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LES ARTS N° 55 PARIS — LONDRES — BERLIN — NEW-YORK Juillet 1906 MORIN. — Mme RÉCAMIER Nouvelle acquisition (Musée de Versailles)

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HUBERT ROBERT. — LA FÉDÉRATION NATIONALE (Ci-devant exposé salle 167, sous le n° 4603) AU MUSÉE DE VERSAILLES Le Musée séant à Versailles avait reçu déjà, en un siècle, deux transformations, il est en train d'en subir une troisième. Il faut espérer que celle-ci sera la dernière : on n'en peut répondre. L'objet qu'on s'était proposé d'abord, en créant un musée dans le chef-lieu du département de Seine-et-Oise, avait été d'utiliser un palais, qui n'était plus ni habité, ni habitable, dont les hôtes royaux avaient disparu, dont la plupart des meubles avaient été vendus, et dont on ne savait que faire. La ville, bâtie pour recevoir tout le monde qui se presse autour d'une cour, dépérissait de ce château vide et ce fut d'abord, semble-t-il, le directoire du département qui, pour attirer « les étrangers amateurs des arts », imagina, en novembre 1793, de réunir dans quelques salles des Grands appartements, dans la Grande galerie et les salons du premier étage de l'aile du nord, du côté du jardin, un certain nombre de tableaux de l’École française dont n'avait point voulu le Muséum central de Paris. Sous le Directoire et le Consulat, ce musée rentra dans les attributions du ministre de l'Intérieur, et se trouva peu à peu prendre une importance. La Notice des tableaux, statues, vases, bustes, etc., composant le Musée spécial de l’École française, qui fut publiée à Versailles en l'an X, comporte 352 numéros et présente quantité de noms célèbres au milieu de noms en plus grand nombre rentrés depuis lors dans un profond oubli : c'est que le Musée spécial de l’École française n'avait pas recueilli seulement les œuvres des peintres qui avaient travaillé pour le Roi depuis le début du XVIIe siècle, il avait encore reçu les tableaux acquis des peintres vivants et non des plus fameux, car on sait que sous couleur d'encourager les artistes débutants, de secourir des misères imméritées et d'épuiser les crédits à ce affectés, les dispensateurs irresponsables des faveurs officielles se proposent d'abord de répandre la manne nour- ÉCOLE DE DAVID. — GIRODET TRIOSON Ci-devant exposé salle 167, sous le n° 4642

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BERTAUX - L'ATTAQUE DES TUILERIES AU 10 AOÛT 1792 Ci-devant exposé salle 182, sous le no 5182 (Musée de Versailles)

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LES ARTS ricière sur leurs amis et sur leurs protégés. Aussi ne se trouvent-ils point en concurrence avec les amateurs. Le Musée spécial de l'École française n'était point si spécial qu'on n'y trouvât égarés un Franz Hals et deux Paul Véronèse; par contre, on eût été fort embarrassé d'y découvrir quoi que ce fût, les portraits mis à part, qui rappelât le temps où les tableaux les plus récemment achetés avaient été composés : les tableaux du genre historique, fort peu nombreux d'ailleurs, représentaient : la Reprise de Paris sur les Anglais sous Charles VII, Saint Louis recevant les Ambassadeurs du Roi de Barbarie, les Deux Veuves d'un officier indien, Henri IV et Sully, le Président Molé apaisant une sédition ; de sujets contemporains, seulement le Combat de «la Baïonnette» et de «l'Embuscade», par Crépin, l'Incendie du Port de Toulon, par Taurel, et deux tableaux composés, non situés ni définis : la Prise d'une Ville et l'Extérieur d'un Hôpital militaire, par Taunay. Tout le reste était antique ou religieux. Mis à part l'intérêt d'art qu'offraient les œuvres de Le Sueur et du Poussin, «les amateurs étrangers» qu'on pensait attirer à Versailles, fussent venus y chercher un cours d'histoire romaine, biblique ou chrétienne. Aussi n'y venaient-ils point. Dans le château continuaient à habiter quantité de vieilles gens qui, y ayant trouvé asile, se refusaient à en déloger ; les appartements de Louis XV, les ailes du midi, les bâtiments de la Cour des ministres étaient occupés par des Invalides qu'y avait établis un arrêté des Consuls du 7 frimaire an VIII, et qu'on eût été fort empêché de placer ailleurs : «Considérant, avaient dit les Consuls, que le nombre des Invalides s'est tellement accru depuis quelques années que les bâtiments affectés à leur logement sont insuffisants et voulant donner à l'habitation des rois une destination républicaine en la consacrant à la demeure des soldats qui ont versé leur sang pour les détruire! » On en avait donc installé là près de deux mille, et le château, grâce à ces nombreux habitants, était en péril constant d'incendie. Sous l'Empire, le Musée spécial péricalita : Denon y puisait volontiers ce qui pouvait orner le Musée Napoléon et compléter des séries qui ne devaient point avoir d'égaux au monde. Peu à peu le Musée de Versailles s'achemina à devenir un Musée de l'École française moderne, réserve faite des tableaux commandés par l'Empereur sur l'histoire de son règne, et destinés à orner les palais. Invalides, vieilles dames, Musée, collection d'histoire naturelle au rez-de-chaussée de l'aile du nord, école du modèle vivant, dépôt littéraire, tout ce qui était sous des prétextes venu s'échouer dans le grand palais vide, n'était que du provisoire. L'Empereur songeait sérieusement à rétablir la Cour à Versailles, à s'installer dans un palais NOUVELLE DISPOSITION DE TABLEAUX DANS LES SALLES DU MUSÉE DE VERSAILLES Salle dite de la Révolution

