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SOMMAIRE du numéro de “L’Architecte” d’Août 1932 --- Cent ans d’urbanisme nord-africain (à suivre) … … … … … … FERNAND BENOIT. Gare de Versailles-Chantiers (1932) … … … … … ARCHITECTE : ANDRÉ VENTRE. Magasin des Trois-Quartiers, à Paris (1932) … … … ARCHITECTE : LOUIS FAURE-DUJARRIC. Immeuble de rapport, à Neuilly-sur-Seine (1932) … ARCHITECTE : ADRIENNE GORSKA. --- Correspondants : Allemagne : Adolf Goetz, Eppendorferstieg, 6, Hambourg-36. - Autriche : D’ERMERS, Billrothstrasse 39, Vienne xix. Agence générale pour la Belgique : Librairie A.-L. DE MEULENERE, 21, rue du Chêne, Bruxelles. Tous les droits sur les articles et les reproductions sont réservés pour tous pays. FRANCE … Le numéro 12 fes. — L’abonnement (12 numéros) … 120 fes ETRANGER … 1°. Pays ayant adhéré à la convention de Stockholm (tarif postal abaissé) le numéro 14 fes. 140 fes L’abonnement (12 numéros) 2°. Autres pays: Angleterre et ses Colonies et Dominions (Canada excepté), Danemark, Dantzig, Etats-Unis, Colonies hollandaises, Italie et Erythrée, Norvège, Palestine, Suede, le numéro 16 fes. L’abonnement (12 numéros) … 160 fes France 150 fes. — Etranger. 165 fes L’année parue (nouvelle série, 1924, 1925, 1926, 1927, 1928) … 12 fes. — 15 fes Portefeuille destiné à contenir une année … --- ÉDITIONS ALBERT LÉVY, 2, RUE DE L’ÉCHELLE, PARIS (1er). LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS Chèques postaux: Paris 6690 — R. C. Seine 64.696 — Adresse télégraphique: Edalvyde-Paris — Téléphone: Louvre 33-87. --- USINES ALSACIENNES d’ÉMULSIONS Pour les TOITURES-TERRASSES Toitures inclinées en béton armé — Ouvrages d’art Sous-sols et caves en terrain inondable, etc. La chape étanche en asphalte souple “MAMMOUTH” DEMANDEZ NOS RÉFÉRENCES PARIS STRASBOURG LILLE TOULOUSE 25, rue Tronchet 15, rue de l’Arc-en-Ciel 60, rue de Paris 9, rue St-Antoine-du-T Central 179-82 Louvre 63-29 Tel.: 22-95. Tel.: 41-22 Tel.: 28-01 (ÉGISTRE DU COMMERCE : STRASBOURG, VOL. X. N° 104.) LA MOSQUÉE DE PARIS Toitures-Terrasses en “Mammouth” --- TELEPHONE LES ÉTABLISSEMENTS AOR TELEFOR ALTEUIL 60-91 SEFLAM BILLANCOURT GENTIL ET BOUDET SOCIÉTÉ ANONYME AU CAPITAL DE 2460000 | SIÈGE SOCIAL 169 RUE DU VIEUX-PONT-DE-SEVRES BILLANCOURT GRIS FLAMMES ET MOSAIQUES AGENCE SPÉCIALE DE DESSINATEURS POUR L’EXÉCUTION DE TOUS AVANT-PROJETS POUR L’ADAPTATION DE NOS GRÈS • 10 GRANDS PRIX • MEMBRE DU JURY AUX EXPOSITIONS LAUREATS DE LA SOCIÉTÉ CENTRALE DES ARCHITECTES : FONDATION PAUL SEDILLÉ --- Nous tenons à la disposition de nos lecteurs un PORTEFEUILLE destiné à contenir les Années 1930 et 1931 de l’Architecte contre 12 francs (port en sus pour l’étranger : 3 frs). Ch. P. 6690, Paris. R. C. Seine 64.696.

