Extrait
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
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1re Année - N° 14
2e 50
15 Juillet 1925
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REVUE BI-MENSUELLE DES AMATEURS ET DES ARTISTES
ÉDITÉE PAR LES
“NOUVELLES LITTÉRAIRES”
L’ART VIVANT
ARTS DÉCORATIFS ET APPLIQUÉS
PEINTURE • LE LIVRE • SCULPTURE
LES ARTS DE LA FEMME
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SOMMAIRE :
Le Musée de Lyon……… León Rosenthal
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Technique picturale……… J.-G. Goulinat
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L’Esthétique de l’Automobile Paul Haurigot
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L’Art et la Mode……… Clarisse
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Raphaël……………… H. Martinie
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Les Poissons d’ornement… Jacques Boyer
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Plan de Paris (Vearrondis): León Werth
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Les Grandes Enquêtes de l’ART VIVANT
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Dessins de Tonny Kristian
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Un nouveau Musée d’Art moderne?
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Découvertes et Revisions… André Salmon
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Réponses de :
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La Rue à Paris………… Legrand-Chabrier
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Jacques-Émile Blanche, Othon Friesz, Ambroise
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Actualité artistique…… Illustrations
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Vollard, Daniel Tzanck, Frantz Jourdain, Georges
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Les Expositions………… Fels
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Dorival, Madame Marval, Gromaire, Alfred
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Le Miroir aux objets … René Crevel
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Flechtein, Van Dongen, Paul Signac, Joseph
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Indépendants du temps jadis Edouard André
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Delteil, Favory.
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La Vente Gangnat……… Charensol
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Les Grandes Ventes…… Charles Bourgeat.
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L’Humour de l’Art…… Lucien Boucher
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Informations et Faits divers.
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Directeurs-Fondateurs : JACQUES GUENNE et MAURICE MARTIN DU GARD
Rédacteur en Chef : FLORENT FELS.
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Vente et Administration :
LIBRAIRIE LAROUSSE
13-17, Rue du Montparnasse
PARIS
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Lecteur de l’Art Vivant
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1re Année - N° 14. 2fr. 50 15 Juillet 1925
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L’ART VIVANT
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Téléphone : CENTRAL $\left\{ \begin{array}{l} 97-16 \\ 32-65 \end{array} \right.$
Rédacteur en chef:
Florent FELS
Revue Bi-Mensuelle des Amateurs et des Artistes
Éditée par les “Nouvelles Littéraires”
DIRECTEURS-FONDATEURS:
Jacques GUENNE et Maurice MARTIN DU GARD
ABONNEMENTS:
Un an: France 38 f. Étranger 75 f.
Six mois: — 30 f. — 38 f.
ÉDITION DE LUXE
Un an: France 110 fr. Étranger 150 fr.
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Les Musées de Province et de l’Étranger
MUSÉES DU PALAIS DES ARTS A LYON
Le dirai-je? Pourquoi pas, puisque aussi bien c’est l’expression simple de la vérité: le Palais des Arts, s’il avait l’heure de se dresser dans une ville d’Italie ou des Flandres, serait partout célèbre. Mais quoi! Il est en France, dans une ville connue, avant tout, par son particularisme et par son activité industrielle et commerciale. Musée de province, ceux qui le visitent l’admi-rent mais il n’est pas à la mode et l’on ne se vante pas de l’avoir parcouru.
Il s’ouvre au cœur de Lyon, près de l’Hôtel de Ville, pittoresque édifice du xviie siècle, sur la place des Terreaux où les pigeons familiers s’ébattent comme à Venise. Construit au xviie siècle pour un couvent de Bénédictins, son aspect est majestueux et, sitôt franchi le seuil, il offre au visiteur une joyeuse surprise, car il
enserre un cloître ombreux où l’Homme qui marche, l’Age d’airain de Rodin et le Carpeaux de Bourdelle, se marient en accord délicat avec la verdure, cependant que, sous les arcades, se développe le plus riche musée d’épigraphie gallo-romaine.
Le Palais a gardé, de ses aménagements anciens, un escalier d’honneur solennel et un réfectoire décoré par un ensemble véhément de sculptures religieuses, cadre un peu tapageur pour les Antiques qui y sont exposés aujourd’hui. Partout ailleurs, les installations sont modernes. Les conservateurs successifs se sont ingénies à créer un ensemble harmonieux de salles et de galeries, et mon prédécesseur immédiat, M. Focillon, y a, en particulier, déployé son activité qui est considérable et son goût qui est exquis. Grâce à un personnel d’élite,
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ces salles sont entretenues dans un état dont la maîtresse de maison la plus exigeante aurait lieu d'être fière.
