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LES ARTS N° 24 PARIS — LONDRES — BERLIN — NEW-YORK Décembre 1903 FRANS HALS. — L'HOMME A LA ROSE Collection de Sir Cuthbert Quilter (Londres) Exposition des Portraits anciens à la Haye

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L'Exposition des Portraits anciens A LA HAYE L'EXPOSITION des Portraits anciens organisée cet été, dans la capitale de la Hollande, par le Cercle Artistique de la Haye, mérite bien qu'on en rappelle le souvenir, non seulement pour ses visiteurs, mais encore pour tous ceux qui n'en ont pu apprécier les merveilles de leurs propres yeux. Après de longues démarches en vue de l'organisation, au cours desquelles le Comité, que présidait le docteur Bredius, a eu à faire face à des difficultés de toutes sortes, l'Exposition a ouvert ses portes le 1er juillet dernier. C'était vraiment une exposition des plus intéressantes dans son genre. Si quelques visiteurs y cherchaient un aperçu du développement de la peinture de portrait, dans l'art hollandais, ils ont été déçus, aussi bien que ceux qui pensaient ne rencontrer que des chefs d'œuvre. C'est que, d'une part, il ne s'y trouvait presque pas de Primitifs, et que, de l'autre, Rembrandt n'avait là, pour le représenter, aucune de ses œuvres capitales. Mais il était difficile de procéder autrement sans tomber dans d'inévitables répétitions, car on aurait dû admettre alors des tableaux déjà présentés l'an passé à Bruges, ou, en 1898, à Amsterdam, à l'exposition des œuvres de Rembrandt. En sorte qu'il n'y avait ici que peu de Primitifs, dont deux toutefois eussent obtenu une place d'honneur à Bruges, et huit Rembrandt, dont sept à vrai dire n'avaient jamais été exposés. Le principal attrait de cette exposition, en somme, c'est qu'elle offrait à la vue tant d'œuvres nouvelles, et qu'il n'en était aucune, sauf une seule, qui n'appartint à quelque collection privée, difficile à visiter. À ce point de vue, on peut affirmer que le but du Comité, qui était de montrer surtout des morceaux curieux et peu connus, a été complètement atteint. Pour étudier d'abord l'art des portraitistes du moyen âge, il convient de s'arrêter devant le portrait d'homme du Maître de Flémalle, qui fait partie de la collection de M. Gumprecht, de Berlin. La reproduction ci-jointe donne bien l'idée des lignes sobres et soignées de ce tableau, mais il y manque l'impression de chaleur que nous a donnée la couleur de l'original. Le fond, frais et d'un beau vert, qui s'harmonise heureusement avec le noir doux du chapeau et le vermillon de l'habit, produit dans ce tableau un effet extrêmement agréable, tandis que la pureté de la tête, modelée comme une sculpture, lui donne le piquant qui attire spontanément l'attention. L'attribution au Maître de Flémalle n'est, que je sache, contestée par personne; le faire de cette peinture concorde du reste absolument avec celui des autres œuvres connues de ce mystérieux successeur de Roger de La Pasture, dans lequel on croit reconnaître le peintre Jacques Darcet, condisciple de Roger de la Pasture chez Robert Campin. Nous donnons encore la reproduction d'un autre spécimen remarquable de l'art des portraitistes antérieurs au XVIIe siècle, c'est un des portraits les mieux conservés et les plus caractéristiques de Jan Gossaert. Il représente probablement la princesse Isabelle d'Autriche: cette opinion est fortement appuyée par la lettre Y qui forme le Chicé F. Breckmann (Munich). LE MAITRE DE FLÉMALLE. — PORTRAIT D'HOMME Collection de M. Gumprecht (Berlin) Exposition des Portraits anciens à la Haye

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JAN GOSSAERT, dit JEAN DE MAUBEUGE. — PORTRAIT D'ISABELLE D'AUTRICHE Collection du comte Zdżislas Tarnowski (Dzików, Pologne autrichienne) Exposition des Portraits anciens à la Haye

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LES ARTS LEANDRO BASSANO. — LE JOUEUR DE LUTH Collection de Mme la Princesse Cécile Lubomirska. — (Gracovie, Pologne autrichienne) Exposition des Portraits anciens à la Haye

