Extrait
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
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L'ARCHITECTE
REVUE MENSUELLE DE L'ART ARCHITECTURAL PUBLIÉE AVEC LE CONCOURS DE LA SOCIÉTÉ DES ARCHITECTES DIPLÔMÉS PAR LE GOUVERNEMENT
COMITÉ DE DIRECTION
- MM. ARFVIDSON
- J. AUBURTIN
- LOUIS-H. BOILEAU
- LOUIS BONNIER
- BOUWENS DE BOIJEN
- A. DEFRASSÉ
- AD. DERVAUX
- TONY GARNIER
- L. GODEFROY
- CH. LETROSNE
- PIERRE PATOUT
- CH. PLUMET
- H. SAUVAGE
- LOUIS SOREL
- ANDRÉ VENTRE
Rédacteur en chef : Michel ROUX-SPITZ
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NOUVELLE SÉRIE
3° ANNÉE N° 4
AVRIL 1926
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SOMMAIRE
TEXTE
LES APPLICATIONS DOMESTIQUES DE L'ÉLECTRICITÉ (à suivre) . . . M. Corbiot.
PLANCHES
Pl. 19 à 21. — L'église du Mont Högalid (Suède) ...
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LES APPLICATIONS DOMESTIQUES DE L'ÉLECTRICITÉ
Nous avons montré que l'énergie électrique n'était applicable au chauffage des habitations qu'à la condition de pratiquer l'accumulation de chaleur pendant la nuit, ou de bénéficier des tarifs très réduits que peuvent accorder, à certains moments, les usines hydro-électriques.
Si l'électricité, en raison de son prix élevé, est incapable de concourir économiquement au chauffage des habitations, elle peut par contre, rendre de précieux services dans le domaine de l'économie domestique.
APPAREILS DE CUISINE ET DE BUANDERIE
La première et la plus importante de ces applications est assurément celle de la cuisine électrique. L'idée d'employer la chaleur dégagée par une résistance parcourue par un courant n'est pas nouvelle, et dès l'invention de la dynamo on a cherché à utiliser l'énergie électrique pour préparer les aliments. Mais c'est seulement durant ces dix dernières années que ce mode de préparation de la nourriture a fait de notables progrès, et plus particulièrement en Amérique.
La crise de la domesticité qui s'est fait sentir dans ce pays, bien avant que nous eussions à la subir nous-même, a grandement facilité cette évolution.
La cuisine électrique simplifie en effet la besogne de la maitresse de maison, qui doit assurer elle-même tous les soins du ménage.
Le réchaud électrique est léger, propre, commode, et d'un maniement facile. Il permet au surplus de confectionner certains plats sur la table même de la salle à manger, en présence des convives.
Dans beaucoup d'intérieurs américains, le fourneau électrique a remplacé l'antique cuisinière chauffée au charbon, et même le réchaud à gaz, pourtant si pratique et si économique.
Il n'entre pas dans le cadre de cette étude de décrire les nombreux modèles de cuisinières électriques qu'on trouve maintenant dans le commerce. Nous dirons seulement que la forme la plus habituelle de ces appareils est celle de meubles en fonte grise émaillée, de couleur claire, qui peuvent se déplacer facilement dans la cuisine et dont le nettoyage est extrêmement aisé.
Un four pour la fabrication des rôtis ou la confection de la pâtisserie est ordinairement disposé au centre de l'appareil. Ce four est chauffé dans le fond et sur les côtés, et très souvent même à la partie supérieure, ce qui assure une cuisson parfaitement régulière des aliments.
Les résistances chauffantes sont ordinairement constituées par des fils noyés dans une matière isolante, ou protégés par des tubes de quartz infusibles. Ces résistances sont groupées de telle manière qu'on peut modérer à volonté l'allure du foyer en faisant fonctionner une manette ou des commutateurs placés sur le devant de la cuisinière.
Dans un appareil bien conditionné, les résistances de chauffage doivent être constituées d'une façon robuste et être facilement remplaçables. Ce point est capital, et l'on ne saurait trop attirer l'attention de ceux qui veulent faire usage du chauffage électrique sur l'insuffisance de certains modèles, qui sont rapidement mis hors de service par suite de la rupture des résistances.
