Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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L'ARCHITECTE REVUE MENSUELLE DE L'ART ARCHITECTURAL PUBLIÉE AVEC LE CONCOURS DE LA SOCIÉTÉ DES ARCHITECTES DIPLÔMÉS PAR LE GOUVERNEMENT COMITÉ DE DIRECTION - MM. ARFVIDSON - J. AUBURTIN - LOUIS-H. BOILEAU - LOUIS BONNIER - BOUWENS DE BOIJEN - A. DEFRAASSE - AD. DERVAUX - TONY GARNIER - L. GODEFROY - CH. LETROSNE - PIERRE PATOUT - CH. PLUMET - H. SAUVAGE - LOUIS SOREL - ANDRÉ VENTRE Rédacteur en chef : Michel ROUX-SPITZ --- NOUVELLE SÉRIE 3° ANNÉE N° 2 FÉVRIER 1926 --- SOMMAIRE TEXTE LA MÉTROPHOTOGRAPHIE APPLIQUÉE À L'ARCHITECTURE (fin) . . . . . . . . . . . . H. DENEUX. PLANCHES Pl. VII et VIII. — Exposition de Grenoble : Pavillon des grands réseaux de chemins de fer français . . . . . . . . . . . . R. EXPERT. Pl. IX à XI. — Shelton Hôtel à New-York. . . . . . . . . . . . A. HARMON. Pl. XII. — Villa à Vaucresson. Le Corbusier et P. JEANNERET. Un numéro : France, 12 frs. — L'abt (12 nos) : France, 120 frs. L'abt Étranger : 1° Allemagne, Argentine, Autriche, Belgique, Congo Belge, Bulgarie, Canada, Chili, Cuba, Espagne, Estonie, Etats-Unis, Colonies Américaines, Ethiopie, Grèce, Hongrie, Italie et Erythrée, Lettonie, Luxembourg, Paraguay, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, Roumanie, Suède, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, U.R.S.S., Uruguay, Yougoslavie. 140 frs. 2° Autres pays . . . . . . . . . . . . 150 frs. --- ÉDITIONS ALBERT LÉVY 2, RUE DE L'ÉCHELLE — PARIS (1er) Tél. : Louvre 33-87. Chèques postaux 6690. R.C. Seine 64-696

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L'ARCHITECTE LA MÉTROPHOTOGRAPHIE APPLIQUÉE À L'ARCHITECTURE (Fin.) Restitution d'une surface horizontale irrégulière. Emploi du treillis perspectif. Dans le cas d'une figure très irrégulière comme la photographie d'un lac à restituer en géométral (fig. 12) nous commençons par établir un treillis perspectif sur la configuration du lac, puis, après avoir restitué le géométral de ce treillis (fig. 13) nous recherchons le passage du contour irrégulier dans les différents carrés pour les reporter sur le treillis en géométral. Cette méthode a beaucoup d'analogie avec le procédé de mise au carreau, employé par les peintres, pour réduire ou agrandir leurs dessins. Le principe est le même, la seule différence consiste, ici, à tracer l'un des treillis en perspective. Restitution de la vraie grandeur d'un angle situé dans un plan quelconque par rapport au tableau. Soit (fig. 14) l'angle $abc$ dont il s'agit de déterminer la vraie grandeur. Cherchons le point de fuite de l'horizontale $ac$ , soit F sur HH'. Comme les lignes $ab$ et $bc$ appartiennent au même plan vertical que $ac$ , le point de fuite de $ab$ sera situé sur la perpendiculaire élevée, du point F sur HH', à la rencontre de $ab$ prolongée, soit en F'. Nous savons également que F' est déterminé, par la rencontre avec le tableau d'un rayon de fuite partant de l'œil du spectateur parallèlement à la ligne de l'espace $ab$ . La projection verticale de ce rayon de fuite est la ligne PF' et sa projection horizontale OF. Cherchons la vraie grandeur de ce rayon, en le ramenant dans le plan du tableau. Le point O viendra en O', et O'F' sera la vraie grandeur de PF'. Si nous répétons la même opération à droite du point F, l'angle O'F'O'' sera la vraie grandeur de l'angle $abc$ . Restitution d'un parallélépipède Nous avons vu comment on détermine la projection horizontale d'un carré. Supposons que le carré en perspective de la fig. 142 soit la base de ce parallélépipède (fig. 15). Pour simplifier l'épure de restitution et pour ne pas surcharger la photographie de lignes de construction, nous proposons d'adopter, pour l'établissement de ces épures la méthode suivante : Dans un angle de la feuille, ou sur une feuille indépendante, on aura fait la recherche de la distance focale (fig. 15). FÉVRIER 1926.