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L'EXPOSITION DES PORTRAITS ANCIENS A LA HAYE motif principal du riche ornement dont sa coiffure est rehaussée. L'Exposition n'offrait guère plus d'autres Primitifs à l'ad- miration des visiteurs. On y trouvait bien encore un Pieter Pourbus, non sans valeur, ainsi qu'un tableau commémoratif de la famille hollandaise Huysen van Katten- THOMAS DE KEYSER. — PORTRAIT D'HOMME Collection de Mme la Douatrière M. J. Grisart, une contesse de Hogendorp de Hofwegen. — (La Haye) Exposition des Portraits anciens à la Haye dijke, tableau intéressant d'un maître hollandais de 1550; mais nulle œuvre marquante en dehors des deux que j'ai décrites. Le fonds essentiel de ces collections, c'était l'École hollandaise du xviie siècle. Aussi ne nous occuperons-nous que sommairement de l'École flamande de la même

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LES ARTS CORNELIS VAN DER VOORT. — PORTRAIT D'HOMME Collection de M. J. Kruseman. — (La Haye) Exposition des Portraits anciens à la Haye

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CORNELIS VAN DER VOORT. — PORTRAIT DE FEMME Collection de M. J. Kruseman. — (La Haye) Exposition des Portraits anciens à la Haye Christ F. Bruckmann (Munich).

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LES ARTS --- époque, bien qu'elle fût représentée par plusieurs morceaux de valeur. Entre eux un beau portrait d'homme, attribué à Rubens, attirait surtout l'attention. Il en a beaucoup été parlé et l'attribution à Rubens contestée : M. Max Rooses, qui est le plus grand spécialiste dans l'étude de ce peintre, nomme Van Dyck comme auteur de l'œuvre, et la plupart des grands connaisseurs lui donnent raison. Si l'art flamand du XVIIe siècle n'était représenté ici que par peu de spécimens, l'art du XVIIIe, pour toutes les écoles, ne l'était guère davantage. Les maîtres hollandais, pour cette époque, comptaient à peine. En revanche, on trouvait un portrait de dame, d'une beauté extraordinaire, œuvre de Madame Vigée-Le Brun, quelques Tischbein de premier ordre, des portraits d'Antoine Graff et de Joseph Grassi, etc. Avant de passer aux portraitistes hollandais du XVIIe siècle, il convient encore de dire un mot des tableaux de maîtres italiens qui figuraient dans cette exposition. Le Comité les avait reçus de Pologne, avec bien d'autres, tel que le tableau de Madame Vigée-Le Brun, grâce au comte Georges Mycielski, de Cracovie, qui avait obtenu de les emprunter de plusieurs collections inaccessibles de palais princiers. Après le portrait d'un gentilhomme polonais vêtu d'un magnifique costume rouge, l'œil était attiré surtout, parmi les tableaux italiens, par le Joueur de luth, de Leandro Bassano, le peintre vénitien bien connu, qui vécut de 1558 à 1623. Cette œuvre, de l'année 1600, remarquable de facture et de composition, comme on peut le voir par la reproduction, formait, dans son caractère si essentiellement vénitien, un heureux contraste avec l'aspect général profondément hollandais de l'Exposition. C'est, en effet, la présence de ces quelques chefs-d'œuvre de l'art étranger qui accentuait l'impression spéciale qu'éprouvait le visiteur en face des portraits de l'ancienne École hollandaise. Leur caractère, à coup sûr, est très particulier : sobriété, vérité, tranquillité, rien qui soit prétentieux, et, avec cela, une maëstria technique qui a forcé l'admiration de tout le monde. Telle est du moins l'impression que donne l'art des portraitistes hollandais, d'une façon générale. Mais, à y regarder de plus près, on découvre plusieurs petites nuances et diversités, des détails qui donnent aux œuvres de la vie et de la variété. Ainsi, cette manière qu'on n'évite jamais entièrement, d'introduire de la philosophie dans le sujet, c'est-à-dire des symboles, des attributs si je puis dire, allégoriques et mythologiques. Pendant longtemps, aucun peintre n'a pu s'en passer. Ici c'est une statue d'Apollon, là une couronne de fleurs, symbole du mariage, ou bien un crâne, souvenir de l'« omnia vanitas... » de l'Écriture. D'autres traits caractéristiques se révèlent encore au regard attentif, plus ou moins prononcés, chez les uns ou chez les autres, qui nous permettent de classer les portraitistes d'alors par groupes. Les uns, par exemple, peignaient leurs personnages simplement tels qu'ils se présentaient à eux, sans chic et sans pose, sans voir autre chose que la vie et l'esprit de ceux qu'ils peignaient. Frans Hals en est le meilleur type. Les autres faisaient poser leurs modèles, après avoir mûrement choisi la pose, et rendaient, dès lors, ces personnages moins naturels, mais relevés de plus de goût et de distinction. Sans doute ont-ils aussi légèrement

