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L'ART ET LES ARTISTES 8e ANNÉE N° 89 --- ART ANCIEN ART MODERNE ART DÉCORATIF --- REVUE... D'ART ANCIEN ET MODERNE DES DEUX MONDES --- DIRECTEUR-FONDATEUR: ARMAND DAYOT --- RÉDACTION ET ADMINISTRATION 23, QUAI VOLTAIRE PARIS 16, QUERSTRASSE LEIPZIG --- AOUT 1912 ABONNEMENT (UN AN) FRANCE... 20 FR. ET RANGER 25 FR. --- The illustration depicts a figure with outstretched arms, holding a globe. The background is dark brown, and the text is in black and white.

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L'ART ET LES ARTISTES PRIX DU NUMÉRO : - FRANCE .. Net 2.00 - ÉTRANGER.. Net 2.50 Directeur-Fondateur : ARMAND DAYOT Secrétaire : Francis de Miomandre --- SOMMAIRE DU NUMÉRO 89 - LA PEINTURE HOLLANDAISE : Deuxième article (18 illustrations) ... LÉANDRE VAILLAT - LA DIXIÈME EXPOSITION INTERNATIONALE DE VENISE (24 illustrations) GABRIEL MOUREY - LES FAIENCES PERSANES (6 illustrations) ... HENRY D'ALLEMAGNE - L'ART DÉCORATIF: La Broderie au Musée Gallièra (1 illustration) ... L.V. Le Mois artistique, par F.M.; Le Mouvement artistique à l'Etranger : Allemagne, par WILLIAM RITTER; Autriche-Hongrie, par WILLIAM RITTER; Espagne, par J. CAUSSE; Suisse, par CHARLES GIRON; Orient, par ADOLPHE THALASSO; Echos des Arts. Épreuve d'art : Faïence persane (provenant de la façade du Palais de Chehel Situn à Ispahan) Les avis de changement d'adresse doivent nous parvenir, accompagnés de o.fr. 50 en timbres-poste, au plus tard le 25 pour le numéro du mois prochain. Les articles publiés par l'ART ET LES ARTISTES deviennent la propriété de la Revue. Tous droits de reproduction et de traduction réservés. --- J. ALLARD Galerie de Tableaux des Maîtres Modernes 20, Rue des Capucines, 20 --- J. FÉRAL EXPERT EN TABLEAUX PARIS 7, Rue Saint-Georges, 7 PARIS --- TABLEAUX ANCIENS ET MODERNES GALERIE SAINT-AUGUSTIN Spécialités : Ecole 1830 et XVIIIe siècle. — Miniatures, Dessins, Gouaches, Aquarelles Exposition permanente : 93, Boulevard Haussmann, 93

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Échos de la Mode C'est d'une logique peut-être douteuse, mais le velours est la grande passion de l'été. Il semblerait d'un esprit plus pondéré de réserver ce noble tissu, assez chaud et passablement lourd de son naturel, pour une saison moins clémente, tel qu'on l'a toujours fait; eh bien!... on se tromperait, il paraît que rien n'est plus estival que le velours et d'un usage plus agréable quand le soleil darde. C'est une question à étudier, mais, en attendant que ce point soit tiré au clair, on ne voit que chapeaux de velours préparés en l'honneur des jours caniculaires. Les plus modérés se contentent d'un large fond de velours, confortable demi-sphère exhibée entre des bords de tulle ou de tagal, ou d'un énorme nœud qui couvre tout de son ombre, ou encore de bords immenses supportant un petit rien de calotte transparente, tandis que d'autres, dédaignant les compromissions, s'affirment carrément tout en velours, comme ils pourraient l'être à Noël. Il est juste de dire que, pour rappeler la saison où nous sommes, ils se parent d'une aigrette légère, délicate, qui dresse vers le ciel ses feuilles menues et ses fleurs frêles comme une anomalie de plus. Les robes de dentelle ont souvent un large ourlet de velours. Ça consolide l'ensemble, c'est possible, mais