Excerpt
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Marcelle Bret (14 ans), Ecole de dessin, Palais des Arts. Directrice : Mlle Guy, Lyon.
DESSINS D'ENFANTS
C'est Diderot qui pensait qu'il n'y a que les maîtres de l'art qui soient bons juges du dessin. Nous ne nous permettrons donc point de critiquer le jugement du Jury dans le XIe Concours général du dessin, ouvert par Le Moniteur du Dessin, entre tous les enfants de France de cinq à seize ans (garçons et filles), ayant pour objet une frise décorative pour chambre d'enfant. Res judicata pro veritate habetur. Et si notre sympathie est allée à des projets qui n'ont pas été primés, cela tient sans doute à l'incompétence et à l'anarchie de nos doctrines. Des projets innombrables de ce concours, les quelques-uns que nous reproduisons ici ont retenu et séduit notre attention. Ils nous ont paru renfermer une saveur, une sensibilité, une grâce maladroite et primesautière, une sincérité naïve et charmante, une fraîcheur de vision qui en ont fait tout le prix à nos yeux. Mais aussi, ils nous ont plongés au fond de l'abîme qui menace ceux qui méditent sur les questions et les méthodes de dessin. Oui, qu'est-ce que le dessin ? Pourquoi avons-nous préféré la gaucherie de tels projets à la perfection de tels autres ? Pourquoi ceux-ci nous ont-ils intéressés et ceux-là ennuyés ? Le dessin est un intermédiaire entre la réalité et nous. Il nous fait connaître l'objet qu'il représente sous un aperçu nouveau et nous révèle, en même temps, la personnalité de son auteur. Il manifeste une vérité (car si la vérité est une, elle n'en est pas moins à tout le monde) et témoigne d'une sensation originale. Un dessin est une forme de langage, il exprime; il a une âme.
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L'ART DÉCORATIF
Geneviève Vergez (6 ans), Institution privée de Mlle Mounic, à Lourdes. Professeur: Mlle Saliceti.
Marcelle Jacquard (12 ans), élève de Mlle Lucye Albert, Ecole laïque de filles de Nuits-St-Georges (Côte-d'Or).
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Pierre Blanc (13 ans et demi), Collège de Cusset (Allier). Professeur: M. Gelly.
Simone Duverger (9 ans), élève de Mlle Cauderay, Cours de Mlle Cauderay, 35, rue Joinville, Le Havre.
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Jean Guérard, 1, rue de Nanteuil, à Meaux (Seine-et-Marne).
UNE BORDURE ~ pour chambre d'enfant~
Jean Créhangé (4e A, 12 ans et demi), Collège de Longwy (Meurthe-et-Moselle). Professeur : M. Nicloux.
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UNE FRISE
René Leclerc (4e B., 15 ans et demi), Collège de Longwy. Professeur: M. Nicloux.
Colette de la Poterie (9 ans), Pensionnat du Cleu, Redon (Ille-et-Vilaine). Professeur: M. Rohard.
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il parle. Beaucoup sont muets, soit qu'ils n'aient rien à dire, soit qu'ils n'aient pas réussi à se faire entendre : ne dessine pas qui veut. Certes, les quelques dessins qui illustrent cet article ne sont pas des dessins de Maîtres. Mais ce sont de vrais dessins d'enfants : ils sont ingénus et c'est là toute leur force. Ceux, au contraire, qui ont obtenu les faveurs du Jury, donnent raison au poète qui se plaignait qu'il n'y ait plus d'enfants. Leurs jeunes auteurs sont des forts-en-thème, ils ont déjà des réminiscences et des stratagèmes, ils ont deviné la manière à la mode. Quelques-uns même simulent l'ingénuité pour donner à leur dessin un air enfantin, ils cherchent à être gauches et amusants et arrivent à ressembler à nos humoristes les plus célèbres : ce sont des enfants prodiges. Nous leur préférons les enfants qui ont simplement un peu de génie naturel.
Plusieurs des projets du Concours du Moniteur du Dessin qui ont notre amitié témoignent d'un véritable sens artistique, ils sont pleins de vie et de justesse, ils indiquent un œil si bien ouvert et un esprit si impressionnable que l'on est forcé de déclarer qu'ils sont d'un artiste, et c'est justice. Cet artiste en herbe ne sera peut-être jamais un artiste professionnel, ce qui n'enlève rien à son tempérament, et s'il devient un artiste professionnel, il n'aura peut-être plus les qualités qu'il avait comme artiste en herbe. Cette éventualité est à craindre ; la sensibilité s'érouse, en effet, pour des raisons multiples et regrettables, et l'on voit des enfants bien doués perdre leur intelligence on ne sait pourquoi, cependant que d'autres perdent leurs dons au contact des leçons. Donc, le mérite de ces dessins n'est pas d'ordre uniquement psychologique ou pédagogique, mais bien d'ordre artistique. N'y a-t-il pas aujourd'hui des peintres et des sculpteurs, et non des moindres, qui s'efforcent de ressembler à des enfants, de se faire une âme d'enfant, leur horreur de l'académisme les poussant à rechercher les expressions premières, les simplifications directes, les signes primitifs des choses. Qui donc ne préfère pas toujours la maladresse sincère à la perfection habile ? Qui ne trouve pas une signification bien plus haute dans le rudimentaire dessin d'un chasseur de rennes de la France quaternaire que dans celui d'un Prix de Rome de 1912 ? Quel accent dans a ligne, quelle vérité dans le mouvement de cet aurochs gravé dans le monolithe de la caverne !
