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L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI IIème PARTIE M. 7 NATHAN REVUE MENSUELLE - ANNÉE JUIN 1945

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LA VILLE RADIEUSE LE CORBUSIER COLLECTION DE L'ÉQUIPEMENT DE LA CIVILISATION MACHINISTE ÉDITIONS DE L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI --- LE 1ER SEPTEMBRE PARAIT LA VILLE RADIEUSE ŒUVRE CAPITALE DE LE CORBUSIER ÉDITÉE PAR L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI FORMAT 235×290 - 330 PAGES - HORS-TEXTES EN COULEURS - 1.000 ILLUSTRATIONS JUSQU'A CETTE DATE SONT MAINTENUS LES PRIX DE SOUSCRIPTION ABONNÉS DE « L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI » Conditions spéciales Prix en souscription . . . . . . . . . . . . 50 francs Prix de vente . . . . . . . . . . . . 70 — NON ABONNÉS Prix en souscription . . . . . . . . . . . . 60 francs Prix de vente . . . . . . . . . . . . 85 — (Port en s/s pour l'Étranger : 10 francs). --- ADRESSER TOUTES LES SOUSCRIPTIONS AVANT LE 1ER SEPTEMBRE 1935 A L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI, 5, RUE BARTHOLDI, BOULOGNE-SUR-SEINE

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L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI 5, RUE BARTHOLDI, BOULOGNE (SEINE) — TÉL.: MOLITOR 19-90 ET 91 REVUE MENSUELLE — 5e ANNÉE — NUMÉRO 7 — JUILLET 1935 ANDRÉ BLOC, DIRECTEUR COMITÉ DE PATRONAGE: MM. POL ABRAHAM, ALF. AGACHE, L. BAZIN, EUGÈNE BEAUDOUIN, LOUIS BOILEAU, DJO BOURGEOIS, VICTOR BOURGEOIS, URBAIN CASSAN, PIERRE CHAREAU, JACQUES DEBAT-PONSAN, JEAN DÉMARET, ADOLPHE DERVAUX, JEAN DESBOUS, ANDRÉ DUBREUIL, W. M. DUDOK, FÉLIX DUMAIL, ROGER EXPERT, LOUIS FAURE-DUJARRIC, RAYMOND FISCHER, TONY GARNIER, JEAN GINSBERG, HECTOR GUIMARD, MARCEL HENNEQUET, ROGER HUMMEL, FRANCIS JOURDAIN, ALBERT LAPRADE, H. LE MÊME, MARCEL LODS, BERTHOLD LUBETKIN, ANDRÉ LURCAT, ROB. MALLET-STEVENS, LOUIS MADELINE, J. B. MATHON, J. C. MOREUX, HENRI PACON, PIERRE PATOUT, AUGUSTE PERRET, G. H. PINGUSSON, HENRI PROST, MICHEL ROUX-SPITZ, HENRI SELLIER, CHARLES SICLIS, PAUL SIRVIN, MARCEL TEMPORAL, JOSEPH VAGO, ANDRÉ VENTRE, VETTER COMITÉ DE RÉDACTION PIERRE VAGO, RÉDACTEUR EN CHEF HISTORIQUE: ALBERT LAPRADE URBANISME: MAURICE ROTIVAL ARCHITECTURE: G. H. PINGUSSON INTÉRIEURS: J. P. SABATOU TECHNIQUE: ANDRÉ HERMANT JULES POSENNER, SEC. DE RÉDACTION CORRESPONDANTS: ALGÉRIE: M. LATHUILLIÈRE — ALLEMAGNE: RALF TROJE — ANGLETERRE: E. GOLDFINGER — AUTRICHE: EGON RISS — BELGIQUE: DE KONINCK — BRÉSIL: EDUARDO PEDERNEIRAS — BULGARIE: LUBAIN TONEFF — DANEMARK: HANJEN — ESPAGNE: GUITIERREZ SOTO — ÉTATS-UNIS: DEXTER MORAND — EXTRÊME-ORIENT: HARRY LITVAK — GRÈCE: GEORGES KALYVAS — HONGRIE: PROF. DENIS GYOERGYI — ITALIE: P. M. BARDI — JAPON: BRUNO TAUT — PALESTINE: J. BARKAI — PAYS-BAS: J. P. KLOOS — PORTUGAL: PARDEL MONTEIRO — ROUMANIE: G. CANTACUZÈNE — SUÈDE: VIKING GOERANSSON — SUISSE: H. ZWEIGENTHAL — TCHÉCOSLOVAQUIE: JEAN SOKOL — TUROQUIE: ZEKI SAYAR — U. R. S. S.: PROF. ARKINE — YOUGOSLAVIE: PLANITCH Mme M. E. CAHEN, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL --- DÉPOSITAIRES GÉNÉRAUX DE «L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI» A L'ÉTRANGER ROUMANIE: LIBRAIRIE «HASEFER», RUE EUGEN CARADA, BUCAREST. — ESPAGNE: ÉDITIONS INCHAUSTI, ALCALA 63. MADRID. — ARGENTINE: ACME AGENCY, CASILLA CORREO 1136, BUENOS-AYRES. — BRÉSIL: PUBLICACOES INTERNACIONALES, AVENIDA RIO BRANCO, 117, RIO-DE-JANEIRO. — COLOMBIE: LIBR. COSMOS, CALLE 14, N° 127, APARTADO 543, BOGOTA. — AUSTRALIE: FLORANCE ET FOWLER, ELISABETH HOUSE, ELISABETH STREET, MELBOURNE CT TARIF DES ABONNEMENTS: FRANCE ET COLONIES: UN AN (DOUZE NUMÉROS) ………………………………………… 150 FR. PAYS ÉTRANGERS A 1/2 TARIF POSTAL: UN AN: 230 FR. — PAYS ÉTRANGERS A PLEIN TARIF POSTAL …………… 250 FR. PRIX DE CE NUMÉRO : FRANCE ET COLONIES : 18 FR. - ÉTRANGER 25 FR.

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IMMEUBLE ROND-POINT SAINT-CHARLES, PARIS (XVIIIe) ARCH.: M. DELACROIX — MENUISERIE METALLIQUE ET BOIS FENÊTRES, BÂTIS, HUISSERIES MÉTALLIQUES PORTES CAISSONNÉES SPÉCIALES BTÉ S.G.D.G. DEMANDEZ-NOUS NOS STANDARDS L.DOUZILLE 7, RUE SÉBASTIEN-MERCIER - PARIS XVe - VAUG. 69-00.69-01 SIÈGE SOCIAL ET USINES A ALBERT (SOMME) - TELEPHONE : 43 A ALBERT PUB.: ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUIE

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L'HABITATION A BON MARCHÉ DEUXIÈME PARTIE 4 INTRODUCTION: LA VILLE INDUSTRIELLE DE TONY GARNIER. 6 PROGRAMME ET TENDANCES G. H. PINGUSSON. Vue d'ensemble du problème; l'habitation à bon marché devient de plus en plus la demeure type de l'avenir. Propositions de nouveaux plans de la cité et nouveaux groupements des appartements dans l'immeuble. EXEMPLES: - LE SYSTÈME DUPLEX EN U. S. A. DEXTER MORAND. - PLAN D'UNE CITÉ D'H. B. M. POUR UNE VILLE BELGE FRANÇOIS MARÉCHAL. - CONCOURS DE LA CEMENT MARKETING COMPANY À LONDRES. - PREMIER PRIX: LUBETKIN, TECTON, ARUP. - D'AUTRES EXEMPLES. 20 IMMEUBLES COLLECTIFS, INTÉRIEURS INDIVIDUELS J. P. SABATOU. Plan et aménagement de l'appartement. Contre le schématisation du plan. 28 LE PLAN DE L'HABITATION A BON MARCHÉ J. POSENER. Distribution des appartements dans l'immeuble, revue de plans français et étrangers. 43 QUESTIONS TECHNIQUES ANDRÉ HERMANT. Essais de standardisation. Exemple: les nouvelles constructions de Drancy. ÉVACUATION DES ORDURES MÉNAGÈRES M. POSTEL ET J. POSENER. 52 EN MARGE DES HABITATIONS A BON MARCHÉ: - CONCOURS D'H. B. M. DE LA VILLE DE PARIS J. POSENER. - HABITATION DES FAMILLES ASOCIALES EN HOLLANDE J. P. KLOOS. - H. B. M. EN POLOGNE J. LUBINSKY. - H. B. M. ET COLONISATION AU TROISIÈME REICH CH. LOERCHER. - H. B. M. ET SLUM CLEARING À LONDRES A. BOUXIN. - L'ASSOCIATION FRANÇAISE D'H. B. M. A. BONNAUD. ACTUALITÉS 62 ARCHITECTURE EN FRANCE ET AUX COLONIES: - L'ORPHELINAT DE BENI-MESSOUS SEILLER ET LATHULLIÈRE, ARCH. - CENTRAL DES P. T. T. Bd DE VAUGIRARD J. DÉBAT-PONSAN, ARCH. - IMMEUBLE Bd VICTOR À PARIS J. PATOUT, ARCH. - IMMEUBLE PLACE ST-CHARLES À PARIS MM. DELACROIX, ARCH. - LA RÉDACTION DE «L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI» J. POSENER, ARCH. 77 EXPOSITIONS: - L'EXPOSITION DE BRUXELLES ANDRÉ HERMANT. - LE SALON DES ARTISTES DÉCORATEURS J. P. SABATOU. - LES ARTS PRIMITIFS DANS LA MAISON MODERNE LE CORBUSIER. 