Excerpt
First pages of the volume, freely accessible.
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LA POLOGNE IMMORTELLE
> Vole, vole, mon brave aux pieds blancs!
> Rochers, vautours, place, place!
> ADAM MICKIEWICZ.
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REVUE D'ART ANCIEN ET MODERNE DES DEUX MONDES
NUMÉRO SPÉCIAL
RÉDACTION-ADMINISTRATION
23, QUAI VOLTAIRE, 23
PARIS
DIRECTEUR-FONDATEUR
ARMAND DAYOT
Copyright by L’Art et les Artistes, 1916
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L'ART ET LES ARTISTES
ABONNEMENT D'UN AN :
- FRANCE. . . 20 fr.
- ÉTRANGER. . . 25 fr.
Directeur-Fondateur : ARMAND DAYOT
Secrétaire — ADOLPHE THALASBO
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Seconde Série de Guerre : N° 1
PRIX DU N° SPÉCIAL “LA POLOGNE IMMORTELLE” :
Sans le bois original, en deux tons, «Adam Mickiewicz», de JACQUES BELTRAND, sur Japon Impérial,
3 fr. 50 pour la France; 4 fr. pour l’Étranger.
Avec le bois original de JACQUES BELTRAND, sur Japon Impérial, 8 fr. 50 pour la France; 9 fr. pour l’Étranger.
Tout abonné ancien ou nouveau à L’Art et les Artistes recevra une épreuve de la magnifique gravure sur bois du maître graveur JACQUES BELTRAND, exécutée spécialement pour la Revue et tirée sur Japon Impérial.
De plus, il a été fait de cet ouvrage un tirage de grand luxe de 55 exemplaires numérotés, sur papier des Manufactures Imperiales du Japon. Ces exemplaires renferment chacun une épreuve avant la lettre, sur Japon Impérial également, du bois de JACQUES BELTRAND.
PRIX DE L’EXEMPLAIRE DE LUXE : 25 francs pour la France ; 26 francs pour l’Étranger.
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SOMMAIRE DU NUMÉRO SPÉCIAL DE MARS 1916
“LA POLOGNE IMMORTELLE”
L’IDÉE DE LA PATRIE.
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HENRYK SIENKIEWICZ.
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A LA POLOGNE
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MAURICE MASTERLINCK.
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L’ART DU MOYEN ÂGE ET DE LA RENAISSANCE EN POLOGNE
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LOUIS RÉAU.
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L’ART RUSTIQUE POLONAIS
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C. DE DANILOWICZ.
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LES INFLUENCES ARTISTIQUES FRANÇAISES EN POLOGNE
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C. DE DANILOWICZ.
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QUELQUES NOTES SUR L’ECOLE MODERNE DE PEINTURE ET DE SCULPTURE EN POLOGNE
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JEAH STYKA.
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FRAGMENTS DE «L’Aube», poème de
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S. KRASINSKI.
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ILLUSTRATIONS
CENT CINQUANTE-QUATRE ILLUSTRATIONS, d’après des sculptures, peintures, pastels, dessins, eaux-fortes et croquis de WIT STWOSZ, BACCIARELLI, GRASSI, NORBLIN, MARTEAU, JEAN MATEIKO, ARTHUR GROTTER, JULES KOSSAK, KUROWSKI, GIERYMSKI, CHELMONSKI, WYSPIANSKI, MEHOFFER, MALCZEWSKI, WEYTSENHOF, ANDRIOLLI, OLGA DE BOZNANSKA, AXENTOWICZ, JEAN STYKA, KAMIENSKI, SICHULSKI, H. RIGAUD, DAVID D’ANGERS, EUGÈNE DELACHROIX, ARY SCHEFFER, GAYARNI, etc., et d’après des reproductions d’objets rustiques, et des photographies de villes, villages, églises, monuments et costumes de Pologne
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COUVERTURE en couleurs, en-têtes de chapitres, lettres ornées et culs-de-lampe spécialement exécutés pour ce numéro par Ch. PEYRARD.
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ÉPREUVE D’ART
Les Armes de Pologne
(Dessin en couleurs)
reproduites sur la couverture
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Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous pays.
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J. ALLARD & Cie
Galerie des Tableaux des Maîtres Modernes
20, Rue des Capucines, 20. PARIS
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Copyright by L’Art et les Artistes, 1916.
L’administrateur-gérant : Ch. PEYRARD.
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Au Lecteur
AVIS TRÈS IMPORTANT
Avec la POLOGNE IMMORTELLE, la Revue L'Art et les Artistes commence sa seconde série de guerre (année 1916).
Cette série, comme la précédente, sera composée de cinq numéros.
