Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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CINQUIEME ANNEE N° 111 5 fr. 1er AOÛT 1929 --- L'ART VIVANT Revue bi-mensuelle des Amateurs et des Artistes éditée par LES NOUVELLES LITTERAIRES Dans ce numéro : - Chintreuil peintre de l'espace - Le problème de l'urbanisme à Vienne - La photographie est-elle un art ? DIRECTION-REDACTION 146, Rue Montmartre, PARIS (2e) ADMINISTRATION ET VENTE: LIBRAIRIE LABOUSSE 13-17, Rue du Montparnasse, PARIS (6e) DIRECTEURS - FONDATEURS : Jacques GUENNE et Maurice MARTIN du GARD BÉDACTEUR EN CHEF: Florent FELS

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L'ART VIVANT LE PROBLÈME DE L'URBANISME À VIENNE Au milieu des difficultés où se débattait l'État autrichien, en moins de cinq années, la municipalité de Vienne a trouvé le moyen de faire élever au centre de la capitale ou dans ses alentours plus de 25.000 habitations : grands immeubles construits pour la simplification de l'existence quotidienne par l'exploitation rationnelle de la vie en commun, colonies champêtres où l'individualité du logis se trouve au contraire soulignée par l'agglomération de pavillons indépendants, toutes les solutions de la crise du logis ont été examinées par la municipalité de Vienne qui n'a pas hésité à faire appel à 187 architectes pour l'aider à réaliser son plan énorme de création d'une cité moderne. Derrière les silhouettes à la fois gracieuses et irrégulières des édifices de la Vienne baroque, derrière les adorables petites maisons vieillottes où naquirent, vécurent et moururent tant de musiciens célèbres, s'est donc élevée tout à coup une autre Vienne, celle-là, sévère, sans parure ; la contemporaine de l'époque du machinisme. Une question monte d'habitude aux lèvres des étrangers auxquels on parle de l'extraordinaire activité de la municipalité viennoise : Pourquoi la capitale d'un État aussi pauvre entreprend-elle des travaux d'une telle importance qu'hésiteraient à envisager des pays beaucoup plus fortunés ? C'est que, vous répondent les partisans de la politique de la ville de Vienne, il ne s'agit pas seulement pour cette municipalité d'organiser et de réaliser un plan systématique d'assainissement urbain, mais avant tout de résoudre une crise économique et sociale. En effet, il est indispensable, en Autriche, de maintenir très bas le taux des salaires, l'exportation autrement ne serait plus possible étant donné le prix auquel il faut acheter toutes les matières premières ; en donnant à l'ouvrier un logement très bon marché, on arrive, même en le payant peu, à lui créer une situation possible, d'où l'obligation de construire pour lui des habitations typiques lui fournissant agrément et confort. D'accord, répondent les étrangers, mais cela ne change pas la question financière, on n'édifie pas 25.000 demeures avec quelques centimes. D'où la municipalité tire-t-elle les fonds nécessaires à tous ces grands travaux ? Nous touchons maintenant à la fameuse question des loyers, qui est un des problèmes les plus brûlants de la vie publique autrichienne, un de ceux que l'on discute à Vienne avec la plus grande âpreté. Alors que, dans la plupart des autres pays, le loyer s'est stabilisé à un prix tournant à peu près autour de la valeur or de ce loyer, en Autriche on a maintenu jusqu'à aujourd'hui (il est question que cela change) le prix du loyer, en papier. Par la loi, dite de protection du locataire, le loyer, au lieu de représenter comme avant-guerre en Autriche 25 % du salaire ou du revenu, n'en est que le 2 %, si bien que la somme due au propriétaire devient infime et négligeable. Ainsi traité, le locataire ne peut se plaindre si la ville perçoit sur un loyer aussi ridiculement bas un impôt qui, même considérable, n'équivaut pas au prix que, sous des conditions normales, il aurait à payer son appartement. C'est de cet impôt perçu sur plus de 580.875 locaux que la ville tire les fonds nécessaires pour bâtir ces énormes édifices. Dans les années 1926 et 1927 les sommes ainsi acquises dépassèrent 324 millions de schillings, c'est-à-dire environ un milliard 200 millions de francs. Pour vous donner un aperçu du prix des loyers à Vienne et du chiffre de l'impôt, il est établi que dans les nouvelles maisons de la ville, où tout est précisément calculé, un logis de 38 mètres carrés coûte à peu près à son possesseur 20 fr. par mois, plus 4 fr. d'impôt municipal, c'est-à-dire que l'ouvrier peut pour 285 fr. par an jouir d'une demeure salubre et conditionnée selon les règles du confort le plus moderne. Par ce tour de passe-passe financier, la Ville de Vienne s'est assuré des capitaux suffisants pour procéder à son œuvre de régénération du logis. Naturellement, puisqu'il s'agissait pour elle de fournir aux travailleurs une demeure avenante et bon marché, elle n'a envisagé son œuvre d'urbanisme que du côté spécial de l'habitation ouvrière. Cependant la réalisation a dépassé l'intention génératrice. Se trouvant devant le problème de l'habitation standard qui est un des nœuds vitaux de l'urbanisme et l'a b c de l'architecture moderne, les réalisateurs des maisons municipales viennoises eurent à résoudre une énigme d'ordre aussi bien artistique que social. D'ailleurs, la ville, désirant mettre de son côté toutes les chances de réussite, n'a pas hésité à faire appel à des concours aussi nombreux que divers et, réunissant pour son œuvre des artistes de tous ordres et de tous genres, elle leur a demandé une solution personnelle du problème général qu'elle leur imposait : la création d'un ensemble de logis salubres, pratiques et avenants. Evidemment, une architecture objective était de rigueur, elle seule pouvait --- Header: CINQUIÈME ANNÉE Footer: 1er Août 1929

