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IMAGES de FRANCE LA REVUE DES MÉTIERS D'ART JANVIER 1944 LE NUMÉRO : 15 F" 13, RUE S'GEORGES PARIS
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IMAGES de FRANCE LA REVUE DES MÉTIERS D'ART JANVIER 1944 LE NUMÉRO : 15 F" 13, RUE S'GEORGES PARIS
A NOS ABONNÉS, A NOS LECTEURS, De nouvelles réductions dans notre consommation de papier qui viennent de nous être imposées nous obligent à modifier temporairement l'aspect extérieur et la composition de notre revue : nous nous efforcerons néanmoins de maintenir sa valeur artistique et sa qualité. Ces mesures, dont nous nous excusons, auront aussi pour effet de réduire la quantité d'exemplaires mis en vente chaque mois. Quant aux abonnements — dont le nombre a été strictement limité — nous rappelons qu'il nous est impossible actuellement d'en accepter de nouveaux. IMAGES DE FRANCE. LE CINÉMA DRAME (A) : LUMIÈRE DANS LA NUIT, film allemand double. — Cadre : Intérieur d'un modeste ménage d'employés. Sujet : La vie double d'une femme, tiraillee entre sa pitié pour son médiocre mari et son amour pour son amant. Mise en scène : Helmut Kautner ; lente, mais solide, bien conduite. Interprétation : Marianne Hoppe ; visée, inspiré, main tellement expressif, tellement intelligent !... ; Marian ; bien dans son personnage ; Dahlke ; composition tout à fait remarquable. Note : Essai de psychologie amoureuse, bien construit ; atmosphère intéressante et suffisamment juste ; ensemble d'une bonne qualité. DRAME ROMANTIQUE (A) : UN SEUL AMOUR, film français. — Cadre : Gentilhommière, près de Vendôme. Sujet : Vengeance romanesque d'un mari qui se croit trompé. Mise en scène : Pierre Blanchar ; meilleure que celle de Secrets ; beaucoup de soin, de la tenue, mais pas d'effets spécialement originaux. Interprétation : Beau plateau ; Blanchar, Micheline Preslec Bertheau, Roger Karl, Gabrielle Fontan, etc. Note : Spectacle non dépourvu de qualités, malgré une alternance un peu mécanique de scènes appartenant à deux époques différentes ; une affabulation beaucoup plus faible, moins logique que la Grande Brelèche de Balzac, d'où est tiré le film. On se demande d'ailleurs pourquoi l'on a pas suivi le thème original. COMÉDIE DRAMATIQUE (A) : LE COLONEL CHABERT, film français. — Cadre : La France de la Restauration. Sujet : Le retour d'un vieux soldat, laissé pour mort à Eylau, et la persécution que lui faut subir son ex-femme. Mise en scène : L. Helmut ; assez elegant, dans son meilleur faible dans le clou issu du film ; en charge d'Eylau. Interprétation : Raimu ; joue mou et lourd, plus paysan que « grognard » ; Marie Bell, Baumer, Clariond font une distribution de premier ordre, bien employée. Note : Assez bon film, à l'intérêt d'abord bien soutenu, allant en s'amenuisant progressivement ; la charge d'Eylau, assez médiocrement filmée d'ailleurs, est placée beaucoup trop tôt dans le récit, dont elle eût dû être le clou final. FARCE (B) : FEU NICOLAS, film français. — Cadre : Café parisien. Sujet : Pour fuir créanciers et soucis conjugaux, un cafetier se fait passer pour mort, ce qui lui attire des ensins. Mise en scène : Jacques Houssin ; utilise avec honnêtie les gags les plus écules, comme celui des fauteuils vivants, par exemple. Interprétation : Rellys ; d'une indigence vraiment affligeante ; Suzanne Dehelly ; excellente ; Jacqueline Gautier, Tremel, etc. Note : Quelque chose comme les gambades d'un pachyderme lâché au travers d'un magasin