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HENRI CLOUZOT Chronique moderne ÉDITEUR CHARLES MOREAU 8 et 10 RUE DE PRAGUE PARIS 12
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HENRI CLOUZOT Chronique moderne ÉDITEUR CHARLES MOREAU 8 et 10 RUE DE PRAGUE PARIS 12
LA FERRONNERIE MODERNE 2ème SÉRIE
EN VENTE A LA MÊME LIBRAIRIE : LES MEILLEURS OUVRAGES D'ARCHITECTURE, ARTS DÉCORATIFS, SCULPTURE, MEUBLES, DÉCORATION INTÉRIEURE, FERRONNERIE, INSTALLATIONS DE MAGASINS, TISSUS, ETC. ET TOUS LES ALBUMS PARUS SUR L'Exposition Internationale des Arts Décoratifs de 1925 ainsi que ceux qui reproduisent les œuvres des Artistes Décorateurs réalisées en 1926 et 1927 VIENT DE PARAÎTRE : NOUVELLES DEVANTURES ET AGENCEMENTS DE MAGASINS PARISIENS 5e Série, édition 1927 RÉCEMMENT PARUS: NOUVELLES DEVANTURES ET AGENCEMENTS DE MAGASINS PARISIENS, 1re Série. 100 fr. DEVANTURES, VITRINES, INSTALLATIONS DE MAGASINS, 2e Série... 100 fr. LA FERRONNERIE MODERNE, 1re Série... 100 fr. LE LUMINAIRE ET PROCÉDÉS D'ÉCLAIRAGES NOUVEAUX... 100 fr. Les modèles publiés dans le présent ouvrage sont et restent la propriété de leurs auteurs. Toutes reproductions, même partielles, sont formellement interdites.
HENRI CLOUZOT L'erreur moderne ÉDITEUR CHARLES MOREAU 8 et 10 RUE DE PRAGUE PARIS 12e
INTRODUCTION Si l'on cherchait à déterminer, après deux ans révolus, quelle classe de l'Exposition des Arts Décoratifs représenta le mieux l'esprit de notre temps, sans doute faudrait-il s'arrêter à celle du Fer. Nulle part, ni dans l'architecture, imprécise et timorée, ni dans les textiles, ni dans la céramique ou le bronze, nous n'avons rencontré un accord plus parfait entre le rythme de la vie moderne et son expression dans une forme et une matière. On peut même dire qu'aujourd'hui, encore, les travaux de forge de 1925 sont restés les plus actuels, les plus «à la page» de cet art d'un été, où l'élément mode a joué un rôle si redoutable. Car les pimpantes toilettes du Pavillon de l'Élégance ne sont pas seules à avoir pris de l'âge. Nous vivons à une telle accélération de vitesse que les conceptions artistiques de 1925 ont déjà cédé la place à leurs remplaçantes. Nous nous apercevons qu'il y eut un style «Exposition des Arts Décoratifs», indice certain que ce style est révolu et qu'un autre est en marche pour le remplacer. Ne pensons pas cependant que l'évolution artistique du Fer ait trouvé en 1925 son aboutissement. Elle a marqué un stade et rien de plus. Si les travaux de forge qui ont fait alors notre admiration et dont nous avons recueilli un si beau choix (1) ont échappé aux fluctuations du goût, ils doivent ce privilège à la prépondérance de la matière et de la technique sur le décor et même sur les lignes constructives. Forme et dessin représentent dans un ouvrage d'art industriel la part de l'actualité et de la mode. Le goût change. Ce qui semble beau un jour devient ridicule le lendemain. Mais la matière domptée par l'outil, asservie par la machine et par le feu, constitue l'élément permanent et immuable. «En art, a dit André Gide, l'expression seule importe, les idées ne paraissent jeunes qu'un jour.» Remplacez «expression» par exécution technique, «idées» par invention du modèle, et vous comprendrez comment une pièce de ferronnerie, façonnée de main d'ouvrier, restera belle en elle-même, indépendamment de l'arabesque que le caprice du temps lui aura imposée. Il n'en résulte pas moins que le décor du fer doit évoluer, en accord avec les autres arts, comme il le fait visiblement d'une exposition à l'autre. Le difficile est de déterminer dans quel sens, et surtout de prévoir quel avenir lui est réservé. On peut prédire, presque à coup sûr que la ferronnerie est loin d'avoir atteint son développement. La renaissance de l'art des boutiques, qui fait surgir