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IMAGES de FRANCE LA REVUE DES MÉTIERS D'ART FÉVRIER 1944 LE NUMÉRO : 17 Frs 13, RUE St GEORGES, PARIS

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LE CINÉMA FANTASIE (A) : JE SUIS AVEC TOI, film français. - Cadre : Un grand hôtel parisien et un paquet. Sujet : Quiproque basé sur le retour d'Andréin d'une femme jalouse, désire de surveiller son mari pendant une absence qu'elle est censée faire. Mise en scène : Decon : rondement menée, à part quelques taches de dialogue. Interprétation : Brillante équipe ; Yvonne Printemps, l'espoir que l'on peut regretter de voir gaspiller son autorité dans des rôles aussi superficiels. Blier, Paulette Dubost, Louvigny, Palau, etc. : très bien, avec des mérites divers. Note : Fantaisie parfois assez lourde et volontés en coquetterie avec le manuscrit goût ; se sava dans une large mesure par de nombreux gags, dont quelques excellentes. DRAME (A) : VOYAGE SOLEIL, film français. - Cadre : Une affaire imprécise. Sujet : Le bonheur douleurous qu'une femme du toit fera entre deux dévoys qu'elle aime, le salut de l'un entraînant la perte de l'autre. Mise en scène : Christian-Jaque : très beau travail de camera dans une atmosphère bien sombre. Interprétation : Renée Saint-Cyr : Dummes, Roquevert, Gilbert Gil, Lucien Coëdel, de pittoresques chez Louis Salou et chez Ky Duyen. Note : Un beau drame, bien noir, bien corsé, aux effets et renforcements soigneusement agencés et qui portent. COMÉDIE DRAMATIQUE (A) : LA PERME AUX LOUPS, film français. - Cadre : Les coulisses d'un grand journal et une propriété quelque part à la campagne. Sujet : L'Enrure polandaise, auquel le doigt, le bon petit reporter débutant dame le pion à la police. Mise en scène : Richard Potter : correcte. Interprétation : François Périer et Paul Mourisse font une paire de journalistes très agréables; Mont : les jeunes... Sujet : Les moyens ; Gabriello, de Sax, Suzanne Dantes, Palau, etc. Note : Histoire un peu tirée par les cheveux, comme il arrive souvent dans le genre, mais traitée dans une note gale qui en fait un spectacle point déplaissant. COMÉDIE LÉGÈRE (A) : LUCRICE, film français. - Cadre : Institution de jeunes gens, coulisses de théâtre et propriété à la campagne. Sujet : Copieux mort-endage entre un potache et une artiste, abondissant à un coup de revolver... et à rien du tout ! Mise en scène : Léo Joannon : parvient par son habileté à masquer dans une large mesure la minceur du sujet. Interprétation : Très agréable exposition entre Fournier et Matonot, Tissier, etc. Note : Prise individuellement, chacune des scènes est long, étroit par suite du manque de matière. Ces amours obstinément planotoniques s'expliquent d'ailleurs assez mal. MARCEL LASSEAUX. Abréviations : (A) Adultes seulement. — (B) Toutes personnes. --- LES DISQUES Parmi les dernières nouveautés de l'édition phonographique il faut signaler l'apparition d'un groupement de jeunes artistes français appelés certainement à connaître un très brillant succès. Il s'agit d'un trio vocal qui a pris le nom de « Trio de la Claire-Fontaine » et qui est composé du tenor Roger Bouillon, du barton Louis Gillot et de la basse Eugène Delanoë. Ces trois artistes, dont les timbres vocaux s'harmonisent à merveille, se sont consacrés à la défense de la chanson populaire française. Avec un souci du détail et des nuances qui rappelle la belle époque des « Revellers » et des « Comédian harmonists », ils nous donnent des interprétations délicieuses de la chanson du Canada qui fut leur marraine : À la Claire-Fontaine, de la chanson alsacienne : Hans de Schneokeloch, de Perrine était servante, Bonsoir et bonne nuit, Dans les prions de Nantes, et de la chanson créole : Paus/piti mams/elle Zizi ! Tous ces textes populaires, harmonisés avec infiniment d'adresse et de goût par MM. Planchor, Henri Vasseur et Jack Tusch, sont présentés ainsi d'une façon finement séduisante. Le « Trio de la Claire-Fontaine » rendu au folkloque français d'inappreciables services. Signalons