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L'AMOUR DE L'ART RENÉ HUYGHE, DIRECTEUR LA RAISON MAIS L'AME PAR EUGÈNE MARSAN LE SENTIMENT DE L'ANTIQUE FÉVRIER 1935 PRIX : 12 FRANCS RÉDACTION : 63, AV. DES CHAMPS-ÉLYSÉES, PARIS (8°). — ADMINISTRATION, PUBLICITÉ : ÉDITIONS A. SEDROWSKI, 33, RUE CLAUDE-TERRASSE, PARIS (16°) 4571 BOURGE (Cher) 1001 31003 - BOURGEOISE

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ÉDITIONS AUGUSTE PICARD, 82, rue Bonaparte, PARIS-VIe L'œuvre de CAMILLE ENLART MANUEL D'ARCHÉOLOGIE FRANÇAISE DEPUIS LES TEMPS MÉROVINGIENS JUSQU'A LA RENAISSANCE PREMIÈRE PARTIE. — ARCHITECTURE RELIGIEUSE Tome I. — Période mérovingienne, carolingienne et romane. 1 volume in-8°, avec 225 illustrations... 60 fr. Tome II. — Période française dite gothique. Style flamboyant. Renaissance. 1 volume in-8°, avec 240 illustrations... 60 fr. Tome III. — Table alphabétique et analytique des matières. Répertoire archéologique départemental, par Rémy Delanney, 1 volume in-8°... 25 fr. SECONDE PARTIE. — ARCHÉOLOGIE CIVILE, MILITAIRE ET NAVALE 2e édition revue et augmentée par Jean Verrier, 2 volumes in-8°, avec 327 illustrations, 38 planches hors-texte et index... 120 fr. TROISIÈME PARTIE. — LE COSTUME 1 volume in-8°, avec 480 illustrations et index... 60 fr. Chacun de ces volumes existe aussi en reliure toile éditeur (12 fr. en plus) et en demi-reliure chagrin amateur, tête dorée (30 fr. en plus). Le manuel de Enlart est ainsi complet et forme maintenant un tout de six volumes. Pas un nom d'archéologie n'est plus familier que celui de Enlart aux étudiants et aux savants du monde entier, pour qui son manuel est devenu rapidement le livre classique par excellence. MAITRES DE L'ART ANCIEN L'ART PRÉHISTORIQUE, par R. de Saint-Périer. BOTTICELLI, par A. Alexandre. LES BRUEGEL, par F. Crucy. LES CLOUET, par A. Fourreau. ALBERT DURER, par J. Jedlicka. LES FEMMES PEINTRES AU XVIIIe SIECLE, par Ch. Oulmont. NICOLAS FROMENT, par A. Chamson. GIOTTO, par M. Brion. LE GRECO, par J. Cassou. GUARDI, par M. Tinti. HOGARTH, par R. Antral. LA TOUR, par Alfred Leroy. HOUDON, par E. Maillard. PISANELLO, par A.-H. Martinie. POUSSIN, par G. de La Tourette. PRUD'HON, par R. Regamey. PUGET, par F.-P. Alibert. REYNOLDS, par A. Dayot. RIBERA, par G. Pillement. HUBERT ROBERT, par P. Sentenac. LES SCULPTEURS DE REIMS, par L. Lefrançois-Pillion. PAOLO UCCELLO, par Ph. Soupault. LÉONARD DE VINCI, par T. Klingsor. Chaque volume avec 60 planches hors-texte en béliogravure broché, 20 fr.; relié, 25 fr. LES ÉDITIONS RIEDER, 108, boulevard Saint-Germain, PARIS (6e)

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AMOUR DE L'ART Rédaction : 63, avenue des Champs-Élysées, Paris (8e). Tél. Élysées 66-67. Administration-Publicité : Éditions A. SEDROWSKI, 33, rue Claude-Terrasse, Paris (16e). Tél. Jasmin 02-78. --- Si votre abonnement est terminé, Si vous n’êtes pas abonné, Si vos amis ne sont pas abonnés, remplissez ou faites-leur remplir la formule suivante qui vous évitera tout dérangement, et adressez-la aux ÉDITIONS A. SEDROWSKI, 33, rue Claude-Terrasse, PARIS-XVIe. --- Bulletin d’Abonnement ou de Renouvellement d’Abonnement à la Revue L’AMOUR DE L’ART --- Veuillez m’inscrire pour un abonnement d’un an. Veuillez renouveler mon abonnement pour un an. (Rayer la mention inutile.) A partir du mois de ___________________________ A __________ le ______________ 193_____ Au nom de M ___________________________________________________________ Signature : A l’adresse suivante : ____________________________________________________ --- CONDITIONS D’ABONNEMENT France et Colonies françaises --- Frs 95 --- Pays ayant adhéré à la convention de Stockholm --- Frs 150 --- Belgique --- — 107 --- Autres Pays --- Frs 175 ---

