ornement, par exemple un entrelacs de branches, s'inspirant des voûtes de feuillages qui nous abritent souvent dans la nature. Mais si erronée que soit la peinture des plafonds, il y a dans le genre des erreurs glorieuses qui suffiront sans doute à l'encourager longtemps. Encore peut-on dire que Michel-Ange a apporté dans celui de la Sixtine une fiction architecturale qui aide à en accepter l'ordonnance. M. Maxence semble au voureuse. La tonalité de son plafond est tout ensemble chaude et assourdie, et l'on dirait qu'il a cherché à rappeler le tissu à la fois riche et sombre dont sont faites les ailes de phalènes, les colorations nocturnes et veloutées où éclate par endroits une arabesque d'or. C'est ce grimoire confus des ailes de papillons qui semble avoir inspiré le peintre pour le fond de la composition; la tentative était ingénieuse, mais non sans danger. Promenade après la course de taureaux. I. ZULOAGA. contraire vouloir embrouiller à dessein sa composition, et la rendre tout à fait indéchiffrable lorsqu'on devra la voir dans sa position véritable; seul un groupe se détache dans un coin. Mais il y a dans cette œuvre des qualités de peintre peu communes. M. Maxence s'est recommandé depuis quelques années à l'attention par une manière très savante de mélanger ses couleurs, en même temps que par un rare sentiment d'élégance et d'expression. La sécheresse, qui semblerait un des écueils de son dessin, se tempère par une pâte souple et sa- En regard de ce plafond subtil et de colorations vibrantes et contenues, celui de M. Bonnat, la Justice, n'apparaît malheureusement que comme un chaos de blocs et de formes pétrifiées, qu'il sera plus pénible encore de considérer lorsqu'il aura pris sa place définitive. La couleur ne vient pas racheter ce manque de modération dans le modelé. M. Maxence expose encore un tableau délicat et d'une facture très curieuse, Le Livre aux Œillets Rouges, mais dont le caractère devient un peu miniaturé. On savait que depuis quelques années

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P. RENOUARD. Queriers changeant les lampes de la Tour Eiffel (dessin).