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L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI CHAUFFAGE ET VENTILATION REVUE NATIONALE - 6e ANNÉE - MAI 1935 --- 5
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L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI CHAUFFAGE ET VENTILATION REVUE NATIONALE - 6e ANNÉE - MAI 1935 --- 5
PUISSANCE_ECONOMIE LES GRAND SPORT A MOTEUR 85 Technique nouvelle... Le nouveau moteur "85" - Accélérations foudroyantes même en côte. Economie d'Essence. Maximum d'agrément de conduite. Maîtrise absolue de la route. Les moteurs "85" équipent toutes les 6 et 8 Cylindres RENAULT et notamment les nouvelles GRAND SPORT, les voitures les plus modernes et les plus confortables (6 places spacieuses face à la route). Le confort des "GRAND SPORT" RENAULT est dû : - à une meilleure répartition des poids permettant un empattement moindre, donc une meilleure tenue de route et la suppression des mouvements dus à l'inertie ; - au groupement des sièges au centre de la voiture, entre les essieux, permettant aux passagers de parler entre eux commodément, comme dans un salon ; - à la largeur de la carrosserie qui a absorbé l'emplacement des marchepieds, et permet à trois personnes de tenir très au large, sur chaque banquette ; LES GRAND SPORT RENAULT VIVASTELLA 6 CYLINDRES "GRAND SPORT" NERVASTELLA 8 CYLINDRES "GRAND SPORT" Chacun de ces modèles comporte trois carrosseries. LA CONDUITE INTERIEURE 6 PLACES FACE A LA ROUTE - LE CABRIOLET 3 PLACES ET LE COACH DECAPOTABLE 6 PLACES FACE A LA ROUTE. LE CABRIOLET DECAPOTABLE VIVA 42.000 frs. — NERVA 55.000 frs. LE COACH DECAPOTABLE VIVA 44.000 frs. — NERVA 57.000 frs. LA CONDUITE INTERIEURE VIVA 39.000 frs. — NERVA 52.000 frs. --- RENAULT L'AUTOMOBILE DE FRANCE
RÉUNIONS INTERNATIONALES D'ARCHITECTES ORGANISÉES SOUS LE PATRONAGE DU COMITÉ DE « L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI » COMITÉ NATIONAL FRANÇAIS M. Georges HUISMAN, Directeur général des Beaux-Arts, Président — M. E. PONTREMOLI, membre de l'Institut, Directeur de l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts, Président de la Fédération des Sociétés Françaises d'Architectes — M. Henri PROST, membre de l'Institut, architecte, grand Prix de Rome, Urbaniste en chef du Gouvernement, Directeur de l'Ecole Spéciale d'Architecture — M. Frantz JOURDAIN, architecte, Président de la Société des Architectes Modernes, Président du Syndicat de la Presse Artistique — M. Auguste PERRET, architecte, Président du Comité Central d'Organisation — M. Tony GARNIER, architecte en chef du Gouvernement, grand Prix de Rome — M. Le CORBUSIER, architecte — M. Rob. MALLET-STEVENS, architecte — M. Anatole DE MONZIE, Ancien Ministre — M. Paul VALÉRY, de l'Académie Française — M. Jean GIRAUDOUX, homme de lettres — M. FREYSSINET, ingénieur. COMITÉ CENTRAL D'ORGANISATION Auguste PERRET, Président — J. DEBAT-PONSAN, grand Prix de Rome, architecte en chef des Bâtiments Civils et Palais Nationaux, chef d'atelier à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts — J. DEMARET, architecte D. P. L. G., ingénieur A. M., Professeur à l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs — Roger H. EXPERT, architecte en chef du Gouvernement, chef d'atelier à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts — Albert LAPRADE, architecte D. P. L. G., S. C., Inspecteur général des Beaux-Arts — Pierre VAGO, architecte diplômé, Rédacteur en chef de « l'Architecture d'Aujourd'hui », Secrétaire Général. 7, ROND-POINT MIRABEAU, PARIS (XV') LUNDI, MERCREDI ET VENDREDI MATIN. TÉL.: VAUG. 32-44 Le Comité National Français et le Comité Central d'Organisation ont l'honneur de vous inviter à participer à la troisième Réunion Internationale d'Architectes qui se tiendra en Europe Centrale, du 7 au 17 septembre prochain, ainsi qu'au voyage d'études organisé à cette occasion. Le sujet proposé comme base des discussions est: L'évolution actuelle des architectures nationales. Le voyage d'études, qui aura une durée de 15 jours, comprendra la visite de Prague, Hradec-Kralove, Zlin, Brno, Bratislava, Budapest, Vienne et Stuttgart. Un important programme de visites, excursions, réceptions et manifestations artistiques a été préparé par les Comités d'Organisation de Prague, Budapest et Vienne. Dans l'espoir que vous voudrez bien participer à cette Réunion et au voyage d'études, nous vous prions de nous faire parvenir votre adhésion aussitôt que possible. Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de nos sentiments distingués. Paris, Mai 1935. --- Auguste PERRET PRÉSIDENT DU COMITÉ CENTRAL D'ORGANISATION --- Georges HUISMAN DIRECTEUR GÉNÉRAL DES BEAUX-ARTS PRÉSIDENT DU COMITÉ NATIONAL FRANÇAIS --- Prof. Otokar NOVOTNY PROFESSEUR À L'ÉCOLE DES ARTS APPLIQUÉS PRÉSIDENT DU COMITÉ D'ORGANISATION TCHÉCOSLOVAQUE --- M. Robert K. KERTESZ ARCHITECTE, SECRÉTAIRE D'ÉTAT PRÉSIDENT DU COMITÉ D'ORGANISATION HONGROIS --- Prof. Alexandre POPP VICE-PRESIDENT DE LA SOCIÉTÉ CENTRALE DES ARCHITECTES D'AUTRICHE (PRÉSIDENT DU COMITÉ AUTRICHIEN) --- (Pour renseignements, conditions et inscriptions, s'adresser au Comité Central d'Organisation, 7, Rond-Point Mirabeau, Paris (XV') (lundi, mercredi et vendredi matin).