dans nos rues des dispositions d'une nouveauté charmante, fait tache d'huile dans toute la France. Pour ce décor à l'aspect changeant, le fer est le matériau par excellence. Il se prête aux caprices les plus osés de l'architecte, tout en offrant le maximum de solidité. Dans l'intérieur des appartements, surtout, son rôle ne cesse de grandir. Il a trouvé là sa vraie place. A l'abri de l'humidité, sans couche protectrice de peinture, il se présente avec ses qualités natives auxquelles le travail du marteau ajoute ses traces, son accent. Ses conquêtes, dans ce domaine où il empiète sur les usages séculaires du bois et du bronze, ne se comptent plus. Un nouveau facteur vient même d'apporter à sa diffusion un appoint inattendu : c'est la mise en vente des appartements. La maison de rapport avait banalisé le décor intérieur. Pour un local destiné à changer à tout propos d'occupant, l'architecte ne pouvait envisager que des embellissements sans caractère, destinés à plaire à tout le monde, ou plutôt à ne déplaire à personne. Maintenant que l'occupant est devenu propriétaire, il peut songer à donner un cachet personnel à son appartement, certain que la dépense profitera à lui-même ou à ses héritiers. Portes intérieures, radiateurs et cache-radiateurs, consoles, rampes, il les conçoit installés à demeure, dans le plus durable des matériaux, le fer. On voudrait en dire autant de l'appareillage luminaire, mais c'est le terrain où l'emploi de la ferronnerie semble le moins (1) La Ferronnerie Moderne, à l'Exposition des Arts Décoratifs, présentée par Henri Clouzot, éditée par Charles Moreau, 8, rue de Prague, Paris. 36 Planches in-folio.
impératif, et cet échec relatif tient à des raisons particulières. Si l'éclairage à l'aide de dispositifs fixes, incorporés à la construction, se répand aussi rapidement, c'est que ni nos bronziers, ni nos ferronniers — et l'étranger n'a pas été plus heureux — n'ont su donner assez tôt au problème du plafonnier et du lustre des solutions entièrement satisfaisantes. N'importe, même en laissant de côté l'architecture ferronnière (intérieurs de paquebots, aménagements de banques ou de grands magasins, et le reste), il ne faut pas être grand clerc pour prévoir un développement presque sans limite à l'emploi du fer. Il est plus hasardeux de déterminer dans quel sens il s'exécutera et le choix de nouveaux travaux que nous réunissons difficilement dans cet album nous permet d'affirmer que les ferronniers et les architectes, qui leur font exécuter leurs épures, aient beaucoup de tendances communes. Il semble bien cependant, qu'en dépit d'un penchant à la complication d'ornements dans les remplissages, dû à la dangereuse facilité de l'outillage moderne, la ferronnerie, comme les autres arts industriels, s'oriente vers le style dépouillé et les surfaces nettes. Une certaine sévérité de décor, conséquence de la prédominance des lignes et des formes géométriques, paraît devoir s'imposer chaque jour davantage. Il faut s'en réjouir, surtout si on y voit une digue opposé au décor superflu. N'en faisons pas toutefois, un principe intangible. L'art, surtout l'art industriel, ignore le beau absolu. Savons-nous, une nouvelle évolution du goût se produisant, si nous ne désirerons pas bientôt, au retour d'un voyage en automobile ou d'une traversée en transatlantique, retrouver dans notre intérieur autre chose que la rigueur de la machine ou les surfaces nues de la cabine du bord? Réservons, à côté de la parfaite adaptation à l'usage, condition essentielle d'un bon ouvrage, la part de la fantaisie, qui est peut-être un jeu, mais qu'on déplorerait de voir disparaître. Les animaux naïvement modelés au feu de la forge par Emile Robert — tels le lièvre et la tortue de la grille de Galliera — sont des exemples qu'il est bon de méditer. Au