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CIMAISE ISSN 0009-6830 art et architecture actuels 31e année N° 171-172 août-sept.-oct. 1984 present day art and architecture 75 F.

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1953 ... 1984 Depuis plus de 30 ans Cimaise poursuit son défrichage de l'art actuel. Célébre pour ses « visites d'ateliers » qui constituent à travers le temps mieux qu'un dictionnaire, une véritable encyclopédie de l'art contemporain, Cimaise, revue bilingue français-anglais) à vocation internationale, a des abonnés dans 63 pays : Administration-Rédaction : 8, rue Récamier, Paris-7e, Tél.: 544-04-82 --- France : 270 F. --- Etranger : 360 F. --- Spécimen sur demande --- Algérie R.F.A. R.D.A. Andorre Angleterre Argentine Australie Autriche Belgique Bénin Brésil Bulgarie Cameroun Canada Chili Chine Congo Corée du Sud Côte d'Ivoire Danemark Espagne Finlande Gabon Grèce Hollande Hongrie Irlande Islande Israël Iran Italie Japon Kenya Luxembourg Lichtenstein Madagascar Malaisie Mali Maroc Mexique Monaco Népal Nouvelle Zélande Nigeria Norvège Panama Portugal Pérou Roumanie Sénégal South Africa Suède Suisse Syrie Tchécoslovaquie Pologne Tunisie Turquie URSS Uruguay USA Venezuela Yougoslavie Commission paritaire 60991

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GALERIE ERVAL 16, rue de Seine – 75006 Paris 354 73 49 --- FIAC Grand Palais - Paris 20 - 28 octobre --- JOHN FRANKLIN KOENIG exposition personnelle --- A LA GALERIE ATLAN GILIOLI POLIAKOFF 10 octobre - 10 novembre

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GALERIE JOACHIM BECKER 7, rue Bivouac Napoléon – 06400 Cannes Tél. (93) 38.20.48 - 94.51.25 FIAC Grand Palais - Paris 20 - 28 octobre LUIS LEMOS

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galeries d’art international paris - chicago 12, rue jean ferrandi - 75006 paris - (1) 548.84.28 --- 19 septembre - 20 octobre UNGER 24 octobre - 1er décembre TOMISLAV 5 décembre - 26 janvier GILIOLI --- FIAC - GRAND PALAIS du 20 au 28 octobre --- edo murtić --- jean edelmann ---

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CIMAISE ART ET ARCHITECTURE ACTUELS PRESENT DAY ART AND ARCHITECTURE 31e année N° 171-172 Août-Septembre-Octobre 1984 --- Directeur-Rédacteur en Chef : Jean-Robert Arnaud Conseillers : John Franklin Koenig, Ante Glibota Adjoint à la rédaction pour le CANADA : Henri Barras Administration-Rédaction : 8, rue Récamier, Paris 7e. Tél. 544.04.82 Impression : Société Mondiale d’Impression, 3, rue Maurice Loewy, Paris 14e. Tél. 327.15.40 Secrétaire général : René Barzilay Secrétaire de rédaction : Luis Lemos Distributeur pour le Canada : Leo Bonneville “Séquences” 4005 rue de Bellechasse - Montreal H1X 1J6 Téléphone : (514) 288-3764 --- Prix Ce double numéro : --- Le numéro : --- France : 75 F. --- France : 55 F. --- Étranger : 85 F. --- Étranger : 70 F. --- Abonnement 6 numéros : France : 270 F. Étranger : 360 F. --- Couverture Jean Dubuffet (détail) --- L’actualité internationale Auteur --- Titre --- Page --- Jean-Claude Groshens --- A propos de Venise --- Roger Bordier --- L’aventure géométrique et cinétique --- Jean-Robert Arnaud --- D’une sculpture l’autreFrom a sculpture to an other --- Visites d’ateliers Auteur --- Titre --- Page --- Michel Ragon --- Edo Murtić --- Claude Bouyeure --- Jean Edelmann --- Ch. Derouet --- Talman :Par delà la fenêtreBeyong the window --- Europe - USA - Japon Location --- Auteur --- Titre --- Page --- Paris --- J.R. Arnaud --- A propos de John F. KoenigC’était tout à fait au débutIt was at the very beginning --- M. Ragon --- Lettre anniversaireAnniversary letter --- New York --- Dore Ashton --- A propos de J.F. Koenig --- Tokyo --- Sinichi Segui --- Six questions et une réponseSix Questions and One Answer --- 6265 --- Luxembourg --- L. Thorn-Petit --- La fête de la vieThe Celebration of Life --- 6667 --- Tokyo --- Myoko Urushihara --- J.F. Koenig --- Architecture Auteur --- Titre --- Page --- Michel Ragon --- Architecture et art minimalArchitecture and Minimal Art --- Visites d’ateliers Auteur --- Titre --- Page --- Claude Bouyeure --- Claude Lagoutte --- Gérard Xuriguera --- Cerredo --- L’actualité à Paris Auteur --- Titre --- Page --- Annick Pély-Audan --- Expositions --- Les traductions en anglais sont de Jérôme Reese