A côté de la cuisinière électrique, il existe un grand nombre d'appareils portatifs qui permettent de préparer rapidement et commodément le thé ou le café, ou qui servent à rôtir le pain sur la table.
Pour chauffer l'eau, on utilise maintenant d'une façon très courante, les bouilloires électriques qu'on trouve dans le commerce à un prix très modique.
Ce n'est pas seulement dans la préparation des aliments que l'électricité peut apporter un concours précieux à une maitresse de maison avisée. Il est en effet une besogne fort peu agréable pour elle : c'est le nettoyage de la vaisselle.
Les appareils électriques à laver la vaisselle se composent généralement d'une boîte métallique dans laquelle est placé un support qui reçoit les ustensiles à nettoyer. L'eau chaude, envoyée par une petite pompe électrique, est projetée sur les pièces à laver qui sont ensuite séchées par un courant d'air chaud produit par un ventilateur électrique.
Si de la cuisine nous passons à la buanderie, nous trouvons d'autres appareils où l'électricité peut apporter un utile concours. Il faut tout d'abord citer la machine à laver le linge.
Il existe à l'heure actuelle de nombreuses machines établies en vue de réduire le travail pénible qu'entraîne le lavage du linge. Les principes sur lesquels repose le fonctionnement de ces appareils diffèrent suivant les constructeurs. Tantôt on effectue un barbotage sous l'action de palettes tournantes, tantôt au contraire, on produit
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un malaxage au moyen d'un tonnelet cylindrique animé d'un mouvement de rotation. Toutes ces opérations, pour être efficaces, exigent des mouvements de sens alternatif et c'est ici que l'ingéniosité des constructeurs s'est efforcée de réaliser des dispositifs mécaniques appropriés.
Pour actionner électriquement les machines à laver le linge, il suffit d'un petit moteur d'une puissance de 1/6e de cheval qui ne consomme donc pas plus que quelques lampes. On peut dire que la dépense de courant est infime et qu'elle n'entre pas en ligne de compte, même si ce moteur est branché sur le réseau de lumière de l'immeuble.
Comme les machines à laver la vaisselle, les machines à laver le linge sont d'un prix élevé, mais il est probable que leur développement amènera leur construction en série, et qu'alors les prix pourront en être très notablement abaissés.
Du reste, la difficulté où l'on se trouve, même à la campagne, de recruter des personnes capables d'exécuter ce travail pénible, va obliger tous ceux qui ont une certaine aisance et qui disposent de l'électricité, à faire usage des lessiveuses électriques.
A côté de la machine à laver le linge, et ordinairement au-dessus d'elle, on place une machine à essorer qui prépare le travail de séchage et qui complète avantageusement l'opération du lavage.
Le fer à repasser est le complément indispensable de la machine à laver. Son développement a pris, même à la campagne, un essor considérable.
D'excellents fers à repasser existent sur le marché. Leur aspect extérieur répond à une construction bien comprise. Les connexions sont judicieusement établies, et leur rendement est très élevé.
Ces fers possèdent généralement un dispositif dit « repose-fer », qui permet de les redresser lorsque le travail de repassage est momentanément suspendu et qui évite ainsi tout accident aux pièces de linge disposées sur la table.
On a étudié des dispositifs automatiques permettant de couper le courant lorsque le fer n'est plus employé, mais jusqu'ici les systèmes imaginés n'ont pas donné entièrement satisfaction.
NETTOYAGE DES LOCAUX
Pour le nettoyage des locaux on fait usage de l'aspirateur de poussière et de la machine à cirer.
L'aspirateur de poussière est maintenant trop répandu pour qu'il soit nécessaire de le décrire.
Malheureusement, son prix relativement élevé en retarde l'emploi.
Les aspirateurs se rattachent à peu près tous à deux types, qui diffèrent principalement par le genre de récipient qui sert de collecteur à la poussière. Tantôt c'est un réservoir métallique amovible, tantôt c'est un sac imperméable à l'air et à la poussière, sac qui est suspendu à l'aspirateur.
Les moteurs des aspirateurs fonctionnent indifféremment sur le courant continu et le courant alternatif, et leur consommation ne dépasse pas 150 à 350 watts, suivant les modèles.