point de vue technique, on ne voit aucune raison pour que les deux grandes écoles de ferronnerie actuelles — celle pour qui la forge est un but (au moins un moyen unique) et qui se refuse à tout expédient étranger à la tradition, et celle qui voit dans la forge un moyen entre dix autres et ne se refuse aucun perfectionnement d'outillage — ne gardent pas leurs effectifs et leurs positions. Les rangs des irréductibles s'éclairciront, cependant, il faut s'y attendre. Ferronnerie veut dire travail du fer, mais non pas travail du fer uniquement au marteau. Tous les outils et tous les procédés sont légitimes pourvu qu'il en découle un progrès. Gardons-nous, comme le firent les Grecs, de proscrire celui qui voudrait ajouter une corde de plus à la lyre, mais prenons garde à la dangereuse facilité qui découle d'un outillage perfectionné. L'art est le résultat d'une contrainte. C'est parce que le travail du fer est une lutte continue contre la matière, qu'il nous émeut comme le plus beau marbre. Concluons donc à l'industrialisation de plus en plus développée du métier. De moins en moins, dans l'avenir, une pièce de forge sera l'œuvre d'un seul homme, et ce n'est que par une fiction qu'on lui appliquera une signature unique. En réalité, le ferronnier deviendra — et il l'est déjà en partie — un maître de l'œuvre dont le rôle consistera à choisir et à mettre au point les dessins de ses collaborateurs, à surveiller l'exécution dans les ateliers, où la division du travail fait passer successivement la pièce, à s'assurer que mise en place, elle répondra à l'attente de l'architecte ou du client. Sans doute, cette évolution se produira aux dépens de la personnalité de l'œuvre. Mais si l'on devait choisir entre le développement de l'esprit d'invention et le perfectionnement de la technique, l'hésitation ne se comprendrait pas. D'ailleurs, l'architecte n'est-il pas là pour donner les dessins? Il a trop longtemps oublié son rôle impératif de créateur et d'inventeur, pour se contenter de modèles standard ou commerciaux. Nous avons — et ce recueil le prouve — une pléiade d'architectes qui valent bien les Slodz, les Gabriel, les Neuforge, les Cuvillier, ces maîtres du XVIIIe siècle qui ont conçu les grands ouvrages, sujet continu de notre admiration. Faisons-leur confiance et la France ferronnière conservera de haute main, la suprématie que les nations lui ont reconnue à l'Exposition de 1925. HENRI CLOUZOT.
TABLE DES PLANCHES Couverture composée par GABRIEL ENGLINGER. Planches 1. EDGAR BRANDT, 1 et 2. Grilles d'intérieurs. 2. EDGAR BRANDT, 1, Lustre en fer forgé avec verres moulés de Lalique : 2, Grille en fer forgé et bronze pour la Bourse de Commerce de Montréal. 3. RICHARD DESVALLIÈRES, Rampe d'escalier. 4. JEAN SPIRI, 1, Garniture de cheminée, cadran par A. Rivir; 2 et 3, Cadres ; 4 et 6, Lampadaires; 5, Console et Pendule. 5. SCHWARTZ-HAUTMONT, 1 et 2, Portes d'appartement, Cassan, architecte. 6. SCHWARTZ-HAUTMONT, 1, Imposte de porte, Cassan, architecte; 2 et 3, Balustrades, Hiriart, Tribout et Beau, architectes. 7. PAUL LAFFILLÉE, 1, Vasque; 2, Lampe; 3, Cache-radiateurs. 8. BERGUE, 1, Lustre; 2, Grille d'intérieur, Merlier et Cochet, décorateurs; 3, Pare-étincelles; 4, Cache-radiateur; 5, Table. 9. BERGUE, 1 et 2, Cache-radiateurs. 10. PIGUET, 1, Porte d'entrée en fer poli, Mortamet, architecte; 2, Porte d'ascenseur avec plaque de Linossier; 3, Porte de la villa Chantermerle, Mortamet, architecte. 11. PIGUET, 1, Cache-radiateur avec plaque de J. Dulac; 2, Cache-radiateur; 3 et 5, Glaces; 4, Applique; 6, Grille de communion en fer et bronze, Mortamet, architecte. 12. PIGUET, 1 et 2, Détail et Porte des magasins Coty, à Lyon, Pontremoli, architecte à Paris; 3, Porte de M. Linossier, à Lyon, dessin et exécution de Piguet. 