Excerpt

First pages of the volume, freely accessible.

Page 1

L'ARCHITECTE REVUE MENSUELLE DE L'ART ARCHITECTURAL PUBLIÉE AVEC LE CONCOURS DE LA SOCIÉTÉ DES ARCHITECTES DIPLÔMÉS PAR LE GOUVERNEMENT COMITÉ DE DIRECTION - MM. ARFVIDSON - J. AUBURTIN - LOUIS-H. BOILEAU - LOUIS BONNIER - BOUWENS DE BOIJEN - A. DEFRAASSE - AD. DERVAUX - TONY GARNIER - L. GODEFROY - CH. LETROSNE - PIERRE PATOUT - CH. PLUMET - H. SAUVAGE - LOUIS SOREL - ANDRÉ VENTRE Rédacteur en chef : Michel ROUX-SPITZ --- NOUVELLE SÉRIE 3° ANNÉE N° 11 NOVEMBRE 1926 --- SOMMAIRE TEXTE LES NOUVELLES CHARPENTES ET COUVERTURE DE LA CATHÉDRALE DE REIMS. (à suivre) H. DENEUX. PLANCHES Pl. 61 à 63. — Metzleintalerhof, maison à petits logements à Vienne (Autriche) . . . . . . Hubert Geszner. Pl. 64 à 66. — Maisons ouvrières de la municipalité de Vienne (Autriche). O. STRNAD, J. FRANK, O. WLACH. Un numéro : France, 12 fcs. — L'abt (12 n°s): France, 120 fcs. L'abt Etranger: 1° Allemagne, Argentine, Autriche, Belgique, Congo Belge, Bulgarie, Canada, Chili, Cuba, Espagne, Estonie, Etats-Unis, Colonies Américaines, Ethiopie, Grèce, Hongrie, Italie et Erythrée, Lettonie, Luxembourg, Paraguay, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, Roumanie, Suède, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, U.R.S.S., Uruguay, Yougoslavie. $5,60 — £1.3.4 — Fcs suisses 28.» — Pesetas 40. » — Fl. hol. 14.» 2° Autres pays. $6. » — £1.5.0 — Fcs suisses 30.» — Pesetas 42.85 — Fl. hol. 15.» --- ÉDITIONS ALBERT LÉVY 2, RUE DE L'ÉCHELLE — PARIS (1er) Tél.: Louvre 33-87. Chèques postaux 6690. R.C. Seine 64-696

Page 2

TOUS LES REVETEMENTS ARTISTIQUES LAVABLES ET LINOLEUMS UNIS ET INCRUSTÉS CIE LINCRUSTA-WALTON FSE ET LORÉID RÉUNIS 10, RUE DE LA PÉPINIÈRE TÉL.: LABORDE 08-35, 08-36, 08-37. R. C. Seine 37.264 Paris --- Ditraux ETABLISSEMENTS GAËTAN JEANNIN Ingénieur G.C.S. 181, Chèvre EDOUARD VAILLANT Téléphone: AUTEUIL 03-02 Bollancourt SEINE EMAUX GRAVURE ENSEIGNES DECORATIVES --- USINES ALSACIENNES D’ÉMULSIONS STRASBOURG Pour l’étanchéité absolue de toutes constructions Le MAMMOUTH chape d’asphalte souple Le POROLITHE le plus puissant hydrofuge L’ÉMULSION D’ASPHALTE remplace le goudronnage L’EVEOL enduit hydrofuge et anti-rouille La CALFATINE mastic plastique Nos ISOLANTS D’ASPHALTE ont fait leurs preuves dans les plus grands travaux de France et de l’Étranger DEMANDER RÉFÉRENCES, CATALOGUES ET PRIX PARIS 18, rue Vignon Tél. Central : 79-82 Registre du Commerce Str. Vol. 8. N° 104 LILLE 60, rue de Paris Tél.: 41-22

