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L'ART ET LES ARTISTES Art Ancien, Moderne Décoratif Directeur-Fondateur Armand Dayot Rédaction & Administration 23, Quai Voltaire, PARIS Revue d'Art des Deux-Mondes --- 10e Année N° 113-114

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L'ART ET LES ARTISTES --- ABONNEMENT D'UN AN : - FRANCE: 30 fr. - ÉTRANGER: 35 fr. Directeur-Fondateur: Armand DAYOT Secrétaire: Adolphe THALASSO --- SOMMAIRE DU NUMÉRO 113-114 (Août-Septembre 1914) - LE MUSÉE DE LYON (20 illustrations) — GUSTAVE LEGARET - UN PRINCE ARTISTE: S. A. I. ABDUL MEDJID EFFENDI (6 illustrations) — ADOLPHE THALASSO - IMPRESSIONS DE FLORENCE: I. Les Portes du Paradis; II Le Persée de Benvenuto (5 illustr.) — R. DE LAUNAY - VARIÉTÉS: UNE RÉVÉLATION ARTISTIQUE: LE CHRIST DE GERMAIN PILON (2 illustr.) — J. P. AUBÉ - L'ART DÉCORATIF: ANDRÉ MARÉ (8 illustrations) — LÉANDRE VAILLAT - LE MOIS ARTISTIQUE (2 illustrations) — A. T. - LES BEAUX-ARTS À L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE LYON — HENRI BÉRAUD - LE MOUVEMENT ARTISTIQUE À L'ÉTRANGER: Angleterre, par P.-E. RIXENS; Belgique, par G. V. Z.; Italie, par CARLO BOZZI; Roumanie, par A. DE MILO. — Bibliographie. - ÉPREUVE D'ART: Le Bonnet d'âne, par RAYMOND-P.-R. NEILSON. Prix du Numéro: 6 francs, pour la France; 6 fr. 50, pour l'Étranger. --- Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés pour tous pays. Les Articles publiés par L'Art et les Artistes deviennent la propriété de la Revue. --- J. ALLARD & C. Galerie des Tableaux des Maîtres Modernes 20, Rue des Capucines, 20. PARIS --- CRÉDIT LYONNAIS Société Anonyme fondée en 1863. — Capital entièrement versé: 250 millions Siège social: LYON, Palais du Commerce. Succursale: PARIS, Boulevard des Italiens - Dépôts de fonds à vue à échéance fixe - Ordres de bourse (France et étranger) - Avances sur titres - Dépôts de titres - Escompte et encaissement de coupons - Envois de fonds en France et à l'étranger - Change de monnaie étrangère - Lettres de crédit pour voyages - Souscriptions - Dépôts de bijoux, argenterie, etc. - Assurances - Garantie contre les risques de non vérification des tirages. LOCATION DE COFFRES-FORTS --- Copyright by L'Art et les Artistes, 1919. L'administrateur-gérant: Georges Coutarel.

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LE MUSÉE DU LOUVRE DONS, LEGS, ACQUISITIONS DEPUIS 1914 --- CENT PLANCHES en héliogravure reproduisant plus de 150 TABLEAUX ET OBJETS --- PRÉFACE DE LOUIS BARTHOU DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE MEMBRE DU CONSEIL SUPÉRIEUR DES MUSÉES --- NOTICES par les CONSERVATEURS et les CONSERVATEURS-ADJOINTS du MUSÉE DU LOUVRE --- PRIX EN SOUSCRIPTION : 250 francs A l’apparition de l’ouvrage, le prix en sera porté à 300 francs --- ADRESSER LES SOUSCRIPTIONS A DEMOTTE, 27, Rue de Berri, PARIS --- Handwritten notes in top right corner: 267828 3255 43.00 2500 (Note: The handwritten numbers appear to be annotations or cataloging marks and are included as-is for completeness.)