Ces appareils comportent ordinairement un ajustage supplémentaire qui permet de refouler de l'air au lieu de l'aspirer, ce qui facilite certains nettoyages, au moyen d'un jet d'air comprimé.
La circuse électrique n'est pas encore très développée, mais il est hors de doute que lorsqu'on sera arrivé à un modèle pratique, son emploi se répandra de plus en plus.
En principe, l'appareil est constitué par une ou plusieurs brosses animées d'un mouvement de rotation ou d'un mouvement alternatif. Ces brosses qui effectuent le polissage du plancher sont mises en action au moyen d'un petit moteur électrique placé au-dessus de l'appareil.
Jusqu'ici, les circuses électriques sont surtout employées pour le nettoyage des grands appartements, et lorsqu'il n'y a pas lieu de prévoir des déplacements d'appareils d'étage à étage.
APPAREILS DE TOILETTE
Si maintenant nous passons dans le cabinet de toilette, nous y trouvons tout d'abord une série de petits appareils utilisés dans la toilette féminine : producteurs d'air chaud pour le séchage de la chevelure, fers à friser et à onduler, vibro-masseur, brûle-parfums. Tous ces accessoires sont ordinairement bien présentés et bien construits ; leur consommation est généralement très minime.
Mais c'est surtout le chauffe-eau et le chauffebain par accumulation qui doivent retenir notre attention.
Le chauffe-eau à accumulation est constitué comme l'indique la figure 44 par un réservoir A avec deux parois entre lesquelles est interposé un bon calorifuge (généralement des fragments de liège).
Ce réservoir est normalement rempli d'eau. A cet effet, il est raccordé au moyen d'un tuyau D avec une conduite d'eau ou un réservoir sous
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pression. A la base de l'appareil se trouve l'appareil de chauffage électrique C raccordé avec le réseau de distribution. L'évacuation de l'eau chaude se fait au moyen d'un tube B qui traverse le fond inférieur de l'appareil et qui s'élève jusqu'au fond supérieur.
Ceci posé, le fonctionnement de l'appareil est le suivant. Dès qu'on ouvre le robinet R, l'eau chaude s'écoule par le tube B parce qu'elle est chassée sous l'effet de la pression qui règne dans la canalisation d'eau froide; mais grâce à la disposition choisie, l'appareil est toujours rempli d'eau. Les différentes couches ne se mélangent presque pas et l'eau froide n'influence les couches supérieures d'eau chaude que très lentement.
L'appareil est complété par un régulateur automatique de température qui arrête le courant électrique dès que l'eau est suffisamment chaude. Après de nombreux tâtonnements, l'industrie est arrivée à produire de bons régulateurs à un prix abordable.
Le chauffe-eau à accumulation est surtout recommandable lorsqu'on peut obtenir un tarif réduit pour l'énergie consommée pendant la nuit. L'installation est alors complétée par un interrupteur horaire qui actionne automatiquement un disjoncteur à des heures fixées d'avance. Pratiquement voici comment les choses se passent: l'interrupteur est fermé automatiquement à la fin de la soirée; l'eau s'échauffe durant la nuit et le courant est coupé dès que la température de l'eau contenue dans l'appareil atteint environ 95°. La température de l'eau reste sensiblement constante pendant le reste de la nuit grâce à la présence du calorifuge dont il a été question précédemment. On peut donc disposer dès le matin suivant les dimensions de l'appareil, de 20 à 100 litres d'eau chaude.
Les appareils de cette capacité sont ordinairement scellés au mur. Lorsqu'il s'agit d'eau chaude pour les bains, on utilise des appareils plus volumineux pouvant donner de 100 à 1200 litres.
La figure 45 représente une coupe de ces appareils et la figure 46 l'installation dans un sous-sol d'un chauffe-eau à accumulation alimentant à la fois une baignoire et un lavabo.
M. CORBIOT.
(A suivre).
Fig. 44.
LES APPLICATIONS DOMESTIQUES DE L'ELECTRICITE.
Chauffe-eau à accumulation.
Fig. 45.
LES APPLICATIONS DOMESTIQUES DE L'ELECTRICITE.
Chauffe-eau à accumulation.
Fig. 46.
LES APPLICATIONS DOMESTIQUES DE L'ELECTRICITE.