Page 3

SOCIÉTÉ DES GRANDS TRAVAUX ÉLECTRIQUES ANCIENS ÉTABLISSEMENTS FAILLE & REINHARDT Direction: 11, Rue des Bleuets. Roquette 75-41, 66-57 | Magasin d'Exposition: 2, Rue Cardinet. Wagram 38-70 Succursales à: ROUEN - CAEN - SAINT-GERMAIN - DEAUVILLE - MONTESCOURT LUMIÈRE — FORCE — SIGNALISATION — TÉLÉPHONIE --- PAS D'ANTHRACITE! Faites 50% d'économie avec le ROBUR SCIENTIFIC Breveté S.G.D.G., modèle 1927 UN SEUL pour FOYER LE CHAUFFAGE DU LOGIS LA CUISINE LE SERVICE D'EAU CHAUDE Nouveau procédé de combustion Sa grille fumivore, brevetée S.G.D.G. lui assure un fonctionnement parfait et continu avec les charbons de qualité inférieure, sans fumée. — Rendement et souplesse supérieurs à la meilleure chaudière. — Plus de radiation dans la cuisine. — Consommation horaire 8 centimes par radiateur y compris la cuisine. — Fabrication Standard soignée. Étanchéité absolue. 2 MODÈLES DE 2 A 12 RADIATEURS L'EXIGER DE VOTRE INSTALLATEUR DEMANDEZ NOTICE ODELIN, NATTEY, BOURDON Constructeurs 120, rue du Château-des-Rentiers — PARIS (XIII) --- STÉ LA CHALEUR 141 bis, Rue de Vanves - PARIS (xiv) INSTALLATIONS COMPLÈTES ET DE FONCTIONNEMENT GARANTI DE CHAUFFAGE - SÉCHAGE VENTILATION RÉFÉRENCES DE PREMIER ORDRE REPRÉSENTANTS À LYON - LILLE - ROUEN ANGERS-TOULOUSE-NICE H. CARTON, Adm.-dél. Téléphone : Vaugirard 05-71 R. du Commerce Seine 166-108 --- BÉTONS ARMÉS HENNEBIQUE À L'ÉPREUVE DU FEU (BREVETÉ S.G.D.G.) | Plus de 1200 Agents et Entrepreneurs-Concessionnaires GRANDS PRIX À TOUTES LES EXPOSITIONS Direction et Bureau technique central: 1, rue Danton, PARIS (6) (Tel.: Fleurus 43.43) RENSEIGNEMENTS, BROCHURES, PLANS ET AVANT-PROJETS GRATUITEMENT SUR DEMANDE --- ÉTABLISSEMENTS GENTIL & BOURDET GRÈS FLAMMÉS ET MOSAIQUES Société Anonyme au Capital de 1.700.000 Francs Siège social: 189, rue du vieux-pont-de-sèvres, BILLANCOURT Adr. Télégr.: GREFLAM-BILLANCOURT AGENCE SPÉCIALE DE DESSINATEURS POUR L'EXECUTION DE TOUS AVANT PROJETS POUR L'ADAPTATION DE NOS GRES 7 GRANDS PRIX, MEMBRE DU JURY AUX EXPOSITIONS, LAURÉAT DE LA SOCIÉTÉ CENTRALE DES ARCHITECTES (FONDATION PAUL SEDILLE)

Page 4

GALERIE EDGAR BRANDT ART CONTEMPORAIN EXPOSITION PERMANENTE 27 BP MALE/HERBES PARIS BUREAUX ET ATELIERS 101 BP MURAT PARIS TELEPHONE: AUTEUIL 07.95 12.40 --- SOCIÉTÉ ANONYME DES ANCIENS ÉTABLISSEMENTS E. BORDEREL et E. ROBERT FERRONNERIE D'ART CACHE-RADIATEUR RAYMOND SUBES DIRECTEUR 131, RVE DAMREMONT, 131 TEL : MARC . 12 - 79 TEL : MARC . 04 - 85 R.C. Seine 95.918