Les musées du Palais des Arts n'aspirent pas à assouvir toute curiosité. A Lyon même, ils s'associent au Musée Guimet, frère cadet du Musée Guimet de Paris, au Musée historique de Lyon et de la région lyonnaise, installé dans l'Hôtel de Gadagne, et aussi à l'admiral le Musée des Tissus, création de la Chambre de Commerce qui aménage, en ce moment même, un musée des Arts décoratifs. Cependant, leur envergure est grande : ils assument un triple caractère : universel, national et régional. Par là ils se distinguent de la plupart des musées provinciaux dont le programme est beaucoup plus étroit et même de la plupart des galeries étrangères, je dis les plus célèbres, qui se consacrent à grouper les témoignages de l'art national.
Des séries remarquables, des pièces exceptionnelles justifient ces prétentions. Je vais en évoquer quelques-unes, mais il est bien entendu que mon choix est succinct et arbitraire, restreint par la crainte d'une énumération fastidieuse et par les limites fixées à cet article.
De nos collections égyptiennes, je citerai seulement une tête de femme, en bois, sans doute de la XVIIIe dynastie, d'un charme singulier.
Une Aphrodite archaïque, marbre grec de la fin du VIe siècle, est un des rares morceaux qui puissent, en France, s'apparenter aux célèbres Korai de l'Acropole d'Athènes. Nous avons une réunion extraordinairement abondante de bronzes gallo-romains. La tête dite la Junon de Vienne, dont l'accent individuel est surprenant, le grandiloquant Dieu de Coligny, le buste impérieux de Dioclétien, l'effigie inquiétante de Domitien, sont entourés d'un cortège de statuettes où se reflète avec bonheur la plus haute inspiration.
Je passe, à mon grand regret, devant les vases grecs et étrusques, la vitrine des Tanagra ; je me détourne des salles où rayonnent mystérieusement les faïences hispano-mauresques, près des céramiques italiennes et françaises, non loin des bols de Rhaggès, des céramiques coréennes et japonaises, des miniatures persanes. J'oublie les émaux champlevés et peints de Limoges, les ivoires byzantins et gothiques.
Une chaste Annonciation en bois peint, ouvrage pisan du xive, un buste de Saint Jean par Mino de Fiesolo, un buste d'enfant attribué à Rossellino disent le printemps de la plastique italienne. Notre grande salle des maîtres anciens s'enorgueillit, pour les peintres italiens, d'une célèbre Ascension du Pérugin, de chefs-d'œuvre de Véronèse et de deux grandes pages triomphantes de Tintoret, dont le Louvre pourrait être jaloux. Greco, Ribera, Zurbaran défendent l'Espagne. Des Jordaeans font escorte à un Rubens théâtral. Terburg, Van Goyen, Ruysdael, Maes... portent des témoignages valables sur la Hollande.
La France... Mais, ici, je me sens débordé. Depuis le jour où Corneille de la Haye vint s'établir sur les bords du Rhône et y acquit célébrité sous le nom de Corneille de Lyon, jusqu'à l'heure présente, Lyon a eu une école vivace et originale de peintres ; des idéalistes comme Hippolyte Flandrin, Chenavard, Puvis de Chavannes, des romantiques comme Guichard ou Ravier, des peintres de fleurs, des paysagistes n'ont cessé de traduire ses aspirations et ses visions. Toute cette phalange, déployée dans
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TÊTE DE FEMME. ÉGYPTE.
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nos salles, prend, sur le sol où elle s'est produite, une valeur spéciale. Une salle de sculpture est consacrée à Chinard.
L'évolution générale de la peinture française s'affirme par Clouet, par Lesueur, par Jouvenet. Par David, La Mazaichère, par Prudhon, Le Triomphe de Bonaparte, par Géricault, La Folle. A mesure que nous approchons de l'époque contemporaine, les œuvres sont plus nombreuses : Delacroix, Courbet, Millet, Corot, Manet, Fantin Latour, Degas peuvent et doivent être étudiés à Lyon, et voici les grands impressionnistes, Claude Monet, Renoir, Sisley, et aussi Gauguin, par une page capitale. Les vivants leur succèdent : Albert Besnard, Henri Martin Ernest Laurent, Lucien Simond, et encore Maurice Denis, Bonnard, Vuillard, Marquet que viennent de rejoindre Jules Flandrin, Manguin, J'en passe qui ne sont pas des moindres.
Un cycle magnifique d'œuvres de Rodin, des travaux de Joseph Bernard, Marque, Halou, Contesse, Mme Bardey disent la gloire de la sculpture contemporaine. Demain nous aurons le Sculpteur romain de Bouchard.