13. RAYMOND SUBES, édité par les Etablissements Borderel et Robert, Balustrade de la grande descente et Porte donnant sur la galerie du paquebot Ile-de-France, Bouwens de Boijen, architecte. 14. RAYMOND SUBES, édité par les Etablissements Borderel et Robert, 1 et 2, Appliques en fer forgé; 3, Console, Glace et petites Lampes. 15. RAYMOND SUBES, édité par les Etablissements Borderel et Robert, Lampadaires, Cadre de glace et Balustrade, Détail d'un Panneau. 16. RAYMOND SUBES, édité par les Etablissements Borderel et Robert, 1, Vase en verre soufflé avec armature en fer forgé; 2, Lampe; 3 et 4, Appliques. 17. RAYMOND SUBES, édité par les Etablissements Borderel et Robert, Rampe et Porte d'ascenseur, Granet, architecte. 18. RAYMOND SUBES, édité par les Etablissements Borderel et Robert, Grilles de jardin. 19. RAYMOND SUBES, édité par les Etablissements Borderel et Robert, 1 et 3, Lampadaires; 3, Console avec dessus en marbre, Cadre de glace avec lanières en cuir. 20. RAYMOND SUBES, édité par les Etablissements Borderel et Robert, 1, Porte de la chapelle du paquebot Ile-de-France, Bouwens de Boijen, architecte; 2, Grille d'immeuble, Roux-Spitz, architecte. 21. RAYMOND SUBES, édité par les Etablissements Borderel et Robert, 1, Grille d'intérieur, Lelièvre, architecte; 2, Grille pour une banque, Marrast, architecte. 22. EDOUARD SCHENCK, 1, Départ d'Escalier, Warcollier, architecte; 2, Rampe d'escalier et Cache-radiateur; 3, Porte d'entrée, Forest et Nibaudneau, architectes. 23. EDOUARD SCHENCK, 1, Lanterne, Sami, architecte; 3, Console, Lucas, architecte, édité par Mme Klotz. CHARLES SCHENCK, 5, Grille d'intérieur. MARCEL SCHENCK, 2, Support de vase, 4, Console cache-radiateur. 24. EDOUARD SCHENCK, 1, Grille d'intérieur, Lucas, architecte, édité par Mme Klotz. MARCEL SCHENCK, 2, Porte-charretière. 25. EDOUARD SCHENCK, 1, Grille d'intérieur; 2, Grille d'intérieur, Pron, architecte; 3, Cache-radiateur; 4, Cache-radiateur, Lucas, architecte; 5, Grille pour le paquebot Ile-de-France, Eric Bagge, architecte. 26. MALATRE et TONNELIER, 1, Console, Biguan, architecte; 2, Rampe; 3, Grille d'entrée, Regaud, architecte. 4, Grille d'entrée, Labro, architecte. 27. DELION, 1 et 2, Rampes d'escalier; 3, Balcon, Jacquet, architecte; 4, Cache-radiateur; 5, Pare-étincelles. 28. SZABO, 1, Fragment de grille; 2, Rampe, Saulnier, architecte; 3, Rampe, Figarol, architecte; 4, Petite grille. 29. NICS FRÈRES, 1, Plafonnier, Azéma, Edrei et Hardy, architectes; 2, Plafonnier; 3, 5 et 7, Lampadaires; 4, Applique; 6, Lampe. 30. NICS FRÈRES, 1, Lustre; 2 et 4, Portes d'entrée, Azéma, Edrei et Hardy, architectes; 3, Grille d'entrée, Sorel, architecte. 31. NICS FRÈRES, 1 et 3, Lustres; 2, Applique; 4, Applique, Azéma, Edrei et Hardy, architectes; 5 et 7, Sellettes; 6, Lampe. 32. NICS FRÈRES, 1, Façade et rampe d'escalier, Azéma, Edrei et Hardy, architectes. 33. NICS FRÈRES, 1, Grille d'intérieur; 3, Devant de feu; 2, Cache-radiateur; 4, Grille d'intérieur, Colin, décorateur. 34. FRED PERRET, 1, Balustrade; 2, Grille d'appartement. 35. FRED PERRET, 1, Enseigne lumineuse; 2, Dessous de plat; 3 et 4, Grilles de séparation 36. FRED PERRET, 1, Porte d'entrée, Paul Roubille, architecte; 2, Grille d'intérieur.
LA FERRONNERIE MODERNE (2ème Série) PL. 1 HÉLIO VIALE ET L'HOTELLIER CHARLES MOREAU ÉDITEUR - 8 RUE DE PRAGUE, PARIS (121) EDGAR BRANDT, GRILLES D'INTÉRIEUR

Cet ouvrage présente des exemples de ferronnerie moderne, notamment ceux exposés à l'Exposition Internationale des Arts Décoratifs de 1925. Il explore l'évolution de cet art, soulignant l'importance de la matière et de la technique sur le décor. L'auteur prédit un développement important de la ferronnerie dans l'architecture et la décoration intérieure, tout en envisageant une orientation vers des styles plus dépouillés et géométriques.