cet assemblage donne une note massive peu en rapport avec le reste. Il valait mieux se contenter des ceintures et des nœuds de velours, très séyants, rehaussant la toilette et n'écrasant rien, tandis que ces lourdes bandes ne riment pas avec des chiffonnages dont le grand mérite vient de leur fragilité. Comme nouveauté, nous avons le tissu éponge, le roi des tissus pour attraper et conserver la poussière, ce qui ne manque pas d'à-propos avec des costumes faits pour le voyage et la promenade perpétuelle. On n'avait pas encore pensé à cette manière de transporter les microbes de façon certaine pour nous et agréable pour eux. Douillettement recueillis dans la mousse moëlleuse de l'étoffe éponge, ils peuvent comme cela accomplir d'importantes randonnées et arriver frais et dispos sur un nouveau champ d'opération. En fait de parasites que nous hébergeons bon gré mal gré, il y a aussi les «tannes», vulgaires points noirs qui habitent d'habitude sur le front, le nez et le menton où ils se plaisent et se multiplient. On essaie en vain de les déloger, toute tentative cause de l'irritation et voilà tout, sauf si l'on emploie l'anti-Bolbos de la Parfumerie Exotique, 35, rue du Quatre-Septembre, lequel agit vite et bien. Ce produit vaut 5 fr. et 5 fr. 50 franco. CHRYSANTHÈME. M.D.Z.— La Sève Sourcilière a pour mission de favoriser la pousse des cils et des sourcils. Elle les rend longs, épais et brillants. Prix 5 fr. et 5 fr. 50 franco, à la Parfumerie Ninon, 31, rue du Quatre-Septembre. Charles POTTIER EMBALLEUR Successeur de son Père 14, Rue Gaillon, 14 Près l'Avenue de l'Opéra Téléphone 246-84 PARIS EMBALLAGE SPÉCIAL DE TABLEAUX, MEUBLES, MARBRES & OBJETS D'ART SUCCURSALE 12 :: Rue de Louvois :: 12 GARDE-MEUBLE POUR OBJETS D'ART 12, Rue des Messageries, 12 CHOCOLAT A LA TASSE PRÉVOST Le même Chocolat en tablettes le 1/2 kilo 3 fr. Chocolats supérieurs 4 fr. et 5 fr. le 1/2 kilo Chocolats de ménage 1 fr. 70 et 2 fr. le 1/2 kilo Grand choix de Bonbons au Chocolat QUALITÉ SUPÉRIEURE PARFUMS TRÈS VARIÉS MAISON FONDÉE EN 1827 39, Boulevard Bonne-Nouvelle, PARIS 4, Allées de Tourny, BORDEAUX

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LA ROUTE DES ALPES ÉVIAN-THONON-NICE (ou vice-versa) GRAND SERVICE D'AUTO-CARS 1er Juillet - 15 Septembre Une des plus merveilleuses attractions touristiques — Passage de neuf cols Le parcours peut être effectué en cinq étapes d'une journée : 1re étape : Nice-Barcelonnette ; 2e étape : Barcelonnette-Aiguilles-Briançon ; 3e étape : Briançon-Chambéry ; 4e étape : Chambéry-Chamonix par Aix - les - Bains, Annecy ou Albertville ; 5e étape : Chamonix-Thonon-Evian. Ce service qui a obtenu pendant la saison 1911 un succès considérable fonctionne depuis le 1er juillet et jusqu'au 15 septembre. Comme l'an passé, le touriste peut effectuer la magnifique randonnée au départ de Nice ou d'Evian, faire le parcours total, ou seulement une partie ; s'arrêter en cours de route dans les centres d'excursions desservis et y séjourner, mais il a de plus à sa disposition de nouvelles combinaisons de voyages à prix réduits : 1re Grands Circulaires, comportant la visite d'ensemble des Alpes françaises avec emprunt du parcours complet des services de la Route des Alpes entre Evian-Thonon-Nice. 2e Grands Circulaires (par chemin de fer avec parcours facultatifs sur la Route des Alpes) comportant la visite de l'ensemble du Massif. 