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CÉRIA. SAINT-TROPEZ. LURÇAT. ALGÉRIENNE. Le Salon d'Automne LA PEINTURE Tous les ans nous étudions ici "l'état de la peinture française" telle qu'elle apparaît au Salon d'Automne. Toutes les fois nous nous efforçons d'en définir le caractère exact et les tendances nouvelles. Après avoir constaté en 1923, un léger fléchissement de l'influence jusqu'alors dominante de Derain, nous constations une poussée collective de l'art romantique qu'alimentait Vlaminck. Il fallait opiner pour le faux classicisme du mage de la rue Bonaparte ou pour l'art d'une sève plus saine, plus populaire de Vlaminck. Si nous situons aujourd'hui la jeune peinture française entre ces deux pôles opposés, c'est que plus que jamais, nous sentons le besoin d'affronter franchement le problème artistique actuel. Derain et Vlaminck représentent pour nous deux points cardinaux. Nous les citons seulement à titre d'exemples. Ils correspondent à deux mentalités distinctes. L'un signifie la récapitulation des moyens historiques, leur reconstitution et leur mise en valeur. Il signifie également l'artifice élevé au niveau d'une science, l'éclétisme exalté et justifié à l'aide d'une argumentation spécieuse mais fort subtile. L'autre incarne au contraire le libre développement d'un art direct et instinctif qui échappe à tout esprit critique. Des peintres d'une valeur égale aux précités ont eu une influence sur leurs contemporains. Cette influence se répartit en zones presque analogues à celles que contrôlent Derain et Maurice de Vlaminck. La connaissance de ces zones permettait d'établir des groupements d'écoles. Un tel exercice, nous est désormais interdit. Bien malins seront ceux qui pourront s'y livrer. DUREY. NATURE MORTE.

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L'AMOUR DE L'ART DEMEURISSE. FORÊT. L'abondance des Salons et des Expositions, l'incontestable succès du Salon des Tuileries, succès dû en partie au système des invitations qui autorise un filtrage préalable, ont porté ombrage au vieux Salon d'Automne. Tel qu'il est constitué en 1925 et malgré Matisse et Othon Friesz, ce Salon ne représente point l'état moyen de notre peinture. Le jury paraît pourtant avoir fait preuve d'une certaine clairvoyance et d'une hauteur de vues qui l'honorent beaucoup. Nombreuses sont les toiles cubistes ou dérivées du mouvement cubiste que le Tribunal du Salon a admises. Mais la présence de ces œuvres ne saurait modifier l'aspect MAURICE SAVREUX. PAYSAGE. terne de l'ensemble. Orientation, batailles d'idées, courants — des mots que tout cela. La plupart des peintres qui exposent cette année dans les baraquements du Jardin des Tuileries ne suivent aucune ligne de conduite. J'accueillerai d'ailleurs avec plaisir cette anarchie, cette haine des disciplines scolaires, cette guerre de partisans, où chacun défend par ses propres moyens les positions conquises. Mais tel n'est pas le cas de la majorité des exposants du Salon d'Automne. Ces artistes se montrent trop souvent incapables d'avoir une notion personnelle de la forme et une vision originale du monde. Je le répète, je me félicitais, il y a deux ans encore, de voir pâlir l'étoile de Derain. Avouerai-je qu'aujourd'hui je déplore cette éclipse. Que diable, la jeune peinture était tout de même moins veule sous le règne Derain! Recherche de lignes, de forme, de couleur, de facture? Les peintres ignorent ces préoccupations. Est-ce à dire qu'ils peignent comme l'oiseau chante? Non pas. Il y a dans leurs travaux une sorte de pédanterie sénile. Dans ces conditions l'imagerie constitue l'agrément principal du Salon. Gozare, Francis Smith et le marchand de pommes frites, Boyer sont sûrs d'y remporter la palme. C'est vers eux qu'iront tous les suffrages de ceux qu'ennuie l'art fabriqué en série, sans lyrisme, sans style, sans inquiétude, des peintres professionnels. Les imagiers facilitent "l'évasion". Ils nous transportent dans un domaine imaginaire. Ils créent la légende, la féerie et le mythe. Ils s'adressent à nos yeux mais ils parlent à notre cœur. Leurs œuvres avec celles d'un Rouault, d'un Chagall, d'un Utrillo, d'un Grosz, d'un James Ensor qui prodiguent des impressions, d'un ordre tout différent, sont l'ultime refuge de la sensibilité dans l'art contemporain. Les lecteurs de l' "Amour de l'Art" voudront bien excuser notre franchise. Mais, malgré notre sincère désir de tolérance, nous ne pouvons discerner au Salon d'Automne aucun indice d'un renouveau prochain de la peinture moderne. Et cependant cette peinture existe. En organisant sa grande, bien incomplète exposition de 25 peintres vivants à la galerie Druet, M. Alfred Athis nous a fourni la preuve de son éclat et aussi de sa vitalité. Les bonnes toiles du Salon sont si rares que les peintres, leurs auteurs, en retireront un réel bénéfice. Ces élus du destin se nomment Laprade, Kisling, Mondzain, Céria, Lotiron, Lurcat. Laprade acquiert un sens