deux efforts importants dans le domaine lyrique : une sélection en six disques de l'Othello pour Verdi, interprété par Georges Till, José Beckmans, Jeanne Segala et Madeleine Silene, et une sélection en cinq disques de l'Etoile de Chabrier, chantée par Fanelli Revoil, Lucie Thelin, Jeanne Matto, Hérét, Balbon, Bonneval et Derroja. Ces deux recueils rappelleront aux mélomanes deux des succès les plus marqués de la dernière saison de l'Opéra et de l'Opéra-Comique. L'Orchestre philharmonique de Vienne, sous la direction de Johannes Shuler, a gravé une excellente exécution de la Symphonie n° 35 en mi-avril, de Mozart, celle que l'on appelle la Haffner Symphonie. Dans le domaine de la musique de chambre, signalons l'enregistrement du 2e Quatuor en mi-mai pour violon par le quatuor Gabriel Bouillon et celui du Quintette pour instruments à vent de Taffanel, et de la Pastorale de Gabriel Pierren par la Société des instruments à vent sous la direction de Fernand Oubraudos. Le talent des virtuoses qui composent ce dernier groupement est ainsi mis admirablement en valeur par deux compositeurs qui connaissaient à fonds toutes les ressources des bois et des cuivres. Signalements encore la Sonate in la majesté de Mozart pour violon et piano, dont Jacques Thibaut et Marguerite Long viennent de nous donner une édition de haute qualité. Complétant l'éblouissante réussite de son concert consacré aux Etudes transcendantales de Liszt, Jean Doyen vient de nous donner les Trois Principes poetiques, du même auteur, le Lamento, la Leggerezza et un Soiptiro. Le disque nous livre là une interprétation d'une rare perfection. Alfred Cortot poursuit la magnifique tâche qu'il a entreprise en engraisissant à nouveau l'œuvre intégrale de Chopin. Après nous avons donné les cahiers d'Etudes, il nous offre aujourd'hui les 24 Préludes, auréolées de toute la magie sonore dont ce poète du piano va le secret. Détail intéressant : s'inspirant de l'exemple de Debussy, orientant l'interprétation de ses Préludes par un sous-titre évocateur, Alfred Cortot nous propose pour les 24 Préludes de Chopin des épigraphes qui, sans les transformer en musique à programme, cristallisent très adroitement la pensée secrète de l'auteur. Le magnifique septuor de Ravel intitulé Introduction et allegro pour harpe vient d'être gravé d'une façon excellente par Pierre Jamet, entouré de solistes comme Crunelle, Vasselier, Bas, Marchesini, Ginot et Frécheville. L'orchestre de la Société des concerts du Conservatoire, sous la direction de Charles Münch, a fixé dans l'énoncé deux œuvres de Gustave Samazeuil : son poème pour orchestre, Nait, et son Cerle des heures, chantés par Eliette Schenberg, dont conservant ainsi deux partitions d'une musicalité fort émouvante et d'une très chatoyante orchestration. Enfin, les orchestres de genre et les orchestres swing continuent à déployer une activité paradoxale en enrichissant avec une prodigalité inouïe la bibliothèque musicale de dancings imaginaires. ENILE VIILLERMOZ. --- REVUE MENSUELLE 13, rue Saint-Georges, Paris (9e) Tel.: Tél. 82-54. Ch. post. Paris 78-705. R.C. Paris 26-513 B (Seme). Bureau de Lyon : 87, cours Gambetta. Tel.: Monsey 52-09. Ch. post. n. Lyon 984-22. N° 105 — 11e ANNÉE OLIVIER QUÉANT, Directeur. ROGER BASCHET, Rédacteur en Chef. FEMV 1944 --- IMAGES DE FRANCE PLAISIR DE FRANCE SOMMAIRE SOLUTIONS NOUVELLES ... POUR UN STUDIO ... --- D'UNE ACTRICE ... POUR L'APPARTEMENT --- DANS LE JARDIN DU LUXEMBOURG ... --- VERLAINE, par JEAN COCTEAU... 5 UN HOMMAGE A DEBUSSY, par MAURICE BEX... 9 TOUT UN MONDE EN ÉTAIN, par ROGER BASCHET... 10 LE CINEMA — LES DISQUES — LE THÉÂTRE --- TARIF DES ABONNEMENTS A. France, Colonies françaises et Monaco... Fr. 178 B. Étranger... Fr. 300 Affranchissement demi-tarif Fr. 300 Affranchissement plein tarif Fr. 390 --- Droits réservés pour tous les articles de ce numéro (texte et prévus), Copyright by « Images de France » 1944. Les manuscrits, insérés ou non, ne sont jamais rendus et ne pourront en aucun cas faire l'objet d'une réclamation.