SOUS LE SIGNE DU MAQUILLAGE L'ESPRIT DE L'EXPOSITION DE 1937 - Concession de l'Exposition - Extension vers le Grand-Palais - Extension sur le Champ de Mars - Extension sur l'Esplanade des Invalides Alors que nous voudrions pouvoir applaudir les initiatives des organisateurs de cette Exposition, pourquoi faut-il que nous soyons toujours amenés à déplorer le même état d'esprit qui prépare pour 1937 une Exposition mesquine, indigne de Paris. Puisqu'il en est temps encore, nous ne nous lasserons pas de répéter nos inquiétudes. Tant pis si nous ne sommes pas entendus. Au milieu d'un faisceau d'intrigues, où se compromet la renommée artistique d'un grand pays, quelqu'un songera-t-il enfin à prendre ses responsabilités. Continuera-t-on à ignorer le lourd malaise qui règne dans le cœur des artistes, des vrais, qui déplorent la magnifique occasion manquée. Voici maintenant une nouvelle surprenante que nous annoncent MM. Paul LEON et François LATOUR, Commissaires Généraux adjoints. On songerait sérieusement à incorporer le Grand-Palais dans l'enceinte de l'Exposition de 1937. Le plus mauvais Palais de 1900 serait donc appelé à abriter certaines sections d'une grande manifestation d'art contemporain. Bien entendu, on ne laisserait pas ce Palais dans son état actuel. Les staffeurs pourraient se réjouir. C'est à eux qu'on confierait le soin de mettre le Palais au goût du jour et il n'en coûterait que quelques millions. Si l'on veut bien se souvenir de la première expérience de ce genre, en 1925, on comprendra aisément notre préoccupation. Au moment où, par mesure d'économie, on renonce à l'idée invraisemblable du maquillage du Trocadéro, on reprend des conceptions aussi extravagantes. En dehors du point de vue purement esthétique qui a sa valeur, a-t-on songé au préjudice ainsi causé à tous les groupements d'artistes et d'industriels qui ont obtenu au Grand-Palais des concessions pour leurs expositions. Certains d'entre eux ont contribué, pour de très grosses sommes, à l'entretien et à la remise en état des bâtiments, notamment de la grande verrière. On peut évaluer à un million par an leur effort financier. Pour parvenir à une solution bâtarde, l'Etat devra donc payer de larges indemnités qui s'ajouteront aux dépenses de transformations et d'aménagement du Palais. On logera dit-on les expulsés dans une construction provisoire, édifiée sur l'Esplanade des Invalides, aux frais de l'Etat. Alors, nous ne comprenons plus. Au lieu de toutes ces demi-mesures, n'aurait-il pas été plus logique de laisser le Grand-Palais en dehors de l'enceinte et de construire un Palais de notre époque sur l'Esplanade des Invalides ? Cette solution moins onéreuse aurait eu l'avantage de ne pas aggraver la faiblesse du plan général de l'Exposition (I). Si celle-ci manque de place, elle peut s'étendre, soit sur le Champ de Mars, soit sur l'Esplanade des Invalides, tout en conservant une certaine homogénéité. Par contre, pour englober le Grand-Palais, elle se trouve dans l'obligation de tendre une nouvelle tentacule par le Cours La Reine. Enfin, on peut encore se demander si l'Exposition de 1937 a bien été faite pour favoriser l'essor artistique et industriel de la France ou si elle se donne pour tâche d'entraver l'organisation des expositions annuelles qui, dans des circonstances très difficiles, concourent à maintenir l'activité économique du pays. Quand sortira-t-on enfin de pareils errements ? Est-ce par le maquillage des mauvais monuments de Paris que l'on suscitera l'enthousiasme indispensable au succès d'une grande manifestation d'art et d'esprit français ? André BLOC. (I) Voir A. A. 1934 - N° 10, p. 24.
L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI 5, RUE BARTHOLDI, BOULOGNE (SEINE) — TÉL.: MOLITOR 19-90 ET 91 REVUE MENSUELLE — 5e ANNÉE — NUMÉRO 5 — MAI 1935 ANDRÉ BLOC, DIRECTEUR COMITÉ DE PATRONAGE: MM. POL ABRAHAM, ALF. AGACHE, L. BAZIN, EUGÈNE BEAUDOUIN, LOUIS BOILEAU, DJO BOURGEOIS, VICTOR BOURGEOIS, URBAIN CASSAN, PIERRE CHAREAU, JACQUES DEBAT-PONSAN, JEAN DÉMARET, ADOLPHE DERVAUX, JEAN DESBOUS, ANDRÉ DUBREUIL, W. M. DUDOK, FÉLIX DUMAIL, ROGER EXPERT, LOUIS FAURE-DUJARRIC, RAYMOND FISCHER, TONY GARNIER, JEAN GINSBERG, HECTOR GUIMARD, MARCEL HENNEQUET, ROGER HUMMEL, FRANCIS JOURDAIN, ALBERT LAPRADE, H. LE MÊME, MARCEL LODS, BERTHOLD LUBETKIN, ANDRÉ LURCAT, ROB. MALLET-STEVENS, LOUIS MADELINE, J. B. MATHON, J. C. MOREUX, HENRI PACON, PIERRE PATOUT, AUGUSTE PERRET, G. H. PINGUSSON, HENRI PROST, MICHEL ROUX-SPITZ, HENRI SELLIER, CHARLES SICLIS, PAUL SIRVIN, MARCEL TEMPORAL, JOSEPH VAGO, ANDRÉ VENTRE, VETTER COMITÉ DE RÉDACTION PIERRE VAGO, RÉDACTEUR EN CHEF HISTORIQUE: ALBERT LAPRADE URBANISME: MAURICE ROTIVAL ARCHITECTURE: G. H. PINGUSSON INTÉRIEURS: J. P. SABATO TECHNIQUE: ANDRÉ HERMANT JULES POSENNER, SEC. DE RÉDACTION CORRESPONDANTS: ALLEMAGNE: JUERGEN SCHWEIZER — ANGLETERRE: E. GOLDFINGER — AUTRICHE: EGON RISS BELGIQUE: DE KONINCK — BRÉSIL: EDUARDO PEDERNEIRAS — BULGARIE: LUBAIN TONEFF — DANEMARK: HANJEN — ESPAGNE: GUITIERREZ SOTO — ÉTATS-UNIS: DEXTER MORAND — EXTRÊME-ORIENT: HARRY LITVAK — GRÈCE: GEORGES KALYVAS — HONGRIE: PROF. DENIS GYOERGYI — ITALIE: P. M. BARDI — JAPON: BRUNO TAUT — PALESTINE: J. BARKAI — PAYS-BAS: J. P. KLOOS — PORTUGAL: PARDEL MONTEIRO — ROUMANIE: G. CANTACUZÈNE — SUÈDE: VIKING GOERANSSON — SUISSE: H. ZWEIGENTHAL — TCHÉCOSLOVAQUIE: JEAN SOKOL — TUROQUIE: ZEKI SAYAR — U. R. S. S.: PROF. ARKINE — YOUGOSLAVIE: PLANITCH Mme M. E. CAHEN, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL --- DÉPOSITAIRES GÉNÉRAUX DE «L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI» A L'ÉTRANGER BELGIQUE: LIBRAIRIE DIETRICH, 10, PLACE DU MUSÉE À BRUXELLES. — ROUMANIE: LIBRAIRIE «HASEFER», RUE EU-GEN CARADA, BUCAREST. — ESPAGNE: ÉDITIONS INCHAUSTI, ALCALA 63, MADRID. — ARGENTINE: ACME AGENCY, CASILLA CORREO 1136, BUENOS-AYRES. — BRÉSIL: PUBLICACOES INTERNACIONAES, AVENIDA RIO BRANCO, 117, RIO-DE-JANEIRO. — COLOMBIE: LIBR. COSMOS, CALLE 14, N° 127, APARTADO 543, BOGOTA TARIF DES ABONNEMENTS: FRANCE ET COLONIES: UN AN (DOUZE NUMÉROS) ………………………………………… 150 FR. PAYS ÉTRANGERS A 1/2 TARIF POSTAL: UN AN: 230 FR. — PAYS ÉTRANGERS A PLEIN TARIF POSTAL ……… 250 FR. PRIX DE CE NUMÉRO: FRANCE ET COLONIES: 25 FR. - ÉTRANGER 35 FR.
CAHIERS TECHNIQUES CHAUFFAGE ET VENTILATION LES HUILES COMBUSTIBLES SHELL BRULEUR SEMI-AUTOMATIQUE POUR PETITE INSTALLATION CHAUDIÈRES DE CHAUFFAGE CENTRAL AVEC BRULEUR AUTOMATIQUE GROSSE CHAUDIERE DE CHAUFFAGE CENTRAL AVEC BRULEUR SEMI-AUTOMATIQUE FOURNEAU DE CUISINE CHAUFFÉ AUX HUILES LOURDES --- S^TE A^ME DES PETROLES JUPITER 42, RUE WASHINGTON - PARIS (8°) TELEPHONE : ELYSEES 90-10 A 90-19 --- LIVRAISON D'HUILE COMBUSTIBLE La Société Anonyme des PÉTROLES JUPITER met gracieusement et sans engagement à la disposition de MM. les Architectes son SERVICE TECHNIQUE HUILES COMBUSTIBLES dont les Ingénieurs se sont spécialisés depuis de longues années dans l'étude des HUILES LOURDES et de leurs applications.
CAHIERS TECHNIQUES DE L'ARCHITECTURE D'AUJOURD'HUI RÉDIGÉS SOUS LA DIRECTION DE A. HERMANT CHAUFFAGE ET VENTILATION Pages - INTRODUCTION, par Marcel Véron, Président des VIe et VIIe Congrès du Chauffage et de la Ventilation des Bâtiments Habités ..... 4 - L'AVANT-PROJET, par M. Lormant, Président de l'Association des Ingénieurs de Chauffage et Ventilation de France ..... 6 I LA PRODUCTION DE LA CHALEUR - LES HOUILLES FRANÇAISES ET LEURS DÉRIVÉS AU SERVICE DU CHAUFFAGE DOMESTIQUE, par L. Lahoussay, Chef des services techniques au Comité Central des Houillères de France ..... 8 - COMMENT CHAUFFER ÉCONOMIQUEMENT UN IMMEUBLE PAR LES COMBUSTIBLES SOLIDES, par J. Truillé, Vice-Président du Comité Intersyndical du Commerce des Combustibles de Paris et de sa Banlieue ..... 10 - CLASSEMENT DES COMBUSTIBLES — LE COKE ..... 12 - LE CHAUFFAGE PAR LES COMBUSTIBLES LIQUIDES, par J. Duzan, Ingénieur Civil des Mines ..... 13 - LE CHAUFFAGE PAR LE GAZ ..... 18 - LE CHAUFFAGE PAR L'ÉLECTRICITÉ, par F. Deflassieux, Ingénieur A. et M., E. S. E. ..... 21 II LE TRANSPORT DE LA CHALEUR - LE CHAUFFAGE PAR L'AIR CHAUD, par C. Hérody, Président de la Chambre Syndicale de Fumisterie, Chauffage et Ventilation de France ..... 24 - EAU CHAUDE ET VAPEUR, par R. Dupuy, Ingénieur des Arts et Manufactures ..... 28 - CHAUFFAGE SOUS VIDE, par M. Colin-Merlin, Ingénieur ..... 32 - CHAUFFAGE PAR EAU SURCHAUFFÉE, par M. Chavannes, Ingénieur civil des Mines ..... 32 - CHAUFFAGE URBAIN ..... 33 III L'UTILISATION DE LA CHALEUR - CONVECTION ET RAYONNEMENT, par A. Missenard, Ingénieur A. et M. ..... 35 - CHAUFFAGE PAR CONVECTEURS ..... 37 - CHAUFFAGE PAR PANNEAUX RAYONNANTS ..... 38 - CHAUFFAGE PAR LE SOL ..... 40 - CHAUFFAGE PAR AÉROTHERMES, par A. Beauvrienne, Ingénieur E. C. P. ..... 41 IV CONDITIONNEMENT DES LOCAUX - LES BASES DU CONDITIONNEMENT ..... 42 - LE CONDITIONNEMENT APPLIQUÉ AUX SALLES DE SPECTACLE, par A. Beauvrienne, Ingénieur E. C. P. ..... 43 - EXEMPLES D'INSTALLATIONS DE CONDITIONNEMENT, réalisées par les Établissements Carrier, Neu, Ozonair, Quint et Flamant, Tunzini et Ventil ..... 45 V CONTROLE DES INSTALLATIONS - RÉGLAGE AUTOMATIQUE DE LA TEMPÉRATURE DES INSTALLATIONS DE CHAUFFAGE CENTRAL, par H. Arquembourg, Président d'Honneur de la Chambre Syndicale de Chauffage et de Ventilation de France ..... 57 VI LA MISE EN ŒUVRE DES INSTALLATIONS - L'AMÉNAGEMENT DES CHAUFFERIES, par C. Hérody ..... 62 - SOUTES ET MANUTENTION DES COMBUSTIBLES SOLIDES ..... 66 - CONDUITS DE FUMÉE, par M. Montariol ..... 67 - CAPTATION DES POUSSIÈRES ET DES FUMÉES ..... 71 VII RÉPERTOIRE DES APPAREILS - CHAUDIÈRES, p. 75 — BRULEURS À CHARBON, p. 79 — BRULEURS À HUILE LOURDE, p. 82 — CHAUDIÈRES À GAZ, p. 86 — APPAREILS ÉLECTRIQUES, p. 88 — RADIATEURS, p. 89 — CONVECTEURS, p. 90 — AÉROTHERMES, p. 90 — PETITS APPAREILS DE CONDITIONNEMENT, p. 91 — ASPIRATEURS, p. 92 — CAPTE-SUIES, p. 93 — APPAREILS DE RÉGULATION, p. 94. BIBLIOGRAPHIE INFORMATIONS - SEMAINE DE LA LUMIÈRE — CONGRÈS — CONCOURS — INFORMATIONS DIVERSES. MONOGRAPHIES Plusieurs études importantes nous sont parvenues trop tardivement et n'ont pu trouver place dans le présent cahier: - LE TRANSPORT DE LA CHALEUR À DISTANCE, par N. G. Debesson. - LA CONDUITE DES INSTALLATIONS DE CHAUFFAGE, par N. André Nessi. - L'ISOLEMENT CALORIFIQUE DES CONSTRUCTIONS, par N. André Nessi. - LES TUYAUTERIES DE CHAUFFAGE CENTRAL, par M. Doussse.
