Excerpt

First pages of the volume, freely accessible.

Page 1

L'ARCHITECTE REVUE MENSUELLE DE L'ART ARCHITECTURAL PUBLIÉE AVEC LE CONCOURS DE LA SOCIÉTÉ DES ARCHITECTES DIPLÔMÉS PAR LE GOUVERNEMENT COMITÉ DE DIRECTION MM. ARFVIDSON J. AUBURTIN LOUIS-H. BOILEAU LOUIS BONNIER BOUWENS DE BOIJEN A. DEFRASSE AD. DERVAUX TONY GARNIER L. GODEFROY CH. LETROSNE PIERRE PATOUT CH. PLUMET H. SAUVAGE LOUIS SOREL ANDRÉ VENTRE Rédacteur en chef : Michel ROUX-SPITZ --- NOUVELLE SÉRIE 3° ANNÉE N° 8 AOÛT 1926 --- SOMMAIRE TEXTE LA PRODUCTION DOMESTIQUE DU FROID — E. JARDRY. LES HABITATIONS À BON MARCHÉ (fin). *** LA CONSTRUCTION DES GARAGES À ÉTAGES (à suivre) . . . . . . . . . . R. MARSOILLIER. PLANCHES Pl. 43 à 46. — Club à Budapest . . . . . . G. VAGO. Pl. 47 et 48. — Concours pour l’édification de l’église votive de Jeanne d’Arc . . . . . . A. et G. PERRET. --- Un numéro : France, 12 fcs. — L’ab¹ (12 n°s): France, 120 fcs. L’ab¹ Étranger: 1° Allemagne, Argentine, Autriche, Belgique, Congo Belge, Bulgarie, Canada, Chili, Cuba, Espagne, Estonie, Etats-Unis, Colonies Américaines, Ethiopie, Grèce, Hongrie, Italie et Erythrée, Lettonie, Luxembourg, Paraguay, Perse, Pologne, Portugal et ses Colonies, Roumanie, Suède, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, U.R.S.S., Uruguay, Yougoslavie. $5,60 — £1.3.4 — Fcs suisses 28.» — Pesetas 40. » — Fl. hol. 14.» 2° Autres pays. $6. » — £1.5.0 — Fcs suisses 30.» — Pesetas 42.85 — Fl. hol. 15.» --- ÉDITIONS ALBERT LÉVY 2, RUE DE L’ÉCHELLE — PARIS (1er) Tél. : Louvre 33-87. Chèques postaux 6690. R. C. Seine 64-696

Page 2

ÉTABLISSEMENTS POLIET & CHAUSSON Au capital de trente millions Siège Social : 125 à 129, Quai de Valmy -- PARIS (10e) Usine du Ciment Pierre, 23bis, Quai de l'Oise — PARIS Seuls Fabricants du Véritable CIMENT-PIERRE imitant parfaitement la Pierre Ciment Hydrofuge à base de PORTLAND Blanc Résistances : à l'Arrachement : 20k^cm^ 200) par centimètre carré. à l'Ecrasement : 148k^cm^ 000) Essais d'Imperméabilité : Absorption de l'eau ; résultat après 4 heures : NÉANT. DERNIÈRE RÉCOMPENSE OBTENUE EXPOSITION LIMOGES 1922 GRAND PRIX MARQUE DÉPOSÉE N.B. - Adresser les Commandes : 23bis, Quai de l'Oise, PARIS | NOTICE ILLUSTRÉE, ÉCHANTILLONS gratuits sur demande. --- COLLECTION DOCUMENTAIRE D'ART MODERNE Suite de recueils sur les différentes branches de l'art décoratif moderne étudié d'une manière précise et technique. Chaque volume comporte environ 50 planches dont un grand nombre en couleurs. Parus ÉTOFFES IMPRIMÉES ET PAPIERS PEINTS ÉTOFFES D'AMEUBLEMENT TISSÉES ET BROCHÉES INTÉRIEURS I. INTÉRIEURS II. INTÉRIEURS III. INTÉRIEURS IV CROQUIS DE RUHLMANN TAPIS Pour paraître prochainement DEVANTURES DE BOUTIQUES Demander le prospectus détaillé de l'ouvrage qui intéresse. EDITIONS ALBERT LEVY PARIS — 2, Rue de l'Échelle Tél : LOUVRE 33-87. C.P. 66-90. R.C. SEINE 64,696. --- CHEMINS DE FER DE L'ÉTAT Faculté d'arrêt à Lisieux L'Administration des Chemins de fer de l'État a l'honneur de porter à la connaissance de MM. les voyageurs munis de billets comportant le passage par Lisieux, qu'ils ont la faculté de séjourner pendant 24 heures dans cette localité, sous la seule condition de soumettre à l'arrivée leur titre de circulation au visa du Chef de gare. À moins d'indications contraires dans les tarifs, les bagages sont enregistrés pour la gare définitive et ne peuvent être retirés au passage à Lisieux. Cette faculté d'arrêt ne peut, ni sous-traire les voyageurs à l'application des conditions prévues pour l'admission dans certains trains, ni augmenter la durée de validité des billets d'aller et retour dont ils sont porteurs.