Tous les nouveaux abonnés pour 1916 auront droit à ces cinq numéros renfermant chacun un bois original d'un de nos maîtres graveurs, tiré sur Japon Impérial.
Pris séparément, chaque numéro vaut, avec le hors texte, Fr. 8,50 pour la France; 9 francs pour l'Étranger.
L'abonnement, toutefois, est maintenu à son prix ordinaire, soit 20 Fr. pour la France et 25 Fr. pour l'Étranger (au lieu de Fr. 42.50 et Fr. 45, prix d'achat au numéro).
Nous rappelons que notre première série de guerre 1915, composée des cinq numéros suivants :
- LA CATHÉDRALE DE REIMS AU FRONT
- LA BELGIQUE HÉROÏQUE ET MARTYRE
- LES VANDALES EN FRANCE
- L'ALSACE DÉLIVRÉE
est en vente, avec les cinq hors texte sur Japon Impérial, pour le prix de 25 Fr. pour la France et 30 Fr. pour l'Étranger, soit chez les libraires, soit aux Bureaux de La Revue, 23, quai Voltaire, Paris.
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WIT STWOSZ — CHRIST EN CROIX (PIERRE)
(Eglise Notre-Dame de Cracovie — Chef-d’œuvre de Wit Stwosz)
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AUTEL DE NOTRE-DAME MIRACULEUSE DE JASNA-GORA
A CZENSTOCHOWA (ROYAUME DE POLOGNE)
D'après la légende c'est le portrait de la Vierge peint par saint Luc sur une table de cèdre. Ce tableau fut envoyé de Constantinople en Pologne sur un char trainé par huit bœufs blancs. A l'arrivée à Jasna-Gora, les bœufs — toujours d'après la légende — s'arrêtèrent; ce qui décida le roi à fonder le couvent de Czenstochowa à l'endroit même où ils firent halte.
Cette Vierge fut ravie par les Tatares et retrouvée dans un sillon par un paysan. Le soc de la charrue a laissé deux traces sur la joue droite de la Vierge. Le couvent de Czenstochowa est le lieu de pèlerinage le plus célèbre de la Pologne. Ce couvent, véritable musée, contient des trésors d'art inappréciables.
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L'IDÉE DE LA PATRIE
> Si je savais quelque chose utile à ma patrie et qui fût préjudiciable à l'Europe et au genre humain, je le regarderai comme un crime.
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> MONTESQUIEU.
J'appartiens à ceux qui proclament que l'idée de la patrie doit occuper la première place dans l'esprit et dans le cœur de chaque homme, et malgré cela je n'ai pas hésité à citer les paroles de Montesquieu, car elles fixent d'une façon décisive et logique jusqu'où doit aller le sentiment national. Il faut aimer la patrie avant tout et penser surtout à son bonheur, mais en même temps, le premier devoir d'un vrai patriote est de prendre soin que les idées de sa patrie ne soient pas en contradiction avec le bonheur de l'humanité tout entière, mais au contraire qu'elles forment une de ses bases. Ce n'est que dans ces conditions que l'existence, le développement et la grandeur de la patrie intéresseront l'humanité tout entière. En d'autres termes, la devise de tout patriote doit être : Par la patrie vers l'humanité, et non pas : Pour la patrie contre l'humanité.
C'est précisément ainsi que nous autres Polonais nous avons toujours compris l'idée de patrie, et c'est de cette manière que nous l'avons aimée. Et voilà pourquoi l'avenir est à nous, car la Pologne, c'est la justice, c'est l'idée de la liberté, c'est le droit de vivre, égal pour tous, c'est le développement des principes humanitaires.
Peut-on dire la même chose de l'Allemagne ? Non. Et ce n'est pas que l'âme allemande, comme telle, ne soit capable de produire et de cultiver
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L'ART ET LES ARTISTES
des idées élevées. Le peuple qui a produit Goethe et Schiller a suffisamment prouvé qu'il possède ces capacités. Mais aujourd'hui cette âme est trainée dans les chaînes par la Prusse. L'idéal qu'on lui a imposé, c'est la force et la richesse. L'idée de la patrie allemande consiste seulement en ce que le ventre insatiable et repu digère le plus possible et en ce que la tranquillité de la digestion soit surveillée par un reître vigoureux. En dehors de cela, rien !
Or, cela ne suffit pas !
Pour justifier son existence, il faut avoir, en dehors du poing et du pain, encore une idée morale. La puissance actuelle de l'Allemagne manque totalement d'une base morale quelconque, — d'où suit que le développement d'une telle puissance, non seulement n'est pas du tout dans l'intérêt général de l'humanité, mais se trouve en contradiction avec lui. La pieuvre, dont toute la raison d'être est de sucer le sang d'autrui, n'est que le malheur de son entourage. Et voilà pourquoi les Allemands éveillent partout et chez tous la haine. C'est le seul peuple dans l'univers qui n'aît point d'amis, et un peuple isolé n'est et ne pourra jamais être assez fort pour, étant une cause de malheur universel, supporter la pression de la haine universelle.