Demain encore un beau meuble de Ruhlmann escorté de céramiques de Chaplet, Delaherche, Decœur et Massoul, amorcera un ensemble d'art décoratif contemporain.
Je le découvre avec remords, j'ai oublié de vous signaler nos mosaïques romaines, une sélection chatoyante
de verreries antiques, notre galerie du mobilier, nos dessins, nos gravures anciennes et modernes, et notre médailler, un des plus riches qui existent en France ; j'ai omis la sculpture du moyen âge et les peintres étrangers contemporains... Et nous voici, au moment de clore cette visite lacunaire et vertigineuse, arrêtés, sur le palier de l'escalier, dans une contemplation qui voudrait se prolonger sans limite, devant ce cycle de compositions sereines, l'Inspiration antique, l'Inspiration chrétienne, le Bois sacré cher aux Arts et aux Musées, le Rhône et la Saîne où Puvis de Chavannes a mis le meilleur de son noble et compréhensif génie.
Excusez le guide importun : il serait heureux s'il avait su vous inspirer le désir de consacrer quelques heures de loisir à la visite d'un des plus beaux, des plus accueillants et j'ajouterai des plus vivants musées de France.
Léon Rosenthal
Directeur des Musées de Lyon.
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L'ESTHÉTIQUE DE L'AUTOMOBILE
Nous assistons à la naissance d'une architecture de la mécanique.
Mais alors que le but des constructions monumentales est le beau prédominant l'utile, il n'en va pas de même pour cette nouvelle branche de l'architecture. Cependant, comme l'a écrit si justement M. Fernand Léger : la poussée à l'utile n'empêche pas l'avènement du beau.
Ainsi une automobile doit d'abord être utile, mais elle peut aussi être belle.
Sa beauté sera-t-elle en fonction de son utilité ou au contraire, l'artiste rencontrera-t-il davantage de difficultés pour atteindre une beauté des lignes à mesure que la voiture tendra vers sa perfection mécanique, un maximum de vitesse et de confort ?
Il semble que, sans vouloir étendre cette règle à d'autres machines, il faille, pour l'automobile, répondre affirmativement à la première hypothèse :
Plus l'auto a évolué vers son but utile, plus elle a gagné en beauté.
Lorsque, au début, les lignes verticales ont dominé, l'automobile était laide. On l'appelait la voiture sans chevaux. Si l'on cherchait l'animal qui devait traîner le nouveau véhicule ce n'était pas seulement par un effet de surprise venu de l'innovation scientifique mais aussi par une réflexion esthétique toute naturelle de l'œil cherchant à allonger cette boîte rapide mais haute.
Puis, on s'est aperçu que la plus grande partie de la puissance d'un moteur (les 3/4 environ à partir de la vitesse de 65 kilomètres) est employée à vaincre la résistance opposée par l'air quand l'automobile creuse son tunnel.
Il s'agissait donc d'éviter de présenter à l'air des surfaces dont l'importance ou la forme auraient constitué des résistances à l'avancement.
De ce souci est née la voiture actuelle.
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librées par les courbes ont domi- née, l'automobile est devenue belle. Telle a été la gran- de loi de l'évolu- tion de son esthé- tique.
ches, l'enlèvement rapide des four- nitures en vue du nettoyage. Ces modifications ont une répercussion sur l'esthétique intérieure et exté- rieure de la voiture. Nous nous propo- sons d'examiner dans un autre article l'esthétique de la carrosserie. Ne rete- nons pour le moment que cette idée
L'auto devient peu à peu un projectile habité, elle cherche ses formes dans la balistique. Elle s'abaisse, s'effile, s'ar- rondit. Du jour où dans un but de vitesse à atteindre, les lignes horizontales équi-
empruntée à M. Léger : si les parties peintes et absorbant la lumière ont une valeur architecturale, les parties nickelées où peut jouer la lumière, laissent place pour l'esprit à la fantaisie. L'acier a des beautés sans limites à côté du vermillon ou du bleu.
Ainsi, nous arrivons à la question d'une architecture mécanique poly- chrome. Là, se heurtent, comme dans tous les arts industriels la conception du tapissier et celle de l'ingénieur. Il y a d'un côté les artistes qui, sous prétexte que la machine crée des orne- ments, parent les formes des mille richesses qu'invente leur imagination et, de l'autre, ceux, épris de volumes purs, pour lesquels tout décor altère la beauté de la machine. Pour nous la puissance et la simplification géo- métrique des formes domine.