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VINCENT. — BOYER FONFRÈDE ET SA FAMILLE Ci-devant exposé salle 174, sous le n° 4788 (Musée de Versailles)

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LES ARTS qu'il eût voulu plus grandiose encore, à jeter en avant des bâtiments un porche triomphal et à compléter dans un caractère antique les grandes ailes de la cour d'honneur. Vingt fois, Fontaine et Percier reprirent les plans, allant jusqu'à préciser les moindres détails d'exécution et de décoration. « L'Empereur visita les bâtiments de Versailles jusque dans les plus petites divisions, mais alors les difficultés immenses que présentaient le rétablissement et la mise en état du château apparurent dans toute leur étendue »; elles étaient telles que, fatigué des nombreux obstacles qui s'élevaient sur chaque point, découragé du montant des dépenses, il se décida à consacrer les dépendances du château à divers services publics : la manufacture d'armes, la mairie, le tribunal, etc. Il se réserva seulement les deux Trianons, le château avec ses ailes, les grandes et les petites écuries, et, dans cette portion conservée par la Couronne, il fit déjà d'immenses dépenses de réparations, de rétablissement et d'entretien. Louis XVIII, durant la première Restauration, avait conçu fermement le dessein de ramener la Cour à Versailles. Dès les premiers mois de 1814, il employa au château un grand nombre d'ouvriers. On refit, en les améliorant, les distributions anciennes ; sur la cour d'entrée, on éleva, selon le plan de Gabriel, un pavillon semblable à celui qui avait été bâti sous Louis XV. On remit à neuf les peintures, les sculptures et les dorures des appartements, de la Grande galerie et de tous les intérieurs ; on dépensa six millions et l'on compta habiter Versailles avant la fin de 1815. Mais Napoléon survint qui troubla la fête. Avec le rétablissement intégral de l'ancien régime, Louis XVIII abandonna la résidence de Versailles, et le château fut livré de plus en plus aux protégés de la Cour. Charles X n'eut garde de les troubler et il en redoubla le nombre. Quant au Musée spécial de l'Ecole française, il avait disparu : en 1815, pour boucher les vides faits au Louvre par les bons amis du Roi, ce n'avait pas été trop d'employer tous les tableaux que l'Etat pouvait posséder. Louis-Philippe, devenu roi des Français, avait le sens de l'ordre et le goût de la conservation. Il avait, dans ses collections princières, introduit des méthodes de classement et de description qui témoignent d'une intelligence précise, d'une instruction étendue et d'un goût véritable pour l'histoire. Si son éducation artistique pouvait laisser à désirer et s'il suivait, pour les décorations intérieures, la mode de son temps, qui ne nous semble pas toujours la bonne, du moins poussait-il au scrupule le soin de réparer les murs, de rétablir les toitures, d'administrer « en bon père de famille » le domaine de la Couronne et, pour cela, de reprendre, où Napoléon les avait laissés, les grands travaux que, dans toutes les résidences, les deux rois Bourbons avaient interrompus. L'idée qu'il eut de constituer, à Versailles, un musée historique dédié à toutes les gloires de la France, lui vint « en visitant un jour les salles des Invalides où il fut choqué de trouver exposés, sans ordre et dans des pièces séparées, les portraits en pied de plusieurs maréchaux de France... Il eut aussitôt le désir de donner, à ces guerriers illustres, une place plus digne.»Versailles lui parut être le lieu convenable pour les recevoir, et, « dès l'instant même, transporter à Versailles les maréchaux si mal placés aux Invalides, ajouter à ces premiers portraits ceux des autres maréchaux que l'on pourrait trouver ailleurs, de manière à former une collection complète, exposer à la suite les connétables, les amiraux et les tableaux représentant les hauts faits de leur gloire, fut l'objet et la base première du projet, dont l'exécution fut arrêtée. C'est ainsi que le château de Versailles, resté pendant quarante ans, sans destination et presque abandonné, est devenu le palais de la gloire nationale et le panthéon des fastes de la France. » Il convenait de donner en son texte intégral un tel récit. Il émane de l'homme qui fut le plus actif et le plus zélé collaborateur du roi Louis-Philippe : de M. Fontaine, son architecte. Il est de mode de le dénigrer : l'on peut souhaiter pourtant que, des plus célèbres architectes de notre temps, des œuvres subsistent, après un siècle, qui, aux yeux de nos descendants, égalent ou surpassent les monuments érigés par l'architecte de Napoléon et de Louis-Philippe. Fontaine eut, pour approprier le palais à sa destination, de grands remaniements à opérer. « On a été obligé, a-t-il dit, dans toute l'étendue des deux ailes du nord et du midi, ainsi que dans le rez-de-chaussée du corps de logis formant l'ancien château, de démolir les petites distributions, les subdivisions infinies qui, sous les règnes précédents, avaient été successivement pratiquées pour des besoins ou des désirs de circonstance. » C'est là un sacrilège que les amateurs de bibelots historiques n'ont pardonné ni à Louis-Philippe ni à Fontaine. De temps à autre, on entend s'élever des voix plaintives qui pleurent sur la destruction de Versailles. De quel Versailles? peut-on leur demander. Louis XIV a détruit le Versailles de Louis XIII, et ne s'est point même privé, durant son long règne, de remanier son propre Versailles; Louis XV eut la main lourde sur le Versailles de Louis XIV, et Louis XVI sur le Versailles de Louis XV ; la Restaura-