Page 3

SOCIÉTÉ DES GRANDS TRAVAUX ÉLECTRIQUES ANCIENS ÉTABLISSEMENTS FAILLE & REINHARDT Direction : 11, Rue des Bleuets. Roquette 75-41, 86-57 | Magasin d'Exposition : 2, Rue Cardinet. Wagram 38-70 Succursales à : ROUEN — CAEN — SAINT-GERMAIN — DEAUVILLE — MONTESCOURT LUMIÈRE — FORCE — SIGNALISATION — TÉLÉPHONIE --- Vitraux ETABLISSEMENTS GAËTAN JEANNIN Ingénieur G.C.P. 181, Avenue EDOUARD VAILLANT Téléphone: AUTEUIL 03-02 Billancourt SEINE EMAUX GRAVURE ENSEIGNES DECORATIVES --- Création de Parcs et Jardins Terrains de Sport GEORGES KAVANAGH ARCHITECTE PAYSAGISTE 14, Avenue Daumesnil, PARIS (XIIe) Plans :: Projets :: Devis Entreprise Générale --- ÉTABLISSEMENTS GENTIL & BOURDET GRÈS FLAMMÉS ET MOSAIQUES Société Anonyme au Capital de 1.700.000 Francs Siège Social: 189, rue du vieux-pont-de-sèvres, Billancourt Adr. Télégr.: GREFLAM-BILLANCOURT 7 Grands Prix, membre du jury aux expositions, lauréat de la Société centrale des architectes (fondation Paul Sedille) Téléphone : AUTEUIL 03-17 Agence spéciale de dessinateurs pour l'exécution de tous avant projets pour l'adaptation de nos gres --- Nous tenons à la disposition de nos lecteurs un PORTEFEUILLE destiné à contenir l’Année 1925 de l’Architecte contre 10 francs (port en sus pour l’étranger : 2 frs.). Ch. P. 6690, Paris. R. C. Seine 64.696.

Page 4

GALERIE EDGAR BRANDT ART CONTEMPORAIN EXPOSITION PERMANENTE 27 BP MALE/HERBE/PARI/ BUREAUX ET ATELIERS 101 BP MURAT PARIS TELEPHONE: AUTEUIL 07-95 12-40 --- SOCIÉTÉ ANONYME DES ANCIENS ÉTABLISSEMENTS E. BORDEREL et E. ROBERT FERRONNERIE D'ART RAYMOND SUBES DIRECTEUR 131, RUE DAMREMONT, 131 PARIS: TEL : MARC . 12 - 79 TEL : MARC . 04 - 85 R.C. Seine 95.918