de porcelaines ; plus on casse d'assiettes, plus c'est drôle ; plus c'est idiot, plus on rit... Triste !... VAUDEVILLE (A) : GARDE-MOI MA FEMME, film allemand double. — Cadre : Berlin. Sujet : Des inconvénients et des avantages qu'il peut y avoir à garder dans le droit chemin la femme d'un ami. Mise en scène : Kurt Hoffmann. Interprétation : Hertz, Hoffmann, Lil Adina, Fueste, v. Molindorff, Schroder, Dahlke, v. Ruffin, etc. Note : Film sans prétention, ne dédaignant pas les effets les plus éprouvés : plongeons involontaires, matches-poursuites, etc. FANTAISIE (A) : CARNAVAL D'AMOUR, film allemand double. — Cadre : Milieux thétraux germaniques. Sujet : Valse-hésitation d'un séminulant jeune premier sollicité par deux jeunes premières ; l'une féritillante, l'autre longnozouse. Mise en scène : Paul Martin. Interprétation : Deux jolies femmes, de types très différents, s'opposent agréablement : Dora Komar et Dorit Kreysler ; Johannes Heesters, Hans Moser, etc. Note : Fantaisie laborieuse, au dénouement prévu depuis les premières images. Partie chorégraphique de music-hall développée. Abréviations : (A) Adultes seulement. (B) Toutes personnes. ERRATUM Dans la critique du film L'éternel retour de notre précédent numéro, une erreur d'impression nous a fait écrire « Jean Servais »; il faut lire « Jean Marais ». --- DU MEILLEUR... AU PIRE DONNE-MOI TES YEUX Film de sentiment (A), film français. Messieurs de la cour, messieurs les jurés. Avec une animité d'autant plus suspecte qu'elle est plus rare, la critique accuse mon client et ami, illustre maître Sacha Guitry, d'avoir réalisé le plus détestable film de l'année. C'est faux, messieurs. Tout au plus peut-on dire qu'il a fait le plus ennuyeux. Les faits de la cause, vous les connaissez : un sculpture célèbre, se sentant devenir aveugle, accumule muellerie sur muellerie pour détacher de lui une jeune fille qu'il s'était donné la peine de conquérir et de qui il redoute la pitié. Sur ce thème si simple, si humain, mon client a brodé, à son accoutumée, maints aperçus ingénieux, parmi lesquels je ne veux retenir que ce brillant paradoxe, qui s'égaie aux meilleurs, sur les avantages incontestables que présente la cécité sur la clairvoyance. Mais ce n'est pas tout... On a souvent osé reprocher à mon client d'affectionner les cameras bottées de plomb. Or, le film débute aujourd'hui par une longue, longue promenade silencieuse à la suite d'un figurant dans un salon de peinture. Certes, il ne se passe rien, strictement rien pendant cette promenade, mais pour moi je ne veux retenir qu'un fait : tout comme un autre, M. Guitry sait à l'occasion donner de l'exercice, sinon du mouvement, à sa camera. On a aussi souvent fait grief à mon client d'affectionner ce que j'appellerais le dialogue monologué, monologué à son profit, bien entendu, il s'allais encore, par-ci par-là, quelques aimables faiblesses de ce genre, c'est un fait que la tirade matrissure du film, la tirade à perdre le souffle, se trouve dans la bouche de Marguerite Pierry et non dans celle de M. Sacha Guitry. Vive sensation. Messieurs, certains ont souri — grimacé plutôt — au passage où le maître se laisse aller à d'aimables et à de pudiques confidences sur l'état d'âme des hommes « ayant eu quarante ans il y a dix ans » lorsqu'ils subissent l'appel de la jeunesse, de l'extrême jeunesse... Messieurs, je vous le demande : où est le mal ? N'est-elle pas, au contraire, infiniment touchante cette bonne grâce avec laquelle un