87 DÉFENSE DU TITRE ET DE LA PROFESSION D'ARCHITECTE. 90 TRIBUNE LIBRE, REVUE DES REVUES, INFORMATIONS.

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Planche d'après « L'œuvre de Tony Garnier »; éditions de l'Architecture Vivante, Paris CITE INDUSTRIELLE PLAN GENERAL

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LA CITE INDUSTRIELLE DE TONY GARNIER (1901-1904) INTRODUCTION Nous commençons la deuxième partie de notre étude par deux planches: la Cité Industrielle de Tony Garnier. On connaît l'histoire du projet: pensionnaire de la Villa Médicis, un jeune architecte ne voit qu'un seul sujet digne d'occuper des années consacrées à la recherche: la cité autonome de nos jours, faite de toutes pièces. Son nerf vital est une industrie métallurgique: du haut-fourneau jusqu'à l'usine d'automobiles. D'autres industries s'y rattachent; la force électrique vient d'un barrage monumental; le trafic est organisé dans une gare centrale et un aéroport; des établissements sportifs se trouvent disposés dans plusieurs endroits du vaste territoire urbain; une cité hospitalière en pavillons tous orientés vers le midi et la vallée, domine la ville d'habitation, sur le coteau d'une montagne. Celle-ci, en larges gradins est-ouest, s'étend entre la colline et le fleuve qu'elle ne borde pas, et de la plaine à l'ouest jusqu'au complexe industriel à l'est, qu'elle évite de toucher. Elle est couronnée d'un centre civique, où la Salle d'Assemblées et les Hautes Ecoles voisinent avec le champ de sport. Le projet de Tony Garnier fut refusé; il ne fut pas jugé sérieux. Cherchons à comprendre: Pour être qualifié de sérieux, dans le sens d'« immédiatement réalisable », le projet d'un architecte doit être, en effet, moins complet. Celui-ci voulait prouver trop de choses: que l'industrie commande désormais notre existence; que l'habitation ouvrière se confond avec l'habitation de tous; l'habitation avec l'urbanisme; et que l'urbanisme lui-même n'est plus que la construction sobre et précise de ces grandes unités nouvelles qui ne s'attachent plus guère aux cités existantes, mais naissent là où les conditions naturelles commandent leur édification. Or, en tout ceci, les résultats de la première partie de notre étude ne sont pas loin de la Cité Industrielle, on pourrait dire qu'ils s'y résument. Nous la plaçons donc au début de la deuxième partie, qui a pour but de traiter les détails du logement populaire, pour ne pas perdre de vue l'échelle que la question impose. Jules POSENER.

