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ART D'AUJOURD'HUI REVUE MENSUELLE - NUMERO 2 - JUILLET-AOUT 1949 --- PRIX : 80 FRANCS
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ART D'AUJOURD'HUI REVUE MENSUELLE - NUMERO 2 - JUILLET-AOUT 1949 --- PRIX : 80 FRANCS
L'ART MURAL PALAIS DES PAPES - AVIGNON L'Association l'Art Mural lança son premier manifeste de Paris en 1935. Elle organisa héroïquement les Salons de 1935, 1936 et 1938 qui démontrèrent pleinement combien ses aspirations étaient justifiées puisque tous les plus grands peintres s'attaquèrent au problème mural, qui en peinture, qui en tapisserie, papiers ou matériaux divers peints. La guerre a interrompu notre activité et de nouveau nous voici lancés à la conquête des murs, puisque tel était notre mot d'ordre. POURQUOI L'ART MURAL ? Pourquoi nous sommes-nous lancés à la conquête des murs ? Pourquoi ? Et comment ? Ce pourquoi est notre raison d'être, car nous étouffions dans nos petits cadres verts, nos pincesaux se voulaient plus gros, notre mouvement de bras plus ample, plus fraternel. Nous avons voulu communiquer notre joie lumineuse à de plus larges foules. Notre petit tableau contenait surtout nos états d'âme et son cadre était le coffret précieux destiné à séduire le citétaire. L'espace et l'ambition sont entres dans nos yeux, nous avons trouvé que nos petits martires contre de grosses brosses et notre chevalet contre un échafaudage, la gomme contre le fil à plomb. Notre temps nous habitait tout à coup, exigeant en échange de son don unique que nous l'aissions à être. Cette exigence réciprocite est notre raison d'être, ce pourquoi nous sommes des peintres muraux. La peinture murale est liée à l'architecture qui, non seulement est son support, mais la motive, l'ordonne. Nous pressentons les grandes constructions de notre temps, nous voulons créer l'ouvrier peintre de ces edifices. Nous voici donc au « comment ? » de ma question initiale. Il y a le Mural d'intérieur et le Mural d'extérieur. À l'intérieur de l'habitat, il faut vivre au milieu de différents objets usuels. La peinture sera l'un de ces objets usuels. Elle devra voisiner avec la table, le piano, le bouquet de fleurs, la T.S.F. et devra permettre aux usagers de passer, de parler, de jouer. Ces exigences conditionnent l'œuvre peinte sur le mur : elle sera humble, accordée à l'ensemble ; elle ne devra pas détruire le mur, le bosseler, l'enfoncer, mais capter la lumière solaire ou artificielle et la renvoyer, recréée par le peintre. Il se peut qu'elle doive être à contre-jour, qu'une porte l'entame ; elle devra utiliser tous ces inconvénients. L'œuvre murale extérieure, qui aura de bien plus grandes dimensions, sera vue de plus loin ; elle devra se plier davantage encore aux conditions architecturales mais sa place sera mieux sauvegardée ; cependant elle devra être étudiée seule des perspectives corrigées. En outre, elle aura, dans l'esprit de l'architecte, une fonction constructive par ses couleurs. Certaines devront comporter des notes, des points d'orgue qui centreront tout l'ensemble ou le résumeront. Les matériaux à employer seront différents. Matériaux de support et matériau d'exécution seront de plein air. Il faudra fabriquer ces matériaux. Tout un art se leve qui sera de notre temps et non plus une adaptation plus ou moins habile du legs ancestral dont le langage et les techniques ne conviennent plus. Que devient le sujet en Art mural ? va-t-on me demander. Je réponds de suite que nous ne prétendons point défendre une esthétique aux dépens des autres. Chaque artiste défendra son point de vue que son époque acceptera ou refusera. En Art mural extérieur, le sujet sera peut-être seulement la prédominance d'une forme sur les formes environnantes, sa mise en valeur par l'amplitude de la surface, par la dissémination de ses couleurs ou encore par la variété des matériaux employés. Tout cela suffira dans la composition architecturée du tableau mural à créer le moule, le réceptacle pour l'œil et l'imagination du spectateur. Le sujet sera né de cette collaboration du créateur et du spectateur. Bien des artistes ont étudié des rythmes afin de construire, ainsi qu'en musique, des phrases peintes. Ces études font