Page 5

L'ARCHITECTE LES NOUVELLES CHARPENTES ET COUVERTURE DE LA CATHÉDRALE DE REIMS Au lendemain de l'incendie de la cathédrale de Reims par les Allemands, en septembre 1914, certains voulaient que l'on conservât le monument dévasté comme un symbole et comme une relique, sans aucune restauration. Il fallait, disait-on, le laisser à l'état de ruine, comme un témoignage de la férocité allemande. Aujourd'hui que la ville est presque entièrement reconstruite à l'entour, ont peut aisément se figurer quelle poignante tristesse aurait suggéré le monument ainsi abandonné à son triste sort. D'autres, au contraire, se préoccupaient, dès 1916, de le mettre à l'abri des intempéries en projetant, au-dessus des voûtes hautes et basses, l'établissement de terrasses en ciment armé. Terrasses qui devaient être exécutées en pleine guerre et sous le bombardement. Malheureusement, pour des raisons militaires que nous n'avons pas à connaître, ce projet ne fut jamais réalisé et le monument dut subir les effets des cinq hivers de guerre, en plus de ceux, encore plus graves, occasionnés par les obus de gros calibre. Le monument, aussitôt après l'armistice, ayant été couvert en tôle ondulée provenant des stocks militaires, ce projet du temps de guerre aurait vraisemblablement été repris après la restauration des voûtes hautes, en attendant que les possibilités financières de l'Etat puissent permettre le rétablissement des anciens combles, si un généreux donateur, M. Rockefeller junior, n'était venu, spontanément, offrir au Gouvernement français quatre à cinq millions de francs pour la réalisation de ces couvertures. M. Rockefeller exprima alors le désir que les combles supérieurs fussent refaits comme ils étaient avant-guerre avec leur couverture de plomb, les lucarnes avec leurs épis, le clocher à l'ange au chevet et le carillon à la croisée du Fig. 121. — Les nouvelles charpentes et couverture de la Cathédrale de Reims. — Perspective de la charpente de la nef exécutée en 1483 par Colard Lemoyne, dans la moitié de la longueur vers le transept. Dessin de H. Deneux. Fig. 122. — Les nouvelles charpentes et couverture de la Cathédrale de Reims. — Perspective de la charpente de la nef exécutée de 1485 à 1487 par Pierre Delaforet, dans la moitié de la longueur vers la façade occidentale. — Dessin de H. Deneux. NOVEMBRE 1926.

Page 6

L'ARCHITECTE FIG. 123. — LES NOUVELLES CHARPENTES ET COUVERTURE DE LA CATHÉDRALE DE REIMS. — Coupe. transept. De plus, voulant rendre au monument sa parure primitive, il demanda que la crête en plomb du faîtage, détruite à la Révolution, fût refaite telle que les restaurateurs du xve siècle l'avaient comprise. C'est ce travail réalisé partiellement dans son ensemble, mais actuellement complètement terminé sur la nef, que nous neus proposons d'exposer. Malgré les nombreux documents que nous possédions de l'ancienne charpente détruite dans l'incendie de 1914, et son intérêt archéologique, on ne pouvait songer à en faire une restitution (fig. 121 et 122). La difficulté de se procurer, en quantité suffisante (1), des bois de 18m de longueur, d'une seule pièce, et de 0m20×0m20 de section, et aussi la crainte de voir à nouveau cette charpente anéantie par un autre incendie fit adopter, par l'Administration des Beaux-Arts, un nouveau matériau : le ciment armé. Nouveau matériau de 35 à 40 ans qui, du reste, avait déjà fait ses preuves dans les Monuments historiques bien avant que l'on ait songé à l'employer dans la construction d'une façon courante. Etablir en ciment armé monolithe, à 50m, en moyenne, au-dessus du sol, un comble de 15m de portée et de 19m de hauteur totale au faîtage, ce n'était certes pas impossible, mais, en tous cas, d'une réalisation plutôt coûteuse par le montage de tous les matériaux et par la forêt de bois de coffrage nécessaires. Aussi avons-nous cherché à réaliser ce travail en appliquant une méthode nouvelle dont le premier essai, peut-être encore timide, avait été tenté, en 1920, sur le comble de la nef de l'église St-Jacques à Reims, dont les dimensions sont beaucoup plus modestes qu'à la Cathédrale et aussi, en 1924, pour le rétablissement des combles des bas-côtés de la Cathédrale. Cette nouvelle méthode consiste à supprimer complètement tous les coffrages et pilonnages sur (1) La charpente supérieure cubait à elle seule 1.250 stères. FIG. 124. — LES NOUVELLES CHARPENTES ET COUVERTURE DE LA CATHÉDRALE DE REIMS. — Vue perspective de la partie inférieure de la charpente de la nef, montrant les corbeaux en pierre qui la reçoivent, et au fond les légers cintres qui ont servi à la construction.