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DANLOUX. — JACQUES DELILLE Ci-devant exposé salle 167, sous le n° 4550 (Musée de Versailles)

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LES ARTS --- tion, en peuplant Versailles de ci-devant émigrés ou soi-disant tels, — parmi lesquels le fameux homme-femme, la prétendue Mademoiselle Savalette de Lange, — le livra aux barbares; chacun érigea des cloisons, perça des murs, glissa des corridors ou des escaliers dérobés, abolit les décorations anciennes pour y substituer une décoration plus agréable, et si, par un bonheur dont on ne saurait assez remercier la Providence, Versailles fut préservé du modernstyle, ce fut le seul qui lui fut épargné. — Encore cela est-il bien sûr? Tel qu'il est, Versailles n'est plus, sans doute, le Versailles de Louis XIV, ni même le Versailles de Louis XV; il est le Versailles de Louis-Philippe. Mais, tel qu'il est, quoi qu'on puisse tenter pour rétablir, bien ou mal, quelque chose qui représente un des Versailles de jadis, le Versailles X, car on en est à chercher quel est le Versailles type, on ne fera qu'un pastiche, et un pastiche en staff, doré à l'œuf, un décor qui ne tiendra pas à la première gelée, quelque chose qui pourra d'abord paraître gentil et qui sera coquet dans son neuf, mais qui, six mois après, s'effondrera en une ruine lamentable, tels ces palais d'exposition, bâtis en carreaux de plâtre, que traversent les vents, que dissolvent les pluies d'automne et qui flottent, guenilles honteuses, accrochées à des carcasses de ferraille. Pour faire œuvre qui dure, on n'a ni le temps, ni l'argent, ni les artistes, ni la patience. Eût-on tout cela, on ne parviendrait encore qu'à un à peu près qui, dix ans après qu'il serait terminé, montrerait, même aux ignares, des erreurs d'érudition, des fautes de goût, des manques d'intelligence, tout ce par quoi le pastiche se rend odieux, tout ce par quoi le vieux neuf, le bibelot fabriqué crie son inauthenticité : voyez Pierrefonds ! Il n'est pas en France spectacle plus instructif — après Hautecombe qui du moins est savoisien. En Allemagne, c'est par certaines qu'abondent les exemples; mais qu'il s'agisse, en 1906, de fabriquer du Louis XV ou du gothique, du xviii° ou du xive, c'est toujours du pastiche, toujours de là peu près, et, qu'on passe le mot, toujours du toc. Louis-Philippe a voulu constituer un musée historique. Il a approprié le palais à cette destination. L'architecte qui n'était point un sot et qui, plus qu'hommeau monde, a eu le sens du grandiose, car, en vérité, l'on peut parcourir l'Europe entière, on n'y trouvera guère de salles de palais qui aient la beauté et la noblesse de la Salle du Sacre et de la Galerie des Batailles; cet architecte avait calculé — et il n'avait pas eu besoin d'un grand effort — que, pour exposer les portraits de grande dimension placés d'abord à la Salle des Maréchaux aux Tuileries, aux galeries de Compiègne et de Fontainebleau, il fallait, sinon la hauteur de plafond des emplacements primitifs, au moins une hauteur qui s'en approchât; il avait destiné les petits tableaux aux --- DUCREUX. — PORTRAIT PRÉSUMÉ DE MANUEL Nouvelle acquisition (?) (Musée de Versailles)