avancer l'Art dans notre voie indiscutablement, l'Art mural ne pouvant être un art d'amateur. Ces recherches personnelles ne trouveront leur vérité qu'après des expériences murales, car les grandes surfaces réclament des morcellements bien différents de ceux des petits tabletaux ; le joli ne compte plus. Dans nos manifestes antérieurs, nous avons dit combien notre art était différent et en aucun cas concurrent, de l'art de chevalet. Nous le savons et c'est pourquoi nous voulons des murs à peindre et non plus présenter des toiles de chevalet agrandies sans but défini. Le visiteur ne trouvera plus ici l'adorable coucher de soleil à l'horizon, mais il retrouvera peut-être la même sensation dans cette gamme car l'artiste n'est pas sans avoir lui aussi, ressenti la beauté de ce spectacle. Cette fois-ci encore, nous nous excusons de ce que ce magnifique Palais des Papes ne nous serve que de stand de présentation. Nous aurions aimé, en effet, travailler sous la direction d'un maître d'œuvre et, avec toutes les disciplines que cela comporte, décorer ce Palais des Papes à titre d'exemple. Mais nous aurions encore préféré que l'on nous construise un Palais moderne afin que nous laissions témoignage. Cependant, il est bon de montrer encore une fois comment nos esthétiques différentes s'appliquent à l'ornementation murale et monumentale. Si la couleur est, comme je le pense, une énergie dont nous pouvons disposer pour notre bonheur, il est bon de la répandre, mais encore faut-il apprendre à s'en servir et, dans ce domaine, comme dans bien d'autres, ne pas la diriger contre nous. Les participations étrangères de haute qualité démontrent à quel point cette hantise de l'art monumental est internationale et nous sommes heureux de ce que la France propage son idéal et accueille ses disciples. SAINT-MAUR. GLEIZES.
CATALOGUE 1. Andre BAUDIN : Partie des huit cavaliers (1937) 120. 2. BISSIERE : Tapisserie (1949). 3. BORES : L'après-midi (1957) 1 m. 20 × 1 m. 70. 4. BRAUNER : Peinture murale (1949). 5. Bernard BUFFET : Le peintre dans son atelier (1948) 1 m. 45 × 2 m. 6. CALMETTES : Esquisse murale (1949). 7. CHACALL : Peinture. 8. CHASTEL : Decoration pour le bureau de poste de Sancry. 9. Robert DELAUNAY : Formes circulaires (1912-31) 2 m. × 2 m. 10. Sonia DELAUNAY : Prismes électriques (1914) 2 m. 50 × 2 m. 50. 11. DEWASNE : Peinture murale (1949). 12. Cicero DIAS : Peinture murale (1949). 13. DOMINGUEZ : Les Amoureux (1949), peinture murale 120. 14. ESTEVE : Composition (1932). 15. FOUGERON : Scene d'Italie (esquisse) (1948). 16. CARBELLE : L'attente (1949) 3 m. 05 × 3 m. 35. 17. Albert GLEIZES : Peinture. 18. HELION : Scene journalière (19:8) 1 m. 50 × 2 m. 05. 19. HUMBLOT : La musique, composition pour le Conservatoire de Paris. 1 m. 30 × 1 m. 95. --- Le Palais des Papes : Galerie du Conclave. "Notes de l'Espace". Eventire les platonds, recule les murs de la chambre, searle les parois de la forêt, fais ruisseler la terre. L'espace chez trop de peintres, semble une éjaculation à rebours. André MASSON. MAGNELLI : Apparition d'espace.
L'ART MURAL (SUITE) Si l'on considère l'ensemble d'une ville, d'une rue, d'une maison en rapport avec une action colorée extérieure, des possibilités considérables s'offrent immédiatement. Le poids au sol par exemple d'un immeuble s'allège, si la couleur s'en occupe son volume est attaqué. Des banlieues noirâtres et sinistres peuvent se transformer en secteurs gais et lumineux. Au point du vue général nous nous trouvons devant ce problème de la distribution couleur à un stade où je désordre publicitaire qui devore les murs peut devenir un ordre plastique naturel. On tend à cela, on commence à ordonner, à qualifier la demande colorée. La qualité en place au lieu de la quantité en désordre. Chaque individu a sa couleur, elle est consciente ou inconsciente mais elle s'impose dans le choix des dispositifs journaliers : meubles, clofes ou habillement. Le nouvel espace dans lequel ces objets usuels vont évoluer va de son côté subir l'influence du nouveau milieu. (Extrait à paraître dans le n° 3 d' « Art d'Aujourd'hui ».) Fernand LEGER. LEGER : Le transport des forces. (Fragment). Edgard PILLET. HELION : Scène journalière (Fragment).