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TROIS CITÉS D'HABITATION: D'APRÈS: OTTO ERNST SCHWEIZER A REZ-DE-CHAUSSEE Ville d'habitation en lignes à deux étages: 12.000 personnes sont logées sur le terrain ci-contre. Ils vivent en liaison étroite avec le sol, dans des conditions très salubres. Un jardin de 200 m² garantit un supplément de légumes et de fruits à leur nourriture. Densité d'habitation: 98 personnes par ha. Désavantages: le paysage est éparpillé par les lignes de petites maisons; les distances à parcourir sont assez grandes; dépenses considérables pour la voirie. A QUATRE ÉTAGES ARCHITECTE: M. BERNHARDI, SÉMINAIRE DU PROF. O. E. SCHWEIZER Cité d'habitation à quatre étages: habitations pour 12.000 personnes. Plan plus économique (moins de rues); accès commodes à la gare de métro de banlieue (au centre de chaque groupe). Grands espaces libres entre les groupes d'habitations. Densité d'habitation: 237 personnes par ha. Mais les bandes vertes entre les lignes d'immeubles sont encore étroites. Si, par des raisons d'économie, on est forcé de rapprocher encore plus ces lignes, les habitations des étages inférieurs ne sont plus suffisamment ensoleillés. A DOUZE ÉTAGES ARCHITECTE: K. KAISER, SÉMINAIRE SCHWEIZER Ville d'habitation en immeubles de douze étages: 12.000 personnes. Destination: élément de plan pour une zone d'expansion d'une métropole. Surface bâtie minima; donc: le paysage reste intact, les larges vues sont gardées. Surface de rue minima; densité: 187 personnes par ha; ce système demande que le plan des communications se conforme rigoureusement avec le plan d'urbanisme. Carrés de 700 à 700 m., un côté libre. Bande verte de 200 m. de large le long de l'autostade.

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PROGRAMME ET TENDANCES PAR G. H. PINGUSSON Le problème du logement à bon marché est un de ceux que l'architecte doit aborder avec l'esprit le plus compréhensif et le plus fraternel, avec le cœur le plus généreux pour ses semblables, soutenu par la volonté la plus ferme et le désintéressement le plus complet s'il le faut. Ce rappel d'une vérité première peut paraître à certains empreintes d'une sentimentalement excessive et même inutile devant un problème d'ordre technique. Il me semble au contraire que ce point de départ est indispensable, car s'il existe une technique de l'habitation économique, celle-ci ne doit être qu'un moyen, conduit par l'esprit, seul créateur de solutions neuves et hardies, en même temps que nobles et humaines. Sous ce titre général d'H. B. M. nous placerons non seulement les programmes de logement populaire tels qu'ils sont actuellement compris et mis en application, mais encore ceux qui s'en rapprochent vers le haut ou vers le bas, immeubles construits ou grands tracés pour les classes moyennes dont les circonstances économiques accélèrent de plus en plus le nivellement, soit pour la classe la plus pauvre actuellement logée dans les taudis des îlots insalubres ou des lotissements maudits de la banlieue, et à laquelle doivent être procurés des logements à très bas prix, en somme une portion de plus en plus grande des habitants des grandes villes. A ce programme d'une considérable importance, puisqu'il fixe le statut moyen de vie de l'individu pour de très longues années et peut entraîner pour plusieurs générations les conséquences les plus graves au point de vue physiologique, intellectuel et moral, donnons pour caractère principal l'économie en donnant au mot son sens le plus large, celui d'ordre et de méthode dans la gestion d'une affaire, d'harmonieux équilibre dans les fonctions d'un organisme vivant et