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LES ARTS N° 91 PARIS — LONDRES — NEW-YORK Juillet 1909 LARGILLIÈRE. — THOMAS GERMAIN, ORFEVRE DU ROI, ET SA FEMME Collection de M. C.-S. Gulbenkian (Exposition de Cent Portraits)

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EXPOSITION de CENT PORTRAITS de FEMMES Des Écoles Anglaise et Française DU XVIIIe SIÈCLE On discutait avec trop d'insistance depuis quelques années sur les mérites respectifs des maîtres anglais et français du xviie siècle, pour que l'idée ne vint pas de rassembler quelque jour un choix des productions des artistes de chaque nation, afin de permettre aux critiques, aux amateurs, aux gens du monde, de formuler une opinion raisonnée. Cette réunion a été réalisée. Pendant deux longs mois, cinquante portraits des maîtres français et cinquante portraits des maîtres anglais se sont trouvés réunis dans la salle du Jeu de Paume des Tuileries. La présentation des œuvres y fut excellente, la décoration étant riche et sobre et la lumière douce. Il n'est pas jusqu'à la terrasse réservée aux visiteurs qui n'aît été un attrait. D'abord, parce qu'elle permettait quelques instants de repos et de conversation à l'écart des chefs-d'œuvre que l'on venait de quitter et parmi lesquels on s'apprêtait à retourner, mais encore parce qu'elle dominait un des plus beaux sites parisiens, cette place de la Concorde, entourée de palais et d'où part la plus glorieuse avenue du monde. — A gauche du vestibule étaient disposés les portraits français; à droite, les portraits anglais. Un petit salon contenait, de plus, un buste de Pajou, la Comtesse du Barry, et quelques pastels et dessins. Et très vite les deux écoles affirmaient leur mérite particulier: l'école anglaise, avec son souci de présentation décorative et de distinction dans les effigies disposées généralement de trois quarts, afin de mettre en valeur la délicatesse des carnations; l'école française, avec ses facultés de vive observation, d'esprit et de tenue. Si les qualités de peintre étaient supérieures chez les maîtres anglais, qui tiennent de Van Dyck une forte éducation, dont la tradition s'est maintenue jusqu'au xixe siècle, les maîtres français l'emportaient avec leur dessin très sûr qui permet de n'esquiver aucune difficulté, d'accuser les traits d'un visage, songalbe, de soigner surtout les mains révélatrices de tant de choses. La section française comprenait sept Largillière. L'éducation de ce maître, comme celle de Rigaud, cet autre admirable portraitiste, ne doit rien à l'Italie. En revanche, au commencement de sa carrière, il avait été passer quatre années à Londres. Très bien accueilli par Peter Lely, qui LARGILLIÈRE. — Mlle Buctos, de la Comédie-Française, dans le rôle d'Ariane Musée de la Comédie-Française (Exposition de Cent Portraits)

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EXPOSITION DE CENT PORTRAITS DE FEMMES LARGILLIÈRE. — PORTRAIT «PRÉSUMÉ» DE MADAME DE PARABÈRE Collection de M. le marquis de Chaponay (Exposition de Cent Portraits)

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LES ARTS LARGILLIÈRE. — LA MARQUISE DE DREUX-BRÉZÉ Collection de M. le Baron Edmond de Rothschild (Exposition de Cent Portraits)

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EXPOSITION DE CENT PORTRAITS DE FEMMES LARGILLIÈRE. — Mme de Migien Collection de M. Édouard Kann (Exposition de Cent Portraits)

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LES ARTS était alors le maître en faveur auprès de l'aristocratie anglaise, il se garda d'imiter son fade maniérisme. Par contre, il bénéficia largement des exemples laissés par Van Dyck, Kneller et ce très remarquable et trop oublié J. de Reyn dont les musées du nord de la France conservent tant de beaux portraits. Aussi est-ce à Londres que Largillière obtint ses premiers succès. Il connut auparavant les Flandres. Mais c'est surtout les maîtres français : Lebrun, dont il reçut les encouragements, et Rigaud, qui assurèrent sa définitive maîtrise. Très vite il s'affirma élégant, — et véridique le plus souvent possible. Sa peinture est restée fraiche, car Dezallier d'Argenville nous apprend qu'il travaillait très vite et ne « tourmentait » point les couleurs. Les fonds de ses tableaux étaient imaginés, et c'est pour cela que les mêmes paysages se rencontrent en des œuvres très différentes. « Il avait si souvent vu et examiné la nature, qu'elle était, disait-il, toujours présente à son imagination… Il jetait sa pensée sur la toile sans faire aucune étude; la seule imitation des têtes et des mains en était exceptée. » Alors que de merveilles! Souvenez-vous de la tenue, de l'expression charmante de Madame de Migien, de la grâce de ses mains délicates. Avec quel bonheur le peintre fait sentir la délicatesse de l'avant-bras, le modèle de la paume de la main droite occupée à élever une des guirlandes de fleurs qui parent le riche vêtement du charmant modèle ! Qu'on se rappelle aussi la Marquise de Dreux-Brézé. Costumée en jardinière, — une jardinière d'un pays féerique, où tout ne serait que soie, or et pierreries, — elle tourne vers le spectateur son gracieux visage, qui, dominé par une haute coiffure, semble plus mignard et délicat; distrairement elle caresse de sa douce main un griffon folâtre. Mais il y a plus somptueux encore : une dame présente de face sa beauté triomphante. Comparés à la fraîcheur de son teint, à l'incarnat de ses joues, enfin à l'éclat des étoffes qui la drapent, des fruits amoncelés, une grenade saignante tenue dans sa main gauche, paraissent moins éclatants. Séduit par tant de beauté, un jeune homme, artiste ou petit abbé, se dissimule en arrière, préoccupé, gêné par la vision de l'Amour, qui lui présente un masque d'homme âgé. Qui est celui-ci ? Un puissant protecteur, aux droits duquel il serait périlleux de porter atteinte, s'il s'agit, comme on le suppose, du portrait de Madame de Parabère. Si c'est cela, l'allégorie devient un peu brutale. Ne s'agirait-il pas plutôt d'un portrait de théâtre? On est d'autant plus tenté par cette conjecture qu'une des productions les plus réputées de Largillière, le portrait de Mademoiselle Duclos, de la Comédie-Française, dans le rôle d'Ariane, est de composition trésparente, si parent même que la Madame de Parabère n'en semble que l'amplification. Dans la Duclos, Largillière est entier avec ses qualités, son charme, son sens très vif de la beauté féminine. Mais cet artiste si habile à « peindre les Dames, dont les grâces, loin de diminuer, gagnaient beaucoup entre ses mains », était assez maître de lui-même pour oublier tout luxe et exécuter des œuvres d'une Photo A. Cherejon. A. ROSLIN. — LA MARQUISE DE X. Collection de M. Louis Adam (Exposition de Cent Portraits)

