Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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P.-M. DUPUY. Vers les Cimes. PAUL-MICHEL DUPUY Né à Pau, ardent et volontaire, Paul-Michel Dupuy conserve quelque chose de la générosité du climat de son pays, alliée à une bravoure opiniâtre qui doit être aussi une qualité de terroir puisqu'on la retrouve jusque dans la race râblée et courageuse des chevaux de là-bas. Elève de l'Ecole des Beaux-Arts, il s'est pénétré de bonne heure de ce qu'il y avait d'essentiel dans la tradition. A l'encontre de tant de jeunes artistes qui, dès qu'ils se croient émancipés, ne savent que médire de leurs éducateurs, je ne l'ai jamais entendu parler de ses maîtres qu'avec une affectueuse reconnaissance. Ce trait de caractère me plaît. Sa gratitude n'est pas seulement faite de loyauté, elle est née d'une intelligence profonde du rôle de l'artiste et de l'essence de l'art. Il sait qu'être un élève digne d'un maître ce n'est point le pasticher; il sait que la connaissance de quelques canons et de quelques procédés ne constitue la tradition que pour des gens qui ont fait mépriser la tradition par leur incompréhension et leur inaptitude. La tradition telle qu'il la comprend, celle à laquelle il se soumet sans qu'en souffre le libre essor de son talent, c'est celle à laquelle tous les grands artistes ont demandé

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non pas un moule pour couler leur pensée, mais un soutien pour étayer leurs conceptions, une sorte de bâton de marche pour le voyageur en route à travers l'infini mystérieux de la création. De géniales mains tremblantes se sont passé la torche d'âge en âge et le monde n'a cessé d'avancer, les yeux fixés sur cette lumière vacillante qui marquait d'une courbe incertaine, à travers la nuit du temps, la poussée tâtonnante des humains à la poursuite de leur idéal. Laissera-t on éteindre la torche aujourd'hui pour rentrer dans la nuit et la diva- P.-M. DUPUY. Les Éléphants au Jardin d'Acclimatation. gation des premiers âges? Non! Si quelques artistes, troublés par leur vanité, ont gaspillé de beaux dons dans l'insouci d'approfondir, prenant leurs bégayements pour des manifestations du génie, il reste une cohorte de jeunes gens studieux, persuadés que la vie entière est une école où l'on n'a jamais fini d'apprendre. Ceux-là soutiendront de leurs mains élevées le luminaire d'art et sauront en confier la garde à leurs cadets. Dans ce bataillon sacré Paul-Michel Dupuy est de ceux qui s'efforcent avec le plus d'énergie vers l'expression de la beauté, et cette beauté suprême, il la recherche sans repos, dans l'étude toujours plus approfondie de la nature, avec une noble obstination dont nous avons vu se succéder dans les salons annuels les plus probants résultats. Certes! Il a subi, lui aussi, à l'Ecole de la rue Bonaparte, le contre-coup de certains préjugés. Il paya son tribut à des conceptions surannées, débutant au Salon de 1896 avec un Bon Samaritain et envoyant les années suivantes : Wotan et Erda dans Siegfried et Persée combattant le dragon. Mais il eut tôt fait de prouver que quelques erreurs

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L'ART DÉCORATIF 67 d'éducation n'entament point un artiste foncièrement original et qu'au contraire une solide base instructive lui reste, précieuse pour le développement de sa personnalité. L'Ecole des Beaux-Arts ne tue que les médiocres. Dès 1899, Paul-Michel Dupuy lâchait les sujets mythologiques ou légendaires pour obéir à ses goûts propres. Devant Guignol, nous montre en germe toutes ses qualités futures. On y trouve déjà une observation attentive et une délicieuse façon de noter la grâce et la gaucherie enfantines. Quels minois satisfaits, hypnotisés, réjouis, concentrés, devant ce théâtre minuscule, première leçon de la vie! En 1901, il expose Les Eléphants au Jardin d'Acelimatation qui lui valurent une troisième médaille et La Flotte au Luxembourg. Dans ces deux tableaux, ses dons se précisaient. De la rapidité dans la notation, de l'esprit dans la tache, une grande aisance dans la mise en toile, une diversité d'attitudes et de physionomies qui engendrent l'impression de la vie, une simplicité un peu brutale et colorée provenant de la hardiesse du pinceau et de la fermeté de la facture, tout cela se combinait dans une manière bien à lui qui devait trouver, l'année suivante, dans Le Luxembourg, soir d'automne, sa parfaite expression. Cette dernière toile, qui remporta la première des secondes médailles, est une œuvre savante, admirablement composée bien qu'elle donne l'aspect d'être directement surprise sur nature. Le peintre a pris pour thème ce jardin du Luxembourg dont l'incomparable ordonnance est à elle seule inspiratrice. Nous sommes en automne, à l'un de ces moments où le parc se revêt de la plus complète splendeur. Les rayons du soleil couchant baignent les rousses frondaisons de reflets d'or et de cuivre et s'attardent P.-M. DUPUY. Le Port Saint-Nicolas.