Le dessin, décidément, est un don. Il vaut ce que l'œil vaut. Les programmes scolaires ont peut-être tort d'admettre que tous les enfants l'aiment. Nous avons le souvenir de camarades pour qui, au lieu d'être le dessert à l'école, le dessin était comme un verre d'huile de foie de morue. Et l'heure pour eux se passait à ouvrir leur carton, à en sortir une feuille de papier, à s'installer, à préparer de la mie de pain, à tailler leur crayon et à ronger leur gomme. Le feu sacré leur manquait. Que ne leur a-t-on appris plutôt la musique où ils seraient devenus des virtuoses, ou le chant qui en aurait fait des hommes sociables, ou encore un sport quelconque, la danse rythmique, par exemple? Jean-Jacques Rousseau attribuait au dessin une valeur éducative. Cette valeur peut être radicalement perdue pour ceux qui sont sans aptitude aucune, qui ne voient pas.
Les méthodes sévères et abêtissantes n'ont évidemment pas manqué; nous nous rappelons avoir copié des lithographies vulgaires et des gravures stupides, terminées outre mesure, où il importait avant tout de bien rendre les ombres, c'est-à-dire d'imiter un réseau de hachures mécaniques, arbitraires et ridicules. Il y avait de quoi décourager
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Emérentienne Paturaud (12 ans), Ecole libre du Kremlin-Bicêtre, 2, avenue du Repos.
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Augusta Bas (15 ans), élève de Mlle Meysonnier, Externat dirigé par Mlle Rigaud, 62, rue Saint-Michel (Lyon).
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Jeanne Fellot (12 ans), Ecole de dessin, Cours municipal, Palais des Arts. Directrice : Mlle Gery, Lyon.
Georgette Muhlemann (12 ans 5 mois), Lycée de jeunes filles de Dijon (Côte-d'Or). Professeur : Mlle L...
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S. Seurin (12 ans et demi), élève de Mlle Baudraud.
Lucile Honillon (12 ans), Cours moyen. Maîtresse: Mme A. Remy, Rupt-sur-Moselle (Vosges)
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Germaine Burdy (14 ans), Institution de jeunes filles, Saint-Denis (Aude).
les plus ardents. Aujourd'hui, on emploie une méthode intuitive : on incite l'enfant, on ne cherche plus une conformité routinière de rendu dans les travaux de tous les élèves d'une classe, mais on parle de « dessin libre ». On propose aux enfants des modèles attrayants, on les fait dessiner d'après nature, on réserve une large place à leur fantaisie, on discute leurs compositions imaginatives. A priori, on les prend au sérieux, dans l'espoir de développer en eux l'avidité de l'art. Les individualités des jeunes maîtres âgés de six ans sont, en somme, hautement respectées.
Principes excellents. Grâce à eux, le triage entre ceux qui ne sont qu'appelés et ceux qui seront élus doit se faire de lui-même. Les élus auront le privilège de pouvoir garder leur originalité. Moyennant que le professeur, dont la tâche est infiniment ardue et subtile, sache diriger l'initiation de l'enfant, ne pas lui abandonner le choix des sujets, mais observer une progression dans la difficulté, ou bien faire une part aux obligations méthodiques et une autre part aux besoins de la fantaisie imaginative ; s'il ne craint pas l'exercice de mémoire, s'il sait rendre simples les lois de la perspective, s'il sait apprendre à l'élève à regarder, à s'intéresser, à comprendre, à aimer les choses pour elles-mêmes — condition pour en faire une bonne image —; s'il a le don de conduire les petits doigts sans leur faire violence et de faire éclore des sensations encore obscures, infailliblement le goût du dessin est appelé à se développer chez les enfants.
Félicitons-nous d'avoir déjà des résultats aussi remarquables que ceux obtenus par le Concours du Moniteur du Dessin. Ne fût-ce que pour le plaisir qu'on prend à regarder ces pages charmantes. Elles nous rassurent sur l'existence véritable de l'instinct, peut-être populaire, du dessin. Ces impressions fantaisistes et ces fantaisies audacieuses ne sont pas le fruit du hasard. Ce trait physionomique, parfois jusqu'à la
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Alice Gras (15 ans), Ecole de la rue Weinbrenner, Alger. Professeur: Ahablé.
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Germaine Mayet (13 ans), Ecole de jeunes filles, 291, rue des Pyrénées, Paris. Professeur: Mme Courty.