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L'ART VIVANT répondre aux desiderata sociaux de la ville, mais si le but utilitaire de l’édifice interdisait à son architecte de se perdre en d’inutiles enjolivements, elle l’encourageait par contre à poursuivre une composition stricte et austère où les heureuses proportions de l’ensemble devaient suppléer aux ornements et aux parures. Les maisons édifiées par les soins de la municipalité de Vienne ont des façades unies et rigoureuses dont la monotonie n’est interrompue que par le tracé des balcons et des retraits. C’est par le modelé, plus ou moins heureux, de ces encorbellements que se reconnaît la main du maître ou celle de l’apprenti. Dans certains immeubles le dessin des fenêtres est à la fois si ferme et si saisissant qu’on comprend immédiatement le talent personnel de l’architecte qui en fut le créateur. Cependant, en général, la valeur individuelle de l’artiste disparaît devant la nécessité de se conformer au plan imposé par l’hygiène. Le soleil est le pivot autour duquel doivent s’orienter tous ces édifices : il faut qu’il puisse entrer partout, venir de tous les côtés, que rien ne s’oppose au règne de santé qu’il doit établir. Air et Lumière sont les règles et les maîtres de ces nouveaux temples élevés à la collectivité laborieuse. Tout d’abord, 50 % du terrain à bâtir reste non bâti et se transforme en cour-jardin autour de laquelle s’enroule la maison. Non seulement cette cour sert à l’éclairage et à l’aération des immeubles qui la domine, mais elle donne aux enfants un lieu de récréation où, sous les yeux de leurs parents, ils peuvent jouer et se divertir. L’heureuse alternance des pelouses et des sentiers offre aux adultes un spectacle agréable et reposant qui délasse les nerfs crispés par le travail du jour. Souvent, pour mieux laisser pénétrer le soleil dans ces jardins intérieurs, on a abaissé du côté du sud la hauteur des constructions qui s’étagent alors en une série de terrasses praticables servant également au repos ou à la récréation. Inutile de dire que dans ces immeubles il n’est aucune des chambres qui n’ait sa fenêtre donnant à l’extérieur : disparus les alcôves et les réduits obscurs, les atroces taudis qui furent la plaie des maisons de l’ancienne Vienne ; plus d’habitations sur les couloirs, plus d’éclairages indirects, la construction rationnelle donne à chacun le cube d’air et de lumière auquel il a droit. Si nous pénètrons maintenant dans les demeures elles-mêmes, nous voyons qu’elles sont petites mais admirablement conditionnées : la cuisine, centre de la vie de famille, est plaisante, le fourneau et l’évier disparaissent dans un recoin et échappent au regard ; pas un morceau de charbon ne salit les parquets, car tout se fait au gaz. A côté de cette cuisine, selon les besoins, une ou deux chambres à coucher. Dans certaines des dernières constructions, la cuisine devient même commune, comme la buanderie où le linge peut être lavé, séché et repassé en 4 ou 5 heures grâce aux procédés les plus modernes. Chaque immeuble constitue donc une petite société ayant ses règles et ses statuts, où la vie individuelle se trouve simplifiée par l’exploitation collective qui supplée à l’initiative privée. Il y a une pharmacie de la maison, une bibliothèque, une salle de cinéma, même parfois des fournisseurs qui vivent dans le bâtiment et qui achètent en gros, ce qui est nécessaire à la vie ménagère de l’ensemble. Rien ne saurait mieux donner une idée de cette vie de caravansérail que l’image du grand transatlantique transportant dans ses flancs une ville flottante où chaque besoin trouve sa satisfaction dans un rayon strictement limité. Naturellement, il est des reproches qu’on peut adresser à ces trop parfaites machines à habiter. Quelquefois, lorsqu’on pénètre dans les cours-jardins du centre, malgré le soleil, malgré les fleurs qui ornent les corbeilles de fer préparées aux balcons pour recevoir leurs odorantes masses, malgré les éclatants témoignages de bien-être qui viennent frapper les yeux de toute part, on se sent l’âme oppressée par l’inflexible discipline des lignes de l’architecture, l’inéluctable mécanisme de la vie privée qui est en dernière analyse le résultat final de toute cette œuvre immense. On a l’impression qu’à force d’avoir voulu éliminer le hasard, l’arbitraire, le capricieux, on a peut-être réussi à supprimer bien des maux, mais qu’on a créé un monde sans joie et sans humanité. Quelque chose de dur se dégage de ces murs qui n’auraient dû inspirer que la sérénité. Après avoir quitté ces immenses casernes, c’est un véritable délassement que de gagner les colonies ouvrières des environs où semblent se concilier les exigences de l’hygiène et celles de l’humanité moyenne. Rien à dire contre ces charmants pavillons qui réjouissent les yeux et entr’ouvrent des perspectives de vie familiale heureuses. Que l’aménagement de ces colonies ne soit pas aussi parfait que celui des grands immeubles du centre, c’est évident, mais, dans l’œuvre municipale, elles constituent cependant une oasis de réelle gaieté, et, pour être moins absolues dans leur résultat, elles n’en ont que plus de charme. Ninon STEINHOF-TALLON.