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ÉDITIONS A. SEDROWSKI, 33, rue Claude-Terrasse, PARIS (16°) EN SOUSCRIPTION LA DAMNATION DE SAINT-GUYNEFORT par EUGÈNE LE ROY OUVRAGE INÉDIT ILLUSTRÉ DE 30 BOIS ORIGINAUX DE MAURICE ALBE EDITION ORIGINALE Un volume format in-4° couronne (18.5 × 23.5), composé en vieux romain corps 16, présenté sous couverture remplie, en deux couleurs, et imprimé sur les presses du maître-imprimeur R. Coulouma, à Argenteuil, H. Barthélémy, directeur. Le tirage est limité à : 50 exemplaires sur Japon Impérial, numérotés en chiffres romains de I à L, contenant chacun une suite des bois...

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QUATRE CHEMINS 99, BOULEVARD RASPAIL, PARIS-VI, TÉL. LITTRÉ 46-20 GALERIE - LIBRAIRIE - ÉDITIONS --- GALERIE. Nos expositions : Du 12 au 25 Mars : Gregorio Prieto. (Peintures, dessins); Du 26 Mars au 11 Avril : Jean Cocteau. (Dessins pour les Enfants terribles); Du 12 au 26 Avril : Calvani. (Sculptures, dessins). LIBRAIRIE : Tous les livres d’Art, les publications sur le Théâtre et la Danse, Surréalisme et Dada. Occasions. ÉDITIONS. Dernièrement paru : Mythologie, poème inédit de Jean Cocteau, accompagné de dix lithographies originales de Giorgio de Chirico. Prix ...

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L'AMOVR DE L'ART DIRECTEUR : RENÉ HUYGHE DIRECTEUR-ADJOINT : GERMAIN BAZIN --- REVUE MENSUELLE FÉVRIER 1935. N° 2 SEIZIÈME ANNÉE --- SOMMAIRE TABLE D'ORIENTATION : La Raison mais l'Ame dans un Art complet . . . Eugène Marsan. LE MEUBLE ET SA FONCTION : Le Bureau . . . Pierre et Nicole Verlet. SOURCES DE POÉSIE : Le Sentiment de l'Antique dans l'Art moderne . . Waldemar George. DOCUMENTS : Dossier d'un primitif français : le Maître de Moulins . René Huyghe. EXAMEN DE CONSCIENCE : I. Chapelain-Midy. UN PROJET POUR L'EXPOSITION DE 1937 : Le Planétarium de Jean-Charles Moreux . . Waldemar George. UN FAIT, DES FAITS... L'Escamotage du Trocadéro . Germain Bazin. Échos et Informations . J.-M. Campagne. UNE EXPOSITION, DES EXPOSITIONS... Le Paradis terrestre . Michel Florisoone. Salons, Galeries et Musées . G. B. L'Urbanisme moderne . Phil. UN LIVRE, DES LIVRES... Une Histoire des jardins . Léonard Beck. Les Livres . R. H. et G. B. --- FRANCE 95 FR.; BELGIQUE 107 FR. RÉDACTION : 63, AVENUE DES CHAMPS-ÉLYSÉES, PARIS (8e), Téléphone ÉLYSÉES 66-67 Administration-Publicité : Éditions A. SEDROWSKI, 33, rue Claude-Terrasse, Paris (16e). Tél. Jasmin 02-78 ÉTRANGER 150 ET 175 FRANCS

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Comité d'Honneur : - Madame la Princesse CAËTANI DE BASSIANO - Madame COLETTE - M. Bernard BERENSON - M. Abel BONNARD, de l'Académie française - M. Gabriel COGNACQ, membre du Conseil des Musées nationaux - M. DAUTRY, directeur général des Chemins de fer de l'État - M. D. DAVID-WEILL, membre de l'Institut, président du Conseil des Musées nationaux - M. Henri FOCILLON, professeur à la Sorbonne - M. le Comte Hubert de GANAY - M. Jean GIRAUDOUX - M. Albert S. HENRAUX, président de la Société des Amis du Louvre - M. Étienne NICOLAS, amateur d'Art - M. Georges RENAND, amateur d'Art - M. Paul VALÉRY, de l'Académie française. --- Comité de Direction : - MM. René HUYGHE, - Germain BAZIN et Waldemar GEORGE. --- Comité d'Architecture : - MM. Auguste PERRET, - Louis SUE, André VERA. - Secrétaire général : - Jean-Charles MOREUX.