grand homme confesse modestement comment l'épervier fascine la colombe, comment le génie subigue l'ingénuité ? En ce qui concerne l'interprétation du film, mon client est, bien entendu, égal à lui-même. Quant à Geneviève Guitry, intéressante, son jeune talent n'attend peut-être pour se révéler que les conseils d'un metteur en scène non de génie, mais de métier. Parly, Duvalles, Pasquali, Pierry figurent avec distinction. Messieurs les jurés, j'ai fini. J'espère vous avoir donné l'impression qu'il ne s'agit pas ici d'une de ces œuvres toutes de charme, de fantaisie et de finesse qui firent jusqu'ici le succès de mon client. Aujourd'hui, renonçant délibérément à l'esprit, qui fit sa force et nos délices, M. Guitry aborde des sujets graves, qu'il traite gravement. S'il n'était déjà de l'académie Goncourt, certains ne manquaient pas de voir dans cette évolution une indication... Pour accéder à l'immortalité, M. Guitry n'a besoin que de lui-même, mais en tout cas pas de Donne-moi tes yeux. MARCEL LASSEAUX. --- REVUE MENSUELLE 13, rue Saint-Georges, Paris (9°) Tél., Tru. 82-54. Ch. post.: Paris 178-705. R.C. Paris 261-513 B (Seine). Bureau de Lyon : 87, cours Gambetta. Tél.: bénoncy 52-09, Ch. post.: Lyon 984-22. N° 104 — 11e ANNÉE OLIVIER QUÉANT, Directeur. ROGER BASCHET, Rédacteur en Chef. --- MAGES DE FRANCE PLAISIR DE FRANCE TARIF DES ABONNEMENTS A. France, Colonies françaises et Monaco . Fr. 178 B. Étranger : Affranchissement demi-latif Fr. 300 Affranchissement plein tarif Fr. 390 JANVIER 1944 Pages MURS VIVANTS, par CHRISTINE GARNIER . 2 CHEZ UN AMATEUR DE SCULPTURE.. 4 UN FILM D'ÉNERGIE, par MARCEL LASSEAUX . 6 LA MODE DES ARMOIRES PEINTES AU XVIIIe SIÈCLE.. 8 FAUST, par EMILE VUILLEMOZ . 11 VILLON . 15 LA CRÉATION DU MONDE, par PIERRE ANDRIEU. 16 LE CINÉMA — LES LIVRES — LE THÉÂTRE Droits réservés pour tous les articles de ce numéro (texte et gravures). Copyright by « Images de France », 1944. Les manuscrits, insérés ou non, ne sont jamais rendus et ne pourront en aucun cas faire l'objet d'une réclamation.
A UN SAC DE Violette Cornille PERRIN Tout le prestige de la Couture parisienne à travers la France Magasins à : PARIS — GRENOBLE — LYON — BORDEAUX — LILLE NANCY — NANTES — TOURS — SAINT-ETIENNE — AIX-LES-BAINS — MÉGÈVE --- Bas GUI Nylon 153 fcs RENOIR Parfumeur 17, PLACE VENDÔME PARIS IMAGES DE FRANCE
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MURS VIVANTS Ici des pipes en terre, des images et des bouteilles baroques : souvenirs de voyages. IL semble que l’on veuille désormais habil- ler les murs, après avoir si longtemps prôné leur nudité. Les panneaux déco- ratifs envahissent sournoisement les demeures; les tapisseries prétendent à nouveau créer un climat de confort intelligent et les tableaux sortent d’un poussiéreux exil. Dans l’appartement de M. E. C..., dont les fenêtres s’ouvrent au septième étage sur un fluide paysage de Seine, le cristal règne sous forme de paradoxales épées et cannes de verre, de boules transparentes, de chevaux multicolores qui tournent en manège obstiné, d’éventail de pipes dominant des bouteilles opalisées de fluorescences. Et sur les murs peints à la chaux le maître de la maison a savamment fixé ses souvenirs de mer et la forme de ses rêves ; il a placé les objets Compositions patiemment réalisées pen- dant des escales. En haut : Vierge en cire habillée de velours et de dentelles, entourage en papier et cristaux. En bas : fleurs en étoffe, rubans et ailes de papillons.