3e Circulaires Régionaux, formant une série de voyages intéressants au point de vue touristique et reliant entre elles les principales stations de villégiatures, tourisme ou villes d'eaux. 4e Circulaires d'excursions. Voyages plus courts autour de certains grands centres et pouvant s'effectuer en une seule journée. Pour tous renseignements, s'adresser aux gares, bureaux de ville ou agences de voyages. Il est intéressant de consulter le petit Guide P.L.M. des Alpes, élégante publication en vente dans les principales gares, bureaux de ville et agences de voyages, et qui est envoyée franco sur demande accompagnée de 0 fr. 50 adressée à la Compagnie P.L.M. (Publicité), 20, boulevard Diderot, à Paris. --- CHEMIN DE FER D'ORLÉANS Bains de Mer et Excursions sur les Plages de Bretagne Billets d'aller et retour collectifs de famille en 1re, 2e et 3e classes. Billets d'aller et retour individuels délivrés de toute gare du réseau ; Du Jeudi qui précède la fête des Rameaux au 31 Octobre, valables 33 jours avec faculté de prolongation, réduction pouvant s'élever suivant le rayon de délivrance à 40 o/o en 1re classe, 35 o/o en 2e classe et 30 o/o en 3e classe. Billets spéciaux d'excursion aux plages de Bretagne à itinéraire tracé à l'avance permettant de visiter Le Croisic, Guérande, St-Nazaire, Savenay, Questembert, Ploërmel, Vannes (Mer du Morbihan), Auray, Pontivy, Quiberon, Le Palais (Belle-Ile-en-Mer), Lorient, Quimperlé, Rosponden, Concarneau, Quimper, Douarnenez, Pont-l'Abbé, Châteaulin, délivrés du 1er Mai au 31 Octobre, validité 30 jours avec faculté de prolongation. Prix : 45 francs en 1re classe; 36 francs en 2e classe. Le voyage peut être commencé à l'un quelconque des points situés sur le parcours. Cartes de libre circulation individuelles et de famille au départ de toute gare du réseau, en 1re et en 2e classes, sur les lignes desservant les plages du sud de la Bretagne, délivrées du Jeudi qui précède la fête des Rameaux au 31 Octobre, et valables 33 jours avec faculté de prolongation. Réduction pour les familles variant de 10 à 50 o/o selon le nombre de personnes. NOTA. — Pour plus amples renseignements, consulter le Livret Guide Officiel de la Compagnie d'Orléans adresse franco contre l'envoi de 0 fr. 50 à l'Administration Centrale du Chemin de fer d'Orléans, 1 place Valhubert à Paris. Bureau du Trafic-Voyageurs (Publicité). --- CHEMINS DE FER DE L'ÉTAT Excursion en Touraine Billets d'excursion à prix réduits, valables 15 jours, délivrés toute l'année, par les gares du Réseau de l'État (lignes du Sud-Ouest), et pouvant êtres prolongés de 2 fois 15 jours moyennant un supplément de 10 o/o pour chaque prolongation. 1re classe : 26 francs; 2e classe : 20 francs 3e classe : 13 francs Itinéraire : Saumur, Montreuil-Bellay, Thouars, Loudun, Chinon, Azay-le-Rideau, Tours, Châteaurenault, Montoire-sur-le-Loir, Vendôme, Blois, Pont-de-Braye, Saumur (faculté d'arrêt aux gares intermédiaires). Billets spéciaux de parcours complémentaires pour rejoindre ou quitter l'itinéraire du voyage d'excursion comportant 40 o/o de réduction sur les prix des billets simples. La demande des billets doit être faite à la gare de départ 3 jours au moins à l'avance. Ce délai est réduit à 2 heures pour les billets demandés à Paris-Montparnasse et à Paris-Saint-Lazare.