Chauffe-eau à accumulation.
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L'ARCHITECTE
EXPLICATION DES PLANCHES
PLANCHES 19 à 21. — L'Église du Mont Högaldid (Suède). — IVAR TENGBOM, architecte.
« La longue durée des travaux a permis de faire pour cette église une étude plus approfondie et plus réfléchie que celles qui se font habituellement à notre époque d'agitation fiévreuse », écrit l'architecte de ce monument dans le Livre d'Or publié pour l'inauguration en juin 1923. Ce qui frappe en effet dans cette belle église, c'est tout d'abord sa parfaite et vigoureuse unité : l'architecte a pris le temps de mûrir sa pensée et toute sa construction, jusqu'aux moindres détails de la décoration et du mobilier, s'organise autour d'une idée centrale. Rien n'a été laissé au hasard. Voilà qui exclut tout à fait la fantaisie, et qui, peut-être, donne à l'ensemble quelque sévérité. Mais, en revanche, quelle forte impression de cohésion, de simplicité et de noblesse ! C'est un exemple excellent des tendances actuelles de l'architecture suédoise, traditionnelle et moderne à la fois ; il faut en rapprocher le palais de l'Exposition des Arts décoratifs et l'Hôtel de Ville de Stockholm, que nous avons publiés cette année.
L'église se compose d'une seule nef, très large, voutée sur croisées d'ogives. La poussée de la voûte est supportée par des contreforts placés à l'intérieur, ce qui ménage au droit de chacune des fenêtres une profonde arcade. Une galerie, traversant ces contreforts, court au pied des fenêtres, parallèlement à chacun des côtés de la nef. Cette disposition, que l'on retrouve chez nous au Moyen âge, dans l'école romane poitevine, donne à la perspective de la variété et de la profondeur, tout en distribuant à l'ensemble un jour tamisé. Une chapelle haute contient les fonts baptismaux ; la sacristie se trouve au premier étage d'une des tours, au niveau de la chaire.
La tribune des orgues, placée au-dessus de l'entrée, est assez étroite, de façon à laisser à la nef toute son ampleur et à ne pas nuire à l'impression d'ensemble. Elle communique avec un couloir acoustique situé à la hauteur des retombées des voûtes, le long de la nef, sur laquelle il ouvre par des baies géminées. « Cet intérieur forme le noyau de l'édifice, autour duquel le reste est venu s'ajouter pour former un tout organique ; le rythme de la voûte principale, répété dans les arcades des fenêtres et les ouvertures des contreforts, les nuances monotones de la maçonnerie des murs, tout cela donne une sensation de calme, de silence et de tranquillité ».
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La façade reproduit les dispositions intérieures de la nef: une fenêtre haute et étroite, trois portails à voussures profondes, celui du milieu plus élevé. Devant s'étale un large escalier.
La nef est couverte de grandes tuiles plates unies; les deux tours, dont l'une, celle du Sud, est plus ajourée et porte les cloches, ont un couronnement de cuivre.
Enfin la décoration se compose principalement, à l'intérieur de peintures à la détrempe, aux portails de la façade, de sculptures de granit. Leur symbolisme correspond à l'idée générale qui a présidé à la construction de l'édifice. Voici ce qu'en dit encore l'architecte:
«Les deux idées dominantes de l'église sont rappelées ici. D'un côté se trouve la porte de la Loi, de l'autre la porte de l'Evangile; entre les deux, et plus haute qu'elles, s'élève la porte de la Vie. Sur les voussures de celle-ci sont sculptés des motifs qui rappellent l'histoire de la création: on voit sur terre des plantes et des animaux; au-dessus, la lune et les planètes; au sommet de l'arc se dresse le symbole de la lumière et de la chaleur représenté par le signe du soleil. Au-dessus de la porte de la Loi on voit l'apôtre Ansgar, au-dessus de celle de l'Evangile le prédicateur Olaus Petri. Les initiales de leurs noms, A et Ω, gravées au-dessus, complètent le cercle de la pensée. Autour d'Ansgar se lisent les noms des plus illustres docteurs de l'église suédoise du Moyen âge, autour d'Olaus Petri ceux des hommes qui y jouèrent un rôle prépondérant après la Réforme.