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Phot. Pottier-Arthaud. LESUR --- HUREL --- ROBERT PERRIER --- RODIER ---

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Phot. Pottier-Arthaud. COMBIER CHATILLON, MOULY, ROUSSEL ROUBAUDI LABBEY

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SOLUTIONS NOUVELLES pour un studio La loggia et la petite salle à manger donnant sur l'atelier. A droite, meuble-bar en laque orné de motifs en verre travaillé ; au fond, table en laque blanche et chaises garnies de reps vert. --- IMPLIFIER le service, faciliter le chauffage et réduire les surfaces des tentures, tels sont les problèmes que les décorateurs ont chaque jour à résoudre. Jallot vient en quelques semaines d'installer pour une jeune femme un petit studio comprenant un atelier, une chambre en loggia et une minuscule salle à manger ; et il a réussi le tour de force de créer un ensemble agréable et pratique avec des moyens très simples... des moyens de fortune. L'atelier. Sièges recouverts de reps rouge vif ; rideaux de chintz rouge et blanc doublés de noir (défense passive) ; petite table en laque noire et métal doré. --- IMAGES DE FRANCE

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... pour un La salle de fraîcheur, qui sert à la fois de vestibule et de salle à manger. DEUX ASPECTS TROIS pièces et une entrée, tel est l'appartement que Paul Larthe eut mission d'aménager pour Mlle Hélène Perdrière. Le décorateur prit l'habile parti de réaliser un cadre qui fût surtout adapté à la personnalité de l'actrice. Parce que celle-ci devait alors jouer Juliette, le décorateur s'inspira de la renaissance florentine en juxtaposant, dans le salon, des blancs, des violets et des bleus ; il revêtit un des murs de dalles de miroir rehaussées de fleurs de Botticelli en staff : motif répété sur les bibliothèques et les cache-radiateurs. La rareté des matières premières ne permit pas toujours de réaliser le projet initial ; mais ce fut souvent à l'obligation d'être ingénieux que l'on dut des trouvailles. Ne pouvant, par exemple, se procurer de tissu original pour recouvrir les deux profonds divans dont est encadrée la cheminée on piqua des rubans bleus sur de l'étoffe blanche, à la manière des croisillons de jardin. Pour la même raison, les rideaux durent être rebrodés.

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appartement d'actrice Harmonie blonde et bleue: Hélène Perdrière dans son salon. DU SALON Il n'y eut point à proprement parler de salle à manger, mais ce que l'actrice appelle une « salle de fraîcheur », c'est-à-dire une petite pièce sans fenêtre servant aussi de vestibule d'entrée ; le sol de marbre blond fut orné de peaux de zèbre et la table fut constituée par une dalle peinte représentant, comme certaines céramiques portugaises, des citrons, des bananes, des pommes et des oranges. Les rideaux et la tenture de lit de la chambre à l'italienne furent choisis dans le bleu gris qu'on voit aux lustres vénitiens ; et un fauteuil cerise apporta une note vive à côté d'une commode délicatement peinte. Tel est cet appartement qui habille Hélène Perdrière comme une robe choisie pour elle. Le décorateur, à la manière d'un grand couturier, a su s'inspirer du visage de celle qui devait l'habiter. CHRISTINE GARNIER. Photographies I. de F.

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--- Alix-Marcelle Tizeauchapeau d'Agnès Raphaëlchapeau de Maria-Guy Vera Borea --- DANS LE JARDIN DU LUXEMBOURG --- Dessin de Mourgue ---

