Page 1
LES ARTS N° 39 PARIS — LONDRES — BERLIN — NEW-YORK Mars 1905 ALEXANDRE ROSLIN. — FRANÇOIS BOUCHER, PREMIER PEINTRE DU ROI (Musée de Versailles)
First pages of the volume, freely accessible.
LES ARTS N° 39 PARIS — LONDRES — BERLIN — NEW-YORK Mars 1905 ALEXANDRE ROSLIN. — FRANÇOIS BOUCHER, PREMIER PEINTRE DU ROI (Musée de Versailles)
« LES QUATRE SAISONS » De FRANÇOIS BOUCHER Les Quatre Saisons de François Boucher, qui ont appartenu à Madame Ridgway, comptent parmi les plus intéressants ensembles de l'œuvre du maître. Ces toiles, relativement petites,—puisqu'elles n'ont que 0m56 de hauteur sur 0m72 de largeur,—représentent le talent de Boucher sous ses faces diverses (scènes pastorales, scènes de nymphes, scènes contemporaines) et, comme elles sont encore de sa meilleure époque, on peut avec profit étudier tout à loisir ces œuvres charmantes. Elles ont une histoire assez complète, telle qu'il est quelquefois possible d'en constituer pour les œuvres importantes de cette époque. Datées de 1755, elles étaient destinées, à l'origine, à décorer une pièce élégante de dimensions moyennes, qui paraît s'être trouvée dans une des résidences de Madame de Pompadour. Les gravures contemporaines de Daullé, dédiées «à Madame la marquise de Pompadour, dame du Palais de la Reine», portent chacune que le tableau original appartient à Madame de Pompadour. Cependant on ne retrouve pas les toiles sur l'inventaire des tableaux de la marquise, dressé pour sa succession, et que j'ai eu occasion de publier. Elles ont dû être préalablement retirées par son frère, M. de Marigny, à qui elles ont aussi appartenu : en effet, en 1782, elles sont mentionnées parmi les tableaux mis en vente après la mort de l'ancien Directeur général des Bâtiments du Roi. Malgré la défaveur où était tombé Boucher, aussitôt après sa mort, elles «font» encore, à cette vente, 1,402 livres. Il est plus que probable qu'elles avaient été commandées à Boucher par la marquise elle-même, qui se trouvait en relations fréquentes avec lui. Le catalogue de la vente du marquis de Ménars (Marigny) les désigne ainsi : «Les Saisons, en quatre tableaux, faisant pendant. Ces sujets sont connus par les estampes qu'en a gravées Daullé. Deux de ces tableaux sont des pastorales ; l'Été y est représenté par un bain de femmes, et l'Hiver par une dame en robe bordée de poil, assise dans un trainneau poussé par un Tartare. T. 27 pouces sur 20 de haut.» On a conservé à ces toiles les noms que leur donnent les estampes célèbres de Daullé. Ce sont les Charmes du Printemps, les Plaisirs de l'Été, qui appellent une observation anecdotique intéressante, les Délices de l'Automne et les Amusements de l'Hiver. Regardons-les avec attention : nous y trouverons le maître tout entier. Les Charmes du Printemps sont naturellement une pastorale où, dans le plus fantaisiste des paysages, s'encadrent les plus irréels bergers. La toile déborde ; pas un coin qui ne soit pris; mais cette abondance met toute chose à sa place; on la sent née d'une imagination d'artiste, exubérante, mais avisée. Le ciel est bleu, les arbres clairs; il semble tomber, des branches fleuries, sur le couple amoureux, de la poudre blanche parfumée. «Elle» est toute mignonnette et blonde, sans caractère, étendue sur le gazon et appuyée au genou de l'ami, qui mêle des paquerettes à l'or des boucles envolées. La lumière, franchement diffuse, baigne de son onde l'enfant douce, habillée de jaune, et les rayons se jouent dans les luisantes cassures de l'étoffe. Le corsage décolleté, les manches bouffantes et courtes, laissent voir la naissance de la gorge et les bras nus d'une exquise blancheur. Un ruban bleu passé au poignet retient un