INTRODUCTION par MARCEL VERON Professeur à l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures et au Conservatoire National des Arts et Métiers, Ancien Maître de Conférences à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts, Président des Vème et VIème Congrès du Chauffage et de la Ventilation des Bâtiments Habités. --- Si l'on s'en réfère aux origines, l'habitat humain avait pour objet de soustraire ses occupants, d'une part aux bêtes féroces, d'autre part aux intempéries. Les bêtes féroces ont disparu, mais les intempéries sont restées et, en s'affinant, l'organisme de l'homme est devenu plus sensible à leurs atteintes. D'autre part, les besoins immédiats des animaux étant plus facilement satisfaits, l'esprit a pris du champ, et le corps de nouvelles exigences: le sens du beau et le goût du confort sont venus, puis se sont développés. En sorte qu'actuellement, on demande aux architectes d'édifier (au meilleur compte) des bâtiments offrant tout à la fois un aspect extérieur satisfaisant, une distribution intérieure commode, et l'ambiance la plus favorable à la santé des habitants. Cette dernière condition est liée à toutes les perceptions de nos sens: l'éclairage, par exemple, y joue son rôle. Mais elle est surtout gouvernée par le chauffage, la ventilation et le rafraîchissement, que l'on enveloppe souvent, maintenant, dans le néologisme, d'ailleurs peu élégant, de «conditionnement des locaux». Il est permis de dire que cette question d'ambiance l'emporte sur bien d'autres intéressant le bâtiment: un chauffage hygiénique et une bonne ventilation ont, sur l'état d'euphorie des occupants, plus d'influence que n'en sauraient avoir le fonctionnement plus ou moins parfait des ascenseurs, ou le fini de la menuiserie. Leur carence constitue l'une des sources les plus habituelles de conflits entre les propriétaires et les locataires. En outre, si le devis du chauffeur dépasse rarement 5 à 6 % du prix de construction, l'exploitation du chauffage coûte souvent 15 % et plus du montant des loyers. Enfin, le conditionnement de l'air est, après la résistance des matériaux, celle des techniques du bâtiment qui exige les calculs les plus précis et les plus consciencieux. On peut donc affirmer sans exagération que l'ingénieur de chauffage et de ventilation est l'un des tout premiers collaborateurs de l'architecte. De ce fait, il a droit à une audience attentive. Et «l'Architecture d'Aujourd'hui» fait œuvre utile en présentant au monde des architectes ce numéro spécial, consacré aux procédés les plus modernes du chauffage, de la ventilation et du conditionnement de l'air, et rédigé par quelques-uns des meilleurs spécialistes français. Cette initiative vient à son heure, au moment où les locataires accroissent leurs exigences de confort, où la régénération de la technique française du chauffage s'affirme dans les écrits et dans les œuvres, au moment aussi où les nouveaux modes de chauffage et de ventilation appellent une collaboration étroite entre les architectes et les ingénieurs de chauffage. On ne saurait nier que cette collaboration n'est pas toujours ce qu'elle devrait être. Bien convaincu qu'une courte et franche explication est préférable à un malentendu prolongé, examinons les griefs réciproques des deux parties. Non sans raison, les architectes reprochent à certains ingénieurs de chauffage de n'avoir cure des multiples nécessités étrangères à leur propre spécialité, de ne pas montrer toute la souplesse nécessaire concernant les passages des tuyauteries, l'emplacement des radiateurs, l'aspect des prises d'air, etc..., et, d'une façon générale, tout ce qui peut compromettre les lignes de l'ensemble. Ils leur reprochent aussi de n'avoir point assez souci du prix d'installation, à quoi s'intéressent avant tout les clients, dont ils sont les mandataires responsables. De leur côté, les ingénieurs de chauffage observent que les cahiers des charges, établis sans leur collaboration par les architectes, leur imposent des conditions qu'ils jugent souvent arbitraires; qu'un même texte est appliqué dans des cas très différents; et qu'inversement, à des cas identiques sont appliquées des conditions de température, d'épreuve, de réception, etc..., souvent divergentes et parfois contradictoires. Les ingénieurs de chauffage estiment que les architectes ne pensent au chauffage que trop tard, et ne laissent au chauffeur, pour la chaufferie, les gaines, les tuyauteries, le vase d'expansion, que les emplacements incommodes ou impropres, qui n'ont pu recevoir aucune autre affectation.