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L'AMOUR DE L'ART Henri Matisse. Intérieur. Pruna. Jeune Espagnole. Kislings. Portrait. Mondzain. Nu Algérien.

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L'AMOUR DE L'ART POMPON. GORET. plus précis de la peinture à l'huile. Sa couleur se fait plus dense, plus matérielle. On aime que cet artiste donne corps à ses visions, qu'il les incarne, qu'il les matérialise. Les deux portraits de Kisling présentent un bien troublant alliage de formalisme et d'expressionnisme. D'une part, l'artiste soumet le caractère des personnages qu'il peint à une notion préméditée de la forme. D'autre part, il le souligne par une couleur appropriée. Nous devons à cette dualité des moyens d'expression des œuvres singulièrement intenses. Le dessin classique, bien qu'individualisé de Kisling supporte parfaitement la couleur symbolique qui le pare et l'étoffe. Les portraitistes anciens employaient parfois des moyens identiques. Je ne puis m'em- pêcher de songer devant les deux portraits de notre contemporain à l'italien Bronzino. Il faut toutefois recommander à Kisling d'accorder avec plus de circonspection les tons locaux et les couleurs de la lumière. Ses visages violemment éclai- rés sont mis en relief avec trop d'évidence. Il aurait intérêt à lier davantage les parties composantes du tableau. Simon Mondzain expose un nu et une Vue d'Alger. Le nu présente un agencement harmonieux de volumes. Il est d'une seule coulée. Sans recourir à la stylisation et sans sacrifier au motif, l'équilibre plastique, Mondzain a accompli une œuvre qui côtoie cette perfection aisée à laquelle il prétend. Avec son Guitariste et son Petit Pêcheur, le nu algérien est le meilleur tableau de ce peintre de figures, dont une exposition prochaine permettra de mieux appré- cier le talent. La Vue d'Alger vaut surtout par un accord parfait entre la couleur et la matière, par une soumission des détails à l'ensemble et par une écriture précise et incisive. Le proche Orient serait-il à la mode et cette mode annoncerait-elle une recrudescence d'intérêt pour l'œuvre d'Eugène Delacroix ? Jean Lurcat expose une Algerienne. Lurcat renonce à l'usage des tons complémentaires. Sur un fond très clair il dispose son registre de couleurs pigmentaires : noires, jaunes, rouges, bleus d'outre-mer. Il crée de la sorte un mouvement tonal, différent de celui des peintres impressionnistes. Il n'importe que Lurcat renouvelle la vision de l'Orient en substituant à l'orientalisme de bric-à-brac d'un Chassériau ou bien d'un Déveria et à l'orientalisme décoratif de Bakst, une notion plus abstraite de l'Afrique du Nord. L'adjectif "abstrait" appelle un commentaire. L'on s'est souvent demandé si Jean Lurcat pouvait être classé parmi les peintres cubistes. Il faut renoncer à ce mode de classement. Mais si cubisme veut dire degré d'intégration, on devra déplacer le problème. Si nous reconnaissons la raison d'être du style géométrique, nous ne pouvons admettre qu'on décerne à une toile l'épithète moderne alors seulement qu'elle exclut la présence de tout facteur figuratif. L'art de Jean Lurcat est du domaine de l'idéographie. Il n'exprime un corps que par ses traits saillants. Il réduit les solides à l'état d'épures et spécifie leur poids, leur densité, leur position dans l'im- VALDO-BARBEY. NU COUCHE.