panier de roses, de jasmins et de myosotis; les fleurs s'échappent et jettent sur la large robe des teintes pâles qui en rompent le ton vif. Le jeune homme, assis sur la margelle d'un puits, domine la bergerette et se penche tendrement; ses mains amoureuses lui tressent une couronne. Son profil chiffonné se détache sur la transparence d'une ombre légère; en ses cheveux frisés, d'un châtain soutenu, est un bouquet; le ton de ses vêtements va mourant, du manteau de satin rose à l'habit lilas et aux bas de soie blanche. Tout près de lui, dans la pénombre, une écharpe d'azur éclate; un tambour de basque est là qui contient de la lumière. Sur des jonchées de fleurs, une chèvre se dresse, la tête seulement dans les rayons; une autre est couchée et semble bélaite. Un buisson de roses, à droite, fleurit les petits pieds de la fillette. Au loin, sur un fond d'arbres bleuté, se dessinent une tour ronde et un pont, sous les arches duquel coule un ruisseau. Nous sommes en plein pays de convention; le rêve, ici, semble défier la nature; mais quel deux appel de couleurs rayonnantes, quel charme de jeunesse, de printemps et de gaïeté! Comme on le sent dans toute sa maîtrise, le peintre charmant du plaisir, et combien il est souple encore ce pinceau qui va bientôt s'alourdir! Et voici l'Été, avec sa caresse enveloppante d'air lumineux, avec la grâce indiscrète des trois baigneuses dont les corps nus s'offrent blancs et savoureux. Ce paysage n'est encore qu'un décor voulu par l'artiste, et d'une invraisemblance délicieuse. Le cadre resserré est comme une tonnelle de branches fines, sous laquelle entre à flot la lumière; les chairs roses respélndissent sous la coulée des rayons. Sur l'azur du ciel courent de floconneux nuages d'or. A droite, un monstrueux dauphin de pierre laisse épancher, de ses mâchoires ouvertes, l'eau qui s'écoule en cascade; l'onde chantante par-dessous les roseaux vient tenter les baigneuses. Elles se sont dévêues, et sur un buisson fleuri se voient leurs robes éclatantes, lilas, jaune et blanc broché d'or. Les trois femmes, groupées en arc de cercle, suivent une ligne du paysage. Toute l'attention se porte sur la plus délicieuse, la mieux dessinée et la plus vivante. C'est que cette adolescente est un être réel, dont le portrait fut tant de fois copié avec amour. Nous voyons en elle Murphy ou Morphise, la première pensionnaire du (1) Depuis trois ans, les Arts ont publié beaucoup d'œuvres de Boucher, beaucoup d'œuvres considérables, beaucoup d'intéressantes, quelques-unes tout à fait hors de pair. Nous avons la bonne fortune de présenter aujourd'hui au public les quatre tableaux achetés par M. Eugène Fischhof à la vente de Madame Ridgway. Sans pénétrer sur le domaine réservé à notre collaborateur, M. Pierre de Nolhac, nous voulons remercier ici M. Eugene Fischhof de la gracieuse autorisation qu'il nous a donnée de reproduire directement ces intéressantes toiles qui, nous voulons l'espérer, ne sont pas définitivement perdues pour les amateurs français. N. D. L. D.
FRANÇOIS BOUCHER. — LES CHARMES DU PRINTEMPS De la galerie de la marquise de Pompadour (Appartient à M. Eugene Fischhof) Photo Brown, Clement & Co. By special permission of the actual owner, M. Eugene Fischhof.
By special permission of the actual owner M. Eugène Fischhof FRANÇOIS BOUCHER — LES PLAISIRS DE L'ÈTÉ De la galerie de la marquise de Pompidour (Appartient à M. Eugène Fischhof) Photo Brown, General's Co. Photo Brown, General's Co.
FRANÇOIS BOUCHER. — LES DÉLICES DE L'AUTOMNE De la galerie de la marquise de Pompardour (Appartient à M. Eugene Fischhof) By special permission of the retired owner, M. Eugene Fischhof. Photo Brown, Clement & Co.