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Jean Dubuffet - Photo D. Abadie. 41° BIENNALE DE VENISE PAVILLON FRANÇAIS JEAN DUBUFFET “MIRES” PALAZZO SAGREDO Cane - Cauwet - Cesar - Debré - Favier - Hartung Hélion - Meurice - Pagés - Péricaud - Titus Carmel - Viallat --- A propos de Venise par Jean-Claude Groshens Venise comme tous les autres lieux qui balisent l’univers des grandes manifestations est devenue une institution sans surprise dans sa présentation comme dans sa critique ; de même que dans son environnement qui bannit toute convulsion aussi bien dans le domaine de la création que dans celui de la contestation. Les commentaires pourraient finalement se réduire à quelques citations tout comme une partie de la matière à laquelle ils devraient s’appliquer. Venice, like the other places which are beacons in the world of large manifestations, has become an unsurprising institution in its presentation and in its criticisms; as much in its environment which banishes any convulsions in the domain of creation or in that of contesting. The commentaries could easily be reduced to several citations, like a part of the material they should be applied to.

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Palazzo Sagredo : peintures de Hélion - Photo Giacobelli. Il n’est en rien paradoxal qu’en croissant et se multipliant les confrontations dans le domaine des arts plastiques perdent toute prétention à représenter l’ensemble des doutes et des espoirs que véhiculent les créateurs, en même temps qu’à être colloques et conciles. Bilans casuels et réguliers, expositions temporaires parmi d’autres, elles sont une simple pièce parmi toutes celles qui composent le système de l’esthétocratie au sens que s’amuse à donner à ce terme Pol Bury dans ses “Gaietés de l’Esthétique”. Dans la série d’expositions qui se trouvent rassemblées à Venise, les deux confiées à Daniel Abadie et réalisées grâce aux maigres crédits de l’Association française d’action artistique, avec le concours de Peugeot-Talbot Italia pour l’une d’entre elles, sont muséographiquement exemplaires. Nul n’en a été surpris. A l’opposé, cependant, des expositions muséales habituelles, ces manifestations internationales prétendent avoir un enjeu politique : les nations qui entendent occuper une place dans l’élaboration de l’art veulent marquer l’influence des artistes qu’elles considèrent comme illustrant leur rayonnement. Dans cette démarche, le rôle des États se voudrait déterminant. Face aux rivalités internationales, aux luttes d’influence des critiques et des marchands, ils entendent faciliter par tous les moyens en leur possession l’expression de leurs créateurs sur les scènes extérieures. Les pays étrangers auxquels la France se trouve quotidiennement confrontée font preuve en la matière d’un dynamisme incontestable : leurs peintres It is in no way a paradox that in growing and in multiplying, confrontations in the domain of the plastic arts lose all pretentions of representing the ensemble of doubts and hopes which inspire artists, as well as being colloquiums and councils. Casual and regular assessments, temporary exhibitions among others, each is a single element among all those which make up the system of esthetocracy in the sense of the meaning Pol Bury gave to the term in his “Gaieties of the Esthetic”. Included in the series of exhibitions assembled in Venice, the two entrusted to Daniel Abadie, made possible by meager donations from the “Association Française d’Action Artistique” with the help of Peugeot-Talbot Italia for one of the two, are museographic and exemplary. No one was surprised. On the other hand, nonetheless, the typical museum exhibitions, these international manifestations claim to having a political role: the nations which intend on having their place in the elaboration of art want to show the influence of the artists they consider to be the examples of their prestige. In this procedure, the role of the States would like itself to be a determining one. Faced with international rivalries, with the influence of art dealers and critics, they intend with all the means in their possession to facilitate the expression of their artists on the world scene. The foreign countries France is daily confronted with have shown an undeniable dynamism: their painters find, through the British Council, the Goethe