Cette tendance à la simplification gagne d'ailleurs, non seulement l'en- semble mais chacun des moindres organes de l'automobile : le moteur actuel est d'une coupe beaucoup plus sobre que celui d'avant- guerre, il est aussi plus sûr. Quant
Si un bouleversement se produit encore dans la fabrication de l'auto- mobile, il atteindra désormais la carrosserie pour la mettre, confortable et agréable, à la portée des bourses moyennes, puis des petites bourses.
Déjà, la carrosserie entièrement métallique prend le dessus. Ses avantages sont multiples : rapidité de fabrication, interchangea- bilité, le vernis au four, capable de remplacer la peinture à quatorze cou-
DES COMMANDES TRÈS SIMPLES, PRÊTES AUX GESTES RAISONNÉS... ET AUX RÉFLEXES
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LA « BALLOT » AU CONCOURS D'ÉLÉGANCE
aux moteurs, ils ne se distinguent plus entre eux que par les soupapes : Panhard les a supprimées, chez certains elles sont latérales, chez d'autres en tête, commandées par des culbuteurs avec arbres à cames au sommet ou par des arbres à cames à la base du cylindre. Ces détails techniques qui, n'ont pas leur place dans une étude de ce genre, n'en deviennent pas moins avec une rapidité prodigieuse, d'un exposé courant et quotidien. Il est curieux de constater en effet combien l'homme, après s'être intéressé à l'automobile, s'est habitué à elle et l'a fait entrer, par les comparaisons qu'elle provoque, dans l'ordre naturel.
Les monstres ont disparu. Les voitures de course, les autobus cessent d'être terrifiants ; vus du balcon, on pourrait les prendre par temps de pluie pour des limaces en promenade et, les jours de soleil, pour des coléoptères amoureux. Enfin chaque voiture a sa physionomie dans laquelle le capot joue le rôle du museau chez libre et
SERVO-FREIN ET CHANGEMENT DE VITESSES BALLOT.
l'animal : les petits taxis Citroën rappellent les fox, les vieilles voitures démodées les bulls et, les élégantes limousines évoquent la ligne du lévrier, le plus rapide de tous les chiens. La carrosserie tend à gagner de la place sous le châssis et la voiture pourrait avoir bientôt son point le plus élevé au sommet du capot. Quelles transformations en moins de vingt ans.
Toujours est-il qu'à l'heure actuelle la beauté d'une longue torpédo, miracle d'équilibre de puissance, n'est plus niable.
PAUL HAURIGOT.
LA « BRASIER » DE COURSE AU PESAGGE.
C'est grâce à la voiture de course, à la nécessité de diminuer la cylindrée, d'économiser l'essence et l'huile, et d'avoir un maximum de rendement pour un minimum de poids, qu'on est parvenu aux petites voitures légères et puissantes employées actuellement.
LA « 40 HP. RENAULT » AU CONCOURS D'ÉLÉGANCE
LA « DELAGE » AU CONCOURS D'ÉLÉGANCE.
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L'ART VIVANT
Photos Giraudon
RAPHAËL
Jusque vers la moitié du xixe siècle, la gloire de Raphaël connut un culte universel. A l'enthousiasme populaire se joignait l'admiration des artistes et des génies aussi divers que Rubens, Poussin, Rembrandt, Ingres. Delacroix ont laissé des témoignages de cette unanimité sans autre exemple dans l'histoire de l'art. Pourtant la passion critique qui anima le siècle dernier se défia de cette divinisation et corrigea les erreurs prestigieuses de Vasari. Les travaux de nombreux historiens apportèrent des éclaircissements décisifs. Mais de tout cet appareil démonstratif, de ces rectifications de dates, de ces précisions de voyages, la légende de Raphaël sortait épurée, sinon intacte. L'assaut des petites vérités, utiles certes, encore que grincheuses parfois, ne pouvait rien contre la vérité d'ensemble issue d'une œuvre et d'une vie qui, même réduite aux certitudes de l'histoire, provoque l'émerveillement, en dépit des critiques les plus justifiées.
A considérer le portrait de Raphaël par lui-même et tout ce que l'on sait de sa personne, on s'étonne qu'un être de complexion aussi frêle (un anthropologue étudiant le moulage de son crâne, dit M. S. Reinach, le prit pour celui d'une femme) ait accompli ou dirigé en si peu de temps les immenses travaux qui emplissent sa carrière. Pour lui, on aime que le mot génie s'accompagne d'une grâce toute d'efficace. Il faut se borner ici à l'essentiel. On verra pourtant que la carrière de Raphaël, dépouillée de son aspect de triomphe facile, qui en fait comme un archange de la peinture, gagne en sympathie humaine ce qu'elle perd de fabuleux. Car lui aussi connut des débuts difficiles, l'avenir barré par des maîtres
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