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TABLE D'ORIENTATION LA RAISON MAIS L'AME DANS UN ART COMPLET Par EUGÈNE MARSAN Les architectes et les décorateurs qui depuis un demi-siècle ont travaillé à l'élaboration d'un Art moderne ont pu errer, en fait, jusqu'à méconnaître les conditions secrètes ou avérées d'une œuvre durable. Comment nier toutefois l'excellence de leur rébellion? Ils ne se trompaient ni sur l'étrange et chaotique misère du XIXe siècle, qu'ils condamnaient passionnément, ni sur l'objet qu'il y avait lieu de poursuivre. À l'exemple de tous les temps, un style du nôtre. Les arts de la maison avaient tous dégénéré. Quelle effroyable décadence, proche de l'anéantissement! Dépourvus de toute invention, architectes et décorateurs se bornaient à corrompre les formes traditionnelles, voire à les mélanger, avec un prodigieux toupet, dans ces amas hétéroclites, scandales de l'esprit. Les deux problèmes qu'un style nouveau avait à résoudre pour se constituer, ce n'était après tout que les deux problèmes éternels de l'architecture, puisqu'il s'agissait : 1° de retrouver le secret perdu des proportions heureuses et 2° de tirer des limbes du possible les formes différentes qui à la fois conviendraient à d'autres habitudes et traduiraient une autre sensibilité. Mais, — par un tort criant, je l'avoue, — ces deux problèmes n'ont été perçus par les novateurs que tour à tour, l'un après l'autre, au lieu de leur paraître liés. Ils se sont d'abord attachés seulement à la forme, seulement à la ligne, seulement au contour, seulement au profil des choses. D'ailleurs en se trompant d'une manière tragique sur le sentiment et l'inflexion. Le siècle était voué à la simplicité, à la rapidité, à la vigueur, à la carrure, cependant qu'eux-mêmes, pauvres novateurs perplexes qui avaient pris le change, ne caressaient en songe — autour des années 1900 — que des lignes molles, imitées de la fumée, de la vague, de la liane. Puis, un grand revirement. La machine ayant imposé ses prestiges, tandis que le ciment étendait chaque jour son empire, les novateurs s'avisent que cet art d'une mollesse alambiquée qui les avait tous séduits tournait exactement le dos à l'esprit comme aux besoins du siècle; et ils n'eurent plus souci au monde que de se réduire à l'essentiel et de répondre mot à mot à la requête des nécessités. Nous en sommes là. Un art se développe ainsi qui ne cherche plus en soi l'agrément d'une ligne, qui même n'a pas craint de s'en interdire jusqu'à l'occasion, et qui même se croit certain de rencontrer dans la seule

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utilité, portée à son comble (du moins en théorie), sa chance incomparable. Un art de table rase qui accule l'architecture au pan simpliste et au parallélépipède ingénu, à la barre et au tube. Un art pourtant qui se targue de s'être soumis, le premier depuis tant d'années, à la raison. A la raison des nombres, à la divine proportion. Et à la raison du rôle, du service, de l'usage; à la logique de la nécessité; à l'ordre des destinations... Ce qui est vrai, je n'en disconviens pas. Tout au contraire je m'en réjouis et m'en félicite, satisfait que l'on soit parvenu à munir notre temps, le siècle des forces cosmiques, du style qu'il attendait, d'un grand style nu, propre à la fois à exprimer et à servir. Je me plains seulement d'un excès ou d'un manque, dans cette ostentation d'un rationalisme si partial qu'il en oublie les trois quarts des facultés et des exigences de Minerve. Car ce rationalisme outrancier contrevient aux lois mêmes de la raison lorsqu'il prétend se subordonner entièrement à l'utile, de telle sorte que les formes extérieures ne soient plus que les limites planes et rectilignes des espaces aménagés. La raison, en ce sens, n'en demande pas tant. Elle ne voudrait pas que le contenant dépendit à ce point du contenu. Elle se plaît aux façades. Elle se plaît aux ensembles impérieusement conçus en fonction des dehors, l'harmonie de ces dehors avec des intérieurs assujettis à la commodité ayant à se faire jour dans la gerbe ou le faisceau d'une seule inspiration louable. Et même lorsqu'il croit avoir égard, ce ratio-nalisme avantageux, uniquement aux lois de la raison, il les blesse encore, il les blesse définitivement par cette austérité qu'il affecte, par cette froideur de glace, par ce dénuement concerté. Il n'existe aucun chef-d'œuvre de l'art ni aucun chef-d'œuvre de la nature qui ne puisse être analytiquement ramené à des nombres préfixes. Mais aucun chef-d'œuvre non plus, ni le Parthénon, ni la statue humaine, ni la cathédrale gothique, ni cet exemplaire coquillage, ne fut jamais victime d'une telle érosion des surfaces ni d'un pareil décharnement de ses membres ou de sa pulpe. La raison de l'art n'est pas du tout apaisée par un schéma numérique. Elle n'y voit qu'une armature, et dont il lui arrive de n'avoir pas conscience; si bien que ce chiffre caché lui sert aussi fréquemment de vérification ultérieure que de point de départ. Les miracles d'un goût créateur. La raison des chefs-d'œuvre est celle-là qui toujours ajoute à la charpente des nombres ce surcroît de la vie : la diversité, l'accent, l'expression, et soit la grandeur soit la grâce, tout ce qui, pour finir, échappe en tout ou en partie au nombre ; fleur de l'ornement, sourire de l'intelligence, voix de l'âme. Comme les novateurs sentimentaux des années 1900, les novateurs rationalistes de notre temps ont presque tous accepté du XIXe siècle un certain legs pourtant plein de dangers et parfaitement irrationnel. Je parle de cet esprit de bizarrerie, de cet Ange ou de ce Démon du bizarre, auquel ils ne cessent pas de sacrifier. Que ne cèdent-ils plutôt au conseil d'une classicité véritable? Qui certes chérira les nombres et se pliera à leurs commandements, mais pour fleurir, mais pour chanter. La raison n'est pas facile. Elle ne se contente jamais de demi-mesures, fussent-elles pleines d'arrogance. Elle se fait mathématicienne rigoureuse pour fermer ses royaumes aux improvisateurs sans doctrine ou sans scrupule. Mais elle redevient musicienne aussitôt pour exclure un pédan-tisme appauvrissant, qui persiste à confondre la demeure et le laboratoire, et le palais avec l'usine. Eugène Manon

