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L'ARCHITECTE
RECUEIL MENSUEL DE L'ART ARCHITECTURAL PUBLIÉ AVEC LE CONCOURS DE LA SOCIÉTÉ DES ARCHITECTES DIPLÔMÉS PAR LE GOUVERNEMENT
COMITÉ DE DIRECTION: MM. A. ARFVIDSON, L. H. BOILEAU,
L. BONNIER, BOUWENS DE BOIJEN, A. DEFRASSE, AD. DERVAUX,
ROGER EXPERT, TONY GARNIER, CH. LETROSNE, P. PATOUT,
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CONSEILLER TECHNIQUE : MICHEL ROUX-SPITZ
RÉDACTEUR EN CHEF: J. PORCHER
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8e ANNÉE N° 12
DÉCEMBRE 1930
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SOMMAIRE
du numéro de "L'Architecte" de Décembre 1930
TEXTE
LE NOUVEAU RÉGIME DE PROTECTION DES MONUMENTS NATURELS ET DES SITES... Géo Minvielle, Docteur en Droit, Avocat à la Cour d'Appel de Bordeaux.
PLANCHES
Pl. 67 à 69. — Immeuble, Quai d'Orsay, à Paris ... M. Roux-Spitz.
Pl. 70 à 72. — Stade d'Exposition, à Saint-Louis (U.S.A.) ... M. G.R. Kiewitt.
Correspondants.-Allemagne : Adolf Goetz, Eppendorferstieg, 6, Hambourg-36.-Autriche : Dr Ermer, Schegargasse, 47, Vienne.
Agence générale pour la Belgique : Librairie A.L. de Meulenecke, 21, rue du Chêne, Bruxelles.
Tous les droits sur les articles et les reproductions sont réservés pour tous pays.
Les articles parus dans "L'Architecte" deviennent la propriété de la revue.
FRANCE ... Le numéro 12 fcs. — L'abonnement (42 numéros) ... 120 fcs
ETRANGER ... 1° Pays ayant adhéré à la convention de Stockholm (tarif postal abaissé) le numéro 14 fcs. ... 140 fcs
2° Autres pays: Angleterre et ses Colonies et Dominions (Canada excepté), Danemark, Danzig, États-Unis, Colonies hollandaises, Italie et Érythrée, Norvège, Palestine, Suède, le numéro 16 fcs. L'abonnement (42 numéros) ... 160 fcs
France 150 fcs. — Étranger ... 165 fcs
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L'ARCHITECTE
LE NOUVEAU RÉGIME DE PROTECTION DES MONUMENTS NATURELS ET DES SITES
Premier article
Une nouvelle loi du 2 mai 1930 vient de réorganiser la protection des monuments naturels et des sites de caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque. Il était apparu, depuis longtemps, que cette protection, telle qu'elle était organisée antérieurement, était nettement insuffisante.
La loi de 1930 distingue l'inventaire, le classement et l'expropriation des monuments naturels et des sites. Elle institue une protection nouvelle en prévoyant, autour des monuments naturels et des sites, une « zone de préservation ». Elle crée un régime de publicité qui faisait défaut sous la législation antérieure. Enfin, elle étend l'application des nouvelles mesures prévues par elle aux monuments naturels et aux sites déjà classés avant sa promulgation.
I. ORGANISMES INSTITUÉS
La loi institue, dans chaque département, une commission dite « Commission des monuments naturels et des sites ». Cette commission est composée : du préfet, président ; d'un représentant du ministre des Beaux-Arts, vice-président ; de l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, de l'agent voyer en chef, du directeur des Domaines, du chef de service des Eaux et Forêts, de l'archiviste départemental, de l'architecte départemental des Monuments historiques, du conservateur des Antiquités du département, de deux conseillers généraux, d'un délégué de chaque Chambre de commerce, d'un délégué des industriels aménageant ou utilisant l'énergie hydraulique, d'un délégué de chacune des Chambres d'industrie thermale et climatique existant dans le département, de quatre délégués des Associations de tourisme et Syndicats d'initiative, de quatre délégués des Sociétés littéraires, artistiques et scientifiques, et de deux membres choisis par le préfet parmi les personnalités littéraires, artistiques ou scientifiques.
Fig. 430. — Immeuble, quai d'Orsay, à Paris. Plan du rez-de-chaussée.