Page 5

L'ARCHITECTE LA PRODUCTION DOMESTIQUE DU FROID Le froid ne s'applique pas seulement à la préparation des boissons glacées et des sorbets; il est également utilisé pour la conservation des denrées périssables : c'est là, pour une famille son principal avantage. La plupart des denrées, qui se corrompraient rapidement, surtout dans les saisons chaudes, si on les laissait soumises à la température ambiante, se conservent d'une façon parfaite si on les place dans une enceinte dont la température est maintenue à un degré convenable. Le développement microbien est alors considérablement ralenti et les denrées peuvent se conserver sans s'altérer. La température la plus favorable pour la conservation varie avec chaque sorte de denrée, mais comme dans un appareil domestique on conserve ensemble les fruits, la viande, le beurre, etc... on adopte une température moyenne qui convient pour tous les cas. Cette température est de 4° centigrades au dessus de zéro. L'appareil frigorifique de ménage destiné à la conservation des denrées comprendra donc une enceinte dans laquelle se placeront les produits à conserver, dont les parois seront isolées pour réduire au minimum les pertes de froid, et un appareil producteur de froid. Pour produire le froid on utilise habituellement l'absorption de chaleur produite par l'évaporation d'un liquide ; on se sert des fluides possédant une grande tension de vapeur à la température ordinaire, tels que les gaz liquéfiés. Ceux qu'on emploie généralement sont l'ammoniaque, l'anhydride sulfureux, l'anhydride carbonique, le chlorure de méthyle et le chlorure d'éthyle. Pour les petites machines domestiques, on s'adresse de préférence aux trois derniers, qui demandent des pressions moins élevées, afin de faciliter la construction des appareils. Le principe de la production du froid, dont la fig. 87 donne le schéma, peut se résumer ainsi : un compresseur à piston aspire les vapeurs qui se forment par l'évaporation du liquide réfrigérant, et les refoule dans un récipient appelé condenseur ou liquéfacteur, refroidi par une circulation d'eau, ou par circulation d'air dans le cas des petites machines. Dans ce récipient les vapeurs se condensent parce que la tension acquise dans le compresseur est égale à la tension des vapeurs correspondant à la température du récipient dans lequel elles ont été refoulées. Le liquide obtenu revient par un conduit jusqu'à un serpentin placé dans l'enceinte que l'on veut refroidir et où se produira l'évaporation du liquide, et par conséquent l'absorption de chaleur, ou production de froid. Cet organe est nommé évaporateur, ou réfrigérant, en raison de sa fonction. Le liquide pénètre dans l'évaporateur après avoir traversé une vanne à pointeau, appelée vanne de réglage, qui règle son arrivée. Les vapeurs produites dans l'évaporateur sont aspirées par le compresseur et à nouveau liquéfiées. Le cycle parcouru par le fluide frigorifique est donc fermé. Le même fluide sert indéfiniment et n'est pas un élément de consommation dans la marche de la machine. La consommation de la machine réside seulement dans la force motrice utilisée pour entraîner le compresseur et dans l'eau ou l'air servant au refroidissement du serpentin condenseur. Dans presque tous les cas c'est un petit moteur électrique qui actionne le compresseur par l'intermédiaire d'une courroie. L'enceinte froide appelée couramment armoire-glacière, et dans laquelle se trouve placé le serpentin réfrigérant, est un meuble dont les parois sont isolées à l'aide d'une matière à faible conductibilité tel que le liège, habituellement employé sous forme de panneaux agglomérés. Un panneau de liège de 5 à 6 cm. d'épaisseur constitue une excellente isolation. Les petites machines frigorifiques pour installations domestiques sont encore peu répandues chez nous. Nous allons en décrire une connue en France depuis quelques mois et dont plus de AOUT 1926.