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Collection de Guerre DE L'ART ET LES ARTISTES PARIS, 23, Quai Voltaire, 23, PARIS Directeur-Fondateur : ARMAND DAYOT INSPECTEUR GÉNÉRAL DES BEAUX-ARTS --- Avec le numéro spécial consacré à BERNARD NAUDIN, «L'Art et les Artistes» termine sa quatrième et dernière série de guerre. Nous rappelons, non sans une légitime fierté, que notre Revue a été la seule Revue d'Art ayant paru, sans discontinuer, pendant toute la durée des hostilités. Nous donnons ci-après, suivant l'ordre de publication, la liste complète des vingt numéros spéciaux parus pendant la grande Guerre. PREMIÈRE SÉRIE (Année 1915) LA CATHÉDRALE DE REIMS, avec un bois original inédit de ... E. DÉTÉ. AU FRONT, avec un bois original inédit de ... A. LEPÈRE. LA BELGIQUE HEROIQUE ET MARTYRÉ, avec un bois original inédit de ... GUSMAN. LES VANDALES EN FRANCE, avec un bois original inédit de ... G. JEANNIOT. L'ALSACE DÉLIVRÉE, avec un bois original inédit de ... A. LEPÈRE. DEUXIÈME SÉRIE (Année 1916) LA POLOGNE IMMORTELLE, avec un bois original inédit de ... J. BELTRAND. LA LORRAINE AFFRANCHIE, avec un dessin original inédit de ... B. NAUDIN. LILLE SOUS LE JOUG ALLEMAD, avec un dessin original inédit de ... P. RENOUARD. ROUMANIE, avec un dessin original inédit de ... J. BELTRAND. L'ART ASSASSINE, avec un bois original inédit de ... E. DÉTÉ. TROISIÈME SÉRIE (Année 1917) LA SERBIE GLORIEUSE, avec une lithographie originale inédite de ... STEINLEN. LA RUSSIE. — Art Ancien, avec une reproduction d'icone de ... ANDRÉ ROUBLEV. LE MAROC ARTISTIQUE, avec un dessin original de ... ALF. DEHODENCQ. LA RUSSIE. — Art Moderne, avec un dessin original inédit de ... PAUL DARDE. VENISE AVANT ET PENDANT LA GUERRE, avec un dessin à la plume original inédit du ... TITIEN. QUATRIÈME SÉRIE (Année 1918) LA GUERRE, par STEINLEN, avec une lithographie originale inédite de ... STEINLEN. AMIENS. — La Cathédrale, avec un bois original inédit de ... J. BELTRAND. L'AMÉRIQUE EN FRANCE, avec un dessin original inédit de ... L. LANTIER. REIMS. — Le Musée, avec un dessin original inédit de ... CARLOS SCHWAB. BERNARD NAUDIN, avec un dessin original de ... B. NAUDIN On peut se procurer chacune de ces quatre séries, avec les cinq hors-texte sur grand papier, moyennant 60 francs la série pour la France, et 65 francs pour l'Etranger. Le prix de chaque numéro séparé est de 10 francs sans le hors-texte, et 15 francs avec le hors-texte. PRIX DES EXEMPLAIRES SUR JAPON Nous rappelons aux amateurs de beaux livres que nous avons procédé à un tirage très restreint de grand luxe, sur papier des Manufactures Impériales du Japon, de tous nos Numéros spéciaux de guerre. Chacun de ces recueils est numéroté et s'accompagne des bois ou dessins originaux inédits dont liste ci-haut, tirés en hors-texte, avant la lettre, sur Japon Imperial également. Le prix de chacun de ces recueils de grand luxe est de 40 francs l'exemplaire pour la France et de 45 francs pour l'Etranger. Tous les ouvrages numérotés étant passibles de la taxe de luxe de 10 %, prière d'ajouter au prix du recueil le montant de la taxe. Adresser les commandes à L'Art et les Artistes, 23, quai Voltaire, PARIS (VIIe arr)