non dans le sens de bon marché à tout prix, quel qu'en doive être la répercussion sur l'homme. Inscrivons quelques propositions en ouvrant cette étude: le programme de l'H. B. M. doit être d'une certaine importance. Répondant à des besoins nombreux, uniformes pour une foule d'individus, il doit être traité avec une certaine ampleur pour que les principes de composition d'ensemble avec centralisation des services communs, et de construction en série par méthodes industrialisées puissent apporter leur efficacité, dans le meilleur sens de l'économie. Au contraire de l'immeuble isolé qui constitue une solution individuelle au problème du logement économique, liée de mille servitudes sur la forme, l'exiguïté, l'orientation du terrain, les gabarits impropres, et surtout l'esprit particulariste orienté vers le profit maximum, le groupe d'H. B. M. constitue une réponse d'inspiration collective à un problème collectif, conduite par l'esprit de coopération et d'entr'aide. Nous nous trouvons donc devant un programme de grande échelle essentiellement lié à l'époque actuelle et qui doit être traité avec des moyens modernes. Deuxième proposition: la conception même de ce vaste ensemble nécessitera de remonter du particulier au général. Le problème ne sera pas traité en soi, dans ses limites étroites mais par rapport à la cité entière, pour se placer dans les conditions optima dans l'économie générale de la ville. L'emplacement sera choisi en rapport avec les circonstances de lieu et de temps: zone de la ville, distance des lieux de travail, mouvement naturel de peuplement dans le voisinage, permanence ou précarité, etc. Il nécessitera, pour atteindre la forme et la dimension nécessaires, des expropriations et un regroupement systématique de parcelles. Cette constitution préalable du domaine foncier est préliminaire à tout projet et devrait être entreprise par des services spéciaux complètement distincts travaillant de longue main, surtout pour la partie centrale des villes, première urgence. Viendraient ensuite les zones voisines des centres industriels, puis les zones suburbaines à population semi rurale, semi artisanale. Un examen attentif serait fait de l'exploitation ultérieure, des services également distincts seraient chargés de gérer la nouvelle cité et devraient intervenir, dès la conception du plan d'ensemble, pour apporter des bases d'appréciation sur l'économie du fonctionnement avec statistiques diverses sur les types de logement les plus demandés, ceux donnant la meilleure adaptation au genre de locataire, ceux donnant le meilleur rendement économique, etc. Les services spéciaux: des transports publics, de l'hygiène et des sports, de l'équipement central urbain, chauffage urbain, collecte pneumatique centrale des ordures, nettoyage par le vide, etc., interviendraient également. Le terrain étant fixé par rapport à la ville, l'étude du projet comprendra successivement celles: - De l'implantation des blocs par rapport au terrain; - De la disposition des logements dans le bloc; - De l'emplacement des pièces dans le logement; - De la position des meubles dans la pièce. La position des blocs dans le terrain dépend des données locales d'orientation et de topographie et du choix de la hauteur, de la densité et des prospects. Ces 3 dernières données sont fixées lorsque l'une d'entre elles est fixée. Les règlements de voirie actuels indiquant, par exemple, pour une largeur de voie ou de cour donnée, donc un prospect, les gabarits de hauteur, donc la forme enveloppe et par le cube minimum des pièces d'habitation, la densité. En revanche, aucun règlement ne fixe les minima des rapports