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LE MEUBLE ET SA FONCTION JEAN MIÉLOT. « LES MIRACLES DE NOTRE-DAME. » XV° SIÈCLE. LE BUREAU par PIERRE et NICOLE VERLET On a trop confondu l'histoire du meuble avec l'histoire des styles. Le style étant la marque individuelle d'une époque disparait avec elle, et ne relève plus, désormais, que du passé. Mais l'histoire du meuble contient un enseignement plus profond et toujours vivant. Les artisans de jadis ne cherchaient pas seulement à harmoniser le meuble avec le goût du temps, ils développaient au cours d'une expérience séculaire, enrichie par chaque génération, un sens plus aigu sans cesse et plus savant de l'adaptation du meuble à sa fonction humaine. A côté du développement épisodique du répertoire décoratif, il y a eu un développement organique du meuble. Notre époque a eu raison de ne plus s'inspirer du premier, source de plagiat, elle a eu tort de faire table rase du second. C'était couper le fil vital d'une évolution, revenir à des tâtonnements barbares, aboutir à des non-sens fonctionnels. On a ainsi créé des meubles d'une esthétique originale et neuve, ce qui était bien, mais en même temps souvent d'une ignorance technique de débutant, ce qui était inutile. L'Amour de l'Art esquissera quelques chapitres d'une étude du meuble dans ses rapports avec sa destination, que nos contemporains, apparemment férus de fonctionnalisme ont souvent sacrifié pourtant à la pure fantaisie esthétique. R. H. M euble d'usage par excellence, le bureau doit, dans sa forme, s'adapter aux besoins de l'époque, au lieu d'accepter les caprices de la mode. C'est ce qu'ont compris avant tout les gens du Moyen-Age et du xvième siècle; c'est ce que devraient entendre tous les décorateurs aujourd'hui. LE BUREAU-PUPITRE Au Moyen-Age, l'écriture, aux yeux de la multitude, est un art, art vénéré et presque redoutable. Au xiième siècle, l'auteur du Roman de Sidrac exprime l'opinion courante en disant : « Qui écrit, il travaille tout son cors et les ielz et la cervelle et les rains... » Les clercs, les scribes des chancelleries, les « gens des comptes », quelques rares écrivains ont seuls besoin de bureaux. Les premiers utilisent un pupitre, à pente assez raide, sur lequel on jette, parfois, une bande d'étoffe; sur ses côtés, s'étalent les rouleaux de vélin, on y tend les feuillets des manuscrits ou, comme sur un chevalet, on peint les enluminures. Dès l'époque carolingienne, dans les miniatures ou les ivoires, on voit le scribe, le plus souvent sous les traits d'un évangéliste, écrire sur ce pupitre et tenir d'une main sa plume et de l'autre son grattoir. Une niche, tirant partie de la déclinaison de la tablette, sert à ranger le parchemin et les instruments. Une encoche spéciale est souvent réservée, sur le pupitre, pour placer l'encrier, simple corne munie d'un bouchon. Les livres, au Moyen-Age, sont peu nombreux et le problème ne se pose guère encore de les caser à portée de la main. C'est l'époque des glossateurs : sur le livre unique qui se trouve devant eux, ils inscrivent dans les marges ou les interlignes, les réflexions que leur suggère le texte. C'est l'époque des copistes qui transcrivent aussi exactement que possible des textes antérieurs, et un seul volume,