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15e ANNÉE Nouvelle Série NUMÉRO 15 MARS 1921 L'ART ET LES ARTISTES SOUS NAPOLÉON DIRECTEUR-FONDATEUR ARMAND DAYOT RÉDACTION & ADMINISTRATION 23, Quai Voltaire, PARIS NUMÉRO DU CENTENAIRE

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L'ART ET LES ARTISTES Abonnement d'un An : - FRANCE... 60 fr. - ÉTRANGER. 75 fr. Directeur-Fondateur : ARMAND DAYOT Secrétaire de Rédaction : PIERRE LADOUÉ --- SOMMAIRE DU NUMÉRO 15 (Mars 1921) (Numéro spécial) Titre --- Illustrations --- Auteur --- LA PEINTURE A L'ÉPOQUE IMPÉRIALE --- ROBERT DE LA SIZERANNE --- L'ARCHITECTURE ET LA SCULPTURE --- LOUIS RÉAU --- LE STYLE EMPIRE --- CHARLES SAUNIER --- Prix de ce Numéro : 15 francs Tous droits de reproduction, de traduction et d'interprétation réservées pour tous pays. Les Articles publiés par L'ART ET LES ARTISTES deviennent la propriété de la Revue. Nous nous permettons d'aviser nos nombreux correspondants qu'il ne sera plus répondu désormais par l'Administration et la Rédaction de L'Art et les Artistes qu'aux lettres contenant l'affranchissement de retour. --- GALERIE HAUSSMANN G. DANTHON TABLEAUX MODERNES — SCULPTURES 29, Rue La Boëtie Téléphone : ÉLYSÉES 12-14 Copyright by L'Art et les Artistes, 1921 L'administrateur-gérant : Georges COUTAREL

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SIOT-DECAUVILLE Fondeur-Editeur GRAND PRIX PARIS 1900 GALERIE D'EXPOSITION 24, Boul. des Capucines, 24 Téléph.: Gut. 16-10 FONDERIE ET ATELIERS 8 et 10, Rue Villehardouin Téléph.: Arch. 03-73 J.-L. GÉROME — BONAPARTE CHEMINS DE FER DE PARIS A LYON ET A LA MÉDITERRANÉE Où? Quand? Comment voyager? L'AGENDA PLM (NOUVELLE SÉRIE) l'enseigne de façon pratique et amusante Textes de: Alfred Capus, Louis Forest, E. Herriot, Le Corbeiller, G. Faure, J. Véran, G. d'Esparbès, Antoine Borrel, etc. Hors-texte et illustrations de: Vignal, Calbet, Montagné, Filliard, Lacaze, Charavel, etc. EN VENTE: Grands Magasins, Agences de voyage, Gares PLM et rue St-Lazare, 88, Paris. VENTE AUX ENCHÈRES PUBLIQUES À BRUXELLES COLLECTION OSCAR CRABBE TABLEAUX MODERNES Par Courtens, Daubigny, Decamps, Diaz, Dupré, Feyen-Perrin, Feyen, Garland, Henner, Lépine, Ten Kate, Ziem. AQUARELLE, par Madou TABLEAUX ANCIENS - OBJETS VARIÉS - VENTE A BRUXELLES GALERIE J. & A. LE ROY, Frères 6, Rue du Grand-Cerf, 6 LE 23 AVRIL 1921 EXPOSITION les 20 et 21 Avril 1921, de 10 h. à 4 h. Experts: MM. Arthur et Georges LE ROY 12, Place du Musée, 12, à Bruxelles. Officier ministériel: M. Edouard VAN EROM huissier, 45, boulevard d'Anvers, 45, à Bruxelles.