Page 6

L'ARCHITECTE 100.000 fonctionnent en Amérique. C'est l'appareil « Frigidaire ». Le compresseur est un compresseur à anhydride sulfureux, monocylindrique pour les petites glacières, et à 2 cylindres pour les glacières pouvant atteindre jusqu'à 2 mètres cubes de volume intérieur. L'aspiration des gaz se fait par le carter dans lequel règne la pression d'aspiration du compresseur, voisine de la pression atmosphérique. Cette condition permet d'obtenir une étanchéité absolue du presse-étoupes. Ce dernier est d'ailleurs d'un modèle spécial et ne comprend ni rondelles de cuir ou de caoutchouc, ni rondelles métalliques. La cage du presse-étoupes est simplement remplie d'une graisse spéciale graphitée, dans laquelle tourne l'arbre du compresseur. Ce procédé donne un résultat parfait, à tel point que le compresseur peut tourner plusieurs années sans la moindre déperdition d'anhydride sulfureux. Le serpentin condenseur en cuivre rouge est placé à côté du compresseur et est refroidi par le courant d'air produit par le volant, dont les bras sont en forme d'ailettes de ventilateur. Le courant d'air produit circule à travers les tubes du serpentin qu'il refroidit, ainsi que le corps du cylindre du compresseur, qui est muni d'ailettes pour faciliter le rayonnement. Un réservoir en acier placé à la sortie du serpentin condenseur recueille l'anhydride sulfureux liquéfié, qui se dirige ensuite par un petit tube de cuivre vers le serpentin réfrigérant placé dans l'enceinte à refroidir. Le compresseur est actionné par un petit moteur électrique de 1/4 CV, par l'intermédiaire d'une courroie en V en caoutchouc entoilé, du type employé pour les courroies de motocyclettes. Le fonctionnement de l'appareil est entièrement automatique et ne nécessite aucune surveillance et aucune manœuvre. L'automaticité est obtenue à l'aide d'un contacteur à pression, de la façon suivante : Pendant que le compresseur tourne, il aspire les gaz provenant de l'évaporation dans le serpentin réfrigérant, dont la température diminue puisque l'évaporation absorbe de la chaleur. Mais comme la tension de vapeur d'un liquide en ébullition est fonction de la température d'ébullition, il en résulte que la pression à l'aspiration du compresseur diminue lorsque le serpentin réfrigérant se refroidit, et qu'inversement elle augmente lorsque le serpentin se réchauffe. Il suffit alors de faire agir cette pression d'aspiration sur un soufflet équilibré par ressort ou contrepoids et commandant un contacteur électrique, pour que le compresseur se mette automatiquement en marche lorsque le serpentin réfrigérant se réchauffe, et s'arrête lorsque la température du serpentin réfrigérant a diminué de nouveau par suite du fonctionnement du compresseur. Le réglage de la tension des ressorts, ou le déplacement des contrepoids équilibrant le soufflet, permet de régler les températures du serpentin réfrigérant correspondant à la mise en marche et à l'arrêt du compresseur, et par suite d'obtenir une température moyenne sensiblement constante et posée au degré voulu. Le serpentin réfrigérant « Frigidaire » comporte une cape cylindrique ou bouilleur, auquel sont soudés une série de serpentins en cuivre étamé qui constituent la surface d'échange entre le serpentin et l'air de l'enceinte à refroidir. L'arrivée de l'anhydride sulfureux liquide dans le bouilleur est réglée par un dispositif de pointeau commandé par flotteur, de telle sorte que le niveau du liquide dans le bouilleur reste automatiquement constant. On a prévu, de plus, dans ce serpentin, de petits tiroirs dans lesquels on peut faire congeler un kilogramme d'eau sous forme de petits cubes de 4 cm de côté, à l'usage de la table. Ces mêmes tiroirs peuvent servir à la préparation des crèmes glacées. Le serpentin que nous venons de décrire est placé dans une armoire isolée au liège, construite entièrement en métal émaillé extérieurement au « Duco » blanc, et dont le revêtement intérieur est constitué par une feuille de toile émaillée d'une seule pièce, à angles et coins arrondis, permettant un nettoyage facile. Le compresseur est placé à la partie inférieure de l'armoire; le tout forme un meuble de présentation élégante, et qu'il suffit de relier à une simple prise de courant électrique pour maintenir à l'intérieur sans aucune surveillance une température constante voisine de 4° centigrades. Nous avons pris comme type l'appareil « Frigidaire », parcequ'il est le plus perfectionné. Il en existe d'autres, plus simples, qui peuvent rendre des services analogues, et dont le fonctionnement est fondé sur les mêmes principes généraux. Il est inutile d'insister ici sur les détails de construction de ces diverses machines; qu'il nous suffise d'avoir montré que le froid peut être obtenu facilement pour l'usage domestique, dans des conditions qui, abordables dès à présent, ne pourront que s'améliorer par la suite. E. JARDRY.