LES ARTS Parc-aux-Certs, celle qui, à quinze ans, fixa le caprice de Louis XV. C'était vers la fin de 1752, et Boucher, dont elle était le modèle favori, passait pour avoir présenté au Roi cette jeune beauté. On a pu la retrouver en plusieurs de ses tableaux de cette époque, et M. E. Lassaugue vient précisément, dans l'Art, d'écrire son histoire. Un tableau de Besançon, qu'il a ingénieusement identifié, est l'étude la plus certaine de Murphy d'après nature. Et nous avons, dans les Plaisirs de l'Été, la même tête fine, la bouche enfantine, le petit nez relevé. Les cheveux noirs et les yeux sombres, la font mystérieuse, alors que son air ingenu ajoute à son expression un piquant étrange et inattendu. Elle est ici, rêveuse, assise sous un arbre; elle n'a point ôté sa chemise, mais l'épaule ronde se dégage de la mousseline, ainsi que les jambes élégantes. Sous le linon qui l'enveloppe, se devine la grâce de son jeune corps si joliment abandonné; il est inondé de clarté et aussi éblouissant que celui de sa compagne étendue née à ses côtés. Est-ce encore Murphy qu'il faut voir en celle-ci, couchée sur une draperie aux teintes pâles, et dont une jambe plonge dans l'eau? Bien plutôt, ces chairs grasses aux touches roses, aux formes amples, le profil perdu, rappellent la Minerve du Jugement de Paris. La troisième baigneuse, moins jolie, se cache, peut-être pour cela, sous les roseaux. De ce groupe féminin émane une impression de volupté, d'harmonie et de splendeur. Les Délices de l'Automne ne nous posent aucun problème iconographique. La saison nous offre son riche bouquet de couleurs, éclatant dans la lumière d'or. Partout des fruits et des fleurs; la nature est comme surchargée; les arbres ploient sous le feuillage, l'air est lourd et bleuté comme l'horizon. Ce serait le paysage banal des pastorales, si le pinceau entraînant du maître ne jetait de la joie, par de larges touches. Pour les yeux, pour l'esprit, c'est une lente caresse, une gentille émotion sans secousse, toute la poésie d'une bouche rose qui sourit. L'enfant mièvre et blonde est pareille à tant d'autres de ses petites sœurs, qui naissent lumineuses du cerveau de Boucher. Elle est moins un être qu'un motif de décor charmant, une blanche poupee sans âme; mais on l'aime cependant d'être si irréelle, si blonde et si menue. Sa robe de satin blanc est scintillante et ample; elle se relève sur un jupon de soie lilas, et dessous paraissent, comme deux colombes grises, de tout petits souliers à nœuds de rubans. Le corsage est décolleté, les bras sortent des manches de linon; des roses pâles tombent en guirlande de la poitrine à la taille; un étroit chapeau, entouré d'un galon rose, se tient, comme par enchantement, sur le côté gauche de la tête, une petite tête ronde et fade, délicieusement jolie pourtant. L'amoureuse est assise et s'appuie sur l'épaule du jeune homme, qui est à genoux à ses pieds. Il jette dans sa jupe tous les raisins de ses mains pleines; de belles grappes, qui tachent la robe blanche de grains ambrés et rouges. Un panier enrubanné est posé à terre, débordant aussi de fruits vermeils. Près de la fillette liliale, le garçon paraît plus hardi; ses grands yeux ravis la regardent. Sa veste est rouge, sa culotte bleue, ses bas blancs; le large chapeau de feutre, qui couvrait sa tête bouclée, est tombé à terre. Rien au fond du tableau que l'azur; et au-dessus des bergers, les branches qui se penchent de deux arbres enlacés. A gauche, des troncs reversés semés de fleurs, et plus loin, des arbres encore. Et le tout est d'une harmonic colorée, d'une verve lumineuse qui nous prend. Le meilleur idéal de Boucher n'est-il pas dans ses paysages? Le Printemps fleuri a passé, l'Été et ses plaisirs ont suivi, puis les