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L'ART ET LES ARTISTES Revue d'Art Ancien, d'Art Moderne, d'Art Décoratif FONDÉE EN 1906 PARAISSANT DIX FOIS PAR AN Directeur : ARMAND DAYOT --- COMITÉ DE PATRONAGE MM. Louis BARTHOU, Léon BÉRARD, Albert BESNARD, Philippe BERTHELOT, Gustave GEFFROY, Edouard HERRIOT, Anatole FRANCE, Maréchal LYAUTHEY, Paul LEON, Julien LEMORDANT, Raymond POINCARÉ, Robert de la SIZERANNE, Robert de ROTHSCHILD, André TARDIEU. --- LISTE DE N°S SPÉCIAUX PARUS PENDANT LA GUERRE PREMIÈRE SÉRIE (Année 1915) - LA CATHÉDRALE DE REIMS, avec un bois original inédit de E. DÉTÉ. - AU FRONT, avec un bois original inédit de A. LEPÈRE. - LA BELGIQUE HÉROÏQUE ET MARTYRÉ, avec un bois original inédit de GUSMAN. - LES VANDALES EN FRANCE, avec un bois original inédit de G. JEANNIOT. - L'ALSACE DÉLIVRÉE, avec un bois original inédit de A. LEPÈRE. DEUXIÈME SÉRIE (Année 1916) - LA POLOGNE IMMORTELLE, avec un bois original inédit de J. BELTRAND. - LA LORRAINE AFFRANCHIE, avec un dessin original inédit de B. NAUDIN. - LILLE SOUS LE JOUG ALLEMAD, avec un dessin original inédit de P. RENOUARD. - ROUMANIE, avec un dessin original inédit de J. BELTRAND. - L'ART ASSASSINÉ, avec un bois original inédit de E. DÉTÉ. TROISIÈME SÉRIE (Année 1917) - LA SERBIE GLORIEUSE, avec une lithographie originale inédite de STEINLEN. - LA RUSSIE. — Art Ancien, avec une reproduction d'icone de ANDRÉ ROUBLEV. - LE MAROC ARTISTIQUE, avec un dessin original de ALF. DEHODENCQ. - LA RUSSIE. — Art Moderne, avec un dessin original inédit de PAUL DARDE. - VENISE AVANT ET PENDANT LA GUERRE, avec un dessin à la plume original inédit de TITIEN. QUATRIÈME SÉRIE (Année 1918) - LA GUERRE, par STEINLEN, avec une lithographie originale inédite de STEINLEN. - AMIENS. — La Cathédrale, avec un bois original inédit de J. BELTRAND. - L'AMÉRIQUE EN FRANCE, avec un dessin original inédit de L. LANTIER. - REIMS. — Le Musée, avec un dessin original inédit de CARLOS SCHWAB. - BERNARD NAUDIN, avec un dessin original de BERNARD NAUDIN. On peut se procurer chacune de ces quatre séries, avec les cinq hors-texte sur grand papier, moyennant 30 francs la série pour la France et 35 francs pour l'Étranger. Le prix de chaque numéro séparé est de 6 francs sans le hors-texte et 10 francs avec le hors-texte. --- PRIX DES EXEMPLAIRES SUR JAPON Nous rappelons aux amateurs de beaux livres que nous avons procédé à un tirage très restreint de grand luxe sur papier des Manufactures Impériales du Japon, de tous nos Numeros spéciaux de guerre. Chacun de ces recueils est numéroté et s'accompagne des bois ou dessins originaux inédits dont liste, ci-haut, tiré en hors-texte, avant la lettre, sur Japon Impérial également. Le prix de chacun de ces recueils de grand luxe est de 40 francs l'exemplaire pour la France et de 45 francs pour l'Étranger. --- Adresser les commandes à l'Art et les Artistes, 23, quai Voltaire, Paris (VIIe arr.)