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L'ARCHITECTE L'épure de restitution du plan (fig. 16) sera disposée de façon que la projection du tableau se présente parallèlement aux lignes verticales du dessin, et la ligne OP horizontalement, par conséquent. Le plan se dessinera obliquement dans la feuille ; c'est un léger inconvénient qui est racheté par la facilité avec laquelle on peut ensuite déterminer les hauteurs et par conséquent les élévations et les coupes. En disposant l'épure du plan, on aura soin de placer la ligne OP de façon qu'elle puisse représenter la ligne d'horizon pour les élévations. Dans la restitution des hauteurs on considérera les triangles semblables dans l'appareil photographique et dans la nature. Dans ceux-ci la distance du point principal de l'image au centre optique de l'objectif est à la distance réelle sur la projection comme la hauteur sur l'image est à la hauteur réelle. Il suffira donc, pour obtenir les hauteurs de les relever sur la photographie, par rapport à la ligne d'horizon, soit au-dessus, soit au-dessous de P (la ligne OP étant considérée également comme ligne d'horizon des élévations) et de mener les rayons visuels passant par ces points du tableau et par le point O. L'intersection de ces rayons avec les perpendiculaires à OP menées des différents points du plan déterminera la hauteur du point cherché à l'échelle du plan. Prenons, par exemple, sur la perspective la distance $a'$ I, que nous portons sur le tableau en $a'$ P. En menant le rayon visuel du point O passant par $a$ , nous déterminons la position de A', à la rencontre de la verticale menée du point A de la projection horizontale. Si nous opérons de même avec $a''$ nous trouverons la hauteur du parallélépipède, et la même opération répétée pour les autres points donnerait le même résultat. Restitution d'un profil de corniche Dans la restitution de détails on peut employer, bien entendu, tous les procédés abrégatifs utilisés en perspective, pour l'opération inverse. C'est ainsi que, par exemple, (fig 17) pour tracer le géométral d'un profil, d'après la perspective, on recherchera d'abord le géométral de l'épannelage de ce profil, puis, par des divisions proportionnelles des hauteurs et largeurs, on déterminera les différents points du profil en géométral.