des larges des voies créées entre elles et avec les voies anciennes, ni la largeur et le nombre des voies pour un nombre d'habitants déterminé, ni le cube des bâtiments par rapport au cube des espaces libres, etc. Ainsi l'exploitation systématique des règlements actuels au maximum a conduit à certaines réalisations dramatiques qui sont une des lourdes hontes de notre temps. On a suivi en cela les lois originelles de création des villes. Nous sommes à cet égard bien près du moyen-âge puisque nous subissons sans les contrôler les phénomènes de croissance libre des villes, croissance qui s'est faite par juxtaposition de cellules nouvelles à la demande de besoins individuels, limités à eux-mêmes, aveugles quant à leur portée sur le quartier ou sur la ville, flux puissant et sans autre loi que les nécessités immédiates, comparable à la croissance des forêts, la ville, organisme artificiel, ou plutôt naturel à un deuxième degré après passage par la volonté de l'homme, qui peut en être l'élément régulateur, ordonnateur qui crée la croissance harmonieuse, qui maintient entre les diverses formes de la vie des rapports normaux. Si cette volonté est absente, l'arbitraire fleurit et avec lui des maladies de villes déjà visibles. On arrive, par des réalisations comme celles qui entourent Paris d'une muraille symbolique, à donner à la ville une nature étrangère au reste du monde. C'est dans cet orgueilieux isolement de la terre que réside le danger de déchéance des villes. La contexture d'un pays doit être seulement différenciée comme la substance même des cellules du corps humain. Le sol de la grande ville est fait de terre labourable. C'est un champ comme tant d'autres où l'homme a laissé pousser une forêt de pierre. Lorsque cette croissance, par recherche de profit des possesseurs du sol devient de plus en plus drue, touffue, serrée, il vient un moment où cette filiation avec la terre nourricière disparaît, l'air devient triste, l'homme reparaît et refuse. Les calculs de rendement financier étaient magnifiques, basés sur le locataire type, mais l'homme refuse l'abstraction, il ne marche pas. Il refuse de s'accommoder à des conditions de vie rendues sans joie par l'entassement, par le morne vis-à-vis de fenêtres regardant des fenêtres.

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PROJET OTTO ERNST SCHWEIZER La synthèse des études de la page 6: la ville se compose d'éléments de 12.000 habitants, en immeubles de 12 étages, rangés le long d'une bande de trafic. Des unités de plus de 12.000 personnes paraissent trop grandes; les arêtes deviendraient trop longues, l'horizon se fermerait. Au sud de la ville en bandeau: bois et champs, où s'inscrivent les écoles, champs de sports, hôpitaux. Au nord, l'auteur prévoit d'autres unités d'habitations individuelles, destinées au jardinage (légumes). Deux types d'appartements: dans les arêtes centrales deux appartements par palier, orientés est-ouest. Dans les lignes secondaires: couloir extérieur du côté nord; appartements orientés vers le midi. Echelle: 1/3.000 d'après Rationelle Bebauungsweisen VILLE VERTE EN TOURS D'HABITATION. PROJET HOLLANDAIS ÉLÉMENT D'HABITATION EN ZIGZAG EN CONSTRUCTION A CHALON-SUR-SAONE ARCH.: MAURICE GRÉMERET Disposition choisie pour des raisons d'orientation d'une part (orientation sud et est, en effet, très agréables pour des appartements à une pièce), et de vues directes d'autre part. Les ombres d'une aile sur l'autre sont portées presque toujours sur le côté couloir des bâtiments à l'exception de quelques heures du matin où les appartements orientés vers le midi reçoivent de l'ombre des ailes nord-sud.