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ÉDITION E.-F. D'ALIGNAN PARIS LIVRES DE LUXE TIRAGES LIMITÉS - Paysages disparus - de Emile VERHAEREN - Illustr. (eaux-fortes) de LUIGINI - Proses & Bois originaux - du Graveur Gabriel BELOT - Le Vieux Village de Montmartre - de Jean FABER - Illustrations (eaux-fortes) de DELATRE - La Seine à travers Paris - de Jean FABER - Illustrations (eaux-fortes) de GOR - Les Epis rouges - de Emile SICARD - Ill. (bois) d’Elisabeth de GROUX - Debout les Morts - Illustrations de ORAZI --- En préparation - Emile VERHAEREN. — Les Douze Mois Bois gravés par LE MEILLEUR - Emile VERHAEREN. — Chair Belle Illustrations de BOURDELLE - Emile VERHAEREN. — Les Rythmes souverains Illustrations de Georges TRIBOUT --- MADELEINE cahier manuscrit et illustrations de WILLETTE --- Pour paraître incessamment - VUILLERMOZ. — Visages de Musiciens 24 gloses et 24 bois gravés de DUBRAY - Jean LORRAIN. — Monsieur de Bougrelon Illustrations de LE MEILLEUR - Paul ARENE. — La Mort de Pan Eaux-fortes de COUSSENS --- ETC., ETC. --- PEINTURES STEINLEN - FORNEROD - Henry DE GROUX - J.-G. DOMERGUE - COUSSENS Gabriel BELOT - C. BURNSIDE - TRIBOUT, etc., etc. --- EXCLUSIVITÉ DES ŒUVRES DE FRANK BRANGWYN --- SCULPTURES BOURDELLE - Henry DE GROUX - Edwin BUCHER, etc., etc. --- ANTIQUITÉS GÉNÉRALES --- TAPIS --- PEINTURES ANCIENNES --- GALERIE LA BOËTIE 64 bis, Rue La Boëtie, 64 bis La plus belle Salle d’Exposition de Paris Location pour Expositions et Manifestations artistiques Maison de Vente (Détail) Galerie des Beaux-Arts 10, Rue Auber, 10 GARDE-MEUBLE D’ALIGNAN, 34, Rue du Colisée Maison de Gros ÉDITION D’ALIGNAN 61, Avenue Victor-Hugo ---

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--- LA 10 HP --- CITROËN --- est la voiture économique --- ANDRÉ CITROEN, 113-143, Quai de Javel, PARIS --- HOTCHKISS --- Magasins d Exposition : --- 136 Av des Champs-Elysees, Paris --- AUTOMOBILES --- 1920-1921 --- S'Denis S/Seine ---

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DAVID — LE COURONNEMENT LA PEINTURE Il y a une peinture du Premier Empire. C'est la peinture d'histoire contemporaine. C'est l'image de l'épopée qui passe, ce que nous appellerions aujourd'hui du « grand reportage », — ce que furent, en d'autres temps, la Messe de Bolsène, les Lances, ou la Ronde de nuit. Non qu'il n'y ait d'autres formes d'art pictural à ce moment et parfois supérieures, mais elles n'appartiennent pas à cette merveilleuse époque de 1800 à 1815, plus qu'à une autre. Elles y naissent, ou s'y développent, ou y continuent : elles caractériseraient aussi bien et même mieux les époques toutes différentes qui l'ont précédée ou qui l'ont suivie. On y trouve des restes de l'Ecole de Boucher, de la vieillesse de Fragonard, d'Hubert Robert, de Greuze, avec Vigée-Lebrun, le plein épanouissement et la décadence de l'art académique, avec David, Guérin, Gérard, Girodet et leurs comparses, enfin les rayons précurseurs du Romantisme avec Prud'hon et du paysage moderne avec Georges Michel. Mais rien de tout cela — qui s'est produit encore, ou déjà, pendant l'Empire — ne suffirait à signer cette époque autrement que les autres, c'est-à-dire d'un trait distinctif que les autres n'ont pas. Il ne faut point faire honneur à l'Empire du DAVID — CROQUIS POUR LE "COURONNEMENT"