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Palazzo Sagredo : peintures de Hartung, sculptures de Péricaud - Photo Giacobelli. trouvent, auprès du British Council, du Goethe Institut, de la Japan Foundation, ou de nombreuses fondations américaines, l'appui d'organisations puissantes, professionnelles, politiquement indépendantes et s'appuyant très largement sur les forces économiques les plus actives. Dans cette perspective, il est bien certain que les manifestations nécessairement limitées qui épuisent l'activité pourtant inlassable des agents et les crédits de l'Association française d'action artistique ne peuvent, du point de vue auquel se placent les représentants des relations extérieures, atteindre leur objectif premier. Elles deviennent une sorte de fin en soi alors qu'elles devraient susciter un dynamisme dans lequel elles s'inséreraient. Il y a là peut-être un problème de moyens – la dotation de l'A.F.A.A. est mince –, mais aussi d'un état d'esprit. La société muséale ne peut se substituer à la société marchande. Ce n'est pas à l'administration de faire la promotion de "ses" artistes qu'ils soient ou non "ses" nationaux. Il ne faut pas perdre de vue que dans ce domaine, s'il est important d'être présent, de la manière la plus brillante, dans une manifestation internationale, il est tout aussi important que le relais soit pris dans la vie quotidienne par les artistes et les marchands. Il y a là un impératif de stratégie culturelle, le marché, ne l'oublions pas, étant à sa manière la garantie ultime des choix individuels et un élément de développement de l'intelligence créatrice. J.Cl. Groshens Institute, the Japan Foundation, or through numerous American foundations, the help of powerful professional and politically independent organizations backed by the most active economic forces. In this perspective, it is certain that the necessarily limited manifestations which exhaust even the indefatigable agents and credits of the Association Française d'Action Artistique cannot, from the point of view of the representatives of international relations, attain their primary objective. They become and end to themselves when they should be inciting a dynamism they would be a part of. There is perhaps a problem of means – the endowment of the A.F.A.A is meager – but also one of state of mind. The museum society cannot replace the society of art dealers. It is not up to administrations to promote "its" artists be they its citizens or not. One must not lose sight of the fact that in this domain if it is important to be present, in the most brilliant manner, in an international manifestation, it is just as important that the relay be taken up in daily life by artists and dealers. There is an imperative of cultural strategy, the market, let us not forget, being the ultimate guarantee of individual choices and an element of development of creative intelligence. J.C. Groshens

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Paris Art Center : Carte blanche à Denise René. Roger Bordier AVENTURE GÉOMÉTRIQUE ET CINÉTIQUE Paris Art Center CARTE BLANCHE A DENISE RENÉ En donnant ainsi Carte blanche à Denise René, Paris Art Center nous permet de faire le point, avec une remarquable exactitude, sur les origines, l’ampleur et la qualité d’une démarche infiniment plus variée que ses détracteurs ne le prétendaient. Peut-être le prétendent-ils encore, au demeurant, peut-être n’ont-ils pas désarmé, si leur nombre s’est restreint, mais il faudrait aujourd’hui une singulière mauvaise foi, avec ces années de recul et devant une telle exposition, pour soutenir des arguments qui eurent leur temps de succès et semblent maintenant bien dérisoires. Sans doute faut-il faire honnêtement la part des choses : cette prodigieuse tendance de l’art moderne que recouvre une terminologie elle-même assez stricte : constructivisme, géométrisme, cinétisme, fut aussi parfois desservie par un excès de zèle rigoriste auquel cédèrent, en certains cas avec peu d’élégance, quelques-uns de ses défenseurs. Nous entendons parler de ceux qui, sous prétexte d’affirmer le caractère logicien, du reste indéniable, de l’idée contemporaine, confondaient un peu trop aisément – ou maladroitement – raisonner et ratiociner. Heureusement, nous n’en sommes plus là, mais peut-on rappeler que d’autres, et l’auteur de ces lignes a la faiblesse de s’en souvenir, refusèrent de tomber à l’époque dans le double piège du dogmatisme et du laxisme en montrant qu’il n’existait nulle incompatibilité entre l’exigence de construction et la valeur de poésie, entre la source émotionnelle et l’expression maîtrisée, entre l’intelligence de la fin et la sûreté du moyen. C’est In giving carte blanche to Denise René, the Paris Art Center gives us the opportunity to sum up, with a remarkable exactitude, the origins, the amplitude, and the quality of a process infinitely more varied than its detractors claimed. Perhaps, for all that, they still claim it, perhaps they haven’t disarmed, if their number has decreased, but one would have to have particular bad faith today after years of hindsight and with such an exhibition, to sustain arguments that were once popular and which now seem derisory. One must, no doubt, take things honestly into consideration: the prodigious tendency of modern art which spans a terminology which is itself strict: constructivism, geometricism, and cinetism, which were sometimes disadvantaged by an excess of rigorous zeal which some of its defenders sometimes inelegantly resorted to. We are speaking of those who, under the pretext of affirming the logician characteristic of contemporary ideas – in itself indeniable – too easily confused reasoning with splitting hairs. Fortunately, times have changed, but one may remember that others – and the author of these lines has the weakness of remembering – refused to fall at the time into the double trap of dogmatism and laxism, in showing that there was no incompatibility between the requirements of construction and the merits of poetry, between the source of emotion and controlled expression, between intelligence and sureness of means. All this is made evident, with a very communicative ardor, youthfulness, and a lively and tonic