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L'ART ET LES ARTISTES --- NUMÉRO 113-114 AOÛT-SEPTEMBRE 1914 --- AVIS TRÈS IMPORTANT La publication du présent numéro nécessite quelques explications. Ce numéro était en grande partie composé et à moitié tiré au moment où la grande guerre éclata. Il devait paraître en Août-Septembre 1914. Les événements nous obligèrent de le mettre de côté et, depuis cinq ans, il attend que la signature de la Paix nous eût permis de l’adresser à nos fidèles abonnés, complétant ainsi le Tome XIX de la collection de “L’ART ET LES ARTISTES” resté en suspens. Entre sa composition et sa publication quelques faits se rattachant à sa rédaction même sont survenus dont nous croyons devoir faire part à nos lecteurs, à titre documentaire. Le Capitaine R. DE LAUNAY, signataire de l’article “IMPRESSIONS DE FLORENCE”, est, en 1916, glorieusement tombé au Champ d’Honneur pour la France. Le statuaire J. P. AUBÉ, à qui nous devons “UNE RÉVÉLATION ARTISTIQUE”, est décédé l’année dernière. Par la mort du Sultan MEHMET V, les décès des princes YOUSSOUF IZZEDDINE EFFENDI et SALAHEDDINE EFFENDI, et l’avènement au trône de Turquie de VAHDEDDINE EFFENDI, S. A. I. le Prince ABDUL MEDJID EFFENDI, auquel une étude est consacrée dans ce numéro, devient l’héritier présomptif de la couronne Ottomane.

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Ph. J.-E. Bulloz. LE TINTORET — DANAÉ LE MUSÉE DE LYON LES CHEFS-D'ŒUVRE DE NOS MUSÉES DE PROVINCE (1) Le Musée de la ville de Lyon n'est pas seulement l'un des plus beaux de province; il fait partie de la physionomie de la grande cité qui conserve, avec un particularisme si tranché, la personnalité de distinction toute patricienne que lui donne la plus luxueuse des industries. En plein cœur de la ville, sur cette place des Terraux d'où les maisons des « canuts » montent à l'escalade des hauteurs de la Croix-Rousse, tout près de cette Saône dont la courbe enveloppe la colline mystique de Fourvière, il aligne sur une longueur de cent mètres sa haute façade aux deux étages reliés par des pilastres colossaux et surmontés encore d'un lourd entablement. L'ancien couvent des dames de Saint-Pierre a mis à la disposition du Musée, qui en occupe aujourd'hui les bâtiments, un vaste emplacement; mais ces bâtiments eux-mêmes, construits de 1659 à 1687, à une époque où la piété n'établissait pas entre le monde et le cloître des barrières formelles, tempèrent de sobre élégance l'allure un peu compassée de leurs quatre corps de logis disposés en rectangle. La cour intérieure, qu'ils enferment dans une ceinture d'arcades, a bien plutôt le caractère d'une retraite d'artistes silencieuse et discrète que d'un « désert » propice aux méditations religieuses. (1) Nous donnons aujourd'hui la première étude sur les Musées de Province dont L'Art et les Artistes va passer en revue les chefs-d'œuvre trop peu connus.