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L'ART VIVANT LE PROBLÈME DE L'URBANISME VIENNE ARCHITECTE : KARL DIRNHUBER ÉTABLISSEMENT KARL HOGER ARCHITECTE : KARL DIRNHUBER ARCHITECTE : KARL DIRNHUBER ---

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L'ART VIVANT ARCHITECTES : VILLY PETERLE — LÉOPOLD BAUER

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L'ART VIVANT CHINTREUIL PEINTRE DE L'ESPACE « A présent, mon amour, il faut marcher tout seul... » Tout en se répétant ce conseil que lui avait donné, le matin même, un artiste peu connu du public mais qu'il admirait comme un maître, Chintreuil se remémorait sa vie passée. Il revivait son enfance dans la petite ville de Pont-de-Vaux, où il était né, cette enfance un peu triste entre un père, que les invasions autrichiennes de 1814 et 1815 avaient ruiné, et une mère courageuse et douce mais d'une santé délicate. D'une complexion faible, lui aussi, il fuyait la société bruyante des camarades de son âge. Au reste, sa timidité native et son caractère contemplatif lui faisaient préférer les promenades dans la campagne. Son plus grand plaisir était de dessiner ou de peindre... Il avait voulu se perfectionner et il était parti, à 18 ans, pour Paris. Comme il était sans le sou, un ami de sa famille l'avait fait entrer chez M. Legrand, libraire sur le Quai des Augustins. C'est là qu'il avait rencontré Jules Husson-Fleury, le futur Champfleury. Quel curieux homme que ce Champfleury! Il avait alors, rue des Beaux-Arts, une chambre où se réunissaient toutes sortes d'acteurs, de rapins, de poètes. C'est là que Chintreuil avait rencontré les deux frères Desbrosses aînés, deux charmants garçons tout aussi gueux que lui mais brûlants d'enthousiasme et qui se disaient, avec de grands gestes, « résolus à combattre pour l'art sous le drapeau de la misère » (1). — Fais comme nous, lui avaient-ils dit. Rends-toi libre. Leur courage l'avait gagné. Abandonnant le comptoir pour la palette, il avait associé sa misère à celle des deux frères. On se défend mieux à trois ! Il s'était même affilié au Cénacle des Buviers d'Eau... Les Buviers d'Eau ! Ils s'engageaient, non seulement à endurer le froid et le faim, mais aussi à s'entr'aider, à s'encourager mutuellement. Ce « petit monde bruyant et endiable » ne déplaisait point à Chintreuil, mais il évitait de prendre part à leur tapage. Sa tournure d'esprit rêveuse et romanesque lui faisait préférer le calme et le recueillement. Il songeait à son art et il savait qu'il lui fallait travailler énormément pour devenir un peintre célèbre... Ses premières études avaient été tout simplement extravagantes. Lui qui était un contemplatif et qui, par cela même, était voué au paysage, ne s'était-il pas acharné à peindre des personnages de proportions surhumaines dans des compositions Michel-Angesques ? Mais n'est-ce pas un défaut commun aux débutants de se chercher toujours en dehors d'eux-mêmes ? Après l'avoir encouragé, après lui avoir communiqué leur enthousiasme, ses nouveaux amis avaient fini par critiquer la sécheresse et la pauvreté de tons de ses esquisses. Ils étaient même allés jusqu'à déplorer qu'il n'eût pas continué son métier de commis-libraire. Chintreuil était têtu. Ces critiques l'avaient piqué au vif et il s'était mis à travailler avec une sorte de rage, peignant, le jour, dessinant, le soir, des figures de grandeur naturelle d'après des plâtres et des gravures. Mais il était mécontent de lui. Un jour, il s'était résolu à aller demander des conseils à un peintre dont il avait admiré au Salon une Fuite en Egypte et un délicieux Paysage tiré des Fables de La Fontaine. Ce peintre, Corot, l'avait fort bien reçu. En apercevant ses « fabuleuses esquisses », il avait bien écarquilé les yeux de surprise. Mais sans doute avait-il été tenté d'ordonner ce chaos, car il avait invité son visiteur à revenir... Faites du paysage, lui