Page 7

L'ARCHITECTE --- place, d'où première économie sur le montage et la mise en place des bois de coffrage, puis sur leur descente. Tous les éléments constitutifs de la charpente sont, en effet, moulés à pied-d'œuvre dans leurs formes définitives, sans ferrailage en attente. Ils sont ensuite montés, posés et assemblés sur place, sans le secours de boulons, ou de pièces métalliques, dont l'oxydation serait à craindre avec le temps. La pose se fait sans engin de levage, les éléments étant tous d'un poids tel qu'un ou deux ouvriers puissent les coltiner et les mettre en place. Les éléments employés ont une section uniforme de 0°04×0°20. Ils sont de longueurs variables, mais ne dépassant pas 3". Les assemblages sont réalisés à l'aide de mortaises ou d'entailles menagées, au moment du coulage, dans l'axe longitudinal des éléments. Les éléments peuvent être droits ou courbes, selon les besoins, et quelques plaques d'assemblages, tout en conservant l'épaisseur commune de 0°04, peuvent épouser des formes exceptionnelles. Le mode d'assemblage des éléments varie suivant les cas, quoique toujours basé sur le principe de la pénétration complète d'un élément posé à plat dans un autre posé de champ ; un troisième à entaille ou un cavalier en fil de fer galvanisé ou des clavettes en chêne assurent la réunion ou le serrage des pièces entre elles. Certaines pièces sont ensuite scellées par un coulis de plâtre à modeler, tandis que d'autres peuvent rester libres pour permettre les effets de dilatation. C'est avec un jeu de 105 pièces différentes que l'on a pu réaliser l'ensemble du comble de la nef, entièrement chevronné en ciment. Cette charpente, exécutée de juin 1925 à juillet 1926, se compose de 17.800 pièces de ciment assemblées d'après le procédé décrit ci-dessus. Nous ne pensons pas que le même travail, en monolithe, et à une pareille hauteur, ait pu être réalisé dans un délai plus court. Il n'y a eu, du reste, aucune interruption dans le travail au cours de l'hiver. Une équipe moulait à l'abri, tandis qu'une autre posait les éléments dont la prise était suffisante pour ne pas craindre les effets de la gelée. Il suffisait donc que l'équipe de mouleurs ait une avance de quinze jours à trois semaines sur l'équipe de poseurs. Il est difficile de décrire en détail cette charpente : les photographies et le dessin (fig. 123) sont plus éloquents que la plume; aussi nous contenterons-nous de dire qu'elle est composée de 27 travées semblables, 3 travées de charpente par travée d'édifice de 7m²0 environ. Les fermes sont donc espacées de 2m⁴0 et reliées entre elles par des liernes longitudinales. Chaque ferme est formée d'une partie inférieure destinée à recevoir un plancher de service et qui a supporté les cintrès et toute la partie supérieure pendant l'exécution (fig. 124). Cette partie inférieure, comme un vaste pont, repose librement sur des corbeaux en pierre de taille rapportés et incrustés à la demande dans les vieilles constructions. Ces corbeaux, en même temps qu'ils reçoivent la base de la charpente, servent à rattraper, par des saillies différentes à chacun d'eux, les irrégularités du mouvement. Les murs gouttereaux, contrairement à ce que l'on pourrait croire, ne sont pas parallèles entre eux; leur écartement, vers le transept, est moindre de 0m⁶0 que vers le portail occidental; de plus, vers le milieu de la longueur du comble, ils ont 1m⁰0 de plus d'écartement que vers le transept. L'axe moyen de ces irrégularités a déterminé une ligne brisée que l'on a dû adopter pour la direction générale de la charpente. Fig. 125. — Les nouvelles charpentes et couverture de la Cathédrale de Reims. — Détail du croisement des arcs qui raidissent les arbalétriers et des différents modes d'assemblage. ---