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CHEMINS DE FER DU NORD Exposition Internationale de Dunkerque 15 Juin - fin Septembre A partir du Dimanche 7 Juillet et tous les Dimanches suivants jusqu'au 25 Août inclus, ainsi que le Jeudi 15 Août (Assomption) TRAIN DE PLAISIR à marche rapide et à prix très réduits en 2' et 3' classes, aller et retour dans la même journée mis en marche sur DUNKERQUE (plage de Malo-les-Bains) Aller : Départ de Paris à 5 h. 38 ; arrivée à Dunkerque à 10 h. 52 — Retour : Départ de Dunkerque à 21 h. 08 ; arrivée à Paris à 2 h. 22 Indépendamment des billets individuels, il est délivré des billets de famille, comportant suivant le nombre des membres de la famille, des réductions variant de 5 à 25 %. Service du 1er Mai au 30 Septembre VOYAGE DE PARIS A SPA en Voitures directes et Wagons-Restaurants Aller : Départ de Paris-Nord à 13 h. 45 ; arrivée à Spa à 20 h. 12 — Au retour, on quitte Spa à 8 h. 47 pour arriver à Paris à 20 heures. PHOTOS D'ART des Musées et Salons de Paris et Galeries étrangères. Gravures. Tableaux p' Appartements. ETUDES D'ART de tous genres. Cartes Postales illustrées. Portraits Miniatures sur "mail", agrandissements. SUPERBE CATALOGUE D'ART avec 600 illust., 1 fr. 75, timbres français ou mandats de tous pays. BELLES COLLECTIONS de Photos et Cartes Postales, de 3 fr. à 100 fr. ASTI : Songeuse 24/30, 1 fr. 75 franco H. A. WEISS, Éditeur 23, rue d'Enghien, PARIS CADRES DE MORENVILLIER ENCADREMENTS ARTISTIQUES STYLES ANCIENS PARIS (2"Arr.) STYLE NÉO-FLORAL 8, Rue Marie Stuart J. MEYNIAL, JEAN FONTAINE LIBRAIRE 30, Boulevard Haussmann, 30 ACHAT ET VENTE DE LIVRES RARES ET PRÉCIEUX DU XV' AU XIX' SIÈCLE Manuscrits, Reliures anciennes avec et sans Armoiries, Gravures, Direction de Ventes publiques, Expertises Catalogue franco sur demande tous vos livres sous la main avec la bibliothèque tournante TERQUEM PARIS 31e Boulevard Haussmann angle de la rue Scribe. ENVOI FRANCO DU CATALOGUE 1912 SUR DEMANDE POUDRE DE RIZ AMBRE ROYAL La plus Parfaite des Poudres VIOLET, PARFUMEUR, PARIS LE GARDE-MEUBLE PUBLIC BUREAU CENTRAL : 18, Rue Saint-Augustin BUREAU DE PASSY : 18, Avenue Victor-Hugo Agree par le Tribunal BEDEL & Cie MAGASINS : 194, rue Championnet 308, rue Lecourbe 14, rue de la Voûte 2 et 4, rue Véronèse 16, rue Barbès (Levallois)

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LA PEINTURE HOLLANDAISE PH. WOUVERMAN — L'ANE LE PORTRAIT DES MŒURS. Il s'en faut que la trêve conclue en 1609 entre l'archiduc Albert d'Autriche, souverain des Pays-Bas, et les Hollandais, ait été le signal de la paix définitive dans leur pays. L'histoire de la Hollande au XVIIe siècle est remplie de guerres et de batailles, sur terre et sur mer, à l'intérieur comme à l'extérieur. La Hollande se bat avec l'Espagne, avec l'Angleterre, avec Louis XIV; elle est envahie; elle conclut des traités: guerre de trente ans et paix de Munster en 1648, guerre de Hollande et paix de Nimègue en 1678, guerre de la ligue d'Augsbourg et paix de Riswick en 1698, guerre de la succession d'Espagne pour inaugurer le XVIIIe siècle, voilà qui est pour les Hollandais la vie de tous les jours, et l'on s'étonne qu'à regarder leurs peintures, dans leur ensemble, il y ait tant de placidité, tant de bonheur à vivre, que les personnages soient uniquement préoccupés de boire, de manger, d'avoir des maisons propres, de patiner en hiver sur les canaux, de faire tourner des moulins et de jeter leurs bonnets par