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EXPOSITION DE CENT PORTRAITS DE FEMMES L.-M. VANLOO. — UNE FEMME EN BLEU Collection de M. Albert Lehmann (Exposition de Cent Portraits)

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LES ARTS J.-M. NATTIER. — LA COMTESSE DE SAINT-PIERRE ET SA FILLE Collection de M. Jules Porgès (Exposition de Cent Portraits)

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EXPOSITION DE CENT PORTRAITS DE FEMMES J.-M. NATTIER. — LA MARQUISE DE BAGLION Collection de M. le Marquis de Chaponay (Exposition de Cent Portraits)

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LES ARTS observation précise, d'où toute superfluité était bannie. Tel apparaît le beau Portrait de Thomas Germain, orfèvre du roi, et de sa femme, qui a la gravité d'un Lenain. Le couple est représenté au milieu d'objets familiers, auxquels se mêlent quelques-unes des belles créations du maître. Et les orfèvreries de Germain pourraient disparaître, à jamais perdues, être fondues, son talent néanmoins serait affirmé par le superbe candélabre placé sur un dressoir qui sert de fond à la toile. Largillière, raconte d'Argenville, eut peu de liaison avec la cour de France. « Il aimait mieux travailler pour le public. Les soins étaient moins grands et le paiement plus prompt. » Au contraire, Nattier fut par excellence le peintre des reines et des princesses. La mode des portraits allégoriques existait déjà au temps de Largillière, et plusieurs des belles dames dont il a fixé les traits peuvent passer pour des Flore ou des Pomone. Mais leur attitude demeure naturelle. REYNOLDS. — LA COMTESSE D'ANCRUM Collection de Mme Bischoffsheim (Exposition de Cent Portraits) Nattier n'a pas la même réserve. On lui demande des divinités avec seulement un peu de ressemblance extérieure, et il se plie à la volonté de ses gracieux modèles. Il n'a pas le choix. Sa fille, Madame Tocqué, écrira plus tard : « La duchesse de Mazarin lui amena en 1740 ses deux nièces, les belles Mesdemoiselles de Nesle, connues depuis sous les noms de Mesdames de Châteauroux et de Flavacourt, pour les peindre sous les allégories du Point du Jour et du Silence. » Et le peintre s'exécute et l'artiste fait merveille. Chacune veut avoir son portrait allégorique. C'est pourquoi la belle Marquise de Baglion est représentée à peine vêtue, sous les attributs de Flore, et Madame d'Antin, si attirante avec sa figure poupine et douce, en charmeuse d'oiseau bleu. Cependant, lui aussi, sut être véridique, comme le prouvent les huit portraits aux deux crayons, représentant ses filles et cinq autres membres de sa famille, prêtés par le docteur Tuffier. Il se complut aussi à rendre aimables les menus soins que, seule, peut donner à son enfant, une mère. Quelle gracieuse scène que celle qui groupe Madame de Saint-Pierre, occupée à parer les cheveux de sa fillette de perles et d'aigrettes. Cependant, après avoir joui de la plus grande faveur et de la plus large aisance, Nattier connut les jours tristes. « En véritable artiste, il avait trop donné dans le goût des curiosités de cabinet », confesse sa fille. Joignez à cela les mauvais placements et les inconvénients de l'âge. Et puis, la mode avait changé. Ce XVIIIe siècle, que nous qualifions dans son ensemble de galant et de léger, traversa pourtant des phases successives. Oui, il fut galant et léger au temps de Largillière, de Nattier, de Carle et Michel Vanloo, représenté par un portrait de Femme en bleu tenant à la main une page de musique. Mais, vers 1760, il subit l'influence des philosophes. Hommes et femmes—les femmes peut-être plus que les hommes — réfléchissent, discutent, lisent surtout. L'art s'oriente vers l'intimité, les visages perdent le sourire frivole et s'imprègnent de gravité. La toilette reste aimable, mais s'attache mieux au corps, l'attitude est plus simple, le geste plus familier. Quoique gendre et émule de Nattier, Louis Tocqué est souvent naturel. Par exemple,

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EXPOSITION DE CENT PORTRAITS DE FEMMES J.-S. DUPLESSIS. — Mme Lenoir, Née Adam Mère d'Alexandre Lenoir, fondateur du Musée des Monuments français Collection de Mme Lenoir (Exposition de Cent Portraits)