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AU MUSÉE DE VERSAILLES petites pièces et aux pièces basses. Cela était logique : son plan, d'ailleurs, tel qu'il l'a exposé, procède d'une méthode rigoureuse, et il n'est point mal d'indiquer ce qu'il fut. Au rez-de-chaussée du corps principal du Palais, dans l'aile qui fait face au midi et dans l'aile qui fait face au nord, il dispose les portraits des maréchaux peints en pied et en buste; ces salles sont coupées par la Galerie de Louis XIII, qui les partage en deux. Les tableaux de Van der Meulen et de Le Brun, ayant trait au règne de Louis XIV, décorent, au premier étage, les pièces qui, dans toute l'étendue du corps de logos principal, composaient l'appartement du Roi : la chambre du Roi a été respectée, et elle est garnie de meubles qui peuvent être ceux qui s'y trouvaient de son temps. De même a-t-on conservé les appartements de Louis XV et de Louis XVI (à l'aile droite de la Cour de marbre), en les décorant de portraits contemporains. Dans l'une Ci-devant exposé salle 170, no 5071 (Musée de Versailles) des dernières salles de l'appartement de Louis XV sont les gouaches de la Guerre de l'Indépendance en Amérique. La Salle des Cent Suisses est devenue la Salle de 1792, et les tableaux consacrés aux événements de 92, 93 et 94 occupent les pièces qui la suivent; ces tableaux ont été faits, par ordre du roi Louis-Philippe, pour une raison fort simple, c'est qu'il n'en existait point qui eussent été exécutés à l'époque même. Mais les peintres trouvaient encore des témoins survivants, à commencer par le Roi, qui pouvaient les instruire et les guider. Les campagnes d'Italie, le Consulat et l'Empire remplissent les salles du rez-de-chaussée de l'aile du midi, du côté des parterres; elles renferment la suite presque complète des tableaux exécutés par ordre de l'Empereur, — tableaux qui au moins pour certains épisodes des campagnes d'Italie, ont eux aussi été exécutés après coup; à l'extrémité de l'aile du midi, au rez-de-chaussée, est la Salle de Marengo, de même Ci-devant exposé salle 167, no 4643 (Musée de Versailles) Ci-devant exposé salle 167, no 5061 (Musée de Versailles)