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VERLANE... Au printemps de 1844 — le 30 mars — naissait Paul Verlaine. A l'occasion de ce centenaire, nous avons demandé à un poète et à trois peintres d'évoquer, chacun à sa guise, le génie de celui dont la pauvre existence a donné un trésor au monde... Le portrait de l'homme, que brosse Jean Cocteau, conduit par le chemin du réalisme à une radieuse apothéose qui n'est pas très éloignée de l'hommage suprême rendu par François Coppée à son malheureux ami : « Oui, écrivait-il, Verlaine a créé une poésie qui est bien à lui seul, une poésie d'une inspiration à la fois naïve et subtile, toute en nuances, évocatrice des plus délicates vibrations des nerfs, des plus fugitifs échos du cœur... où les strophes tournoient et chantent comme une ronde enfantine, où les vers, qui restent des vers — et parmi les plus exquis — sont déjà de la musique... » De l'œuvre si pure, si fraîche de Verlaine, Dignimont exprime ici le tendre lyrisme ; Christian Bérard, l'émotion dramatique ; Touchagues, l'espiègle humour... Paul Verlaine, place du Panthéon. J'ai été très surpris par un article d'André Gide où il racontait comme honteuse une rencontre avec Paul Verlaine. Il y a quelque méprise à réhabiliter Verlaine et à le blâmer. L'une et l'autre attitude me déroutent. Car devenir un saint n'est pas la moindre métamorphose des poètes. Et c'est d'un singulier mélange de visibilité bruyante et d'invisibilité que leur gloire est faite. BREF, Gide rencontre Verlaine, ivre, derrière le Panthéon. Debout, instable, appuyé sur son bâton, son chapeau haut de forme tombé dans le ruisseau, l'admirable personnage essaie de tenir à distance quelques galopins qui l'insultent. Quel spectacle ! Et combien je m'étonne que Gide n'en découvre pas la grandeur ! IMAGINEZ cet homme hirsute, en houppelande, presque un animal, presque un arbre, presque changé en arbre ou en animal, ce Marsyas, ce Dieu farouche de la poésie, obligé de se défendre contre une troupe idiote et plus cruelle que les Ménades. Imaginez ce bâton, ce cep de vigne, cette houppelande, cette barbe inculte, cette tête chauve, ce chapeau à la dérive, cette bête traquée, cet arbre qui titube et dites-moi si le mur contre lequel il cherche un refuge ne devrait pas s'entr'ouvrir, le sauver, le pétrifier, le changer en quelque fontaine, asperger par sa bouche ces lamentables polissons et un ange apparaître, un ange terrible qui sonne de la trompette ? JE trouve, en ce qui me concerne, ce Verlaine de la rue, ce Verlaine aux prises avec la sottise enfantine, ce Verlaine habité par les grandes opales scélérates de l'absinthe et par le verbe d'amour, ce Verlaine solitaire, perdu sur une place presque déserte du quartier des Ecoles, propre à illustrer définitivement la mythologie des poètes. J'aimerais que ceux qu'il émerveille se le représentassent sous cette forme : crotté, déraciné, hagard, incapable de fournir une preuve éclatante des miracles qui l'habitent. Que ne donnerais-je pour avoir été en âge d'assister à cette minute incomparable ? Et, puisque rien ne se produisait, hélas ! de surnature, sur cette place de pierre, sur ce trottoir sans cœur, il m'aurait été doux de boxer ces jeunes imbéciles, de ramasser le chapeau sale, de l'essuyer sur ma manche et d'offrir mon bras à Verlaine comme la reine de Naples offre le sien au baron de Charlus. POURQUOI Gide ne s'est-il pas payé ce luxe? Faut-il voir dans sa gêne, dans sa réserve protestante, le réflexe défensif des encyclopédistes en face des turpi-tudes de Rousseau? Je me le demande. Gide est une énigme. Il se glace assez vite devant le feu. Verlaine ! Cet homme-chien, cette femme à barbe, ce monstre adorable avait le privilège des plumes de cygne qui ne se mouillent ni ne se salissent. Un enfant, voilà ce qu'il était. Car autant la jeunesse rebute lorsqu'elle se prolonge outre mesure, autant l'enfance qui accompagne un homme jusqu'à sa mort lui ouvre grandes les portes de la gloire éternelle. Je crois même que l'ange gardien n'est autre que le symbole de cette enfance qui ne nous quitte que si nous ne savons pas en être dignes. PAR un phénomène curieux, il est difficile de prêter la même taille à Verlaine le vagabond (le Verlaine de Londres, de Bruxelles, du boulevard Saint-Michel, des hôpitaux) et au Paul Verlaine de la première étape. On dirait qu'il ne cesse de grandir. On dirait que ce petit professeur chauve qui portait ses chansons chez Lemere s'augmente peu à peu de son ombre projetée par les becs de gaz et des flammes qui le déforment. On dirait que sa houppelande et son gibus et son cache-nez qui flotte et son gourdin élargissent sa substance et l'allongent et arrivent à faire de lui ce superbe épouvantail attaqué par les oiseaux sans cervelle. On dirait que les orages et la solitude et son escorte diionysiaque et la prière et la douleur, et ses morts, lui infligent les tortures d'une croissance mystérieuse, jusqu'à obtenir une étonnante statue que Gide déplorait place du Panthéon et que je dresse, vivante, en face des colosses de cendre qui hantent cet illustre mausolée. JEAN COCTEAU.

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--- > « Il pleut doucement sur la ville. » > (ARTHUR RIMBAUD) Il pleure dans mon cœur Comme il pleut sur la ville, Quelle est cette langueur Qui pénètre mon cœur ? O bruit doux de la pluie Par terre et sur les toits ! Pour un cœur qui s’ennuie, O le chant de la pluie ! Il pleure sans raison Dans ce cœur qui s’écoeuré, Quoi ! nulle trahison? Ce deuil est sans raison. C’est bien la pire peine De ne savoir pourquoi, Sans amour et sans haine, Mon cœur a tant de peine. Romances sans paroles. Ariettes oubliées. COMPOSITION DE DIGNIMONT

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Le bruit des cabarets, la fange des trottoirs, Les platanes déchus s'effeuillant dans l'air noir, L'omnibus, ouragan de ferraille et de boues, Qui grince, mal assis entre ses quatre roues, Et roule ses yeux verts et rouges lentement, Les ouvriers allant au club, tout en fumant Leur brûle-gueule au nez des agents de police, Toits qui dégouttent, murs suintants, pavé qui glisse, Bitume défoncé, ruisseaux comblant l'égout, Voilà ma route — avec le paradis au bout. La Bonne Chanson COMPOSITION DE CHRISTIAN BÉRARD