avait-il dit. Et il lui avait prêté des études peintes en Italie, des « notes positives et froides », bien propres à guérir Chintreuil de ses extravagances. Chintreuil avait suivi ses conseils, copié ses études, fait du paysage. Il était revenu souvent chez Corot. Et voilà que ce matin-là, comme il lui apportait une étude faite aux Buttes Montmartre, Corot l'avait félicité. Puis, le raccompagnant, il avait ajouté avec un de ces sourires qui vous gagnaient le cœur, comme sa peinture : « A présent, mon amour, il faut marcher tout seul ! » --- Mais cela n'avait pas enrichi le jeune peintre qui grelottait de froid et de faim dans son grenier. Les frères Desbrosses lui venaient en aide aux heures difficiles. « Par malheur, nous dit un des biographes de l'artiste, la mort de l'aîné, sculpteur plein d'avenir, qui commençaient à voir rémunérer ses ouvrages, frappa l'association au cœur et le décourage-ment ne tarda pas à atteindre Chintreuil lorsqu'il se vit de nouveau seul, sans emploi, sans protecteurs... » C'est alors qu'il demanda à l'un de ses amis, A. de La Fizelière, qui écrivait dans le Bulletin de l'Ainsi des Arts, de le recommander à M. Poisat, député de l'Ain et son compatriote. Ce monsieur Poisat ayant refusé de s'occuper de lui, Chintreuil se vit perdu. On lui conseilla de frapper à la porte d'un poète qui n'avait jamais repoussé les malheureux et de lui faire part de son dénuement. C'est ainsi que Chintreuil devint le protégé puis l'ami de Béranger. Il avait apporté sous son bras une petite toile très naïve, très nature. Après l'avoir examinée, l'illustre chansonnier qui, en peinture, n'était pas grand clerc, fut séduit par la sincérité et par le charme naïf de cette œuvre. — On dirait qu'on est là ! s'écria-t-il. Et il lui paya soixante francs son tableau. Peu de temps après, il ouvrait à l'artiste un crédit chez un marchand de couleurs. Enfin « à force de démarches et d'autographies » il parvint à lui faire acheter quelques tableaux. Grâce à la générosité d'un protecteur si agissant, Chintreuil put s'adonner tout entier à son art. Jusqu'alors, il s'était plu à tirer des notes prises au cours de ses promenades des compositions poétiques et sentimentales telles qu'Alexis et Corydon, Sara la Baigneuse, La chute des feuilles, le Tombeau des quatre sergents de La Rochelle. Les conseils de Béranger, et, plus encore, ceux de Corot, le décidèrent à suivre la nature de plus près. En 1847, il expose au Salon une vue des Buttes Montmar- tre, « dont les silhouettes grises, nous dit un de ses contemporains, figuraient assez bien les falaises de l'océan de maisons qui s'étendaient à perte de vue au pied de la montagne. » Les recommandations de Béranger à des amateurs, à des critiques d'art influents, quelques commandes de l'Etat, permettaient à Chintreuil d'entrevoir le succès. Les temps difficiles semblaient être finis. Mais l'air usé de la grande ville et le tumulte de la banlieue convenaient mal à sa santé, à son goût pour la rêverie. Il aspirait à vivre face à face avec la nature, dans un lieu solitaire où rien ne vint troubler sa méditation. Si bien qu'un jour il quitta Paris avec le plus jeune des trois frères Desbrosses, Jean, alors âgé de quatorze ans, et qui était devenu son élève. Fuyant les contrées à chalets et à guinguettes, ce fut dans la vallée de la Bièvre, à Igny, que les deux amis s'arrêtèrent. Des aulnes et des saules bordaient la petite rivière qui serpentait au milieu de prairies fleuries de sauges, de marguerites et de boutons d'or. Des coteaux boisés dominaient le village. De 1850 à 1857, Chintreuil et Jean Desbrosses demeuèrent à Igny, plantant parfois leurs chevalets aux environs, --- (1) « Le 3° frère, Jean Desbrosses, qui plus tard, devait devenir l'élève, l'ami, le protecteur, le soutien, la sœur de charité de Chin-treuil malade... n'était encore qu'un enfant. » A. DE LA FIZELIÈRE. ---