dessus. Cependant, parmi les portraits que nous avons énumérés, dans le précédent chapitre, il en est un grand nombre qui représentent des guerriers, des capitaines, des hommes ayant joué un rôle dans les événements publics de la nation, des corporations ayant pris les armes, des gardes civiques équipées pour la défense du territoire envahi, et quand on essaie d'approfondir ces visages, on sent bien, au-delà d'une tranquillité de bon aloi, une force aux aguets, une intelligence qui se méfie. De même, si l'on observe attentivement les kermesses, les fêtes populaires, on voit rôder un certain nombre d'individus qui n'ont pas très bonne façon, des aventuriers, des bohémiens, des diseurs de bonne aventure, des détrousseurs de grands chemins, en tel nombre que seules l'habitude de la guerre, la présence des troupes et la continuité des désordres ont pu en favoriser à ce point le pullulement. Ce n'est pas tout: les peintres eux-mêmes ont tâché de représenter les horreurs de la guerre; leur œuvre est en quelque sorte le portrait de la vie militaire en Hollande, au XVIIIe siècle, sans que jamais cependant, les uns et les autres, ils aient cessé de jeter un regard sur les intérieurs paisibles et les réjouissances pacifiques. Esaías van de Velde (né en 1587) dont la vie reste assez obscure, habita Haarlem et Leyde, et Deuxième article de "La Peinture hollandaise"

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L'ART ET LES ARTISTES ADRIEN VAN OSTADE — SCÈNE DE CABARET reçut peut-être des leçons de Franz Hals : il peignit des Conversations, petits tableaux de société, et aussi des cavaliers et des militaires, des incendies, des combats de cavalerie. Dirck Hals, frère de Franz Hals, naquit à Malines en 1589, suivit son frère à Haarlem, y mourut en 1656 : ses petits personnages sont amusants; son Festin champêtre, au musée du Louvre, caractérise bien son humour. Adrien van de Venne, né à Delft, fit ses humanités à Leyde, puis s’adonna à la peinture, s’établit à Middelburg, où son père était libraire, illustra les œuvres du poète Cats, peignit beaucoup d’allégories, allusions aux événements politiques du temps, portraictura les princes d’Orange dont il était dévoué partisan, représenta aussi des gueux et des batailles de truands, qui font de lui le Jacques Callot de la Hollande : la Fête donnée à l’occasion de la trêve conclue en 1609, entre l’archiduc Albert d’Autriche, souverain des Pays-Bas, et les Hollandais, que l’on voit au Louvre, est un de ses plus beaux tableaux. Les Palamèdes, originaires de Delft, s’inspirent d’Esaïas van de Velde : l’aîné Anthoni, peignit des portraits et des conversations, dont le Concert, appartenant à la douairière de Jonge, à la Haye, est le plus caractéristique exemple. Son frère Palamedesz (1607-1638), naquit à Londres, pendant un voyage de son père, graveur en pierres fines, et se spécialisa dans des Batailles, des Combats corps à corps et des Chocs de cavalerie. Jean Asselyn (1610-1660) qui vient lui aussi de l’atelier d’Esaïas van de Velde, excella aussi dans ces combats pittoresques, mais il séjourna en Italie de 1630 à 1645, et représenta des paysages charmants et poétiques, comme la Vue du Tibre et le Paysage accidenté (Louvre). Toutefois le maître du genre est Philips Wouverman (né en 1620 à Harlem), élève de Wynantz pour le paysage, de Pieter van Laër pour les animaux et les personnages. Il commence par peindre des sujets bibliques, des marines et des pâturages, avec des chevaux un peu lourds, dans une lumière médiocre. Puis il cherche, dans des images de la vie quotidienne, des formes plus sveltes et une lumière ambrée. Enfin, il trouve une gamme claire, argentée, une exécution souple. Il a produit une œuvre considérable : le Louvre à lui seul possède quatorze de ses tableaux, dont le Départ pour la chasse, le Choc de cavalerie, le Bœuf gras en Hollande, la Chasse au Cerf permettent