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--- STERENBERG. NATURE MORTE. --- LEBASQUE. NATURE MORTE. --- SABBAGH. NU COUCHÉ. --- WELSCH. NU. --- FEDER. COMPOSITION. --- MARCEL ROCHE. BAIGNEUSE. ---

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L'AMOUR DE L'ART ginaire espace par la seule direction des contours. Robert Lotiron expose un paysage, où l'on retrouve ses qualités maîtresses, harmonie, mesure et sentiment ému devant les spectacles naturels. Céria ordonne des couleurs sonores. Il suggère la lumière, sans jamais la peindre. Il y a dans ses tableaux un éclat mat et grave. Céria est en passe de devenir un des bons paysagistes français. Admirons les dimensions de ses petits personnages et son sens de "l'échelle". Céria sait peindre la terre méridionale, cette terre cuivrée et rousse que dévore le soleil. Et reconnaissons que cet artiste s'affirme en pleine possession de ses moyens plastiques. La Baigneuse transparente et nacrée de Bonnard est établie sur un plan vertical comme une peinture murale. A aucun endroit du tableau la surface n'est trouvée. Bonnard exprime la profondeur et répartit ses plans en utilisant avec une grande adresse les couleurs rentrantes et les couleurs saillantes. La Promenade d'André Favory constitue une erreur. Erreur, malentendu? Favory s'obstine à appliquer aux thèmes contemporains un style hérité des Baroques : de Véronèse, de Rubens. On ne peut impunément juxtaposer une 10 H.P. Citroën, une baigneuse couchée "en raccourci", une baigneuse vue de dos. Favory est un peintre de "morceau" que hante la grande peinture. Or, l'époque des tableaux de Salon est désormais une époque révolue. La composition n'est pas une fin en soi, mais un mode d'expression. André Favory semble trop l'oublier. Quand Félix Valloton s'attaque au nu ou au portrait, il donne le change du goût par un dessin aigu et pénétrant. Tel n'est point le cas de ses paysages et de ses natures-mortes. Ceux qu'il montre au Salon sont d'une rare platitude. Je ne puis en aucun cas m'astreindre à reconnaître le mérite des toiles aussi exemptes de vie... Il nous reste à glaner. S'il subit l'influence d'Utrillo, Georges Aubry se révèle comme un peintre d'un talent véritable. Barat-Levrax éclaircit sa palette. Hélas, sa facture est encore un peu lourde. Sous le titre Cheveux d'or, Mme Crissay expose un nu blond et pâle d'une matière épaisse, d'une couleur incertaine, d'un dessin bien faible. Les plein-air de Clairin et d'Eugène Corneau évoquent parfois Théodore Rousseau; Geneviève Gallibert aborde une donnée plastique qui ne convient point à son talent primesautier, pittoresque et fait d'ingénuité. Cette jeune artiste que nous suivons avec beaucoup de sympathie, se doit de mieux connaître ses possibilités. Le Don Quichotte de Goerg est une œuvre, dont l'humour n'est peut-être pas absent, mais qui frappe, avant tout, par la sensation colorée qu'elle dégage. Les bistres, les blancs, les noirs, savamment triturés, permettent à Goerg de créer des harmonies très rares que soutient un dessin raffiné. L'influence moins forte que l'an dernier de Segonzac se fait jour pourtant dans les beaux paysages gris et verts du graveur Daragnès et dans le nu, peint au couteau à palette de Charlemagne. Albert Gleizes expose des tableaux à plusieurs éléments. Ces "compositions plurielles" forment une tentative curieuse d'inscrire dans une surface plusieurs thèmes plastiques liés entre eux par des fils invisibles. Si j'écris : invisibles, c'est que je ne puis parvenir à discerner l'idée directrice de l'artiste dans son application. Mais je ne doute point qu'il ait raison contre nous. Remarquons les bons envois de Guindet et de Lucien Mainssieux et constatons que M. Iacowleff tronque l'exotisme et le portrait mondain contre des sujets beaucoup plus plébéiens. On irait jusqu'à le confondre avec Ivan Pougny. Un paysage de Grunschweig sec, coloré, précis, d'une belle tonalité d'un caractère très nettement prononcé. Des nus de Welsch, de Marcel Roche, de Sabbagh, un nu de Valdo-Barbey, la première figure que ce peintre réussisse pleinement. Valdo-Barbey est en très grand progrès. Sa couleur et sa pâte font corps avec la forme. Une fois de plus Laglenne se montre un homme de goût. Sachons gré à ce peintre de ses belles inventions. Son rouge qui se détache sur un GARGALLO. CHRIST EN CROIX. ANDRÉ FAVORY. LA PROMENADE.