DOMINGUEZ : Les Amoureux. L'Art Mural pourrait redevenir ce qu'il a toujours été - un excitateur, un provocateur du haut sentiment collectif. Mais l'on ne fait plus d'ART MURAL ou presque plus. Et les rares murs qui ont été peints, ou les rares statues qui furent placées dans des architectures, furent presque tous conçus, ou bien dans l'esprit académique le plus vieillot (gageure à une époque toute révolutionnaire) ou bien comme d'agréables divertissements des jours heureux, incapables de sonner avec la gravité du temps et d'offrir un compliment assez fort. Si le prix d'un tableau de chevalet, article de luxe (et il est déjà regrettable qu'il soit considéré comme tel) dépend pour beaucoup de la notoriété de l'artiste, celui d'une œuvre murale devrait être basé sur un prix de revient, ainsi que tous les autres éléments entrant dans la fabrication d'un édifice. Il en était ainsi aux époques où l'architecte, le sculpteur, le peintre, travaillaient d'accord. Le but de l'ART MURAL est de recréer cette liaison. OZENFANT (1932). CATALOGUE 20. JANNOT : L'adoration des bergers (1949). 21. E. de KERMADEC : Serenite (1939) 0 m. 89 × 1 m. 30. 22. LE CORBUSIER : Maquette et photographies d'une peinture murale de 44 m. au Pavillon suisse de la Cité Universitaire de Paris. 23. LE CORBUSIER : Carton d'une tapisserie d'Aubusson. 3 m. 65 × 2 m. 16. 24. LE CORBUSIER : Carton d'une tapisserie d'Aubusson. 2 m. 26 × 2 m. 26. 25. Fernand LEGER : Le Transport des Forces (1937) 5 m. × 10 m. Prête par le Palais de la Découverte. 26. André LHOTE : Peinture murale. 27. LIMOUSE : Scène marocaine (1947). 28. LORJOU : La chasse aux lions (1949). 29. André MASSON : Niobé (1947) 1 m. 78 × 1 m. 40. 30. MASSEMME : (1939-1944) 1 m. 30 × 1 m. 95. 31. MAGNELLI : Apparition d'espace (1948) 1 m. 30 × 1 m. 95. 32. André MARCHAND : Le déjeuner de midi (1945) 4 m. × 2 m. 33. Henri MATISSE : La Danse, prête par le Musée du Petit Palais. 34. Mireille MIALHE : Bal. 2 m. 50 × 3 m. 25. 35. MIRO : Composition. 36. André MINAUX : Composition (1949). 1 m. 28 × 2 m. 37. MONDRIAN : Composition, prête par le Musée municipal d'Asterdam. 38. NEJAD : Les opprimes (1947-1949). 2 m. 50 × 3 m. 39. Ben NICHOLSON : Composition. 40. OZENFANT : Après l'orage sur l'Hudson. 1 m. 96 × 1 m. 50. 41. PIGNON : Triptyque. 42. Edgard PILLET : Peinture (1949). 43. REBEYROLLES : Les jeunes filles de Malaxoff (1949). 2 m. × 5 m. 44. ROCHER : Madeleine (1949). 120 P. 45. Colette RODDE : Maquette pour une décoration. DEWASNE : Peinture murale. LORJOU : La chasse aux lions (Fragment).
Cette revue mensuelle, numéro 2 de juillet-août 1949, explore le thème de l'art mural. Elle présente des réflexions sur la nature, la fonction et les applications de la peinture murale dans l'architecture intérieure et extérieure, ainsi qu'un catalogue détaillé d'œuvres et d'artistes exposés, incluant des peintures, tapisseries et sculptures.