Ils déplorent encore que les compétitions entre installateurs se terminent généralement par le choix pur et simple du projet le moins cher, tempéré quelquefois par la considération d'une assez illusoire garantie de consommation: critères qui sont de nature à favoriser les installateurs les moins conscientieux, ou ceux dont les calculs, peu serrés, laissent place à d'importantes erreurs par défaut. De plus, ce mode d'élimination a le défaut de tenir pour non avenus les dispositifs ingénieux qui ont pu être prévus pour réduire la charge annuelle d'exploitation, sans grever le prix d'installation; pis encore, il les condamne automatiquement s'ils entraînent une majoration, même raisonnablement, même vite amortie, du devis. Les hommes de l'art désireraient aussi voir les architectes, luttant contre une dilection bien française, s'intéresser moins facilement aux dernières nouveautés importées, et opposer un esprit critique plus averti aux audacieuses affirmations de ceux dont le rôle est de les leur présenter sous un jour avantageux. Enfin et pour tout dire, les ingénieurs regrettent que les architectes, maîtres de l'œuvre, les considèrent trop souvent non comme des collaborateurs, mais comme des agents spécialisés. Une personnalité particulièrement autorisée écrivait, en 1909: «...Cette heure viendra quand nous ne serons plus considérés comme des entrepreneurs, mais comme des ingénieurs, «quand nous serons les collaborateurs des architectes, et «non plus des sous-ordres. Lorsqu'on installe un ascenseur, «un monte-charges, c'est le constructeur de la machine qui «spécifie lui-même qu'elle sera placée à tel endroit plutôt «qu'à tel autre, qu'elle aura tel encombrement, qu'elle commandra la transmission de telle manière: on l'écoute, parce «qu'il est l'ingénieur, et que sa profession est reconnue comme telle; l'architecte lui-même s'incline devant ses exigences. Nous voulons, nous, une place équivalente...» Ces lignes n'ont peut-être pas perdu toute leur actualité. On conçoit qu'il y ait là de quoi donner quelque amertume à des hommes conscients de leur valeur professionnelle, et dont certains sont de véritables savants. Bien qu'assez longue, l'énumération de ces griefs n'est en rien tragique, et une parfaite collaboration peut s'établir entre les deux professions. Elle existe d'ailleurs déjà, fort heureusement, dans de nombreux cas particuliers. Il importe plus que jamais, répétons-le, qu'elle devienne générale, au moment où la ventilation fait à nouveau son apparition, notamment sous la forme améliorée du conditionnement de l'air. On sait que la ventilation des locaux était autrefois automatiquement assurée par le chauffage à air chaud, et qu'elle disparut en même temps que lui, vers le début du siècle, quand les procédés de chauffage central par la vapeur et par l'eau chaude prirent définitivement l'avantage. Depuis lors, les architectes se sont souvent montrés défavorables à la ventilation, condamnée par eux sans appel, sous le qualificatif exécutoire de «courants d'air». En sorte qu'actuellement, dans la plupart des locaux chauffés par radiateurs, les occupants respirent pendant des heures l'air qu'ils ont exhalé déjà un grand nombre de fois, ce qui est tout à fait contraire à une bonne hygiène. Il importe que les architectes accordent leur agrément et leur puissante protection à la ventilation centrale régénérée et complétée, que les ingénieurs de chauffage sont à même, maintenant, de mettre à leur disposition. Outre un choix délicat des bases de départ, visant les cubes, les températures, les degrés hygrométriques, etc..., ceci pose à nouveau le problème des prises d'air, de la filtration, du passage des gaines, etc..., qui ne peut être résolu, sans dommage pour l'harmonie de l'ensemble, que par une étroite entente entre l'architecte et l'ingénieur de chauffage, et cette entente doit se faire avant que ne commencent les travaux. D'autre part, le système de construction, général aujourd'hui dans les villes, comportant une ossature en fer ou en béton complétée par un remplissage en matériaux peu épais, donc peu isolants, conduira de plus en plus à développer l'emploi de dispositifs athermanes (et insonores). Là encore, la compétence du chauffeur peut être précieuse à l'architecte. Plus nécessaire encore est cette entente, quand le système de chauffage s'incorpore au gros œuvre, comme c'est le fait pour les panneaux «rayonnants» noyés. Au reste, l'expérience a déjà montré que, même dans des cas plus simples, les échanges de vues préliminaires, et l'examen contradictoire des plans, permettent souvent à l'ingénieur de suggérer à l'architecte d'heureuses modifications. On aurait tort de croire que, de leur côté, les ingénieurs n'ont rien à apprendre des architectes. Il s'en faut de beaucoup, car les techniques de chauffage, de la ventilation et du conditionnement ne sont pas encore cristallisées. Les architectes peuvent et doivent aider les ingénieurs, tant en inspirant leurs efforts dans un sens architectural heureux, qu'en leur communiquant l'expérience personnelle que leur a conférée l'exploitation journalière comparée de différents dispositifs. N'y a-t-il d'ailleurs pas quelque secrète affinité entre la préoccupation qu'a l'ingénieur de réaliser l'ambiance la plus favorable à l'organisme humain, avec le souci (forme moderne de l'antique recherche du «nombre d'or») qu'a l'artiste d'adapter les proportions et la décoration à l'état d'âme des occupants? A cette collaboration des architectes et des ingénieurs, il conviendrait d'associer encore une troisième classe d'intellectuels: les médecins. Déjà, les ingénieurs de chauffage ont su tirer des derniers travaux des biologistes, tels que ceux de M. J. Lefebvre, certaines bases rationnelles du conditionnement