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Fig. 131. — Immeuble, quai d'Orsay, à Paris.
Plan du 6e étage.
Au-dessus des commissions départementales, est instituée, à Paris, au ministère des Beaux-Arts, une commission dite « Commission supérieure des monuments naturels et des sites ». Elle est composée : du ministre des Beaux-Arts, président ; du directeur général des Beaux-Arts, vice-président; d'un sénateur, de deux députés, du président de la section de l'Intérieur, de l'Instruction publique et des Beaux-Arts au Conseil d'État, d'un conseiller à la Cour de cassation, du directeur des forces hydrauliques, des distributions d'énergie électrique et de la voirie routière au ministère des Travaux publics ou de son représentant, du directeur des Eaux et Forêts au ministère de l'Agriculture ou de son représentant, du directeur de l'administration départementale et communale au ministère de l'Intérieur ou de son représentant, du directeur du Budget et du contrôle financier ou de son représentant, du directeur des Archives ou de son représentant, d'un représentant de la direction générale de l'Enregistrement et des domaines, du directeur du Muséum d'histoire naturelle, du directeur de l'Office national du tourisme, de représentants de la commission des Monuments historiques, des Associations de tourisme, de la Société pour la protection des paysages de France et de la Société française d'archéologie, de l'Union des fédérations des syndicats d'initiative de France, des Chambres d'industrie thermale, climatique et de tourisme, de la Chambre syndicale des forces hydrauliques, d'un avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation, du chef du bureau des Monuments historiques et de dix membres choisis par le ministre des Beaux-Arts parmi les personnalités littéraires, artistiques, scientifiques et juridiques. Les membres des commissions départementales et de la commission supérieure, à l'exception des membres de droit à raison de leurs fonctions, sont nommés pour quatre ans. Leur mandat est renouvelable.
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II.
INVENTAIRE DES MONUMENTS NATURELS ET DES SITES
Dans chaque département, la commission départementale établit une liste des monuments naturels et des sites dont la conservation ou la préservation présente, au point de vue artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque, un intérêt général.
L'inscription sur cette liste est prononcée par arrêté du ministre des Beaux-Arts et notifiée par le préfet aux propriétaires intéressés.
Dès qu'ils ont reçu notification de l'inscription les propriétaires ne peuvent plus entreprendre de travaux, — à l'exception des travaux d'exploitation courante, en ce qui concerne les fonds ruraux, et des travaux d'entretien, en ce qui concerne les constructions, sans en aviser, deux mois à l'avance, l'administration préfectorale.
GEO MINVIELLE,
Docteur en Droit,
Avocat à la Cour d'Appel de Bordeaux.
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EXPLICATION DES PLANCHES
PLANCHES 67 à 69. — Immeuble, quai d'Orsay, à Paris. — Michel Roux-Spitz, architecte.
L'ensemble de cet immeuble a été composé avec le souci de satisfaire en premier lieu au programme du propriétaire, qui désirait habiter lui-même un hôtel particulier composé des deux derniers étages, sixième et septième.
Cet hôtel particulier devait se composer, au septième étage, d'un grand studio ayant vue sur la Seine et pouvant servir de salle de concerts accompagnée de toute la grande réception, salon, salle à manger, bar, etc... Au sixième étage, relié bien entendu avec le septième, devait se trouver l'appartement d'habitation avec la réception intime, les chambres à coucher, boudoir et tous les services. A cet étage, sur la rue Cognacq-Jay, prenait place l'appartement des domestiques, desservi par l'escalier de service.
Enfin sur les terrasses de couverture devait être établi un jardin comportant un promenoir en plein midi, côté rue Cognacq-Jay, sous une pergola longeant
Fig. 432. — IMMEUBLE, QUAI D'ORSAY, À PARIS. — Plan du 7e étage.
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L'ARCHITECTE
la façade, et, à un autre niveau, une grande terrasse avec fontaine et abri clôturé de glaces ayant vue directe vers la Seine. Sur ces terrasses devaient être prévues des installations pour éclairage, chauffage électrique, espaces abrités du vent par des glaces et couverts de galettes en béton armé permettant de se tenir dans ce jardin en plein air tout en ayant le confort désirable.