Délices de l'Automne sont venues; et enfin voici l'Hiver tout blanc de givre, sous un ciel à peine rosé. La lumière est exquise, fondu et éparsse; elle en est comme un grand rayon, la jolie femme assise dans un traineau que pousse un vaillant patineur. L'esquif est tout doré, d'un mouvement de nacelle, avec un cygne à la proue. La blonde dame se repose sur des cousins de velours vert. Une fourrure retombe de ses épaules découvertes et fait délicieusement ressortir le ton nacré des chairs; une autre, autour de son cou, se ferme par un de ces nœuds Louis XV, si coquets, si badins, semés comme des fleurs sur les grands habits de soie. L'ample robe est de satin blanc, d'un ton plus chaud que le blanc qui l'entoure; un manteau rose la recouvre, bouffant à larges plis. Les mains seules paraissent frileuses, elles se cachent dans un manchon de velours fourré. Les petits pieds, chaussés d'adorables sabots, s'avancent sur le coussin. La fine tête ne craint pas la bise, elle n'est coiffée que de ses clairs cheveux poudrés à frimas, retenus par des perles et un ruban bleu qui flotte au vent. Dans un gracieux élan, le jeune homme pousse le traineau. Ce n'est nullement un serviteur, ni même le « Tartare » du catalogue de M. de Marigny; c'est un gentilhomme qui s'amuse, comme la belle dame qu'il conduit. Il est douillement couvert. Une toque de fourrure descend bas sur le cou; un manteau rouge met sa couleur éclatante dans cette ambiance de blanc pur, et retombe sur un habit bleu. Les mains sont gantées de blanc, et les patins, à rubans de soie, se recourbent en pointe de fer. La neige a tout recouvert de son fin duvet; on sent le sol moelleux sous son tapis éblouissant; de capricieuses girandoles sont suspendues aux branches mortes des arbres givrés, et un moulin abandonné a sa roue immobile dans l'eau congelée du courant. Pendant ce temps, l'amoureuse, penché sur son amoureuse, lui conte de bien agréables choses, à voir l'air attentif et heureux de la promeneuse blanche. Et c'est l'impression qui demeure de ce tableau d'hiver; Boucher devait mettre la note galante, en cette représentation d'un des plaisirs les plus goûtés par la mode du xviiie siècle. Ces sujets des Saisons, d'un motif un peu monotone, se prétaient cependant à l'harmonieuse décoration des appartements aux sculptures fines et sans surcharge somptueuse, telles que l'imposait l'architecture de Louis XV. Aussi furent-ils souvent répétés. Dans ses toiles fameuses, Lancret notamment avait développé le même thème, avec une plus large mise en scène, une composition plus étendue et de plus nombreux personnages. Le tout est heureux et joliment maniére; mais Boucher de si loin l'emporte par la verve de son pinceau et les tons de sa palette! Lui-même donna, en 1753, pour le plafond de la Salle du Conseil, à Fontainebleau, les Quatre Saisons qui devaient accompagner le Soleil qui chasse la Nuit. Ses Saisons, cette fois, n'étaient que des enfants, de beaux bambins potelés roulant dans la lumière, sur les nuages, sur le gazon... Mais Boucher est d'abord le peintre de la grâce féminine, le coloriste des chairs de femme, l'évocateur de la volupté, le metteur en scène de la fantaisie amoureuse. C'est là surtout qu'il le faut chercher. Factice et sincère à la fois, il croit à l'artificiel de son siècle, et son œuvre est peut-être la réalité d'une illusion, la vérité d'un mensonge. Et, pour tout le plaisir des yeux qu'il nous donne, comme nous lui pardonnons facilement son invraisemblance et sa convention! PIERRE DE NOLHAC.
FRANÇOIS BOUCHER — LES AMUSEMENTS DE L'HIVER De la galerie de la marquise de Pompardour (Appartient à M. Eugene Fischhoff) Photo Brown, Clement & Co. By special permission of the actual owner M. Eugene Fischhoff.