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CENT ANS D'URBANISME NORD-AFRICAIN (Suite) L'attache de la ville nouvelle à la médina et au port, paraît être le point de départ naturel de toutes les villes françaises d'Afrique. A Alger, la place Royale, future Place du Gouvernement, et les premières rues de la ville française conduisant à la Porte de la Marine, à Bab Azoun et à Bab el Oued, occuperont l'emplacement de boutiques juives qui avoisinaient la petite place turque de la Djennina et les artères commerçantes des souks juifs et mauresques déjà ouverts aux négociants étrangers. Ce fut ce quartier, au reste, qui, avant même que l'on songeât à édifier une nouvelle ville, vendit ses terrains aux trafiquants venus à la suite de l'armée. On observe le même phénomène à Sfax, à Sousse, à Tunis, où la ville nouvelle respecta mieux l'ancienne et lui fut accolée; mais aussi dans les villes de la zone espagnole du Maroc, comme Larache ou Tétouan, et dans le Maroc français, à Rabat, à Fez, à Meknès, où l'attache de la ville commerciale, préexistante au Protecto-rat ou développée à ses débuts, s'affirmait comme le point de départ naturel de la colonie française. Mais, dans ce dernier pays, nous le verrons, des conceptions d'urbanisme différentes isolèrent radicalement la ville nouvelle de son attache, qui constituera le noyau de la ville dans les deux seules portes d'entrée du Maroc, ce que l'on pourrait appeler ses ports, Casablanca et Oudjda. Les conceptions qui présideront à l'urbanisme marocain ne pouvaient donc prévaloir dans l'Alger de 1830. L'on traita de chimérique un projet dont M. Lespès nous a révélé l'existence dans sa remarquable histoire d'Alger, qui ne consistait à rien de moins qu'à « construire à côté d'Alger une ville nouvelle pour conserver à celle-ci son caractère natif et satisfaire par l'autre aux habitudes européennes ». Cette ville nouvelle se serait élevée sur la colline de Mustapha. Les urbanistes d'alors condamnèrent le projet parce que les deux villes n'auraient pu subsister, disaient-ils, sans que l'une étouffât et détruisit sa voisine... Ayant trouvé son centre auprès du port, comment Alger allait-elle se développer et selon quel mode? En aucune ville l'urbanisme ne fut livré à plus d'incertitudes. Durant la Fig. 146. — L'Urbanisme nord-africain : Palais de Justice de Rabat (Maroc). — Architecte : Laforgue. L'ARCHITECTE - AOÛT 1932

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première phase de son agrandissement, sous Louis-Philippe et Napoléon III, le problème fut résolu normalement par l'adaptation de la cité basse à la ville française, entre les portes des remparts. Mais il se compliqua du jour où la ville fit éclater l'enceinte turque : elle se heurta aux conditions géographiques qui allaient endiguer l'expansion citadine dans un étroit boyau sinuex et accidenté entre la montagne et la mer; dès lors la ville fut condamnée à chercher des centres toujours plus lointains. La Place Royale, première place française d'Afrique, dominée par l'ancienne Djenina, aujourd'hui disparue, s'éleva sur des substructions voutées destinées à donner le niveau de la nouvelle ville ; elle surplombe la Mosquée de la Pêcherie, à la silhouette turque, qui est enfoncée au ras du port primitif. C'est une place à arcades, à laquelle aboutissent les rues de l'Alger turque, élargies et reconstruites selon une ordonnance uniforme d'architecture : rue de la Lyre, rue Bab el Oued, rue de la Marine, rue Bab Azoun, conduisant aux portes de l'enceinte, et Boulevard du Front de mer, autrefois rue du Rempart, puis Boulevard de l'Impératrice, aujourd'hui Boulevard de la République, les artères de l'Alger primitif. Et certes cette Alger de Louis-Philippe et de Napoléon III a grande figure, malgré tous les défauts de ses maisons maladroitement bâties en torchis et en moellons. Elle donne l'impression de l'unité et de l'ensemble ; quand on vient du large, le boulevard en corniche, commencé en 1860 et prolongé vers le sud selon la même ordonnance avec ses assises grandioses conçues par Frédéric Chassériau, architecte de la ville, détache de la rade cette extraordinaire ville à étagements, où les maisons de la Casbah se marient avec celles de la ville française, et semble leur composer un socle de pierre dure. Une telle discipline dans l'urbanisme et l'esthétique des édifices, qui allait disparaître au cours de la deuxième phase de son développement, avait été rendu possible par l'unité des conceptions qui présidèrent aux destinées de la ville. Si l'on peut regretter que le projet de l'architecte de la Municipalité, Luvini, ait été écarté parce qu'il présentait « un luxe inconvenant de décoration à colonnes... luxe nullement