Page 8

L'ARCHITECTE Fig. 126. — Les nouvelles charpentes et couverture de la Cathédrale de Reims. Charpente de la nef (partie supérieure). — Dans le fond, les cintrages qui servaient à la mise au levage. En se reportant aux anciennes photographies d'avant-guerre, prises des parties hautes du monument, on constate que l'ancienne charpente en bois avait déjà dû se plier à ces irrégularités. Mais si l'adaptation d'une charpente en bois sur des substructions irrégulières n'est pas d'une grosse difficulté, il n'en est plus de même d'une charpente en ciment armé dont tous les éléments sont exécutés en série dans des moules semblables. Grâce aux corbeaux de pierre dont il vient d'être parlé et aux coyaux rapportés par place, il a été possible de résoudre le problème. La partie supérieure de cette charpente a été étudiée en vue de dégager le plus possible le com- ble. A chaque ferme deux grands arcs prennent naissance sur les corbeaux de pierre de la partie inférieure, se croisent et se prolongent pour raidir les arbalétriers au-dessus de leur croisement (fig. 125). Ces arcs sont rendus solidaires aux arbalétriers, à leurs points de tangence, par des plaques d'assemblage, puis par des rayons et des croix de St-André. Par le mode d'assemblage adopté et aussi par les scellements, tous ces divers éléments arrivent à constituer un véritable monolithe. Les photographies montrent comment, avec quatre légers cintres pour l'ensemble de la construction, il a été possible de réaliser la pose de cet important ouvrage (fig. 126 et 127). Ces cintres, qui étaient déposés et avancés au fur et à mesure des besoins, avaient pour but principal de servir de gabarit exact à la pose des éléments d'arcs, afin d'assurer une très grande régularité à l'ensemble de l'ouvrage. Une simple poulie fixée à la partie supérieure des échafaudages a permis le montage des innombrables éléments (fig. 127). Le poids de cette nouvelle charpente est sensiblement le même que celui de l'ancienne. La nouvelle charpente cubant trois fois moins que l'ancienne, mais la densité du ciment armé étant à peu de chose près le triple de celle du chêne, on peut dire que les anciennes maçonneries n'ont pas de surcharge supplémentaire à supporter. Cette charpente en ciment, sans copier aucune disposition médiévale dans sa combinaison d'ensemble, rappelle cependant, par son aspect, les perspectives des combles de nos monuments du Moyen âge.

Page 9

L'ARCHITECTE Fig. 127. — Les nouvelles charpentes et couverture de la Cathédrale de Reims. — Charpente de la net en cours d'exécution. — État de l'avancement des travaux le 17 Novembre 1925 montrant au premier plan à droite les cintrages utilisés à la pose, les échafaudages, puis une partie de la charpente terminée. Ce résultat, peut-être inattendu pour du ciment armé, provient du procédé utilisé. En effet, le fait d'employer des éléments de construction, bois ou ciment armé, de très faibles sections, oblige à les faire tous travailler à la résistance de l'œuvre et de supprimer autant que possible le « poids mort ». Les charpentes médiévales, dont tous les éléments avaient généralement $0^{m}12 \times 0^{m}12$ de section étaient à chevrons portant fermes (on devrait dire plus exactement formant fermes), chacun Fig. 128. — Les nouvelles charpentes et couvertures de la Cathédrale de Reims. — Dessous de la charpente montrant le doublement des pièces de fermes, les pannes, chevrons et voligeage. — Dans les vides entre les voliges on aperçoit les joints de feuilles de plomb.