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L'ARCHITECTE Restitution du géométral d'après plusieurs photographies. Quand on possède plusieurs photographies du même monument, on commence par rechercher une première orientation, d'après l'un des clichés. On détermine d'après cette première orientation les principaux points du plan de l'édifice, et, de préférence, ceux qui sont également visibles sur les autres vues à utiliser. Pour pouvoir orienter exactement sur l'épure les différentes photographies, il faut que ces diverses vues possèdent au moins trois points communs. Supposons (fig 18) que les points $a_1 b_1 c_1$ aient été déterminées par le tableau T de la première orientation, le point de la station photographique étant en O. Sur le tableau T' de la deuxième orientation, ces trois points sont situés en $a'b'c'$ . On trace, sur une feuille de papier calque, le faisceau des droites passant par O', puis on promène ce faisceau sur la première orientation, jusqu'à ce que les trois lignes de ce faisceau, passent par les trois points correspondants $a_1 b_1 c_1$ de la première orientation. Lorsqu'il y a coïncidence parfaite, on trace sur l'épure les positions ainsi déterminées du tableau T' et du point O'. On opérera de même avec les troisième et quatrième stations, s'il y a lieu. Plus les points communs aux différentes stations seront nombreux, moins il y aura de chance d'erreur dans l'implantation de ces stations. Les autres points seront obtenus par l'intersection des rayons visuels issus de O et de O'. Le procédé métrophotographique permet donc, à l'aide de plusieurs épreuves, un contrôle constant de l'exactitude des résultats obtenus. On peut ignorer les distances entre les différentes stations; l'épure permet en effet d'en déterminer très exactement les divers emplacements, surtout si l'on utilise en même temps les directions données par les points de fuite. Supposons que dans la fig. 18, la ligne $c_1 b_1$ soit l'axe d'un monument, la ligne de faîtage par exemple. Nous aurons sur le tableau T' le point de fuite de cette ligne en F₂. Nos tâtonnements d'implantation de cette station se trouveront très réduits puisque le calque devra être posé de façon que la ligne F₂ O' soit parallèle à celle $b_1 c_1$ . On voit par là, qu'au lieu de trois points communs à chaque cliché, il suffirait à la rigueur d'en avoir deux, du moment que l'on connait exactement le point de fuite de la ligne passant par ces deux points. En appliquant cette méthode, on commence généralement la restitution du plan en géométral par les points les plus visibles, par conséquent les plus élevés d'un monument. C'est ainsi que nous avons établi le plan et les élévations de la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, à Paris et de ses abords, en utilisant pour ce travail des cartes postales commerciales pour lesquelles nous ignorions les emplacements des stations photographiques.

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L'ARCHITECTE Restitution du géométral. 2° Le tableau est incliné Méthode des plans de fuite. Si nous considérons (fig. 19) le trièdre formé par les rayons visuels, issus de l’œil du spectateur O, passant par les points de fuite F₁F₂F₃ du tableau, et si nous prolongeons les plans du trièdre, au delà du tableau, nous constatons que les plans de ce trièdre, ou plans de fuite, sont par définition placés parallèlement aux plans de l’objet dans l’espace. En effet le plan vertical F₁OF₃ est parallèle aux surfaces $abfe$ et $cdhg$ , le plan horizontal F₁OF₂ est parallèle aux surfaces $abcd$ et $efgh$ , enfin le plan F₂OF₃ est parallèle aux surfaces $adhe$ et $bcgf$ . Si sur l’image perspective du tableau on prolonge les différentes lignes de fuite jusqu’à leurs intersections avec les arêtes du trièdre F₁F₂, F₁F₃ et F₂F₃, on détermine les points 1.2.3.4 sur la ligne F₁F₂, les points 5.6.7.8 sur la ligne F₁F₃ et les points 9.10.11.12 sur la ligne F₂F₃. Par chacun de ces points, si nous menons des rayons visuels issus du point o, et que nous les prolongions, nous constatons que ces rayons aboutissent aux