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LES ARTS qu'entre la Salle de 1792 et celles du règne de Louis XIV est la Salle du Sacre de Napoléon. Les dimensions des tableaux ont déterminé leur placement. Passons sur la Salle de 1830, les salles du règne de Louis-Philippe et la Galerie des Batailles, qui occupent la grande galerie neuve, au premier étage et le corps de logis entre la cour de la Chapelle et celle de l'Opéra; l'histoire de France, depuis Charlemagne jusqu'à Louis-Philippe, tient, au rez-de-chaussée et au premier étage, toute l'aile du nord; enfin, dans l'attique du nord se trouvent les portraits de personnages marquants; dans l'attique du midi, l'histoire civile de la France; au rez-de-chaussée de l'aile droite du corps principal est l'histoire de la Marine française; d'autres salles, au rez-de-chaussée, sont pour les palais, châteaux et maisons royales; les États Généraux ont une salle construite exprès, et les Croisades en ont deux à la suite. Bien sûr, pour tout cela, pour l'histoire depuis Charlemagne, pour les Croisades, pour les États Généraux, pour les Campagnes de la Révolution même, les tableaux contemporains faisaient défaut. En vérité, les tableaux authentiques ne feront-ils pas toujours défaut, et, à moins qu'on ne donne dans le palais de Versailles des représentations cinématographiques, sera-t-on assuré que les événements se sont passés ainsi qu'on les représente? Encore le cinématographe n'est-il pas truquable? Placer sous les yeux du peuple de belles et frappantes images qui lui montrent les faits importants de l'histoire nationale, tels que de grands artistes les ont représentés, en vérité, ce n'est point une idée si médiocre! Tous les artistes ne sont pas également grands. D'accord! Pour un Delacroix qui montrera l'Entrée des Croisés à Constantinople ou Louis IX au pont de Taillebourg, il y aura beaucoup de Larivière et de Férou; mais on a pris ce qui alors était en réputation: Steuben et les Scheffer, Picot et Vernet, Alaux et Couder; Gérard, avec l'Entrée de Henri IV à Paris, n'est pas méprisable; M. Heim fut glorieux, Devéria fut presque illustre, Lami est charmant, Léon Cogniet, Hippolyte Bellangé, Philippoteaux avaient du talent, et beaucoup. Tous ces hommes, un jour ou l'autre, remonteront; ils savaient leur métier, ils peignaient honnêtement et ils cherchaient avec sincérité à représenter des événements qui n'ont pas eu de peintres, qui n'en pouvaient avoir, et qui, s'ils en avaient trouvé, n'eussent pas, sans doute, été mieux figurés qu'ils furent dix siècles plus tard. Pour fournir graphiquement une impression d'histoire, il faut exposer une composition qui soit symbolique, qui synthétise à l'extrême un sujet dispersé à l'infini et qui exprime bien plus une idée qu'elle ne transcrit des faits. Si les tableaux d'histoire exécutés sous Louis-Philippe paraissent vieillots, ce sont des chefs-d'œuvre pourtant près des tableaux commandés par les directeurs artistiques de la troisième République, et la comparaison des uns aux autres est singulièrement instructive, car, talent mis à part, là où ceux-là DUTERTRE. — LE GÉNÉRAL KLÉBER Ci-devant exposé salle 146, sous le no 2449 (Musée de Versailles)

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AU MUSÉE DE VERSAILLES LE GÉNÉRAL DESSOLLES GAUFFIER — PERSONNAGES INCONNUS Ci-devant exposé salle 172, sous le n° 4848 (Musée de Versailles) apportaient tout ce qu'ils avaient de sincérité, de métier et de talent, ceux-ci repassent à l'État les laissés-pour-compte d'entreprises industrielles ou les essais de galopades qu'ils baptisèrent, un jour de chaleur, d'un nom de défaite — ou de victoire. Pardieu ! qu'on nous ramène à M. Alaux. C'était un homme précieux. « Il peint bien, il travaille vite et il n'est pas cher », disait Louis-Philippe. A ces trois qualités, reconnaîtrait-on un peintre de 1906 ? Le Musée historique de Versailles a ainsi, durant soixante-six années, rempli sa mission d'éducateur populaire que lui avait assignée le roi Louis-Philippe : un temps tel que le nôtre, et des instituteurs d'histoire et d'arts tels que les impose aux générations futures l'enseignement scientifique ne pouvaient assurément tolérer une pareille absence de critique, ni surtout cette forme de chauvinisme qui présentait à l'admiration des visiteurs des militaires, des officiers et même des généraux. On a donc changé tout cela et sur une conception fort différente de celle de Louis-Philippe, est en train de s'organiser et de se monter le troisième Musée qu'ait eu Versailles, le Musée révisé où l'on ne verra plus que des documents authentiques, éclairés par une critique sagace, avisée et partiale. FRÉDÉRIC MASSON. GAUFFIER — PERSONNAGES INCONNUS Ci-devant exposé salle 177, n° 4849 (Musée de Versailles)