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LA PEINTURE HOLLANDAISE JAN STEEN — LES EFFETS DE L'INTEMPÉRANCE Ph. Vizzavona. Coll. Schloss. d'étudier ses différentes manières. Il eut comme imitateurs ses deux frères, Pieter, qui séjournait à Paris, et Jan (remarquons que les initiales de Pieter se confondent avec celles de Philips). Il nous faut nommer enfin, dans la même catégorie, Pieter van Laër (1613-1674), plus connu sous le nom de Bamboccio, qu'il rapporta de Rome où il vécut seize ans; il est un des premiers dans son pays à s'être adonné aux scènes rustiques, orgies et disputes de cabaret; ses petits personnages très amusants, et ses paysages ordonnés comme ceux de Poussin ne sont pas en Hollande, mais dans les musées étrangers, notamment à Cassel, et au Louvre, où l'on peut voir de lui les Pâtres et le Départ de l'Hôtellerie. A côté de ces peintres qui ont sans doute observé les mœurs paysannes, mais surtout les scènes de la guerre, il y a en Hollande une quantité d'artistes qui ont étudié spécialement la vie rustique et qui en ont fait l'objet de toute leur carrière: Brauwer, les van Ostade, Jean Steen sont au premier rang. Brauwer (né à Harlem en 1608, mort à Anvers en 1641) entra dans l'atelier de Franz Hals. La légende raconte que le maître aurait tyrannisé maltraité son élève, que celui-ci se serait enfui, mais que, dans la suite, sa vie personnelle aurait mal justifié les sévérités qu'il avait manifestées à l'égard de Franz Hals. Si l'on regarde ses tableaux, rares, on y voit en effet une sorte de prédilection pour les buveurs et tous les intempérants : le Fumeur est le plus significatif ; c'est de la jolie observation de cabaret, mais toujours traitée avec souplesse. Rubens avait la plus grande estime pour ce maître qu'il fit enterrer à Anvers, en l'église des Carmes, et pour lequel il projetait un magnifique tombeau. Adrien van Ostade, son camarade d'atelier chez Franz Hals, n'a pas laissé moins de 400 tableaux. Fils d'un tisserand qui avait quitté le village d'Ostade pour échapper aux persécutions religieuses, il naquit à Harlem, se maria deux fois, et mourut riche, en 1685. Il se spécialisa dans les scènes populaires et paysannes, comme son camarade Brauwer, mais en évitant la canaille, et en représentant de préférence de braves gens adonnés à la gaieté, jouant aux quilles, buvant et riant, aux fêtes de l'année qui sont les heureux prétextes de ces réjouissances, aux moments qui sont les loisirs du travail. A la fin de sa vie, ses carnations ambrées, limpides, deviennent plus rouges, moins transparentes. Le Louvre possède deux de ses tableaux les plus célèbres : l'Intérieur d'une chaumière (1642), et le Maître d'Ecole (1662)