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sur les massifs fleuris. Le jet d'eau, comme une comète captive, se profile sur les harmonieux bâtiments du Sénat. Les grands vases et les statues, sur les terrasses, piquent dans les fonds une note pâle et idéale, quelque chose comme le serein sourire des arts, tandis que s'ébat à nos pieds, sous la surveillance des nounous placides, une enfance insouciante et animée. Le contraste est riche de pensers et de philosophie entre ce décor du passé, lourd d'histoire et de rêves, et les jeux naïfs de bébés qui sont un peu de l'avenir. Un grand charme se dégage de cette toile qui recueillit tous les suffrages de la critique. Notre confrère Thiébault-Sisson saluait en elle une des meilleures pages du Salon, M. Gustave Geffroy en louait l'heureuse franchise et le doux éclat, M. Roger-Milès la disait une œuvre bien composée et bien vivante, enfin M. Sarradin écrivait de P.-M. DUPUY. Au Luxembourg : La Flotte. P.-M. Dupuy dans Les Débats : « Il s'est installé au jardin du Luxembourg, et il a entrepris d'en rendre tous les aspects et toute la vie. » En effet, Dupuy avait fait du Luxembourg son quartier général. Des mois durant, il y puisa la matière de compositions adorables fraîches et embaumées de jeunesse. Nul n'a mieux que lui dépeint le pittoresque reposant des nourrices que leurs pèlerines et leurs grands rubans font ressembler à des vierges de procession, la délicatesse de l'heure rose sur les parterres, les caresses de la lumière tachant les allées et surtout nul n'a mieux observé les petites existences turbulentes ou réfléchies, la foule des bambins, des gamines et des babies qui gravitent autour des mères prudentes et attentionnées. Les mille petits drames dont sont spectateurs les quinconces et les boulingrins, il les a observés et rendus, sans jamais tomber dans le tableau de genre, avec une sympathie souriante, celle que le Coppée des Intimités portait au jardin populaire. L'année suivante, en 1903 P.-M. Dupuy remportait un nouveau triomphe avec

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L'ART DÉCORATIF 69 P.-M. DUPUY. Les Vendanges. --- Le Parterre du Luxembourg (Musée de Reims). M. Péladan, qui abomine la réalité, s’effarait. « Par le bon plaisir de M. Dupuy, les nourrices entrent dans l’art avec les babys (sic) », s’exclamait-il, en ajoutant : « Jadis, on aurait égrené les amours du parloir de l’abbesse à Parme ou la bacchanale d’enfants du Sazana, à Gênes!... Il faut bien mépriser son art pour lui faire refléter la rue! » M. Péladan ne saurait sans aucun doute compter les chefs-d’œuvres qu’en conformité avec sa doctrine il faudrait supprimer de l’histoire de l’art. « Les pompiers sont de nobles gens, dit-il, et qui marchent d’un pas rythmique de gymnastes : toutefois on aurait tort de les substituer aux nus de David et aux dépouilles opimes d’Ingres! » M. Péladan oublie que Rembrandt, qui fit entrer dans l’art de simples drapiers, a exécuté un certain chef-d’œuvre avec une ronde de gardes civiques. Les artistes de tous les temps ont regardé vivre autour d’eux et se sont servis dans leur œuvre des éléments recueillis, et j’avoue ne pas comprendre pourquoi le groupe d’une nourrice avec son poupon ne pourrait nous émouvoir autant qu’une vierge à l’enfant. Toute question de métier à part, ce n’est pas le sujet qui fait la qualité du tableau, c’est ce que le cœur et l’esprit de l’artiste ont su y enclore de sentiment et de caractère. Les nourrices et les babies de M. Dupuy n’ont pas besoin d’être défendus, cependant, je puis dire qu’à l’époque où ils parurent, Jean Lorain, avec son esprit d’une si large compréhension artistique et d’une si subtile intuition, les vengeait publiquement des appréciations sévères, en évoquant devant cette toile si solide et si éclatante le souvenir de Courbet.