des locaux. Des échanges de vues directs seraient encore plus profitables. Nous y penserons pour le prochain Congrès du Chauffage et de la Ventilation. Les techniciens de chauffage souhaitent ardemment la collaboration, toutes les collaborations. On aurait tort, du moins actuellement, de croire qu'ils sont jaloux des secrets de leur profession. Au contraire, les plus sérieux d'entre eux désirent ardemment documenter les architectes éclairés, car ils ont conscience de faciliter ainsi la compréhension mutuelle, et (point de vue plus pragmatique), de se créer des garanties pour le jugement équitable des projets. La littérature technique qu'ils alimentent s'est d'ailleurs considérablement développée en France, au cours de ces dernières années. Il est vrai qu'une importante fraction de ces mémoires n'est accessible qu'aux spécialistes. Or, on ne saurait demander à ces chefs d'orchestre que sont les architectes, qu'ils sachent exécuter eux-mêmes toutes les partitions du concert. Mais il semble nécessaire qu'en collaboration avec chacun des exécutants, ils en aient décrypté les difficultés et les nuances. L'esprit très ouvert qu'on leur connaît, que j'ai moi-même pressenti chez les jeunes élèves architectes de l'Ecole des Beaux-Arts, et qu'ils ont bien prouvé en fournissant de puissants novateurs à tant de branches de la technique et de la science, doit leur rendre cette adaptation facile. La lecture aisée d'ouvrages aussi bien présentés que celui-ci est de nature à les y aider. Saluons donc la présente publication comme un présage de l'entente parfaite qui doit bientôt régner entre l'architecte et l'un de ses plus importants collaborateurs: l'ingénieur de chauffage! Marcel VÉRON.
L'AVANT-PROJET par Henri LORMANT Ingénieur-Conseil A. et M. Président de l'Association des Ingénieurs de Chauffage et Ventilation de France Nous tenons, dès le début, à prévenir les lecteurs qu'ils éprouveront une déception s'ils comptent trouver dans cet article des formules empiriques ou des recettes passe-partout leur permettant d'établir, pour tous les cas, un avant-projet de chauffage central. Il faut bien se persuader qu'il n'y a pas, et qu'il ne saurait y avoir, de solution générale en cette matière: vouloir poser des règles universelles, ou rédiger un cahier des charges unique, est une erreur qui met dans l'embarras, à la fois, le projeteur et ceux qui doivent apprécier la valeur de son travail. S'il est bien certain qu'il y a impossibilité à poser des principes généraux pour le chauffage central, il y a cependant des règles impératives de sécurité et d'exécution qu'il faut observer. Nous ne donnerons donc, dans cet exposé, que des avis qui permettront de mieux exprimer les prévisions d'une installation et d'en déterminer les principaux éléments. Le sujet est d'ailleurs étendu et ne saurait être traité en entier dans ces quelques pages. Quelle doit être l'attitude de l'architecte qui, posant les premières bases d'un projet de construction, aborde la question du chauffage ? Lorsqu'il s'agit, au début, de dresser seulement le « plan financier », il peut suffire d'agir par comparaison avec d'autres exemples, mais cela suppose une longue expérience et une grande attention afin de discerner et évaluer d'assez près les différences dans la construction même, son utilisation et d'autres détails particuliers. Il est bien imprudent d'estimer le prix d'une installation en considérant seulement le nombre des radiateurs ou le cube des locaux chauffés; c'est pourtant une pratique assez en usage, mais c'est aussi la source de nombreuses erreurs et de difficultés sérieuses; tous ceux qui ont à participer à ces travaux doivent s'élever contre de telles fantaisies. Par la suite, lorsque la construction est décidée, tous les éléments de l'installation de chauffage doivent être définis. Avant d'entreprendre les calculs, il importe de fixer, d'une manière précise, tous les détails du programme à réaliser et d'énoncer exactement et complètement le problème; c'est le seul moyen de s'assurer des résultats conformes aux nécessités: on peut poser en axiome qu'une demande bien exprimée conduit à une offre sérieuse. Il faut reconnaître que souvent il n'en est pas ainsi et cela par la faute du rédacteur des clauses du cahier des charges, alors que c'est de lui que doivent venir les directives. La première indication à fournir concerne les températures à obtenir. Il est préférable d'adopter une température unique pour des pièces pouvant être fréquemment en communication, afin d'éviter l'impression désagréable que ressentiraient, dans le cas contraire, les occupants en passant de l'une à l'autre. De plus, l'influence des pièces les moins chauffées sur les voisines est souvent la cause de réclamations difficiles à discuter. Les conditions extérieures doivent être choisies avec modération; en les prenant inférieures au minimum habituellement constaté dans la région intéressée, cela conduirait à des installations disproportionnées et entraînerait à des consommations exagérées et quelquefois aussi à des incidents plus graves. Pour décider du système de chauffage à adopter, il faut examiner les avantages et inconvénients que peut présenter l'usage de chacun des divers fluides pouvant permettre le transport de la chaleur (l'eau, la vapeur, l'air) ou leur emploi simultané. On ne peut formuler de règle absolue, car ce sont toujours des cas d'espèce, mais il est possible de dire que l'eau chaude est plus particulièrement indiquée pour les chauffages continus: appartements, hôpitaux, etc., alors que la vapeur doit être préconisée pour des locaux de très grandes dimensions, à occupation intermittente, ou encore lorsque l'on doit obtenir une mise en régime rapide, ou enfin s'il y a des risques de gel. L'air chaud