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L'ART ET LES ARTISTES L'espace dont le Musée a pu disposer largement et qui s'est encore trouvé accru par le transfert sur la rive gauche du Rhône d'une partie des services universitaires a permis d'y établir plus qu'un conservatoire des œuvres d'art de peinture et de sculpture. Dès l'entrée, le visiteur ne peut oublier la place qu'a tenu Lyon dans notre antiquité nationale. Si l'admirable musée des tissus installé à la Bourse rappelle l'industrie qui a fait la gloire de la ville, le Musée Saint-Pierre atteste que celle-ci fut aux premiers siècles de notre histoire la vraie capitale des Gaules groupées auprès de ce centre symbolique qu'était au confluent des deux rivières l'autel de Rome et d'Auguste. Tout autour des arcades dont les voûtes supportaient les bâtiments conven- tuels sont rangés des fragments d'édifices gallo-romains; les inscriptions dont ils sont revêtus font de ce répertoire d'épigra- phie un recueil encore plus riche que celui de Narbonne. Ce sont surtout des monuments funéraires, et à l'exception d'un sar- cophage en marbre blanc trouvé en 1824 dans les travaux de reconstruction de l'église Sainte-Irénée, ils n'ont pas la délica- tesse de travail hellé- nistique des sarcophages d'Arles. Même les tombeaux chrétiens, nombreux dans une ville qui a possédé probablement jusqu'à la fin du second siècle la seule église organisée en Gaule, sont plus remarquables par leurs dimensions et la solidité massive de leur facture un peu lourde que par le fini de leur décoration. Des œuvres proprement artistiques, celles de la peinture constituent sans conteste l'ensemble le plus imposant. Elles occupent, sur la disposition rectan- gulaire de l'édifice, deux côtés et deux étages. Ces œuvres ont été depuis quelques années l'objet d'une révision plus rigoureuse d'attributions et d'un classement plus méthodique. La visite en est devenue plus aisée, grâce au magnifique catalogue illustré mis à la disposition du public par le conservateur actuel qui l'a dressé : M. Dissard. Le premier lot de peintures fut envoyé le 4 mars 1863 en vertu d'un arrêté des consuls du 14 fructidor, an VIII (1er septembre 1800). Ce premier envoi de trente et un ouvrages fut accru par des envois ultérieurs de 1805 et de 1811; c'est autour de ce premier noyau que sont venues s'agréger des œuvres achetées par la collaboration intelligente de la municipalité et accrues par des dons provenant de la libéralité d'une grande bourgeoisie dont la récente dispersion de la collection Aynard a montré quel sens artistique raffiné elle savait joindre à l'en- tenté des affaires. Avec des acquisitions plus nombreuses, la distribution des anciens bâtiments conven-tuels s'est trouvée défectueuse. Une transformation entreprise en 1879 n'a laissé dans leur état primitif, avec leur décoration du xviiie siècle, quel ancien réfectoire et l'escalier d'honneur; de nouveaux dégagements ont été créés, et c'est à cette œuvre de remanie- ment presque complet que Puvis de Chavannes a donné la plus magnifique des conclusions par les peintures exécutées de 1884 à 1886 et qui décorent le sommet du nouvel escalier d'accès aux galeries d'exposition. Ce grand ensemble décoratif se compose de quatre compositions marouflées sur des parois de muraille formant un carré. Le Bois sacré est la plus vaste : elle a dix mètres de haut et s'étend encore un peu plus en largeur. L'exiguité du local n'a pas permis le déploiement complet, et a même exigé que la composition, rabattue aux extrémités, soit comme INCONNU — LA GÉNÉALOGIE DE LA VIERGE (ÉCOLE FLAMANDE DU XVe SIÈCLE)

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LE MUSÉE DE LYON brisée aux ailes. Regrettable aussi l'absence de recul suffisant pour embrasser l'ensemble. L'œuvre procède d'une inspiration particulièrement chère à Puvis de Chavannes : mais l'association des nobles formes aux gestes rythmés, avec le décor antique d'une part, et les grands fonds illimités du paysage d'autre part, donnent à la construction plus ramassée, une magnificence d'ordonnance peut-être préférable à celle de l'immense panneau de la Sorbonne. Dans l'ensemble de la décoration, ce grand motif central joue également le rôle de liaison. Il unit l'une à l'autre les deux sources d'inspiration artistique : le génie païen et le génie chrétien. Vision antique est un paysage grec : paysage de calcaire blanc au relief âpre et comme scandé, aux lignes simples et aux horizons qui ne se fondent point dans l'estampage des lointains. La lumière éclatante reflétée par l'azur profond de la mer pare de beauté cette terre sèche où les chevriers se reposent sans voiles, et dans ce site de Théocrite les formes d'art antique prennent l'aspect des choses vivantes, recréées spontanément par le milieu auquel elles s'associent si intimement. A l'artiste qui rêve sur le haut d'un rocher apparaissent soudain, comme s'ils avaient surgi du bloc de marbre aveuglant de blancheur qui ferme l'horizon, les cavaliers descendus de la frise du Parthénon. Et de l'autre côté, dans l'intérieur recueilli d'un couvent florentin, fermant ses yeux au paysage entrevu par-dessus les murailles basses, n'écoutant que son cœur, un moine symbolisant l'Inspiration chrétienne couvre, sous les regards attendris de ses compagnons, les parois du cloître des formes des élus que la foi transfigure et immatérialise dans leur chair comme dans leurs couleurs. En face du Bois sacré, l'artiste, par discrétion peut-être, n'a pas consacré à sa ville natale, comme il le fit pour Marseille, Amiens, Rouen, une de ces pages qui constituent comme la synthèse de la physionomie d'une cité. A Marseille, porte de l'Orient, il n'a pas ajouté Lyon, métropole de la soie. Son idéalisme a oublié ici les hommes et leur labeur, pour reproduire, dans l'éternité des phénomènes naturels, le mol abandon de la Saône dont le corps souple qui s'incline parmi les nénuphars et les roseaux, est convoité par le Rhône, homme vigoureux, qui des rochers abrupts d'où il surgit s'apprete à la capter dans le réseau serré d'un vaste épervier. Le Musée de Lyon, qui a reçu sa part des dessins du maître, en possède aussi deux autres toiles. L'Automne est une superbe allégorie où, sous le feuillage dense des arbres chargés de leurs produits, en présence de Cérès assise et drapée comme une Déméter, des femmes déroulent en geste harmonieux l'élégance de leurs formes pleines comme des fruits mûrs. La couleur légère et pâle des vêtements se réveille dans la pulpe des fruits en tonalités accentuées qu'on croirait empruntées à la palette de Besnard. Le Portrait de Mme Puvis de Chavannes, peint en 1883, est au contraire une œuvre toute concentrée de vie intérieure; vêtement noir de JOSSE VAN CLEEF PORTRAIT D'UN SEIGNEUR DE LA FAMILLE BENTIVOGLIO