projections horizontales et verticales, projetées sur chacun des plans du trièdre par les différents points de l’objet. Cette propriété particulière aux plans de fuite va nous permettre la restitution facile du géométral. Supposons maintenant (fig. 20) l’image en perspective du parallélépipède ABCD, EFGH. Nous déterminons les trois points de fuite F₁F₂F₃ et le point principal P, comme nous l’avons indiqué précédemment pour la recherche de la distance focale. Nous prolongeons AD jusqu’en 5, BC en 6, Eh en 7, Fg en 8, AE en 1, BF en 2, Dh en 3, Cg en 4, DC en 9, hg en 10, AB en 11, EF en 12. Nous construisons ensuite la vraie grandeur du triangle F₁PF₂ en le rabattant autour de F₁F₂. Pour la clarté de l’épure nous reportons ce triangle F₁oF₂, (fig. 21) avec les points 1.2. V₁.3.4. placés sur F₁F₂. Par chacun de ces points nous menons des rayons visuels issus de o. Comme le côté AB est parallèle à F₁O nous menons une parallèle ou l’écartement des deux rayons o₁ et o₂ donne la longueur de AB à l’échelle désirée. Des points A et B, nous menons deux perpendiculaires, qui seront parallèles à oF₂, et, à la rencontre de ces perpendiculaires avec les deux rayons o3 et o4 nous déterminons les points D et C. Le plan horizontal une fois établi, nous opérons de même pour le plan de fuite vertical F₁OF₃. F₁O est déjà déterminé dans la projection horizontale. F₁F₃, avec les points 5.6.7.8. sont en vraie grandeur dans la perspective. Il s’agit donc de construire un triangle rectangle connaissant l’hypoténuse et l’un des deux côtés de l’angle droit. Puis par le point O’ nous mène- rons des rayons aux points 5.6.7.8., et si nous avons eu soin de placer rigoureusement l’éléva- tion au-dessus de plan, en relevant des verticales de la projection horizontale, à la rencontre de ces verticales avec les rayons issus de o’, nous déterminerons les points ABEF. 2° Méthode du plan de profil perpendiculaire au tableau Dans la méthode précédente on est obligé de pro- longer toutes les lignes fuyantes jusqu’aux côtés F₁F₂, F₂F₃ et F₃F₁. Avec la présente méthode il suffit de prolonger les lignes fuyantes verticales jusque sur la ligne F₁F₂. On détermine le point de fuite horizontal comme précédemment. Puis on établit la vraie grandeur du plan de profil passant par V₁OF₃ c’est-à-dire le plan perpendiculaire au tableau, passant par o. (fig. 22 et 23). On place ce plan de profil sur l’épure, de façon que les points o’ et F₃ correspondent avec leur projection

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L'ARCHITECTE --- Fig. 22 et 23. LA MÉTROPHOTOGRAPHIE APPLIQUÉE À L'ARCHITECTURE. Ce procédé sera utilement employé lorsque le point de fuite $ F_s $ sera inaccessible. Il suffira de déterminer l'inclinaison du cliché avec précision et de tracer par le point $ V_i $ , situé sur la ligne d'horizon, une parallèle à cette inclinaison. Si l'exposé de ces différents problèmes fait paraître cette science compliquée, nous espérons qu'après un léger effort pour construire une première épure, nos lecteurs seront convaincus de la facilité avec laquelle on peut faire des restitutions géométrales d'après des photographies. H. DENEUX, Architecte du gouvernement. --- Fig. 24. — EXPOSITION DE GRENOBLE. Pavillon des grands réseaux de chemins de fer français. Plan. --- Fig. 25. — EXPOSITION DE GRENOBLE. Pavillon des grands réseaux de chemins de fer français. Coupe et motif d'entrée. --- horizontale, en $ o $ , et $ V_i $ du plan de profil sur le prolongement de $ F_sF_s $ de la projection horizontale. On reporte ensuite sur la ligne $ V_iF_s $ , qui représente le plan du tableau, les distances relevées sur la perspective, soit $ V_{i}5 $ , pour le point A que l'on porte en $ A'5' $ sur le profil, $ V_{i}6 $ pour le point E, en $ E'6 $ et ainsi de suite. Par chacun de ces points, on mène des rayons visuels de $ o' $ . A la rencontre de ces rayons avec les verticales élevées de la projection horizontale, on détermine la projection verticale de ces points. On remarque que le résultat est absolument identique à celui obtenu, précédemment, par la méthode des plans de fuite.