Lorsque la porte centrale s'ouvre, c'est d'abord le dôme élevé du chœur qui frappe les regards. Des deux côtés des piliers massifs marquent les deux tours, consacrées l'une
Fig. 48. — L'église du Mont Högalid (Suède). Coupe sur la nef.
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Fig. 49. — L'église du Mont Högalid (Suède). Façade.
à la Loi, l'autre à l'Evangile. De ces deux points de départ la pensée aboutit au sommet du triangle où viennent se réunir toutes les lignes, le point final, l'image du Sauveur crucifié au-dessus de l'autel, en avant du chœur. Ainsi la Loi et l'Evangile semblent s'avancer comme deux lignes parallèles traversant l'univers».
Nous avons transcrit ce long passage du Livre d'Or publié par M. Tengbom pour montrer avec quelle clarté la netteté et la force d'une pensée directrice peuvent se lire sur un monument. Il semble que de nous-mêmes, rien qu'à regarder les vues de l'église du Mont Högalid, nous aurions reconnu la marque d'une idée maîtresse : il n'en est que plus intéressant d'entendre de l'architecte lui-même un exposé du principe qui a guidé son travail.
Sans doute il ne nous dit pas tout : nous ignorons, comme pour toute œuvre d'art, par quel procédé la pensée a pu ainsi prendre forme, s'imprimer dans la matière, et l'artiste ne saurait, par des mots, traduire cette élaboration mystérieuse. Pourtant c'est là l'essentiel du travail artistique. Nous sentons qu'un architecte français, allemand, hollandais, auraient exprimé la même idée de façon bien différente. Pourquoi l'église de M. Tengbom nous apparaît-elle comme si suédoise, si voisine des autres monuments suédois anciens et modernes que nous connaissons? Ressemblance évidente, et qui cependant défie l'analyse : ainsi que le notait dernièrement un des collaborateurs de cette revue, rien n'est moins suédois que les éléments de l'architecture suédoise, puisés à tous les styles, à toutes les époques. Nous sommes heureux de donner ici cette nouvelle preuve que l'originalité, la puissance d'un artiste (ou de l'art d'un pays) ne se mesure pas à la nouveauté des formes qu'il a mises en circulation : vieilles ou neuves, ces formes se valent toutes ; mais il faut que l'âme y soit. Le préjugé du «moderne» ne résiste pas à l'examen (pas plus d'ailleurs celui de «l'ancien»).
M. Tengbom a apporté au choix du mobilier un soin égal à celui qu'il avait mis à dresser le programme de la décoration. C'est qu'en effet ce mobilier, dit-il, «doit s'adapter à l'ensemble comme un maillon dans une chaîne» : il en a réglé les motifs et la couleur, il l'a utilisé pour l'effet général. Les bancs, la chaire, la boiserie des orgues ont été exécutés sur ses dessins par un même fournisseur.
On voit jusqu'où a été poussé le souci de l'unité ; un peu loin peut-être, et nous voudrions voir l'église pour nous assurer que l'architecte a bien su se garder de l'uniformité. En tous cas il a élevé là un monument remarquable et du plus haut intérêt.
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PLANCHES 22 à 24. — Hôtel particulier à Neuilly. — P. Patout, architecte (D. P. L. G.).
Hôtel particulier situé près d'un parc dans un terrain lui-même boisé sur lequel existait une habitation modeste, qu'il fallait conserver et remettre en état pour les services de cuisine et de chauffage et les chambres secondaires.
Il s'agissait d'obtenir, grâce à une dépense peu élevée une habitation comportant : une antichambre avec vestiaire et lavabos joignant les offices, une grande pièce de réception formant hall avec coin de repos et coin de feu, fontaine, salle à manger, deux chambres avec salles de bains, salle d'habillage, atelier, un petit escalier de service en tire-bouchon reliant une des chambres avec les lingeries ; celles-ci se trouvent dans les combles et communiquent avec l'ancienne petite maison contenant les services.
La couverture est en tôle ondulée, afin de réduire les dépenses et d'imprimer à toute la construction un caractère plus léger.
Les façades sont en enduits peints. Les garages des autos se trouvent dans une ancienne remise.
L'architecte a cherché des oppositions de masses ;