Page 7

L'ARCHITECTE LES HABITATIONS A BON MARCHÉ (Fin.) L'inconvénient le plus grave de la législation actuelle est d'avoir disséminé entre de nombreuses administrations les diverses attributions et prérogatives. Le Ministère du Travail, la Caisse des Dépôts, le Ministère de l'Intérieur et celui des Finances interviennent pour la constitution des organismes, l'octroi des fonds ou diverses approbations. La Commission d'attribution accorde les prêts et le Comité permanent les subventions. Ont également leur mot à dire, les Comités de patronage et les diverses administrations préfectorales ou municipales. Nul doute que dans l'ensemble tous ces fonctionnaires, tous ces organismes soient pleins de bonne volonté, mais ils sont trop. Chaque administration, chaque comité a sa jurisprudence propre et cela est normal, mais ces diverses jurisprudences s'accordent souvent assez mal et se contredisent parfois. Une grande réforme de simplification s'impose. Il faut créer en France un Office National de l'Habitation sur le modèle de ce qui existe et fonctionne à la satisfaction générale en Belgique. Il faut que toutes les questions concernant les H. B. M. soient du ressort d'une seule Administration qui soit pour les organismes non pas un adversaire, mais au contraire un guide bienveillant et qualifié. Il faut que tout en prenant ses sécurités financières cet organisme se souvienne que la question des H. B. M. présente surtout un caractère social. Il faut que les dirigeants des Sociétés et Offices puissent être en toutes circonstances rapidement et sûrement renseignés. Il faut que lorsqu'un organisme d'H. B. M. a fait établir par les soins d'un architecte qualifié un programme, ce programme soit examiné une fois pour toutes par une seule Commission qui approuvera les plans et devis, accordera la subvention et accordera le prêt de l'Etat. Cette Commission doit être en premier lieu composée de représentants des groupements d'H. B. M. (Fédération des Offices, Union des Sociétés de Crédit Immobilier, Fédération des coopératives) elle devra comprendre des techniciens (architectes et entrepreneurs) désignés par leurs associations respectives. On lui adjoindra avec profit quelques personnalités connues pour leur dévouement aux œuvres sociales. Cette Commission ne devra comprendre qu'un nombre très restreint de fonctionnaires et surtout de fonctionnaires de l'administration des Finances qui ne veulent trop souvent voir dans l'œuvre des H. B. M. qu'une source de dépenses pour l'Etat en se refusant à considérer tous les avantages économiques et sociaux corrélatifs. Enfin l'attribu- Fig. 88. — Club à Budapest. — Plan d'ensemble.

Page 8

L'ARCHITECTE --- Page 60 Text Content tion des prêts devrait être une prérogative réservée au Ministre après avis de la Commission. Le bon sens est ici d'accord avec le Droit; il faut en matière d’H. B. M. comme en toutes autres, une autorité : seul le Ministre du Travail, responsable, paraît pouvoir engager les fonds de l'Etat. Depuis 1925 les organismes d'H. B. M. dont le développement allait sans cesse croissant ont souffert et gravement d'un resserrement de crédits. Les plus touchées ont été les Sociétés de Crédit Immobilier et spécialement les Sociétés de C. I. fonctionnant dans la région parisienne. Les Sociétés de C. I. ont obtenu en 1925 des avances très inférieures à leur faculté d'emprunt et surtout à leurs besoins réels. Pour ne prendre qu'un exemple, la plus importante d'entre elles, la Société Centrale de C. I. que préside M. Georges Risler, était saisie de milliers de demandes émanant toutes de chefs de famille remplissant toutes les conditions requises pour pouvoir réclamer l'application à leur profit de la « Loi Ribot ». Devant les avances notoirement insuffisantes qui lui ont été accordées la Société Centrale a été dans la très pénible obligation de ne donner satisfaction qu'à une minorité des demandeurs et d'éviter ou d'ajourner les autres; on peut évaluer sans exagération aucune à 5.000 au moins le nombre de pavillons qui auraient pu être édifiés en 1925 dans la région parisienne et qui n'ont pu l'être faute de crédits suffisants. Ainsi pour une économie mesquine, 5.000 familles sont demeurées dans des taudis au lieu de pouvoir jouir paisiblement de leur pavillon dans les meilleures conditions hygiéniques. On ne saurait trop s'élever contre cet état de choses. La dotation des organismes d'H. B. M. doit être suffisante pour permettre à toutes les demandes sérieuses de recevoir satisfaction sans délai. Quand on voit que le budget s'élève à plus de 40 milliards, que tant de dépenses coûteuses sont, sinon inutiles, du moins stériles, on se refuse à comprendre qu'en présence d'une crise du logement dont la gravité s'accroît chaque année, l'Etat ne fasse pas, au prix d'autres compressions s'il le faut, l'effort financier nécessaire et suffisant. L'avenir d'ailleurs peut être envisagé sous un jour plus favorable. Le sentiment avoué du Parlement est de favoriser coûte que coûte le développement de l'œuvre des H. B. M., de simplifier les rouages administratifs. Les organismes d'H. B. M. d'autre part qui, jusqu'à ce jour, combattaient en ordre dispersé ont compris l'utilité de la cohésion et leurs groupements respectifs, maintenant fédérés, constituent une puissance dont il serait vain de méconnaître l'importance et l'influence. Les grandes associations d'architectes ont également leur mot à dire en la matière, rien de ce qui touche à l'industrie du bâtiment ne doit les laisser indifférentes. Elles doivent suivre très attentivement cette question et faire connaître aux Pouvoirs publics leur sentiment et leurs vœux. En somme, en matière d'H. B. M. comme en tant d'autres il faut batailler âprement pour réaliser son but, bataille de l'intelligence et du dévouement social contre la routine et la médiocrité administrative. --- Figure Caption Fig. 89. — Club à Budapest. Façade du côté de l'entrée. ---

