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LES ARTS PARIS — LONDRES — BERLIN — NEW-YORK PORCELAINE DE SAXE N° 1 LA LEÇON DE MUSIQUE. — GROUPE « CRINOLINE » PAR KANDLER (Meissen)

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LA PORCELAINE DE SAXE COLLECTION CHAPPEY Dès le XVIe siècle, les navigateurs portugais avaient introduit en Europe quelques porcelaines de Chine. Mais elles ne commencèrent de s'y répandre qu'après 1602, importées par la Compagnie hollandaise des Indes-Orientales. La vogue en fut si grande que, dans tous les pays, on souhaita de pouvoir les imiter. S'il faut en croire les Italiens, le grand-duc François de Toscane aurait le premier réussi à fabriquer dans son laboratoire une matière analogue à la porcelaine. En France, sous le règne de Louis XIV, divers potiers de Rouen, de Paris, de Sèvres, de Saint-Cloud, avaient sollicité des privilèges pour cette fabrication; mais, soit que leurs procédés fussent insuffisants, soit que l'argent leur eût manqué pour en tirer parti, ils n'avaient rien produit. Tandis que les Hollandais, plus commerçants qu'inventifs, faisaient exécuter au Japon et en Chine des modèles envoyés d'Ouest, l'Allemagne, comme l'Italie et la France, multipliait les recherches, et c'est à Dresde, au commencement du XVIIIe siècle, que parut la première vraie porcelaine fabriquée en Europe. Johann Friederich Bötger en fut l'inventeur. Ce Bötger, né à Schleiz où son père était caissier à la Monnaie, avait étudié les sciences à l'Université N° 2 PANTHÈRE N° 3 LION DE STYLE ARCHAÏQUE (Meissen) N° 4 PANTHÈRE N° 5 VASE : L'AUTOMNE (Meissen) N° 6 VASE : L'ÉTÉ (Meissen)

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LES QUATRE ÉLÉMENTS N° 10 L'EAU N° 9 LA TERRE N° 8 LE FEU N° 7 L'AIR

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LES ARTS Page 4 Figure No. 11 VASE BRULE-PARFUMS AVEC GROUPE DE FIGURES Figure No. 12 TEMPLE ROGAILLE - ENFANT MUSICIEN (Meissen) Figure No. 13 VASE BRULE-PARFUMS AVEC GROUPE DE FIGURES Figure No. 14 GROUPES « CRINOLINE » - SUJETS GALANTS (Meissen) Figure No. 15

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LA PORCELAINE DE SAXE. — COLLECTION CHAPPEY de Magdebourg. En 1697, il était entré comme préparateur chez un pharmacien de Berlin, et, avec le moine grec Las-caris, alchimiste fameux, avait aussitôt travaillé au grand œuvre et recherché la pierre philosophale. Le bruit de ses expériences parvint aux oreilles du roi de Prusse, Frédéric Ier, lequel, féru lui-même de travaux scientifiques, voulut faire sa connaissance. Plus inquiet que flatté de la curiosité royale, Böttger se réfugie en Saxe. Frédéric le réclame comme escroc, et il aurait sans doute fini par se le faire livrer, si le prince Antoine Egon de Furstenberg, non content de donner pour asile au fugitif son propre laboratoire, ne l'avait mis sous la protection de l'électeur de Saxe, Frédéric-Auguste Ier, N° 16 LE MARGRAVE D'ANSPACH ET SA MAITRESSE. — GROUPE « GRINOLINE » PAR KANDLER (Meissen) plus tard roi de Pologne, sous le nom d'Auguste II le Fort. Jaloux, comme tous les princes allemands, de rivaliser d'éclat avec la cour de Versailles, celui-ci se piquait d'encourager les sciences et les arts. Il fit venir Böttger; puis, malgré l'insuccès de quelques expériences d'alchimie qui auraient pu le désabuser sur les talents de ce savant homme, il l'em-ploya à étudier la porcelaine dont il cherchait le secret depuis plusieurs années. Déjà, en 1698, un autre de ses protégés, Walter von Tschirnhaus, avait fabriqué des vases de terre, couverts d'un émail blanc, qui n'étaient pas de la faïence, mais qui n'avaient, de la porcelaine, ni la finesse ni la dureté. Böttger s'associa aux travaux de Tschirnhaus:

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LES ARTS N° 17 FLAMBEAU Enfants jouant avec des roseaux et des poissons (Meissen) de leur collaboration, sortit un produit semblable à l'émail rouge des Chinois, une sorte de grès brun, dur et mat que l'on polissait à la meule pour lui donner de l'éclat. Tschirnhaus mourut en 1708; quelques mois après, Böttger annonçait à Auguste II qu'il avait enfin trouvé une porcelaine blanche qui pouvait, sinon surpasser, au moins égaler celle de Chine. Böttger exagérait. Les produits de cette époque sont encore d'une terre grossière et d'un émail bleuâtre; c'est seulement en 1711 qu'il devait arriver au but, après avoir rencontré le kaolin. On a maintes fois conté l'histoire, ou plutôt la légende de cette découverte. Böttger, comme tous ses contemporains, portait une perruque poudrée. N° 18 GLACIÈRE DE STYLE BAROQUE (Meissen) N° 19 FLAMBEAU Enfants jouant avec des roseaux et des poissons (Meissen) N° 20 ENFANTS EN GÉNIES DES ARTS (Meissen) N° 21 VASE RUSTIQUE (Meissen) N° 22 ENFANTS DÉNICHEURS D'OISEAUX (Meissen)

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N° 23 PENDULE FOND BLANC ET DÉCORS CHINOIS. — STYLE LOUIS XIV (Meissen)

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LES ARTS N° 21 LA MUSE ERATO (Meissen) N° 25 GROUPE D'ENFANTS PERSONNIFIANT LES ARTS (Meissen) N° 26 LA MUSE TERPSICHORE (Meissen) jour qu'au lieu de poudre parfumée sa domestique avait, par économie, acheté chez le droguiste une sorte de poussière blanche, il eut la curiosité de savoir ce qu'était cette matière fine, onctueuse et lourde, qu'au toucher il ne reconnaissait pas. Il la jeta dans un creuset. Sa surprise fut grande de voir qu'elle s'y solidifiait. Il s'informa : cette poudre blanche venait d'une carrière des environs de Dresde ; c'était du kaolin. La porcelaine était trouvée. Sans attendre cette découverte décisive, Auguste le Fort avait, dès 1708, fait aménager en manufacture le château de Meissen, et mis à la disposition de Böttger de nombreux ouvriers qui travaillaient avec lui dans le plus grand secret. Des factionnaires, placés aux portes de la citadelle, en éloignaient tous les profanes. Le roi même, lorsqu'il s'y N° 27 VASES DÉCORÉS DE FIGURES ET DE FLEURS EN RELIEF (Meissen)

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LES ARTS PENDULE FLEURIE. — LA RENOMMÉE ET LES AMOURS (Meissen)

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LES ARTS N° 29 LE BAUSER (Meissen) présentait, devait promettre Geheim bis im Grab, « la discrétion jusque dans le tombeau ». Les ouvriers étaient l'objet d'une rigoureuse surveillance. Les peines les plus terribles menaçaient les « arcanistes », autrement dit ceux qui connaissaient les mystères de la fabrication, s'ils venaient à parler ou à quitter la ville. Quant à Böttger, des gardes du corps le suivaient et, pas une minute, ne le perdaient de vue. Captivité, du reste, joyeuse et magnifique. Traité en grand seigneur, le prisonnier avait une table copieuse, de la vaisselle plate, un logement superbe, des habits somptueux. Un baron, attaché à sa personne, était chargé de le distraire et d'organiser ses plaisirs. On ne s'étonnera point que, sous un directeur soumis à ce régime, la manufacture de Meissen ait lentement prospéré. Ami de la bonne chère, du vin, du jeu, des femmes, Böttger s'abandonna à toutes les fantaisies. S'il trouvait entre deux fêtes le temps d'apporter à sa découverte de merveilleux perfectionnements techniques, l'irrégularité de sa vie et son humeur bohème jetaient ses subordonnés dans le pire désordre. En dépit de toutes les précautions, des arcanistes réussirent à s'échapper et fondèrent en d'autres pays des maisons concurrentes. Aussi, lorsqu'en 1715 Böttger voulut reprendre sa liberté, on le laissa partir sans de trop vifs regrets. Il mourut d'ailleurs peu après, usé par ses folies dès l'âge de trente-sept ans. En annonçant à Auguste II sa trouvaille de la porcelaine blanche, il s'était vanté de pouvoir, comme les Chinois, la N° 30 LA MÉNAGÈRE (Meissen) N° 31 LES QUATRE PARTIES DU MONDE L'Amérique N° 32 LE TAILLEUR DU COMTE DE BRÜHL (Meissen) N° 33 LES QUATRE PARTIES DU MONDE L'Afrique

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LES CINQ SENSLe Toucher(Meissen) --- N°34 --- PENDULE DE BRONZE DORÉavec fleurs de porcelaine et groupe de bergers musiciens(Meissen) --- N°35 --- La Vue(Meissen) --- N°36 ---