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GENEVIÈVE GALLIBERT. BAIGNEUSES. MANÉ-KATZ. PORTRAIT. STERLING. NATURE MORTE. RIJ-ROUSSEAU. LA CHASSE A COURRE. PIERRE BONNARD. LE BAIN. EUGÈNE ZAK. COMPOSITION.

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L'AMOUR DE L'ART MME DE SZCZYT LEDNICKA. BUSTE DU BARON ROMANO AVEZZANA. CHANA ORLOFF. DINDON. HERNANDEZ. BAIGNEUSE. GIMOND. BAIGNEUSE.

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L'AMOUR DE L'ART fond brun-havane et d'un effet tout à fait imprévu. Laglenne sait l'art d'amener une couleur. Le russe Terechkowitch subit franchement l'influence de Lurçat. Je lui préfère Lanskoï, coloriste charmant et spirituel. Le paysage de Brabo est un peu monotone. Gondouin et Villon représentent le cubisme littéral et conçoivent toutes les formes comme des prismes. Les japonais nombreux à ce Salon, subissent de multiples influences. Quant ils n'emboîtent point le pas à Foujita, ils suivent Raoul Dufy ou bien Vlaminck. Le plus doué d'entre eux me paraît Sawaïto. Un cubisme légèrement teinté de purisme se révèle dans les excellents envois de Frenkel et de Sterling. Mlle Mercédès Legrand et Mlle Gellett doivent être complimentées pour leurs recherches hardies. Les russes, non moins nombreux que les nippons, ont un certain penchant pour les tableaux à contrastes de facture. Je ne citerai que les meilleurs d'entre eux : Telistchew, auteur d'une nature morte de fruits et David Sterenberg qui s'oriente vers un art plus concret. Eugène Zak abandonne peu à peu le style décoratif. Puisse t'il dessiner sur nature! Théophile Robert peint des Baigneuses qui sont aux figures de Léopold Robert, ce qu'un Arnoux peut être à l'authentique imagerie populaire. Bien qu'il reste assez près de Vlaminck, Osterlind montre un don certain de coloriste. Henri de Waroquier marque un point d'arrêt. L'aquarelle, mode de natation direct, convient beaucoup mieux à ce peintre que l'huile. On pourrait faire au sujet de la grande nature morte de Durey les mêmes réserves que l'on a formulées devant le portraits de Kisling. Ce beau peintre, capable de mener de main de maître une toile, a souvent tendance à se servir de fonds sombres, comme de repoussoirs pour mettre en valeur les parties plus claires de son tableau. Il en détruit ainsi l'unité harmonique. Le portrait de Mme Nazmiona par Kees Van Dongen est une œuvre brillante. Voilà qui nous sauve de l'ennui. Je veux également signaler une très belle nature morte d'un coloris doré, d'un métier libre et franc, d'un rythme tonal impétueux, de Dufrénoy. Pruna secoue le joug de Picasso. Son dessin sans contrainte, témoigne aujourd'hui de sa libération. Hofer campe un nu gracieux, sans mièvrerie. Demeurisse expose un paysage, dont la surface rugueuse a la saveur des poteries de grand feu. Enfin Feder présente une petite composition striée de couleurs chatoyantes. La composition de Friesz est confuse. Les deux intérieurs de Matisse sont criblés de couleurs. Le tableau truculent de Lebasque justifie nos espoirs. Comme je l'indiquais dans un récent article, ce peintre renonce de plus en plus à la technique impressionniste et ordonne des couleurs locales. Le nu peint largement de Lombard, le paysage d'un vert intense et mat de de Pierre Girieud, le portrait en plein air de Charlot doivent être remarqués. Des paysages de ville de GhyLem et Mauny prouvent l'intérêt que portent à l'urbanisme les artistes modernes. Le Salon d'Automne révèle également quelques peintres inconnus : Veissberg qui subit l'ascendant de Gromaire, Gillon, dont la Porte-St-Martin procède d'Utrillo, mais décèle un don indiscutable et Eibisz, dont la petite nature morte est une des œuvres les mieux harmonisées du Salon d'Automne de 1925. LA SCULPTURE Si le jury de la peinture a fait preuve d'une réelle tolérance, celui de la sculpture s'est montré, au contraire, incompétent, borné et arbitraire. Parmi les statues refusées je retrouve une terre cuite de Manès et une étude de Mlle Codréano. Je me demande en vertu de quel canon académique le jury s'est-il arrogé le droit de refuser ces œuvres. Manès travaille dans la même direction que Lipchitz et Laurens. C'est un jeune artiste dont les recherches méritent d'être soutenues. Mlle Codréano a subi l'influence de Constantin Brankusi. Sa figure forme un bloc compact et idéal, dont les profils légèrement incurvés expriment la forme. Je félicite l'omnipotent jury de sa sage décision! S'il était renouvelable, je dirais qu'il s'est discrédité une fois pour toutes. Parmi les œuvres admises et dues aux sociétaires, nous remarquons les sculptures de Martel, de Mme Chana Orloff, de Gargallo, d'Hernandez, de Clara, de Pompon, de Gimond, de Bernard, de Mme Lednicka. Les frères Martel exposent toute une série de bouchons pour radiateurs d'autos. Ces sculpteurs ont trouvé une forme bien adaptée à sa destination. Les oiseaux de Chana Orloff et de Pompon, encore qu'ils participent de conceptions tout à fait différentes, attestent une renaissance du genre animalier. Gargallo expose un Christ en croix; si belle et si neuve que puisse être la technique de l'artiste espagnol, elle cadre mal avec son thème plastique dont le traitement est nettement médiéval. Le portrait de Mlle Fontainas par Clara est supérieur aux œuvres monumentales qu'exécute cet artiste catalan. Primitif de facture il décèle pourtant une maîtrise remarquable de la forme. Cette maîtrise, nous la retrouvons dans la statue hanchée de Marcel Gimond. Gimond quitte la voie tracée par Aristide Maillol. Il y a dans sa figure un rythme dynamique qui la différencie des sculptures statiques de son maître. Mme Lednicka nous montre un buste sobre et austère du baron Romano-Ovezzana, ambassadeur d'Italie à Paris. La Baigneuse en grès de Matéo Hermadez, inspirée des sculptures égyptiennes, n'a pas la plénitude des statues antérieures dues à ce bel artiste. WALDEMAR GEORGE.