Page 9

L'ARCHITECTE LA CONSTRUCTION DES GARAGES A ÉTAGES En raison du nombre croissant des automobiles, beaucoup de grandes villes subissent, outre une crise de circulation, qui regarde l'administration publique, une crise de logement des voitures ; à celle-ci l'initiative privée peut seule remédier, par la construction de garages à grande capacité. Au début les automobilistes purent s'accomoder de remises ordinaires : avec le temps ces remises se virent adjoindre des ateliers, de l'outillage et des magasins de pièces détachées, postes d'essence, etc., et furent baptisées garages. Ceux-ci restèrent à rez-de-chaussée jusqu'au jour où, le nombre des voitures débordant de plus en plus leur capacité, l'on fut, comme jadis pour les habitations, amené à superposer des étages. D'ailleurs dans les grandes villes, où le prix du terrain est élevé, le garage à étages, comme tout immeuble à étages multiples, offre l'avantage économique d'une moindre dépense d'établissement par tête de locataire, sans compter l'intérêt que peut trouver le garagiste à une répartition de ses frais généraux sur un plus grand nombre de voitures. Pour être remisée à un étage, toute voiture doit y monter ou y être montée ; ce qui distingue les garages à étages en deux types : 1° les garages à rampes où la voiture en marche est conduite à son poste. 2° les garages à ascenseurs où la voiture est manutentionnée comme un objet inerte. Ces deux types ont naturellement leurs avantages et leurs inconvénients, et peuvent être combinés. Garages à rampes. — Aux garages à rampes on peut reprocher la surface perdue pour le rangement des voitures du fait des rampes et des