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L'ARCHITECTE EXPLICATION DES PLANCHES PLANCHES VII et VIII. — Exposition de Grenoble. — Pavillon des grands réseaux de chemins de fer français. — R. EXPERT, architecte. Ce pavillon destiné à la propagande touristique des sept grandes compagnies de chemins de fer français était constitué par une rotonde centrale, dont l'ossature était faite de colonnes cannelées, aux arêtes vives, et composées seulement d'un fût. A cette rotonde couverte par une coupole reposant sur deux tambours ajourés, était accolée une galerie latérale circulaire plus basse, éclairée d'œils-de-bœuf et arrêtée de manière à laisser découverte une large portion de la rotonde. Etabli de la sorte, le plan a permis de réserver à la compagnie du P. L. M. un stand plus étendu que celui des autres réseaux, puisqu'elle les recevait sur son territoire. Les autres compagnies se partageaient donc de manière égale l'espace restant, divisé en six alvéoles. On pénétrait dans ce pavillon par deux entrées menagées aux deux extrémités de la galerie circulaire, encadrées de deux linteaux qui s'élevaient au-dessus du plafond de la galerie pour prendre appui sur la maçonnerie de la rotonde. Chaque linteau était surmonté d'un motif de décoration constitué par une locomotive stylisée. La tonalité des façades était blanche et or, et l'aspect extérieur en était encore caractérisé par de grandes inscriptions et par une carte centrale dorée, au tracé rouge, des réseaux de chemins de fer français, dessinée sur la partie libre du mur de la rotonde. La décoration intérieure était faite de l'alternance du blanc et de l'or et se détachait sur une tenture de fond gris argent. Le sol était entièrement recouvert d'un tapis bleu marine. C'est avec infiniment de goût et d'esprit que l'architecte a su faire de ce programme une harmonieuse et saine composition où tout est logique et mesuré. C'est l'œuvre d'un artiste de riche culture et d'esprit moderne qui sait être simple sans être pauvre, vrai sans être vulgaire. Elle nous permet de mesurer la distance qui existe entre elle et les productions de quelques théoriciens, séduisants par leurs idées, mais sans réel talent architectural. PLANCHES IX à XI. — Shelton Hôtel à New-York. — A. L. HARMON, architecte. Le gratte ciel est le symbole de l'esprit américain agité, rayonnant et admettant difficilement la mesure.

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L'ARCHITECTE Il constitue un programme de pure création américaine qui depuis ses premières réalisations où se superposaient des palais italiens évolue et aujourd'hui nous entrevoyons déjà sa solution définitive. Il est né de la grande valeur du terrain, de l'impossibilité de s'étendre en surface et il a été rendu possible par les progrès de la charpente en fer et les perfectionnements de l'ascenseur. A côté de ces « cathédrales du commerce », il fallait le gratte ciel habitation. Le Shelton hôtel est une des réalisations les plus heureuses de cette dernière destination, tout y a été conçu pour que l'air et la lumière pénètre dans tous les locaux. Des terrasses, loggias et portiques de repos sont réservées au-dessus des principaux volumes de l'ensemble. L'extérieur de ce bâtiment se trouve la naturelle traduction des plans superposés, la forme en exprime la fonction. Cette construction, qui est actuellement la plus haute de New-York, se compose de trois parallélépipèdes superposés. Le premier, allant jusqu'au 16e étage comprend deux premiers étages en pierre, destinés à des services publics et administratifs. Les étages suivants sont constitués par les appartements, et, au 16e étage par les salles à manger et salles de réunion qui s'ouvrent sur des terrasses et sur un jardin de toit. La partie supérieure de l'édifice est réservée à un gymnase. Enfin le parallélépipède de la tour est surmonté d'un appentis. A la partie principale de la construction viennent s'ajouter trois ailes qui flanquent l'énorme base de cette construction. En ce qui concerne l'aspect extérieur, on remarquera la multitude de petites fenêtres dont l'effet a été adouci par des contreforts ou des renforcements. Les angles extérieurs de l'édifice ont été garnis de rangs de perles mises dans le but d'éviter la ligne dure créée par la jonction de deux plans verticaux. A l'intérieur, l'architecte a porté son attention sur des problèmes de second ordre, notamment la suite des pièces, l'ordonnance de la vaste salle à manger du 2e étage, et l'ensemble de la piscine. Les habitants de ce gratte ciel logés au-dessus des couches d'air vicié de la ville, les bruits de la rue ne les atteignent qu'assourdis. Ils ont devant eux l'espace et leurs chambres sont inondés de lumière. De leurs jardins et terrasses, au cœur même de la cité, ils lui échappent et la dominent.