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L'ART ET LES ARTISTES GABRIEL METZU — LA DORMEUSE où l’observation la plus fine se cache sous les apparences de la bonhomie. Isaak van Ostade, frère du précédent, a moins produit que son frère, puisqu’il est mort à l’âge de 36 ans. Ses tableaux, qui pendant longtemps furent moins recherchés que ceux de son frère, se trouvent surtout en Angleterre : le Louvre possède cependant de lui plusieurs panneaux, dont la Halte de voyageurs, le Canal gelé en Hollande : ils ne sont pas inférieurs à ceux d’Adrien. Celui-ci eut d’autres élèves : Cornelis Bega, né à Harlem en 1620, mort en 1664, qui peignit des intérieurs de paysans, mais avec une exécution moins souple ; et Jan Steen enfin, (1626-1679) qui, après l’exemple glorieux de son maître, sut cependant se créer une originalité. De tous les peintres de genre en Hollande, il est celui qui possède le plus de verve et d’humour, et la plus jolie exécution… quand il veut s’en donner la peine. Car son œuvre suit les irrégularités de sa vie et les trahit. Fils d’un brasseur, qui lui donna sans doute l’amour immodéré de la boisson, il étudia à Utrecht chez Nicolas Knuffer, à Harlem chez Adrien van Ostade, à la Haye enfin chez Van Goyen, dont il séduisit, puis épousa la fille, quitte, après sa mort, à épouser en secondes noces la veuve d’un libraire. On peut l’étudier surtout au musée d’Amsterdam : la Fête du prince est son chef d’œuvre ; animation, lumière ambrée, nombreux personnages, poses vraies, physionomies gaies, composition équilibrée, légèreté charmante. A part quelques scènes bibliques, il a surtout représenté des épisodes de la vie de famille, la Saint-Nicolas, la fête des Rois, des médecins en consultation auprès des jolies filles, et aussi des scènes de cabaret, car il fut un temps, paraît-il, où l’on trouvait des œuvres de Steen dans toutes les auberges de Leyde, Delft et de La Haye, des scènes galantes dont la Mauvaise Compagnie, au musée du Louvre, donnera l’idée la plus juste. On ne sait rien d’Egbert van der Poël : on suppose qu’il naquit à Rotterdam ; ses meilleurs tableaux datent de 1650 ; jamais peintre ne représenta autant d’incendies, ne brûla autant de maisons que van der Poël ; toutefois il peignit aussi des intérieurs, des maisons rustiques, comme celle du Louvre ; ses meilleures œuvres sont des natures mortes ; son exécution, lourde quand il s’agit des personnages, devient alerte quand il s’agit des pots et des casseroles. Presque tous les peintres que nous venons de nommer, on l’a remarqué, se sont surtout occupé du peuple. Avec Terburg, Gabriel Metzu, Gaspard Netscher et ses fils, Franz van Mieris et sa dynastie, nous pénétrons dans un monde plus élégant, qui, pour garder dans son apparence physique les signes de son hérité hollandaise, apporte toutefois dans ses mœurs plus de décence et de retenue. On voit certes dans leur œuvre des buveurs et des galanteries, mais les verres sont de cristal, les vins sont rares et les militaires offrent aux jeunes femmes, au lieu de pièces d’argent, des pièces d’or. Terburg, ou, si l’on adopte la signature la plus fréquente de ses tableaux, Terboch, né à Zwolle en 1608, reçut les premières leçons de son père, puis quitta la Hollande pour l’Allemagne et l’Italie. Comme il se trouvait à Munster en 1646, au moment où l’on y signait le célèbre traité, il fut chargé de réunir en un seul tableau, qui se trouve aujourd’hui à la National Gallery, à Londres, les portraits des plénipotentiaires. Chaque figure en était si ressemblante et l’ensemble si vrai que l’ambassadeur d’Espagne entraîna Terburg à Madrid. Là, sa vague fut telle qu’il dut s’enfuir devant une vengeance possible de ses confrères espagnols ; il s’en alla à Londres, puis à Paris, enfin revint en Hollande, à Harlem, puis à Deventer où il s’établit et mourut en 1681, bourgmestre de la cité. Vérité du costume, des accessoires, lumière délicate, grâce des groupements, distinction au