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Les contre-exemples de cités d'H. B. M. existent en trop grand nombre pour qu'il soit besoin de les citer, un tour de Paris suffit, en avion si possible. A cette faillite, quelle conclusion? La nécessité absolue, pour ceux qui créent de nouvelles cités d'H. B. M., de voir, de prévoir les lointaines conséquences et de créer pour eux-mêmes, en attendant de nouvelles règles de voirie, leur propre discipline. Ces nouveaux règlements, qui pourraient être appliqués à l'occasion d'une nouvelle réalisation d'ensemble, seraient basés sur des études comparatives analogues à celles que l'architecte Gropius a établies à l'occasion du congrès de l'habitation minimum (voir A. A. N° 6, p. 75). Interviendraient comme éléments déterminants les durées d'ensoleillement moyen minimum. Pour chaque pièce, les prospects (considérablement élargis) et leur rapport au cube habitable et à la hauteur des bâtiments, la proportion des surfaces boisées et des surfaces construites, celle des cubes habités et des volumes libres. Ces règlements, plus souples, permettraient d'ailleurs une quantité de solutions neuves et des aspects architecturaux variés et hardis, en même temps que des conditions plus humaines de logement. L'implantation dans le terrain obéira aussi aux conditions climatiques. L'ensoleillement maximum recherché à Paris sera évité à Alger. On pourra déterminer des types de plans où certains bâtiments en hauteur pourraient porter ombre sur des bâtiments plus bas pour les climats méridionaux avec exposition unique au soleil levant ou au nord (fig. 1). Dans les climats du nord on évitera les occultations du soleil d'une façon analogue (fig. 2). Ces exemples ne sont donnés que comme de hâtives improvisations permettant d'illustrer les possibilités d'un règlement élargi. D'une façon générale, l'implantation s'apparente aux types principaux schématisés ci-contre dans lesquels la règle d'insolation minima est d'une demi journée par logement pour les bâtiments à deux façades habitables (fig. 1 et 2) et quart de journée pour appartements ayant vue sur 2 façades (fig. 3). Comme exemple illustrant les avantages des constructions hautes à grand prospect par rapport aux constructions moyennes et basses, voir p. 6. La répartition des logements à l'intérieur des blocs est conditionnée par celle des moyens d'accès aux différents étages. Deux dispositifs principaux de caractéristiques opposées: 1°) Groupement des logements autour d'axes verticaux correspondant aux connexions verticales et répartis dans le plan suivant les besoins. Pour en diminuer le nombre on s'efforce de desservir par cage le plus grand nombre d'appartements possibles, soit à chaque palier (fig. 1), soit en dédoublant les paliers (fig. 2), soit en imbriquant les volées (fig. 3), soit surtout en décalant les étages d'un corps de logis à un autre d'un demi étage (fig. 4). (Voir figures p. 13). Ces dispositifs ont l'inconvénient d'entrainer des orientations multiples généralement défectueuses pour une partie, de créer des épaisseurs de corps de logis considérables, ce qui rend la ventilation difficile et entraîne la création de cours intérieures ou de redents à faibles prospects. 2°) Groupement des locaux autour d'un axe horizontal desservi par une cage d'escalier centrale. Les dispositions sont très variées: soit couloir latéral et cellule, à 2 orientations dont l'une donnée au service (sur couloir extérieur), (fig. 1), soit couloir central desservant des logements avec une seule façade (fig. 2), soit avec couloir décalé (fig. 3), permettant de placer sur ces 2 façades des pièces d'habitation, soit avec couloir central et passages dessus et dessous desservant soit sur une façade, soit sur deux façades des logements simples ou doubles (fig. 4 et 5), soit avec couloir décalé desservant 2 étages et supprimant ainsi un couloir sur 2 (fig. 6). Ce groupement sur axe horizontal permet une orientation unique optima pour tous les locaux desservis, une économie de surfaces d'escalier qui compensent largement l'accroissement de couloirs et donnent le moyen d'adopter un ou deux ascenseurs, des vide-ordures même dans les immeubles à loyers très bas, étant donné le nombre de logements sur lesquels se répartissent les frais d'établissement. De plus, l'épaisseur des corps de bâtiment très faible permet une ventilation différentielle permanente et des prospects réguliers et étendus. Comme variantes à ces types les systèmes Duplex et Maréchal (voir pages 15-17) et un projet d'H. B. M. (p. 12 en haut).