s'utilise, en général, lorsqu'il faut assurer une ventilation particulière. Dans les installations par eau chaude comportant un grand développement horizontal, la circulation est activée par pompe, mais cette prévision n'est à faire qu'en cas de nécessité réelle. Sans pouvoir donner de précisions exactes — les calculs seuls peuvent en répondre — il est assez rare que l'emploi de moyens mécaniques soit utile, lorsque l'étendue horizontale du circuit aller et retour est inférieure à 200 m. Pour le chauffage de locaux importants et élevés, on est amené à utiliser des appareils dits «aérothermes», assurant une répartition convenable de l'air chauffé au travers de surfaces alimentées par la vapeur, il faut toutefois que ces dispositifs soient combinés et situés de façon à ne causer aucune gêne aux occupants et à ne pas créer de courants d'air trop sensibles. On peut citer enfin que la vapeur peut être employée à pressions «sous-atmosphériques» et permettre ainsi la solution intéressante de certains problèmes. A la suite de ces premières décisions, il est obligatoire de procéder à ce que l'on peut appeler le «travail quantitatif», en déterminant d'abord les besoins calorifiques. Ce résultat ne peut pas être trouvé en se basant seulement sur le volume chauffé, comme cela se fait fréquemment. L'expérience prouve que, même pour des constructions qui paraissent comparables, les calories à fournir par rapport au cube varient très sensiblement. L'examen de nombreux exemples montre que ce quotient descend parfois à 12 calories pour s'élever dans d'autres cas à 60 calories; pour des immeubles de rapport, il oscille entre 20 à 40 calories. On doit donc calculer les «déperditions». C'est un travail sans doute un peu fastidieux, mais il réclame de la part de son auteur beaucoup de soins, puisque toute la suite du projet en dépend. Là encore, l'exagération doit être évitée; l'application de majorations arbitraires conduit à des totaux en disproportion trop sensible avec les besoins. La disposition des surfaces radiantes a une grande influence sur la répartition de la température et on doit porter ses soins à ces détails, et fixer par avance le nombre et les emplacements des radiateurs. En possession du nombre de calories à fournir dans chaque pièce, on peut déterminer l'importance de ces appareils en comptant au moins pour l'avant-projet, par mètre carré, 400 à 450 calories pour des radiateurs alimentés en eau chaude, 700 à 750 calories s'ils sont alimentés en vapeur. Il est utile toutefois, de vérifier si l'on ne se trouve pas en présence d'un cas particulier, par exemple un trop long parcours de tuyauteries, occasionnant une forte chute de température, ou une ambiance à température trop différente de celle habituellement admise. A signaler enfin que les tubes traversant des pièces chauffées apportent dans celles-ci une quantité de chaleur qui ne doit pas être négligée et qui permet de réduire, dans une certaine mesure, l'importance des appareils,
Les surfaces radiantes doivent être installées de préférence contre les parois du local les plus refroidies. En les éloignant de celles-ci, il se crée près du sol, des courants froids et la température vers les parois extérieures est sensiblement plus basse que celle des autres parties du local. Les grandes pièces doivent comporter un nombre de radiateurs tenant compte, non seulement des besoins calorifiques, mais encore de l'étendue de la surface à chauffer en remarquant que le rayon d'action d'un appareil à eau chaude est d'environ 6 à 8 mètres et pour un appareil à vapeur de 8 à 10 mètres au maximum. Si les radiateurs sont à prévoir sous enveloppes décoratives, cela doit être signalé en précisant même la forme de celle-ci et les parties ajourées qu'elles comprendront, ce détail a une grosse importance pour les prévisions. La situation en allège — qui apparaît la plus rationnelle — a parfois des inconvénients, au moins lorsque les fenêtres sont munies de longs rideaux qui enferment le radiateur entre eux et la paroi. Pour ne rien laisser au hasard, il faut ajouter aux indications qui précèdent le tracé des tuyauteries de distribution. Il importe à tous points de vue de rechercher les parcours les plus simples et cette condition est généralement réalisée en adoptant chaque fois que cela est possible, la distribution par le bas que l'on entend appeler «en poussée» ou «en chandelles», expressions peu techniques, et bien fantaisistes. On ne doit pas laisser dire que la distribution par le haut que l'on dénomme «en parapluie», pour ne pas être en reste avec les termes précédents, soit susceptible d'assurer un fonctionnement plus certain que les autres formes de circuit. Cette conception est généralement la plus onéreuse et il ne faut y recourir que dans les cas où certaines dispositions locales y obligent. Le calcul des canalisations est très délicat et ne souffre aucun empirisme lors de l'exécution, mais il peut se faire par approximation pour l'avant-projet sans qu'il en résulte d'écart trop sensible dans les autres détails, ni dans le prix de l'installation. Il est cependant préférable de rechercher d'assez près les diamètres des gros tubes pour juger les possibilités de passage et de pose. Des abaques ou des tableaux nombreux ont été établis et préparés pour permettre le choix de ces tubes, mais il faut bien insister qu'il n'y a aucune confiance à donner à ces indications qui ne doivent être acceptées qu'à titre tout à fait provisoire et sous réserve de vérification et de modification sérieuse au moment de l'étude définitive. La charterie est une partie importante de l'installation, mais nous n'en dirons que quelques mots puisqu'elle doit être traitée par ailleurs. Son emplacement doit être prévu aussi central que possible