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LES ARTS PAULUS MOREELSE. — PORTRAIT DE JEUNE FEMME Collection de M.***. — (Londres) Exposition des Portraits anciens à la Haye

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LES ARTS Cliché F. Bruckmann (Monich.) JACOB GERRITTSZ CUYP. — PORTRAIT DE FEMME Collection du comte Zdzislas Tarnovski. — (Dzikow, Pologne autrichienne) Exposition des Portraits anciens à la Haye flatté et arrangé leurs sujets pour rendre le portrait plus beau que nature. Les maîtres hollandais de l’« âge d’or » n’appartiennent pas, en général, à ce groupe. Un petit nombre seulement, à la suite d’Antoine Van Dyck, prend cette direction, et parmi eux, Adriaen Hanneman et Cornelis Janssens Van Ceulen étaient représentés à l’Exposition par des œuvres très caractéristiques. C’est plus tard, vers 1670, que tout l’art portraiture hollandais dévie dans cette direction; et il est demeuré dans cette dégénérescence, à quelques rares exceptions près, jusque vers le milieu du xixe siècle. * Le sain et pur art portraiture hollandais s’est développé avec une grande rapidité, après 1600, dans une voie qu’il est facile de reconnaître, car elle n’est autre que la simple étude d’après nature. C’est le seul et vrai principe d’après lequel tous les maîtres ont travaillé, depuis Cornelis Ketel jusqu’à Aert de Gelder. Ils reproduisent, chacun suivant son genre, les personnages tels qu’ils les ont vus et compris: Hals les traite avec sa conception gaie et riante de la vie, Mierevelt leur communique sa calme gravité et son exactitude, Verspronck leur donne volontiers un aspect plus intime, pour ne pas dire un sentiment d’idéal. Mais tous restent naturels, des premiers aux derniers, sans exception aucune; tous, depuis le génial et créateur Rembrandt, jusqu’à son successeur de talent médiocre Victors, depuis le pinceau soigneux de Van der Voort, jusqu’à celui, si souple et si franc, de Jan Steen. L’état où se trouvait l’art du portrait, vers 1615-1620, à Amsterdam, qui devenait alors de plus en plus une riche cité commerçante, était merveilleusement caractérisé, à l’Exposition, par les deux portraits de Cornelis Van der Voort, envoyés par M. Kruseman, de la Haye, et dont on voit ici les reproductions. Si la femme est incontestablement un peu raide d’aspect, — ce qui provient, sans doute, de son costume, — l’homme a dans sa pose et son maintien quelque chose de si libre, si naturel, si dépourvu d’artifice, que l’on croirait ce tableau d’une époque plus avancée, si d’ailleurs le costume n’indiquait le contraire. Les deux tableaux sont éclairés d’un jour blond et doux comme quelques-uns des premiers Rembrandt; tout à fait dignes d’attention, ils peuvent être mis sur le même rang que plusieurs des œuvres du grand De Keyser, qui fut l’élève de Van der Voort. Ce Thomas de Keyser était surtout bien représenté à l’Exposition par un portrait d’homme âgé, qu’il peignit en 1636, à l’âge de soixante-six ans, et dont la reproduction est ici. Avec quelle clarté et quelle vérité le peintre n’a-t-il pas saisi son modèle! Digne et calme, son pinceau souple l’a rendu d’ensemble, sans hésitation. Le manque de dents est magistralement rendu dans cette bouche à demi ouverte et comme prête à parler, et l’on sent fixé sur soi le regard grave et pénétrant que lancent ces yeux profondément enfoncés dans leurs orbites, auxquels l’ombre du chapeau, à larges bords, donne plus de vie encore. Si nous rencontrions cet homme, il nous inspirerait vénération et respect! Mierevelt ne pouvait guère manquer parmi les portraitistes de la vieille roche. Il était donc là aussi représenté par quelques tableaux excellents, dont en voici un reproduit qui est caractéristique par sa simplicité et sa vérité sans Cliché F. Bruckmann (Monich.) JAN ANTONISZ VAN BAVESTEIJN. — PORTRAIT DE FEMME Collection de Mme veuve Nijhoff. — (La Haye) Exposition des Portraits anciens à la Haye

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L'EXPOSITION DES PORTRAITS ANCIENS A LA HAYE Cliché F. Bruckmann [Munich]. BARTH. VAN DER HELST. — PORTRAIT D'HOMME Collection de M.M. Wallis and Sons. — (Londres) Exposition des Portraits anciens à la Haye