Tel est actuellement l'état général de la question. Quel sera l'avenir, je ne m'engage pas à le prévoir. Cela dépendra du fait que l'âme allemande prendra le dessus sur l'âme prussienne ou que ce sera le contraire.
Henryk SIENKIEWICZ.
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A LA POLOGNE!
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Au nom de la Belgique, j’apporte ici l’hommage de la Nation martyre à la Nation crucifiée !
De tous les peuples engagés dans cette épouvantable guerre, la Pologne et la Belgique auront le plus souffert! Et il faut ajouter (bien que toutes les souffrances dans une guerre inique soient nécessairement iniques), elles auront le plus injustement souffert ! Elles sont toutes deux victimes de leur innocence et de leur grandeur d’âme !
Elles ont dans le malheur et dans la gloire la même destinée : l’une se sacrifiant tout entière à un culte, à une passion de l’honneur sans exemple, vient peut-être, en brisant le premier élan de l’invasion barbare, de sauver l’avenir de l’Europe, comme l’autre, sa sœur aînée, dans la Douleur et l’Héroïsme, il y a plusieurs siècles, en sauva plusieurs fois le passé! Elles viennent de s’unir à jamais dans la mémoire des hommes.
Au-dessus des combats qui se livrent et des maux qu’elles endurent, elles se tendent la main dans le même sacrifice, mais aussi dans le même espoir invincible.
Aujourd’hui, elles ne sont plus que ruines! Il ne leur reste rien ; elles paraissent mortes! Mais, nous qui sommes leurs fils et qui les connaissons comme on connaît sa mère, nous savons, nous sentons dans nos cœurs qu’elles ne furent jamais plus vivantes, plus pures et plus belles !
Après avoir offert au monde un grand exemple de fierté, d’abnégation et d’héroïsme, elles vont lui donner encore une leçon plus profonde, plus précieuse et plus efficace. Elles vont lui prouver qu’aucun malheur ne compte et que rien n’est perdu, tant que la foi reste debout, tant que la tête se redresse, tant que l’âme n’abdique point! et que les puissances des ténèbres ne prévaudront jamais contre les forces d’amour et de clarté qui mènent l’Humanité vers des hauteurs que déjà la Victoire nous montre à l’horizon !...
MAURICE MAETERLINCK.
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L'Art du Moyen Age et de la Renaissance EN POLOGNE
LES origines de l’art polonais sont relativement récentes ; ce n’est qu’au XIXe siècle qu’il a été donné à la Pologne de créer, en même temps qu’une littérature originale, un art véritablement national. Mais si l’art polonais ne date en réalité que du siècle dernier, l’art en Pologne a brillé de très bonne heure d’un vif éclat. A défaut d’artistes indigènes, ce pays chevaleresque et raffiné accueillit ou même adopta les artistes étrangers, et les anciennes cités polonaises : Gniezno (Gnesen), Poznan (Posen), Kraków (Cracovie) conservent encore, malgré toutes les dévastations et des restaurations souvent plus destructrices, maints vestiges remarquables de l’art du Moyen Age et de la Renaissance.
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C’est surtout à Cracovie qu’il faut aller rechercher les monuments de ce passé. Bien qu’elle soit négligée par le troupeau moutonnier des touristes, la vieille résidence des rois de Pologne mérite d’être placée comme ville d’art au même rang que les glorieuses capitales de la Bohême et de la Russie. Son Acropole, la colline du Wawel, qui surplombe la Vistule naissante, est un lieu de pèlerinage moins monumental peut-être, mais aussi pittoresque et aussi vénérable que le Hradschin de Prague et le Kreml de Moscou. C’est un des trois sanctuaires historiques de l’Europe slave que la guerre actuelle délivrera pour toujours — il faut l’espérer — de l’emprise germanique.
La grandeur de Cracovie date du XIVe siècle. C’est à cette époque que la cité meurtrie commença à se relever de l’invasion dévastatrice des Mongols qui, en Pologne comme en Moscovie, avait accumulé les ruines. Le Wawel devint la résidence préférée de la dynastie lithuanienne des Jagellons. Sur la colline élue s’éleva, non loin du château, une cathédrale, à laquelle échut l’insigne honneur d’être à la fois l’église du sacre et la nécropole royale, le Reims et le
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Calbédrale de Cracovie.
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ARTISTE INCONNU — SIGISMOND I, ROI DE POLOGNE
(1467-1548)
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