Page 10

L'ARCHITECTE tournants et la difficulté d'y monter une voiture en panne. Mais ces garages n'ont besoin ni d'appareils de manutention mécanique, ni de l'importante quantité d'énergie ou de personnel nécessaire à leur fonctionnement. Par les rampes, en cas d'incendie, avec assez de conducteurs présents, l'évacuation des voitures peut s'effectuer rapidement, à la vitesse de 18 kilomètres à l'heure si le passage est libre. En outre chaque voiture ayant sa liberté de manœuvre les embouteillages ne sont pas plus à craindre qu'en chaussée courante, si du moins la circulation intérieure, sur laquelle nous reviendrons plus loin, a été bien conçue. Garages à ascenseurs. — Aux garages à ascenseurs, qui tirent meilleur parti de la surface, on peut reprocher le personnel nécessaire à la manutention des voitures et la dépense élevée d'énergie correspondante. De plus malgré l'adjonction à chaque étage d'une plaque tournante pour orienter les voitures et quelquefois même d'un pont roulant pour les manutentionner à l'étage, les mouvements sont infiniment plus lents. La durée de manœuvre pour une voiture étant de l'ordre de deux minutes, les débits d'entrée et de sortie des voitures d'un pareil garage sont donc très inférieurs à ceux d'un garage à rampes. Ainsi d'un garage à rampes 200 voitures pourraient, en cas de sinistre, s'évacuer en 8 minutes, tandis que par monte-voitures leur descente une à une, ou deux à deux, pourrait durer de 1 à 3 heures. Enfin, bien que ces ascenseurs soient actuellement établis avec toutes sécurités contre les accidents de service, un arrêt dans leur fonctionnement reste toujours possible et, en pareil cas, le garage est totalement ou partiellement paralysé. Garages mixtes. — Pour cette raison, dans des installations importantes où la nécessité du fonctionnement prime beaucoup d'autres considérations, on n'hésite pas, deux précautions valant mieux qu'une, à prévoir deux monte-voitures actionnés par des modes différents d'énergie. De même dans un important garage à rampes on pourra prévoir un ou plusieurs monte-voitures, en particulier pour les voitures en panne. Bien que dans tout ce qui précède il n'y ait rien d'absolu et que seule une étude économique approfondie du projet puisse déterminer le choix de la solution, on peut admettre que les rampes doivent être utilisées dans les garages à grande capacité (3 à 400 voitures) et les monte-voitures (2 au moins) dans les garages de capacité moindre. Solutions diverses à rampes. — A part le système d'Humy (dispositif breveté pour tous pays), la plupart des rampes supposent des formes de bâtiments particuliers. Certains constructeurs la prévoient à la périphérie du plan, quelquefois même placée en encorbellement (garage pour 1.000 voitures, à Rome, construit par les Usines Fiat) d'autres à l'intérieur (garage de la Compagnie Générale des Voitures, boulevard Raspail, à Paris). Pour certains les rampes relient les planchers des étages successifs (garage rue de Chaillot à Paris); d'autres disposent le long de la rampe des séries de boxes intérieurs et extérieurs dont les seuils successifs suivent l'ascension de celle-ci (garages suivant les systèmes Pistor, Müller en Allemagne et Mitchel en Angleterre). De tout cela on peut tirer de multiples combinaisons suivant le tracé et le profil de la ou des rampes, tels que la vis hélicoïdale simple, la vis hélicoïdale double, la rampe en huit, etc... Ce système étant le plus pratique et le plus économique, on s'est efforcé d'en tirer le meilleur parti possible; mais toutes les solutions imaginées ont l'inconvénient de compliquer singulièrement le plan. R. MARSOLLIER. (A suivre.)

Page 11

L'ARCHITECTE EXPLICATION DES PLANCHES PLANCHES 43 à 46. — Club à Budapest. — Giuseppe Vago, architecte. L'architecte avait à transformer et à réunir deux villas de dimensions et de styles différents de façon à obtenir un bâtiment unique devant servir de lieu de réunion pour un club durant les mois de printemps et d'été. Il a fallu d'abord allonger l'une des villas, celle de gauche en entrant, pour l'amener à l'alignement de l'autre, puis construire entre les deux le hall central, et une colonnade, ou terrasse couverte, unissant les deux façades vers le jardin. La villa de droite était à un niveau plus élevé : M. Vago a tiré de cette situation l'avantage d'un agréable mouvement d'escalier dans le hall et sur la grande terrasse. L'aménagement intérieur des deux constructions primitives a été naturellement complètement changé, et les petites chambres, réunies, ont servi à établir de grandes salles. Au premier étage se trouvent : à gauche une salle de jeux presque carrée à quatre fenêtres, une terrasse avec pergola et un petit pavillon pouvant servir de refuge en cas de pluie ; à droite, trois petites salles de jeu et de petites chambres pour le personnel. En sous-sol sont situés : à gauche le vestiaire, un petit établissement hydrothérapeutique, le coiffeur, la salle de billard ; à droite, la cuisine avec ses dépendances, la demeure du concierge, etc... Toutes les parties nouvellement construites sont en ciment armé. Le toit du hall peut s'ouvrir. La façade est revêtue de marbre blanc, les encadrements des fenêtres sont en grès blanc avec ornements noirs presque géométriques. Pour donner une sensation de calme et de fraîcheur, le même coloris règne dans tout l'hôtel. Le pavé du hall est de marbre blanc et noir, les piliers, escaliers, estrades, de marbre blanc ; il y a un peu de couleur dans la nef gauche, dont les parois sont tapissées de toile écru, avec broderies de couleur, et les tapis de couleurs vives sur fond gris clair et noir. Les deux niches sont elles aussi revêtues d'un coloris très éclatant. Tout le reste est presque entièrement blanc avec un peu de noir : l'architecte a très justement voulu tenir compte de l'effet que produiraient dans ce cadre sobre et soutenu les habits masculins, les Fig. 92. — Concours de l'église votive de Jeanne d'Arc. — Plan d'ensemble.