Décor de cheminée. Au mur, oratoire et ex-voto de marin réalisés par le maître de maison lui-même. Cierges constitués avec des morceaux de cannes en verre. glanés chez tous les brocanteurs de la terre et groupés à sa manière en de pittoresques tableaux. Fort habile de ses mains, il a pendant ses escales façonné une Vierge de cire, raide dans sa robe à cabochons ; il a gravé des miroirs de cristal clair et composé avec des morceaux de brocart de curieux tableaux de fleurs qu’il a dédiés « A la Brune » ou « A la plus Belle », suivant la rêverie du moment. Avec des épingles à cheveux, des coquillages et des perles, il a imaginé un « Retour du marin » fort réaliste et une « Invitation sur la plage » pleine de poésie; il a construit des bateaux et découpé des images d’Epinal qui, collées sur des plans différents, sont devenus avec l’aide de mousses, de feuilles et de branches de naïfs petits dioramas. Bref, il a créé un cadre sensible et gai, coloré et volontairement personnel où se trouve livré beaucoup de lui-même, car sur les murs, sous son regard sont étalés les objets qui concrétisent le meilleur de sa vie... Il en a fait des bouquets : les seuls qui ne se fanent pas. CHRISTINE GARNIER. IMAGES DE FRANCE
Chez un amateur de sculpture Les amateurs de tableaux sont légion ; mais il est rare qu'un décorateur ait l'occasion de relier au décor de notre vie quotidienne des sculptures de tous les temps ; car un préjugé tend à nous faire considérer la statue comme un complément des architectures extérieures. Dans un appartement du Faubourg-Saint-Honoré, M. B..., directeur d'une maison de décoration, a réuni des pièces rarissimes sans céder toutefois à la tentation de créer autour d'elles une nudité de musée. Des antiques qu'on pourrait croire échappés des galeries de Naples ou de Rome y sont posés sur un secrétaire de Canabas ou une console de bois doré de l'époque de la Régence. Une commode attribuée à Charles Boule supporte un marbre hellénistique, frère du bel Enfant à l'oie du Louvre ; un bahut Renaissance s'offre pour socle à un Eros signé de Canova, cependant qu'une baie sert de cadre à un groupe tumultueux de l'école du Bernin, Apollon poursuivant Daphné. Des bronzes italiens font chanter leur patine sur un écran de rideaux émeraude aux longs plis verticaux. Des vitrines creusées dans les murs accueillent enfin les menus objets de fouilles. Des amours, des victoires, dont les noms sont oubliés, observent, avec un peu d'étonnement semble-t-il, le téléphone, l'éclairage électrique et jusqu'au poêle qui a ravi aux radiateurs le privilège de remplacer sous nos tristes climats le soleil cher à Diogène. --- Une tête égyptienne en basalte noir s'inscrit dans une niche blanche vivement éclairée. Une vitrine creusée dans le mur accueille des objets de fouilles. --- Le salon, avec son mobilier d'époque Louis XIV et ses éléments architecturaux, tels que colonnes et obélisques. Au fond, un médaillon en cuir repoussé à l'image du Roi-Soleil ; sur la cheminée, deux bronzes de la Renaissance. --- IMAGES DE FRANCE
La chambre. Un buste en terre cuite de Latitia Bonaparte, par MARTIN, contraste avec le décor de marbre bleu turquoise. Mœbles Empire. La salle à manger, de style baroque italien de la fin du XVIe siècle. A gauche, l’Éros de CANOVA et cariavides nègres provenant de l’atelier de BRUSOLON. Photographies « Images de France ». BRANTÔME, décorateur. IMAGES DE FRANCE
DANS UN DÉCOR "VRAI" UN FILM D'ÉNERGIE --- « PREMIER DE CORDÉE » C'est bien un film d'énergie que ce Premier de cordée que Louis Daquin vient de réaliser pour Pathé-Cinéma, d'après le roman de Frison-Roche. Energie, parce que le thème du film est la lutte acharnée d'un homme contre le vertige paralysant qui a brisé sa carrière de guide ; énergie aussi par la lutte d'un autre genre, mais tout aussi rude, menée par le metteur en scène, son équipe technique et ses interprètes contre la montagne, ses défenses et ses traîtrises. Corps à corps si réel d'ailleurs que dès le début du travail un accident mit hors de jeu Roger Pigaut si gravement qu'il dut être remplacé de façon