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L'ART ET LES ARTISTES INCONNU — LA VIERGE ET L'ENFANT JÉSUS (ÉCOLE FLAMANDE DU XV° SIÈCLE) deuil, mantille sombre jetée sur la tête et rabattue autour du cou qu'elle enserre d'une gaine, le décor lui-même enveloppe de mélancolie et de tristesse cette effigie de femme âgée où les mains et le visage sont devenus sans teint, où la vie physique comme la vie morale paraissent repliées dans la douceur résignée d'une nature souffreteuse; il n'est pas dans la peinture, sans excepter le Portrait de ma mère, par Whistler, une œuvre qui présente avec plus de simplicité de moyens, un accent de dignité plus émouvant. Les peintures de Puvis servent d'introduction à la galerie vaste et bien distribuée où sont groupés avec les maîtres anciens ceux de la Renaissance. Un legs déjà ancien fait par M. Pollet en 1839, a fait entrer au Musée dix toiles de dimensions identiques et qui sont manifestement de l'École allemande du xve siècle. Une Annonciation et une Visitation en sont les meilleurs morceaux. Mais un Christ montant au calvaire, garde dans l'allure presque bouffonne à force de vulgarité des insulteurs, un sentiment plus tragique. C'est à l'École allemande qu'appartient également une toile qui a même passé longtemps pour un Dürer. C'est simplement une copie, mais excellente, d'un Ex-voto peint par le maître de Nüremberg en 1501 et groupant autour de la vierge qui les couronne de roses, l'empereur Maximilien et sa femme agenouillés. Quelques variantes séparent la copie de l'original. De ces œuvres allemandes, la plus remarquable est le Portrait signé et daté de 1534 par Cranach le Vieux. C'est un portrait de femme de condition aristocratique, vêtue d'un riche corsage lacé par devant, évasé autour du cou en large collerette et garni de manches aux bouffants alternants avec des crevés; le visage aux yeux obliques et bridés a quelque chose d'attirant et comme un charme languide exceptionnel chez un maître qui, à contempler la beauté féminine, ne paraît pas avoir éprouvé de particulière émotion. Plus encore que l'École allemande, l'École flamande atteste ici ses caractères. Il est entré au Musée en l'année 1907 un curieux panneau de bois peint sur l'un des côtés d'une Annonciation et sur l'autre d'une Résurrection de Lazare. L'œuvre est encore toute archaïque d'inspiration, malgré des détails d'architecture qui font pressentir la proche venue de l'italianisme. C'est une œuvre d'une technique plus savante, d'une exécution INCONNU L'incrédulité de Saint Thomas (ÉCOLE HOLLANDAISE DU XVI° SIÈCLE)

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LE MUSÉE DE LYON plus raffinée que celle qui réunit avec la complication du symbolisme religieux de l'époque, sur un par le sens du pathétique, l'influence de Roger van der Weyden ; mais, de toutes ces œuvres flamandes, Ph. J.-E. Bulloz. LE PÉRUGIN — L'ASCENSION arbre mystique; toute la Généalogie de la Vierge. Une Descente de croix trahit, dans le groupement des personnages au masque vigoureux et le chef-d'œuvre est un petit panneau clos de volets formant retable transportable. Acquis en 1859, il représente la Vierge portant l'Enfant Jésus et