L'accès à ces terrasses devait être assuré par l'esca- lier intérieur de l'hôtel prolongé jusqu'au jardin. On devait utiliser les murs mitoyens des voisins pour s'abriter des vents désagréables et monter les conduits de fumée dont les inconvénients sont ainsi écartés.
Outre ces deux étages et la terrasse, la maison se compose d'un rez-de-chaussée et de cinq appartements de location.
Le plan d'un étage comporte un appartement de 7 pièces, composé suivant le même plan général que l'appartement de l'immeuble du même architecte, rue Guynemer. En façade sur la Seine, largement ouvertes par des grandes baies à guillotine et des glaces, se trouvent les pièces de réception et d'habitation principales : salon, salle à manger, bureau-bibliothèque. La salle à manger est desservie par le fond et côté cour vers les office, cuisine et service. Le bureau-biblio-thèque est accompagné d'une entrée spéciale, tambour circulaire, et d'un lavabo pouvant se transformer en salle de bains au cas où un locataire désirerait le transformer en une chambre en façade sur le quai d'Orsay. Entre ces différentes pièces aucune cloison n'a été construite, laissant ainsi au locataire la possibilité de garder cette large galerie, éclairée par une véritable bande horizontale lumineuse, sorte de grand living-room où des centres d'intimité peuvent être créés par la décoration et l'ameublement plutôt que par des murs ou cloisons.
La partie intime de l'appartement, comportant quatre chambres, deux salles de bains et deux cabinets de toilette, a été mise du côté de la rue Cognacq-Jay, au midi, faisant ainsi de ces chambres des pièces absolument saines. Les salles de bains ont, bien entendu, de larges fenêtres sur cour, et sont équipées de la façon la plus complète. Dans cette partie se trouvent également une galerie avec placards et une lingerie comportant : armoire à linge, lit pliant de secours pour domestique temporaire, bonne d'enfants ou infirmière, un petit lavabo, un coffre à linge dans l'épaisseur du mur ventilé sur l'extérieur, et l'emplacement prévu pour une planche à repasser se remontant automatiquement contre le mur, tel un strapontin.
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Frigidaire et, dans toutes les cuisines, des fourneaux étudiés et combinés pour cuisson partie au charbon, partie au gaz. Le nettoyage par le vide est relié directement à l'égoût, système Soterkenos. Le chauffage central, à l'eau chaude, a été généralisé dans tous les locaux de service et d'habitation et calculé sur une base très large de 20° par — 7° extérieur. La distribution d'eau chaude a été également généralisée, sans compteur, pour éviter des parcours de canalisations gênantes pour le locataire, l'eau chaude faisant simplement partie des charges générales.
Toutes les façades sur la rue Cognacq-Jay et sur le quai d'Orsay ont été réalisées sur les mêmes principes que celles de la rue Guynemer, c'est-à-dire revêtements de pierre d'Hauteville de premier choix, célèbre par sa dureté et son poli, ce qui a permis à l'architecte
Reliant la partie d'habitation intime exposée au sud et toute la réception ayant vue sur la Seine se trouve au centre, éclairée directement sur trois cours, une large galerie formant hall-fumoir, perpendiculaire aux deux façades et au centre de laquelle ouvre, sur l'escalier principal, la porte palière. Cette disposition a été, pour la première fois, réalisée dans l'immeuble de la rue Guynemer et donne une impression de grandeur et d'espace que ne produit jamais la disposition banale où la galerie est parallèle à la façade et ne laisse, comme accès aux chambres, que de misérables couloirs le long du mitoyen, remarquablement tristes et mesquins. Ce hall, dans sa partie la plus large, a une grande baie ouvrant sur la cour principale, créant ainsi un espace où l'on peut aménager bureau et bibliothèque, table basse et fauteuils formant fumoir.
A chaque étage, et desservies par l'escalier de service indépendamment de l'appartement, se trouvent deux chambres de domestiques et sur une partie du premier étage, sur cour, des chambres de domestiques supplémentaires. Le groupe des services : cuisine, office, chambre de domestiques, w.-c., est desservi par l'escalier de service sur cour, la liaison entre les services et l'appartement se faisant uniquement par une petite porte dissimulée sous miroir, entre le hall et l'office et par la petite porte de service donnant du fond de la salle à manger sur l'office.
Tout le confort a été réalisé dans cet immeuble qui comporte ascenseur de maîtres et ascenseur de domestiques, une installation de froid central de construction