Page 10

d'eux se suffisait à lui-même et ne chargeait pas les fermes maîtresses, dont le rôle consistait à maintenir l'écartement des sablières à l'aide de leurs entraîts et l'étrésillonnement longitudinal par le jeu de croix Saint-André placées entre leurs poinçons. Ces charpentes en ciment armé, par élément de faible section, devaient fatalement rappeler ce principe et, en même temps, l'aspect ancien. La section constante des éléments a l'avantage de donner de «l'échelle» à l'ensemble et les renforcements nécessaires sont obtenus, comme on peut le voir sur les photographies, par le doublement ou le triplement des pièces (fig. 128). La nécessité de couvrir en plomb, pour rendre à l'édifice son aspect extérieur d'avant-guerre, nous a obligés à interposer un voligeage en sapin de 0°027 d'épaisseur entre le chevronnage en ciment armé et les feuilles de plomb. Tout le monde sait, en effet, que le ciment et le plomb en contact font mauvais ménage, comme le chêne et le plomb. (A suivre.) H. DENEUX. EXPLICATION DES PLANCHES PLANCHES 61 à 63. — Metzleintalerhof, maison à petits logements à Vienne (Autriche). — Hubert Geszner, architecte. La ville de Vienne a fait au cours de ces dernières années un effort remarquable dans la construction des espaces libres, dont on fait trop souvent bon marché chez nous, sont toujours calculés à la moitié de la superficie totale et que l'on s'attache à les morceler le moins possible; autre principe: toutes les pièces sont éclairées directement, grâce à des mouvements de façade s'il le faut, mais sans avoir recours jamais aux puits d'air ou courrettes intérieures. La partie du groupe d'immeubles dit «Metzleintalerhof», que nous publions ici, a été commencée en maisons à petits appartements. Nous avons déjà publié un de ces immeubles dans notre numéro de mai dernier. En voici d'autres, où le programme a été réalisé de façon plus simple, qui témoignent peut-être de moins de recherche ingénieuse dans la disposition du plan, mais qui sont également fort intéressantes. On notera que automne 1923, complétant celle qu'avait élevée en une première campagne, de 1919 à 1920, l'architecte Robert Kalesa. Elle comprend, desservis par 8 escaliers, 143 appartements. Quelques-uns sont fort petits et ne comportent qu'une ou deux chambres et une cuisine, laquelle est

Page 11

L'ARCHITECTE alors installée pour servir à la fois de cuisine, salle à manger et cabinet de toilette : on y trouve une double cuvette à eau courante et, dans un renfoncement, un fourneau à gaz à deux grilles, rôtissoire et réchaud. Les compteurs à gaz et à électricité sont dans l'escalier, à chaque palier : le relevé peut ainsi en être fait en l'absence des locataires. Il n'y a pas de salle de bains dans chaque appartement. Pour y suppléer, un établissement spécial au Metzleintalerhof a été construit dans la cour centrale, comprenant 9 cabines et douze appareils à douches ; il reçoit l'eau d'une chaudière qui alimente également un lavoir central à 9 compartiments équipés de façon toute moderne en machines à laver, séchoirs automatiques, repasseuses électriques. Devant le groupe, dans la Johannagasse, sera construite une bibliothèque (magasins, bureaux, salle de lecture). Cet immeuble très bien compris rappelle, jusque dans les détails du plan, les constructions réalisées en France dès avant la guerre : à Lyon, en particulier, par le maître Tony Garnier. On retrouve dans celle-ci les mouvements de façades qui permettent l'éclairage direct de toutes les pièces et l'escalier desservant quatre appartements à la fois. Netteté et liberté dans le programme, franchise et absence de parti pris dans l'exécution : ce sont des qualités qui font la bonne architecture. PLANCHES 63 à 66. — Maisons ouvrières de la municipalité de Vienne (Autriche). — Joseph Hoffmann, Peter Behrens, Oskar Strnad, Joseph Frank, Oskar Wlach, architectes. Le terrain était ici coupé par une rue, la Leystrasse, sur laquelle les architectes qui se sont distribué le travail ont établi quatre ponts, ce qui leur a permis Fig. 130. Metzleintalerhof, maison à petits logements à Vienne (Autriche). — Plan d'un groupe d'appartements. Fig. 131. Maisons ouvrières de la municipalité de Vienne (Autriche). — Plan général : 1, architecte Joseph Hoffmann; 2, architecte Peter Behrens; 3, architecte Peter Behrens (bibliothèque); 4, architecte Joseph Frank; 5, architecte Oskar Strnad; 6, architecte Oskar Wlach. Fig. 132. — Maisons ouvrières de la municipalité de Vienne (Autriche). — Plan sur la Kaiserwasserstrasse.