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LA PEINTURE HOLLANDAISE sens où l'on entend maintenant ce mot, tout séduit dans ses tableaux où il n'y a généralement pas plus de trois personnages, et l'on est fondé à se demander si les séjours que l'artiste a faits en France, en Espagne, n'ont pas affiné sa vision et ne l'ont pas porté vers l'observation de la vie élégante. Le Louvre possède cinq tableaux de Terburg, dont l'Assemblée d'ecclésiastiques, qui pourrait bien être une étude partielle pour le tableau de La Paix de Munster. Gabriel Metzu, fils du peintre Jacques Metzu, naquit à Leyde en 1640, ne voyagea pas comme Terburg, et ne quitta sa ville natale que pour aller à Amsterdam, où il obtint, en 1659, le droit de bourgeoisie, et mourut en 1669. Il fut l'ami de Jan Steen, dont il a parfois la verve, étudia exceptionnellement la vie populaire, comme dans le Marché aux légumes du Louvre, et plus généralement les classes supérieures de la société. Son exécution est aussi belle que celle de Terburg : le Militaire faisant visite à une Dame, la Leçon de musique, au Louvre, suffisent à le caractériser. Gaspard Netscher, qui naquit à Heidelberg en 1639, et faillit mourir dès le berceau, fut d'abord destiné à la médecine; mais, comme il avait des dispositions marquées pour la peinture, on le confia à un peintre d'oiseaux et de gibier, puis à Terburg, qui lui donna peut-être son sentiment de l'élégance, mais non pas son dessin, sa touche, son harmonie, son naturel exquis. Il séjourna à Paris, où il fit le portrait de Mme de Montespan et celui du duc du Maine (musée de Dresde). Ses tableaux de Conversations sont maniéres ; mais ses portraits de femmes sont charmants ; elles sont vêtues à l'habitude de robes en satin blanc, où Netscher excellait, et qui ont dû inspirer plus tard notre Fragonard. Les deux fils de Gaspard Netscher ont imité tous deux sa manière, sans l'égaliser. Quant à Frans van Mieris (1635-1681), qu'on a surnommé Frans le Vieux pour le distinguer de sa dynastie, il étudia son métier avec Gérard Dov, qui l'appelait «le prince de ses élèves». Le Thé, que l'on voit au Louvre, est une œuvre d'un fini parfait, mais d'une exécution un peu froide; son fils Willem exagéra les défauts de ces qualités, mais son élève Ary de Vois (né à Leyde en 1641) revint aux traditions de modelé, de belle matière de l'école hollandaise. Gérard Dov, d'origine frisonne, naquit à Leyde en 1610, étudia chez un graveur et un peintre sur verre, puis en 1628 chez Rembrandt, où il resta jusqu'en 1631 et devint le très grand artiste que l'on sait. Dès qu'il sut son métier, il l'appliqua à l'étude de la vie domestique et bourgeoise. On n'a, pour s'en convaincre, qu'à énumérer les titres de ses principaux tableaux: l'École du soir, la Femme hydropique, le Vieillard lisant, l'Épicier de village, la Cuisinière hollandaise, la Femme accrochant un coq à sa fenêtre, le Peseur d'or, l'Arracheur de dents, la Lecture de la Bible, le Jeune tailleur, la Femme tenant une lampe à la main; c'est l'existence quotidienne des Hollandais du XVIIe siècle qui défile devant nos yeux, en de petits tableaux qui ne dépassent pas 60 centimètres de haut, ne comportent pas plus de cinq personnages, expriment presque tous le recueillement silencieux, occupé, discret, et égalent TERBURG — PORTRAIT D'HOMME Coll. C. de Beistegui.