TRIPTYQUE. — École flamande, commencement du XVIe siècle LA COLLECTION CHABRIÈRE-ARLÈS (1) A près avoir étudié longuement ici même, la série si importante de meubles du xvie siècle que M. Chabrière-Arlès avait réunis et qui ont fait la grande célébrité de la collection, j'avais réservé les tableaux, sculptures et objets d'art dont il avait aimé à s'entourer et qui étaient le charme de ses loisirs. Les tableaux sont peu nombreux, mais choisis avec un goût très sûr; il est évident que les œuvres du xve et du xviie siècle étaient les préférées et s'harmonisaient d'ailleurs plus complètement que toutes autres avec les beaux meubles qui les avoisinaient. L'école flamande y est représentée par une charmante Vierge dont le visage, d'un ovale si pur, se profile sur un délicat fond de paysage; puis par un triptyque où la Vierge allaitant l'Enfant Jésus est encadrée par le portrait du donateur, peint sur l'un des volets; il est agenouillé, les mains jointes devant son livre de prières ouvert sur son prie-Dieu et accompagné de son saint protecteur; sur l'autre volet est représenté un personnage debout, vêtu d'une longue robe bordée d'hormine et tenant un livre ouvert à la main. D'une grande limpidité d'atmosphère, le paysage avec ses arbres fins sur un ciel léger, ses lointains très purs et ses accidents de terrain assez particuliers, évoque le souvenir des paysages des maîtres italiens, et surtout des peintres du nord de l'Italie. C'est l'œuvre d'un Flamand qui avait vu la terre promise. Ils furent si nombreux ceux qui, au début du xvie siècle, en firent véritablement la conquête artistique, et rentrés dans les brumes du nord, subjugués par le charme méridional, ne purent jamais se dépren dre complètement. Gossaert fut de ceux-là et ce triptyque rappelle assez sa manière. (1) Voir les Arts, nos 22 et 23. PORTRAIT DE FEMME École milanaise, fin du xve siècle (Collection Chabrière-Arlès)
LA COLLECTION CHABRIÈRE-ARLÉS Un de ces tondi florentins, dont Muntz fit autrefois l'étude, rappellera à nos lecteurs l'œuvre charmante et analogue de la collection Foule que nous leur fîmes naguère connaître. Cadeaux de mariage ou cadeaux de relevailles, ils sont toujours charmants par la jolie silhouette des architectures et la grâce des personnages. Un portrait de femme, dont le buste se présente nu, avec la triomphante beauté de chairs toutes pénétrées de soleil et dorées comme un fruit mûr, nous propose l'éternelle énigme de ce sourire indéfinissable dont Léonard avait su éclairer ses visages de femmes avec tant de subtilité et de délicatesse. Convient-il de proposer ici le nom immortel du grand maître ou celui d'un des nombreux Milanais qui, pénétrés de son style, firent tant d'œuvres où son caractère est reflété? Il ne faut pas oublier que l'homme de si grand goût qui se nommait Eugène Piot possédait cette œuvre remarquable et en faisait le plus grand cas. Un petit diptyque de bois gautré, polychromé et peint LE ROI RENÉ D'ANJOU ET SA FEMME JEANNE DE LAVAL. — Peinture sur bois. — École française, XVIIe siècle (Collection Chabrière-Arlès) nous a laissé les traits du roi René d'Anjou et de Jeanne de Laval, son épouse. Ils se présentent exactement comme dans le petit diptyque que le roi René avait offert à son dévoué serviteur Jean de Matheron et que M. Paul Durieu contribua jadis à faire entrer au Musée du Louvre. Le diptyque du Louvre qu'on a attribué à Nicolas Froment d'Avignon est cependant d'un dessin plus ferme et plus écrit que celui-ci, bien qu'il soit encore très inférieur aux superbes portraits où le roi René et sa femme paraissent en donateurs dans le célèbre triptyque du Buisson ardent de la cathédrale d'Aix. La sculpture n'est représentée que par un seul monument mais d'une importance capitale. C'est une figure de marbre, en pied, de grandeur demi-nature, le corps vêtu d'une étoffe
LES ARTS ANGE. — Marbre blanc. — École lombarde, xve siècle (Collection Chabrière-Arlès)
LA COLLECTION CHABRIÈRE-ARLÈS PLATEAU DE MARIAGE. — PEINTURE SUR BOIS. — ÉCOLE FLORENTINE, XV° SIÈCLE (Collection Chabrière-Arles)

Cet ouvrage, numéro 39 de la collection « Les Arts », paru en mars 1905, présente une analyse détaillée des œuvres « Les Quatre Saisons » de François Boucher, datant de 1755. Il retrace l'histoire de ces toiles, leur appartenance à Madame de Pompadour et leur vente après la mort de M. de Marigny. Le texte décrit également des œuvres d'art de la collection Chabrière-Arlès, notamment un triptyque flamand et un portrait de femme de l'école milanaise.