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Paris Art Center : Carte blanche à Denise René. bien tout cela que met en évidence, avec une sorte d’ardeur très communicative, une jeunesse, un charme vif et tonique, l’ensemble des œuvres où se retrouve, précisément, cette réelle diversité inscrite dans un discours plastique qui est aussi un mode de réflexion sur l’art. Le choix fait par Denise René témoigne à la fois de son intérêt pour une esthétique définie et de la passion sans faille, si l’on peut dire militante, qu’elle mit à la défendre. Les fidélités sont trop rares, en un domaine où l’opportunisme a facilement droit de cité, pour que l’on ne salue pas celle-ci comme il convient. Gilles Plazy écrit très justement, dans le catalogue : “Gardons-nous bien de considérer une telle exposition comme le document d’une expérience passée. Cet art-là est vivant à jamais”. En effet. Il suffit de regarder. Vivants, et annonçant d’autres vies, ce Magnelli superbe, ce Mondrian, ce Malévitch, ce Calder, ce Tinguely, ce Tomasello, ce Dewasne, ce Cruz Diez... On ne saurait énumérer, et de toute façon, l’essentiel est ailleurs : très exactement dans la vigoureuse unité alliée à la finesse des langages qui signale cette exposition intitulée “Aventure géométrique et cinétique” et articulée sur des phases historiques : les pionniers, la deuxième génération, la troisième génération. Et elle se poursuit, cette aventure. Le très beau catalogue que nous venons de citer en fournit, déjà, une preuve assez précise. Il constitue, en fait, et bien au-delà d’une intervention circonstancielle, un témoignage dont la valeur bibliographique ne manquera pas de retenir l’attention de bien des amateurs. Un appareil iconographique d’une parfaite clarté et des textes forts pertinents composent un ensemble digne d’un tel enjeu. Roger Bordier charm, by the group of works where can be found, precisely, this real diversity in a plastic discourse which is also a mode of reflection on art. The selection of works made by Denise René testifies both to her interest in a definite aesthetic and to her unending – militant even – passion in defending it. Fidelity is too rare in a domain where opportunism prevails. Gilles Plazy has written, very justifiably, in the catalog: “Let us keep ourselves from considering such an exhibition as the document of a past experience. This is a living art.” Indeed, one only has to look. Living, and announcing other lives: this superb Magnelli, the Mondrian, the Malevitch, the Calder, the Tinguely, the Tomasello, the Dewasne, the Cruz Diez... There is no need here to list them all, and, in any case, the essential is elsewhere: very exactly in the vigorous unity allied with the subtlety of the languages which indicate this exhibition entitled “Cinetic and Geometric Adventure”, articulated in historic phases: the pioneers, the second generation, the third generation. This adventure continues. The very handsome catalog I have cited from provides very precise proof. It constitutes, in fact, and far beyond circumstantial intervention, a testimony whose bibliographical value will not fail to attract the attention of many connoisseurs. An iconography of a perfect clarity, and highly pertinent texts, make up an ensemble worthy of such an enterprise. Roger Bordier