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L'ART ET LES ARTISTES « Beau idéal », selon l'Antique de David — pas même à la Révolution : — il est tout entier contenu dans les Horaces, qui sont de 1784. Pas davantage on ne peut lui attribuer l'essor du Romantisme, dont les premiers vagissements sont loin d'annoncer ce qu'il dira plus tard d'éloquent, d'excessif et de profond. Entin, on a bien le sentiment que Prud'hon, tout en jetant sur cette période héroïque le charme de son génie tendre et crépusculaire, ne doit rien, ni aux gens, ni aux gestes de son temps, — sinon l'appui signées David, Gérard, Girodet, Carle Vernet, l'œuvre tout entière de Gros, les premiers essais de Géricault, — par exemple le Sacre, Jaffa, Eylau, le Hussard et le Cuirassier, en un mot tous les chefs-d'œuvre de cette époque, sauf ceux de Prud'hon, doivent avoir quelque rapport étroit avec l'Empire, car on ne trouve rien d'équivalent avant l'avènement du Consul, ni après la chute de l'Empereur. Voulons-nous le voir ? Entrons au Salon de 1799, c'est-à-dire, pour parler le jargon du moment, à l'Exposition des artistes vivants, GROS — LE CHAMP DE BATAILLE D'EYLAU matériel que l'Empereur ne lui a pas marchandé. Il eût fait la même peinture sous un Louis XVI vieillissant dans la gloire, sous une République croissant en force et en sagesse, peut-être même en pleine anarchie. Tout cela s'est produit pendant l'Empire, comme aurait pu se produire une inondation ou un tremblement de terre, — comme s'est produite par exemple, en 1804, la grippe espagnole, — sans avoir aucun rapport avec lui. Au contraire, les grandes pages d'épopée contemporaine, c'est-à-dire d'actualité, ouverte dans le Salon du Musée central des Arts, le 1er fructidor de l'an VII de la République. Nous n'y trouvons quasi pas de scènes contemporaines et le peu qu'il y a n'a aucune valeur esthétique. Nous y voyons des Brutus et des Régulus, des Thésées et des Hippolytes, des Aristomènes et des Cincinnatus, des Clytemnestres et des Porcias, et encore des Marcus Curtius. Voici bien, il est vrai, le Triomphe du peuple français au 10 août, mais c'est une allégorie. Il y a aussi un g Thermidor — mais c'est encore une allégorie.

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LA PEINTURE Tiens, un rassemblement! Que regarde cette foule dense, pressée, enthousiaste? Un accident? Non : c'est le Marcus Sextus de Guérin, «élève de Regnault, pensionnaire de la République». Marcus Sextus échappé rent sur eux-mêmes. Poursuivons : à chaque pas, des thèmes comme celui-ci : Les Ambassadeurs de Rome demandant à l'Aréopage communication des lois de Solon, l'an de Rome 300, parfait exemple de ce qu'il ne GROS — LES PESTIFÉRÉS DE JAFFA (FRAGMENT) aux proscriptions de Sylla, trouve à son retour sa fille en pleurs auprès de sa femme expirée. Voilà le chef-d’œuvre de l’année 1799, le succès étourdissant, comparable seulement à celui qui saluera plus tard Léopold Robert. D’ailleurs, c’est un succès tout de circonstance : les émigrés se reconnaissent et pleu- faut pas peindre, devoir d’école où il ne peut rien y avoir d’observé sur le vif : aucune action, nulle émotion, pas un geste! Thème dénué de sens pittoresque, et qu’un grand artiste ne pourrait sauver qu’en le transposant si entièrement que le sujet disparaîtrait tout à fait.