motivé, ajoutait la Direction du Génie, dans la pauvre ville d'Alger, où il y a presque honte à afficher trop de magnificence », ce fut néanmoins le Génie militaire qui imagina la servitude des rues à arcades avec façades uniformes, et, dès 1832, on imposait le type aux architectes. Ainsi, était transporté en Afrique le type de la rue de Rivoli, qui était la grande artère du nouveau Paris, avec toute la sobriété un peu pauvre et austère de règle dans l'architecture militaire. Cette conception paraît avoir été fort appréciée contre le « soleil dévorant de l'Afrique », qui rendait inhabitable, disaient les Algérois, toute boutique exposée à ses rayons. Aussi la voyons-nous déborder Alger et donner son cachet à certaines rues de Bône, de Sétif ou de Philippeville, avant d'être étendue aux constructions militaires du Sud Algérien. Les balcons et toutes fioritures extérieures étaient banlies des façades, mais le Génie, malgré sa passion de l'uniforme, ne dédaignait pas parfois de sacrifier aux préoccupations esthétiques : il installait en 1837, rue de la Marine, en guise de portiques le long de la grande Mosquée, l'arcature de marbre qui provenait de la mosquée Es-Saïdia, condamnée à disparaître, dont le style italienisant — cinquante ans plus tard on l'eût fait hispano-mauresque — s'accorde si bien avec l'art de l'Alger turque et de l'Alger française. Il faut se représenter ce qu'eut été dans la folie des constructions hâtives, une Alger livrée à la fantaisie esthétique des bâtisseurs de 1840. L'impression de ville française qui s'en dégage ne manqua pas de frapper les contemporains. N'est-ce point elle que le peintre F. Barry voulut exprimer dans son tableau si vivant de la Place du Gouvernement, aujourd'hui au Musée des Beaux-Arts d'Alger, le jour de l'inauguration de la statue équestre du due d'Orléans, fils ainé de Louis-Phi-

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lippe, le 28 Octobre 1845? De la Place, rien n'a changé. C'est celle que vit, en cette même année Théophile Gautier, et qu'il décrivit avec irritation, croyant revoir Constantinople et le Caire et ne trouvant que Marseille ou Paris : « Maudites arcades, s'écrie-t-il, on retrouvera donc partout vos courbes disgracieuses et vos piliers sans proportions!... Maisons à l'européenne qui ont la prétention, hélas! trop bien fondée de rappeler l'architecture de la rue de Rivoli... maisons françaises à toits de tuiles et à contre-vents verts! » Bien rares furent les voyageurs qui, tout en déplorant les démolitions de la vieille Alger turque, consentent à regarder les « magnifiques hôtels élevés sur les ruines des chétives maisons en plâtre ». Certains cependant comparent aux plus belles rues des villes d'Europe les rues Bab Azoun ou Bab el Oued et la rue de Chartres, pour leur largeur, leurs arcades et leurs hautes maisons, — d'une hauteur exagérée, s'accorde-t-on à dire, dans un pays sujet aux tremblements de terre. Sans doute une telle conception de l'architecture, à une époque où la mode était à la couleur locale et où nos peintres découvraient l'Orient à Tanger et à Alger, tient-elle au fait que l'armée d'Afrique n'avait qu'une connaissance imparfaite du Romanisme... La nouvelle ville d'Alger s'agrandit rapidement. En 1839, 319 arcades étaient déjà construites et les rues nouvelles comptaient 218 maisons. Le nombre des Européens dépassait à cette date 15.000 habitants, à l'étroit autour de la Place Royale, où l'on s'obstinait à vouloir rassembler toute l'activité publique. Un nouveau centre ne tarda pas à se créer, la place Bresson, aujourd'hui square de la République, sur l'emplacement de l'ancienne Bab Azoun, célèbre par le souvenir du siège de Charles Quint. En 1853 y fut inauguré le Théâtre de l'Opéra, ainsi que l'avaient prévu les plans de Frédéric Chassériau et de Ponsard. Mais la ville d'Alger avait déjà lancé au dehors des anciens remparts, des faubourgs peuplés, au sud, faubourgs de l'Isly et, au nord-ouest, faubourg de Bab el Oued. Dès L'origine on avait même réservé, dans ces deux directions, de grands espaces qui furent transformés en jardins. Ainsi, le Jardin d'Essai du Hamma, à cinq kilomètres de la Place Royale, créé en 1832 dans un terrain autrefois marécageux, prit un essor magnifique dix ans après sous la direction d'un agent du Muséum d'Histoire Naturelle. Heureuse prévision qui permit de situer dans un cadre somptueux un des plus beaux monuments d'Alger, qui marquera la date de son Centenaire, le Musée des Beaux-Arts, dont nous parlerons par la suite. Au nord-ouest, se dessinait également, sur la pente abrupte d'une colline, un jardin qui doit son nom au Colonel Marengo (1833) et qui forme aujourd'hui un agréable lieu de promenade entre le