définitive par André Le Gall. Le repérage du terrain fut assuré par Daquin et par son opérateur, Agostini. Il n'y consacrèrent pas moins d'un mois. À l'exception du Brévent, où le téléférique se chargea de hisser quelque vingt et une fois hommes et choses — il en coûta par parenthèse la bagatelle de 100.000 francs aux producteurs ! — le transport du matériel de prise de vues se fit bien entendu à dos d'homme. Comme la charge d'un porteur est de 35 à 40 kilos et qu'une camera en pèse 60 avec sa valise, un chariot complet de « travelling » 80, il fallut environ soixante-quinze voyages aux porteurs de l'expédition pour hisser à pied d'œuvre les 3 tonnes de matériel technique. Là-haut, la vie fut dure à des gens non entrainés. Il y eut parfois jusqu'à seize malades au chalet. Une cordée de cinq hommes fut avalée tout entière par une crevasse d'où elle ressortit par chance seulement couverte de bleus. Une autre fois, une partie de l'équipe technique faillit être emportée par une avalanche de pierres dans le couloir des Droites, réputé pour ce genre de désagrément. Prenant pour base d'opérations tantôt le refuge du Requin (2.500 mètres), tantôt celui du Couvercle (2.700 mètres), Daquin et ses hommes monteront cinq fois à l'Epée des séracs du Tacul (3.200 mètres), deux fois au Chandelier (3.300 mètres), quatre fois au couloir des Droites (3.200 mètres), dix-huit à l'arête sud du Moine (3.400 mètres), pour finalement pousser une pointe extrême au sommet des Drus (3.755 mètres) et à celui des Courtes (3.856 mètres). Cela faisait de rudes journées ! Départ à 6 heures ; le plus souvent, deux heures à deux heures et demie d'ascension pour atteindre le lieu du tournage. Après un repas solide, le travail commençait vers 9 h. 30. Il se poursuivait, sans autre interruption que celle du déjeuner, jusqu'à 6 heures du soir, d'où une descente d'une heure à une heure et demie les ramenait diner au refuge. Pour compenser cette intense dépense d'énergie, il ne fallut pas moins de douze porteurs pour monter de la vallée, en six cents voyages, les 15 tonnes de denrées diverses qui furent consommées en quarante jours par les soixante-dix personnes dont se composait en moyenne l'expédition, cela sans préjudice des 2 tonnes de bois nécessaires pour la cuisine et le chauffage. Par décennie, la troupe jouissait de trois jours de détente, réduits en fait à deux par les déplacements, pour se retremper dans une atmosphère moins primitive que celle des cimes, pour se distraire... et pour se laver. Car, paraît-il, l'eau en pierre des petits leviers décourageait beaucoup de bonnes volontés... Tels sont quelques-uns des aspects de la vie menée par cette équipe de cinéastes, du 14 juin au 8 octobre, pour conduire à bien les prises de vues du premier grand film réalisé en haute montagne. Quel que soit le résultat final qu'ils obtiennent, on ne peut que tenir en grande estime l'effort qu'ils ont tous consenti, avec une véritable émulation d'ailleurs. Et il faut savoir un véritable gré à Daquin, aussi bien qu'aux producteurs qui l'ont soutenu, de nous sortir pour une fois des « pièces filmées », de remplacer le carton-pâte par le roc vif, l'acide borique par la neige et le « chiqué » par la nature avec le minimum de raccords, puisque le film compte une heure dix d'extérieurs contre trente minutes de studio pour une projection d'une durée totale d'une heure quarante. Pour renverser ainsi les règles solidement établies, il faut un certain courage : saluons-les !... MARCEL LASSEAUX. --- Périlleux enregistrement d'une « descente en rappel ». A droite : l'ascension par les opérateurs et vedettes du Chandelier du Tacul, dans le massif du mont Blanc.


Cette édition de "Plaisir de France" présente des critiques de films tels que "Lumière dans la nuit", "Un seul amour" et "Le Colonel Chabert". Elle aborde également la décoration intérieure, avec des articles sur "Murs vivants" et "Chez un amateur de sculpture", mettant en avant des collections d'objets d'art et de mobilier d'époque. Une section est dédiée au théâtre, analysant la pièce "Le Soulier de satin" de Paul Claudel.