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L'ART ET LES ARTISTES DAVID — PROJET POUR UN "COURONNEMENT DE L'EMPEREUR" (DESSIN) Entrons, maintenant, à l'Exposition de 1808, c'est-à-dire, pour parler comme alors au Salon du Musée Napoléon, ouvert le 14 octobre 1808, second anniversaire de la bataille d'Iéna. Et après avoir passé au vestiaire, auquel nous pouvons — dit un avis — confier avec sûreté notre « sabre », feuilletons le « livret », acquis des « préposés » pour o fr. 75. Ah! c'est un maigre cahier auprès de nos registres rebondis d'aujourd'hui! Il décrit 631 tableaux seulement, et la plupart sont tout petits. Mais sous notre régime d'inflation et de surproduction, sommes-nous bien sûrs qu'il restera, dans cent-douze ans, de nos milliers et milliers de toiles exposées chaque année ce qu'il reste aujourd'hui du Salon de 1808? Nous y trouvons, en effet, rassemblés comme ils le sont encore pour la plupart au Louvre, le Couronnement et les Sabines de David, le Champ de bataille d'Eylau et le Lassalle de Gros, la Justice et la Vengeance divine poursuivant le crime et la Psyché enlevée par les Zéphyr de Prud'hon, l'Atala au tombeau de Girodet, la promesse de la Bataille d'Austerlitz de Gérard et une douzaine de portraits signés de lui, pas mal de chevaux de Carle Vernet, pris dans des chasses au renard, ou des courses, ou des « exercices de Franconi ». Le Départ de Paris des conscrits de 1807, et la Lecture du Bulletin de la Grande Armée de Boilly, avec des scènes de boulevards, des anecdotes militaires de Swebach, un Paysage, temps de pluie de Georges Michel, et une foule d'autres scènes contemporaines, faits et gestes de l'Empe-reur ou de ses soldats. Toutes ne sont point des chefs-d'œuvre, loin de là, mais pourtant on sent bien que, depuis 1799, un grand souffle a passé sur les artistes empêtrés de défrôques romaines et les a dégelés. Il reste bien encore des Astyanax et des Aristomènes et même, — est-ce Dieu possible? — voici, resurgissant après tant d'événements qui ont bouleversé le monde, les Ambassadeurs de Rome qui continuent inlassablement à demander à l'Aréopage communication des lois de Solon, l'an de Rome 300!... Et ce sont les mêmes qu'en 1799! Ah! les pédants font une belle défense... Toutefois, ils ne tiennent plus, comme sous la Révolution, le haut du

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LA PEINTURE pavé. Grecs et Romains reculent devant les grognards de l'Empire. Les allégories s'effacent à mesure que des particuliers qui valent bien tous les symboles, s'installent avec leurs bottes et leurs sabres recourbés comme le Lassalle ou le Fournier-Sarlovèze, les Murat et les Kléber, dans les cadres des meilleurs maîtres. La mythologie paraît fade auprès de la légende qui naît. Au total, on le voit bien : à ce Salon de 1808, qui peut être considéré comme le zénith de l'art sous l'Empire, ce 24 avril, au Musée royal des Arts, nous retombons piteusement en pleine antiquaille, aggravée d'un Moyen âge suspect. Les saint Louis, les Jeanne d'Arc, les Bayard et surtout les Henri IV, flanqués de nombre de tableaux de piété, disputent la place aux Andromaque et aux Astyochus, mais c'est toujours de l'archéologie et la vie est absente. Au lieu de peindre un Austerlitz, Gérard figure une Entrée d'Henri IV à Paris, Horace Vernet lui-même plonge dans le passé jusqu'en 1212 BOILLY — L'ATELIER DE HOUDON (Houdon exécutant le buste du mathématicien Laplace) qui domine, ce qui envahit tout — comme importance, comme intérêt et comme valeur esthétique, c'est partout et toujours, — sauf chez Prud'hon, — l'histoire contemporaine, une « actualité » grandiose, figurée par des gens vivants, agissants, pris sur le vif et reconnaissables par la foule même. Voilà ce qu'on n'avait jamais tenté jusqu'alors et ce qui frappa tous les yeux. L'Empire tombé, que reste-t-il de cet élan des maîtres vers la vie contemporaine? Rien ou presque rien... Si nous terminons nos visites par celle du Salon de 1817, ouvert le pour trouver un sujet de tableau de bataille : celle de Tolosa. Quelqu'un a bien représenté l'Heureux retour de S. M. le Roi Louis XVIII au milieu de ses sujets, mais c'est par une allégorie : « Le Roi debout sur un rocher inaccessible s'appuie sur la Charte; le fruit de ses savantes méditations est soutenu par les départements réunis en faisceau que resserre une branche de chêne entremêlée de lierre, symbole de force et d'union. » En 1817, d'ailleurs, autant vaut une allégorie qu'autre chose, car lorsque les artistes s'avisent de représenter une scène contemporaine, ils