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L'ART DÉCORATIF Le danger était que l'artiste rencontrant l'approbation publique se spécialisât et se condamnât lui-même à ne plus peindre que des enfants dans des promenades. Il ne faudrait pas connaître le tempérament toujours avide de recherches nouvelles de P.-M. Dupuy pour penser qu'il ait pu une minute accepter délibérément une entrave à sa liberté créatrice. Il allait tenter l'aventure du succès avec d'autres sujets très différents et s'y tailler un coin bien à lui du premier coup. En 1904, il décrivait le typique milieu des mariniers avec Au canal Saint-Martin et Bateliers au Port Henri-IV, toile acquise par la Ville de Paris et placée au Petit Palais. Avec la même sincérité qu'il avait dépeint les gracieux ébats de l'enfance, il avait observé et traduit avec robustesse et souple franchise l'existence intime sur les péniches, le mouvement des chalands sur les lentes eaux des canaux ou du fleuve. Il devenait le peintre du travail ouvrier, du sain labeur, des besognes familières. Il pouvait là aussi en acceptant de piétiner se faire une notoriété facile. Mais P.-M. Dupuy, qui avait saisi dans leur fruste poésie les spectacles plébéiens, allait être tenté, contraste tout à fait dans sa nature inquiète et mobile, par un motif d'élégance et de luxe, et il montrait au Salon de 1905 deux silhouettes de jeunes femmes heureuses de vivre, gravissant l'escalier d'une jetée sur un fond de mer aussi opulent que leurs toilettes, l'une blanche et l'autre noire, enlevées avec une hardiesse commandée par la netteté de la vision. Pas de mièvreries dans cette interprétation, mais une grâce naturellement éclosse, une richesse qui vient de la matière plus encore que des accessoires et toujours un sentiment décoratif qui fait que l'artiste joue bellement des volumes et des colorations. Ce tableau intitulé Femmes devant la mer est actuellement au Musée du Luxembourg. De plus en plus, tout en exécutant de beaux portraits ou de brillantes fantaisies comme cette Femme au Perroquet que nous reproduisons, il évoluera vers les grandes pages décoratives. En 1906, Vers les Cimes avait attiré l'attention de M. Dujardin-Beaumetz. Avec sa perspicacité toujours en éveil, le Sous-Secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts avait découvert en P.-M. Dupuy l'homme fait pour s'attaquer aux vastes surfaces. Il résolut de lui confier les murs d'une salle du Ministère de l'Agriculture et nous pûmes voir dans de successifs Salons les principaux épisodes de cette décoration : en 1907, Le Blé, en 1908, A la Montagne, en 1909, Les Vendanges. Dans cet ensemble que complète un quatrième panneau avec une scène champêtre, P.-M. Dupuy a pu développer toutes ses qualités. Il s'y montre un maître dans l'agencement des groupes et des terrains. Ses compositions s'ordonnent avec pondération et sont exécutées avec une assurance qui se joue des difficultés ! Le Blé est une ode magnifique. Un sentiment intense de la vitalité de la terre et du rôle social des paysans s'inscrit dans cette belle page, où les masses des personnages et les parties aérées s'équilibrent savamment. La vie s'exprime dans un généreux élan. Des paysannes s'affairent emplissant des sacs de grain frais émondé, des meules se dressent, un homme active au milieu de ce travail incessant des attelages de bœufs superbement établis. Tout cela respire la force et la santé et glorifie sans vaine éloquence le labeur campagnard. La bordure d'épis en gerbes magistralement traitée est une splendide chose ornementale où s'avère le tempérament de décorateur de l'artiste. Brillant et emporté

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L'ART DÉCORATIF 71 dans Le Blé et Les Vendanges, P.-M. Dupuy devient élégiaque et mélancolique dans L’Idylle dans la Montagne. Il chante là le poème des cimes. C’est l’amoureux duo sur les monts dans le troublant silence du clair de lune. Les chèvres bondissent et broutent autour du pâtre et de la bergère devant l’immense solitude pyrénéenne, mais le cœur P.-M. DUPUY. L’Idylle dans la montagne. des amants est dans cette minute plus grand que cet infini qu’ils contemplent. Une très forte impression émane de cette fresque qui prend tout son effet dans son emplacement définitif. Après ce bel effort décoratif du Ministère de l’Agriculture, nous sommes en droit de beaucoup attendre de P.-M. Dupuy qui s’affirme chaque année davantage parmi les peintres de son alerte génération comme un des plus virils et des mieux doués pour une route longue et glorieuse. Son endurance, la franchise de sa nature bouillon-