mais il ne faut pas hésiter à faire des concessions à cette indication en faveur d'un local plus spacieux, d'accès plus facile et permettant une aération efficace. Il ne faut pas oublier que les tuyauteries interviennent dans le total des calories à fournir par les chaudières et cela dans une proportion appréciable, mais très variable. Une vérification faite sur un grand nombre de projets a permis de constater que le pourcentage pouvait varier de $5\%$ à $52\%$ . On voit combien il est faux de prendre à ce sujet un taux uniforme. Au surplus, il est assez facile de mesurer la longueur des tubes à placer et de déterminer les pertes calorifiques qu'ils occasionneront et pour l'avant-projet on pourra adopter par mètre linéaire un chiffre moyen, par exemple 70 calories pour l'eau chaude tant à l'aller qu'au retour et 120 calories environ pour les tubes vapeur seulement; pour les tronçons calorifugés ces chiffres devront être réduits de $75\%$ environ. Les conduits de fumée sont à situer aussi près que possible des chaudières pour réduire la longueur des carreaux horizontaux. Autant que possible, il faut prévoir une cheminée par foyer ou en tous cas ne brancher sur une même cheminée que des appareils appelés à fonctionner simultanément. Pour déterminer approximativement la section des conduits de fumée, on pourra utiliser la formule suivante: $$ \text{Section en dm}^2 = \frac{0.00027 \times \text{calories}}{\sqrt{\text{hauteur en m.}}} $$ mais toujours sous réserve de corriger les résultats s'il y a lieu au moment de l'exécution. Enfin toutes les indications qui précèdent doivent être complétées par les conditions techniques du fonctionnement si l'on veut que les prévisions répondent bien aux buts cherchés. Dans cet ordre d'idées la température ou la pression au départ des chaudières est à fixer à une valeur suffisamment élevée pour laisser une latitude assez grande facilitant le réglage central. Cette condition est rarement observée et cependant c'est — contrairement à ce que beaucoup pensent — la solution la plus économique puisqu'il devient possible ainsi de mieux proportionner l'intensité de la combustion aux besoins réels. Pratiquement on peut admettre $85^\circ$ au départ des chaudières à eau chaude, 100 à 150 grammes pour les chaudières à vapeur autant que les dispositions locales le permettent. L'écart de circulation est aussi à indiquer en adoptant $20^\circ$ de différence de température entre aller et retour pour les chauffages à eau chaude par thermosiphon; $25^\circ$ pour les installations de ce genre lorsque leur développement horizontal est important; 10 à $15^\circ$ lorsqu'il est fait usage d'un moyen mécanique pour activer la circulation. Pour les installations vapeur on peut demander que la perte de charge aux piquages des radiateurs sur des parties communes ne dépasse pas la moitié de la pression de régime maximum prévue. Il est utile encore d'imposer l'égalité pour chaque appareil des charges et pertes de charge l'intéressant. Cette dernière stipulation aura pour effet de réduire ou même d'annuler les opérations de réglage qui constituent des artifices sans aucune valeur technique et ne peuvent assurer des résultats réguliers et cela indépendamment des ennuis qui résultent fréquemment d'un déréglage opéré par les occupants. Si toutes prévisions utiles sont faites, les frais d'exploitation se trouveront réduits à leur minimum pratique et c'est la seule garantie que l'on puisse espérer en ce qui concerne la consommation de combustible. Cette quantité en effet ne saurait être définie par avance et on ne peut envisager seulement que le rendement des chaudières, c'est-à-dire la quantité de calories fournies par kgr. de charbon brûlant dans celles-ci et qui est le plus souvent égal à $0,65\%$ de la puissance calorifique de ce combustible. *** Cet exposé n'a pas la prétention d'exprimer des idées nouvelles, ni surtout d'être complet à beaucoup près, car chacune de ses parties mériterait un long développement. Il a voulu seulement mettre en relief des points dont il faut tenir compte avant d'arrêter les termes d'un cahier des charges et de procéder à une étude d'exécution. Des fautes nombreuses se commettent encore à l'occasion des installations de chauffage. Il est singulier d'entendre dire par exemple que des raccords à grandes courbures doivent être obligatoirement utilisés alors que si les calculs de résistance sont faits avec le soin nécessaire, l'emploi des raccords d'équerre se fait sans créer aucun ennui et au contraire en assurant de meilleures purges et en laissant au circuit un meilleur aspect. On ne comprend pas non plus pourquoi on proscrit les diamètres des tubes au-dessous de 15 mm. inférieur, ce qui oblige parfois à recourir à des expédients fort regrettables pour compenser l'excès ainsi obligé. Il se dit aussi sans raison que dans des immeubles élevés les radiateurs du rez-de-chaussée doivent comporter un circuit de retour particulier, ce qui est absolument erroné. Bien d'autres réflexions de ce genre sont encore faites laissant ainsi planer sur notre industrie des doutes immérités. Il faut bien se persuader que la science du chauffage repose sur des lois exactes et connues; tous ceux qui ont à participer aux installations doivent les appliquer et si, nous le répétons, la demande est exactement et complètement exprimée, il est possible d'exiger des résultats entièrement satisfaisants. H. LORMANT,

Cette revue mensuelle, numéro 5 de sa 5e année, traite du chauffage et de la ventilation dans les bâtiments. Elle aborde la production, le transport et l'utilisation de la chaleur, ainsi que le conditionnement des locaux et le contrôle des installations. Le numéro inclut également un répertoire d'appareils et des cahiers techniques.