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L'ANCIEN HOTEL DU ROI JEROME, AFFECTÉ PAR L'ÉTAT, SUR PROPOSITION DE M. DE MONZIE, A L'INSTITUT DE COOPÉRATION INTELLECTUELLE DE LA SOCIÉTÉ DES NATIONS UNE DES SALLES.

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DEGAS. PORTRAIT DE DIEGO MARTELLI, GRAVEUR. La Collection Viau I. - La peinture moderne La collection de M. le D’Viau témoigne du parfait discernement de son propriétaire. Admis au temps de son adolescence dans l’intimité du Comte Armand Doria puis chez ses amis Rouart, M. Viau développa plus tard son goût au contact des œuvres de Manet, de Corot, de Daumier, de Degas et des Impressionnistes. Sa collection embrasse toute une époque de la peinture française. On y voit les œuvres de Delacroix, Corot, Millet, Daumier, Degas, Jongkind, Puvis de Chavannes, Gauguin, Lautrec, Monet, Renoir, Pissarro, Sisley, Guillaumin, Berthe Morisot, Mary Cassatt, Boudin, Fantin-Latour, Carrière et des vivants: Bonnard, Vuillard, Roussel, Valtat, Albert-André, d’Espagnat, Denis, Durenne, Lebasque, Guillaumin, Lebourg, etc. Est-ce à dire que tous les peintres sont représentés à la collection de M. Viau par des œuvres typiques ? Il ne semble pas que ce fut là le but poursuivi par cet amateur éclairé. M. Viau est assez passionné de peinture et assez raffiné pour préférer aux « tableaux de Musée » des œuvres de premier jet, exceptionnelles dans la production d’un artiste. Il se complaît avec une rare patience à ce genre de recherches. Son érudition, la sureté de son œil l’aident à découvrir les qualités d’une œuvre, si imprévu qu’en soit le caractère. Si je m’astreignais à suivre l’ordre chronologique, je commencerais cette étude par Delacroix, Corot et Daumier. Mais je n’oublie point que le centre de gravité de la collection Viau est formé par Degas. Ce grand peintre apparaît ici dans toute sa plénitude. On peut suivre à travers ses tableaux, pastels et dessins, dont un certain nombre proviennent de la vente posthume, tous les stades de son évolution. Le docteur Viau a apporté un soin particulier à constituer dans l’appartement qu’il occupe boulevard Malesherbes un ensemble d’œuvres d’Edgar Degas, susceptible de donner une idée complète de son talent. Il ne s’est point arrêté