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L'ART DÉCORATIF nante, ses enthousiasmes énergiques qui sont la floraison de la force, lui constituent un précieux viatique que n'épuiseront point de sitôt la dure lutte pour l'existence, les déceptions, le spectacle quotidien des vilenies et des injustices. A notre époque où, nonobstant l'éclosion de vigoureux tempéraments, la névrose, le sadisme artistique, l'onanisme cérébral, la poursuite à tout prix de l'originalité si souvent remplacée par de burlesques et attristantes charentonnades, envahissent le domaine des arts, l'œuvre de Paul-Michel Dupuy s'offre comme un exemple de santé et de robustesse. On s'arrête devant ces toiles fortement conçues, composées avec la raison, exécutées avec le cœur, comme on ferait halte à l'orée d'une oasis après une exténuante déroute à travers les sables ophtalmiques du désert. Yvanhoë Rambosson.

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F. LE CŒUR, architecte. RUDNICKI, peintre-décorateur. La Salle à manger. Les nouveaux Bâtiments du Ministère des Postes et Télégraphes C'est à M. Edmond Pottier, le distingué et très aimable érudit dont le dévouement est entièrement acquis à l'éducation artistique de l'enfance, que je dus de visiter avec mes collègues du Comité de l'Art à l'École, les nouveaux bâtiments dans lesquels le ministère des Postes et Télégraphes vient d'installer, cité Martignac, les services des mandats ; car l'auteur de ces constructions modernes, M. François Le Cœur est un modeste qui a pour principe de mettre à exécution les unes après les autres toutes ses bonnes intentions architecturales sans les claironner aux éohos d'alentour. Il ne semble pas, tout d'abord, qu'il existe un rapport bien visible entre l'Art à l'Ecole et le service des mandats postaux. Cependant quand on apprend que le tri de ces mandats est exécuté par des femmes, que l'Administration, en bonne mère de famille qui ne veut pas séparer ses employées de leurs enfants, offre à ces derniers

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L'ART DÉCORATIF F. LE CŒUR, architecte. Angle d'une salle de travail. l'hospitalité de son sein officiel, et qu'enfin M. Le Coeur lui-même s'est montré le plus paternel des architectes en disposant et aménageant ses bâtiments pour le bien-être et le plaisir de cette petite classe, on saisit alors aisément tout l'intérêt que la Société philanthropique qui veut les locaux scolaires aérés, sains et souriants, pouvait rechercher dans la louable tentative de cet artiste. Certes, le ministère des P. T. T., comme on est convenu de l'appeler familièrement, est le département de notre administration nationale qui me semble avoir fait, ces derniers temps, le plus grand effort en vue de l'aménagement pratique, hygiénique et esthétique des succursales de ses services; le besoin, il est vrai, s'en faisait depuis longtemps sentir. Aujourd'hui, plus d'un bureau de poste à Paris, avec plus de confort, plus de lumière et moins de nids à microbes, est orné, suivant le goût nouveau, de peintures claires facilement lavables, de frises légères, de revêtements et de dallages en grès ou en pâte de verre qui sont du meilleur effet. Quelques-uns de ces bureaux, il faut l'avouer, n'ont pas été dotés du décor discret que nous leur aurions souhaité, mais d'autres ont bénéficié plus heureusement, quoique un peu trop luxueusement peut-être, du talent d'architectes personnels comme M.René Binet; cependant, tous, en réalité, n'ont subi avec plus ou moins d'originalité, que des travaux de transformation, de « retapage », en des locaux déjà existants. Il n'en est pas de même de la construction qui est le sujet de cette étude ; car, jouissant de cette liberté relative, toujours accordée parcimonieusement par l'administration à ses architectes et avec des ressources également administratives, c'est-à-dire toujours restreintes quand il s'agit d'un travail d'utilité publique, M. Le Coeur a pu, néanmoins, concevoir une œuvre intéressante, capable de répondre parfaitement aux besoins auxquels elle est destinée.

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L'ART DECORATIF Page 77 Réflecteur à pans d'opatine et décoration du plafond. Et c'est, il me semble, ce dont il faut féliciter avant tout cet artiste à une époque où tant de grands et de petits palais, coûteux à l'exces, dissimulent derrière une façade prétentieuse le ridicule de locaux inutilisables; quand en revanche est impitoyablement dédaigné un monument dont la conception raisonnable et savante, entravée par mille complications d'exécution sur un emplacement déplorable, a coûté une persévérance de travail et de patience peu commune, à l'un de nos maîtres. Salle de travail. F. LE CŒUR, architecte. RUDNICKI, peintre-décorateur.