faubourg Bab el Oued et le nouveau quartier du Lycée et de la Zaouia Sidi Abd-er-Rahmane. Les autres villes d'Afrique obéirent aux mêmes conceptions : Bône, accolée à sa darse, que le cours Bertagna aux portiques toujours animés sépare de la médina ; Bougie, escaladant les hauteurs de la Casbah ; Constantine enfin, coupée en deux par la rue Nationale qui joint le pont du Rummel à la Place de la Brèche, ou Nemours, (en mémoire de l'assaut du 13 Octobre 1837) dont la coupure fut si brutale qu'elle obligea à se donner une façade neuve la grande mosquée mutilée par l'alignement. Mais peut-être est-ce à Oran, dans l'Oran de la conquête, autour de la Place Kléber, que l'on découvre le plus dévotement une vieille ville de province. La ville de Louis-Philippe et de Napoléon III s'étend au sud du vieux port, entre la mer et le ravin où coulait l'Oued Rehhi, aujourd'hui souterrain. Vieux quartier aux places ombragées, et aux maisons à la française qui voisinent avec les hôtels espagnols du xvm^e siècle et que domine encore la silhouette du Château de la Kasbah et du Château Neuf. Ce fut seulement après 1870, que se fit, à Alger, la soudure entre le quartier de

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l'Isly et la Place Bresson. Dès lors, la ville s'étendit rapidement vers le sud, étranglée entre les collines qui la dominent à l'ouest et le Boulevard de Bord de Mer prolongé jusqu'à hauteur du Square Laferrière. Ses centres successifs, auxquels correspond l'agrandissement progressif de son port, sont désormais les rues commerçantes Dumont d'Urville et d'Isly, aboutissant à la Place d'Isly, et à la coupure transversale du Boulevard Laferrière, puis la rue Michelet qui gravit par une pente sinuouse la colline de Mustapha supérieur. La nouvelle Alger fut conquise sur la montagne. Sa construction demanda des travaux de nivellement considérables qui lui donnent une physionomie des plus curieuses. C'est le type de la ville en terrasse; elle aurait mauvais gré d'aller à l'encontre de son caractère géographique. Aussi est-il permis de prévoir le jour où, escaladant par des paliers gigantesques les hauteurs de la Bouzaréa, de Fort-Lempereur, d'El Biar et de Mustapha supérieur, les quartiers neufs d'Alger, formant une corniche continue sur la mer, jouiront du panorama splendide de sa baie. Comme Alger, les autres villes européennes ont évolué au hasard de la géographie et reporté leurs quartiers neufs loin des quartiers commerçants de la Médina, là où existaient des terrains susceptibles de recevoir une ville. Si le centre de Constantine est toujours la Place Nemours, que bordent Palais de Justice, Théâtre, Poste et Cafés, la ville moderne déborde vers l'ouest, au delà d'un jardin public sur les hauteurs arasées du Couliat Aty, et à l'est, autour de la gare, au delà des gorges du Rummel. Oran, se développant vers l'est au rythme des nouveaux bassins de son port, a gravi les hauteurs des jardins et du Château Neuf pour se donner un nouveau centre à la Place d'Armes et, de là, s'étendre vers la Porte d'Arzeu et Montplaisant, banlieue d'Oran, d'où l'on découvre la ligne grandiose du golfe. Malheureusement, la discipline esthétique qui avait présidé à la construction de l'Alger 1830 fut abandonnée lorsque s'édiria la ville moderne, au delà de l'enceinte de la ville turque. La nouvelle Alger est disparate. Les rues à arcades ont disparu, sauf sur le Boulevard de l'Impératrice prolongé devenu Boulevard Carnot, dont les façades furent mises en harmonie avec la partie déjà construite pour ne pas contrarier l'unité de panorama. (à suivre). FERNAND BENOIT. Fig. 147. — L'urbanisme nord-africain : Maison de rapport, à Rabat (Maroc). — Architecte : Laforgue.

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GARE DE VERSAILLES-CHANTIERS (1932). — ARCHITECTE: ANDRÉ VENTRE. — PL. 43-45, FIG. 148-152. La gare de Versailles-Chantiers est établie sur une plate-forme passant au-dessus des voies à laquelle on accède par une large rampe formant avenue. Cette disposition a été adoptée pour permettre le développement de la gare des marchandises au niveau des voies; elle présente l'avantage de faciliter l'accès du public aux quais en supprimant les passages souterrains; en outre, elle a permis d'exécuter la construction et l'aménagement de la gare et de tous les services sans interrompre le trafic et sans modifier le passage des trains. Le principe étant admis, il était logique de concevoir une construction de poids aussi restreint que possible, c'est pourquoi l'on a adopté l'ossature de ciment armé avec matériaux légers de remplissage pour les murs et revêtements de faible épaisseur pour les façades. La partie principale de la gare est constituée par un