Page 1
CIMAISE art et architecture actuels No 153 - 154 present day art and architecture 60 F. ISSN 0009-6830
First pages of the volume, freely accessible.
CIMAISE art et architecture actuels No 153 - 154 present day art and architecture 60 F. ISSN 0009-6830
GALERIE DANIEL GERVIS 34 rue du bac Paris 261 11 73 Sur rendez-vous seulement FIAC 81 stand B 26 MARTA PAN (Note: The image also contains a large abstract painting on the right side, which is not text and thus not included in the Markdown output as per instructions to extract only textual content.)
GALERIE BELLINT 28 bis Boulevard de Sébastopol 75004 Paris Tél. 277 38 46 - 278 01 91 FIAC 81 exposition personnelle de ARPAD SZENES oeuvres sur papier A LA GALERIE MICHEL HUMAIR 7 octobre - 7 novembre DROULERS 12 novembre - 12 décembre en permanence peintures de AMORIN - BAZAINE - BELLMER - BRYEN - BERTHOLLE BOUMEESTER - COLLOT - DOWNING - DROULERS - FAGNIEZ MICHEL HUMAIR - J.F.KOENIG - LALAN - LANSKOY - LA SERNA LUC PEIRE - POLIAKOFF - SALVADO - SEILER sculptures de FENOSA - FERAUD DIETRICH MOHR - SUBIRA-PUIG
Franzheim GRAND PALAIS PARIS FIAC emplacement C 44 Tél.296 02 82 296 46 93 galerie d'art international - 75006 paris 12, rue jean ferrandi - téléphone 548 84 28
CIMAISE ART ET ARCHITECTURE ACTUELS PRESENT DAY ART AND ARCHITECTURE 28e année N° 153-154 Octobre-Novembre 1981 --- Directeur-Rédacteur en Chef: Jean-Robert Arnaud Conseillers: John Franklin Koenig, Ante Glibota Secrétaire général: René Barzilay Secrétaire de rédaction: Luis Lemos Adjoint à la rédaction pour le CANADA: Henri Barras Distributeur pour le Canada Art - Aire 1230 rue Bishop Montreal H3G2E3 CANADA Administration-Rédaction: 8, rue Récamier, Paris-7e. Tél. 544-04-82 Impression: Société Mondiale d’Impression, 3, rue Maurice-Loewy, Paris 14e Tél. 327.15.40 --- Prix --- le numéro --- ce numéro double --- France --- 45 F. --- 60 F. --- Europe --- 55 F. --- 70 24$Can. | | Canada | 18$Can. --- U.S.A. --- 15$U.S. | 20$U.S. --- Autres régions --- 15$U.S. | 20$U.S. --- Abonnement Abonnements: 6 numéros --- Canada --- 90$Can. | |------------------------|-------|---------| | France | 210 F.| | | Europe | 280 F.| 70$U.S. --- Autres régions --- 70$U.S. --- couverture de: Franzheim --- Visites d’atelier Michel Tournier --- Héliion --- Héliion --- Héliion --- Extraits de Carnets de 1981 --- Lexiquélion --- Discours de Pékin --- Gilbert Lascaux --- Jusqu’au Vent et au Vertige (alphabet pour Camille Bryen) --- Out into the wind, Facing vertigo --- An alphabet dedicated to Camille Bryen --- Jean-Jacques Lévêque --- Luis Caballero --- Jean-Robert Arnaud --- Livres --- Visites d’atelier Claude Bouyeure --- Dumitresco et le regiment des puces and the regiment of leas --- Gérard Xuriguéra --- Istrati --- Pierre Restany --- Arnal “Elémentaire 1981 “Basics” --- Maryse Haeidi --- Du personnel à l’Universel From the personal to the Universal --- Franck Maubert --- Antonio Barrera --- Actualité Internationale Canada Laurien La Croix --- Lettre de Montréal --- Helen Duffy --- Lettre de Toronto --- Prochaine publication : 10 Décembre 1981
Un borsalino pour Emile, 1981, 145 x 200 cm. HÉLION oeuvres récentes présentation par Michel Tournier discours de Pékin Lexiquélion Hélion: extrait du carnet de 1981
Nu assis et son reflet, 1980, 110 x 75 cm.
Une fable pour Richard Lindner, 1981, 130 x 195 cm. N'est-ce pas chercher trop loin - ou trop près, je veux dire trop superficiellement - pour éclairer l'itinéraire d'Hélion que de parler d'abstraction et figuration, expressionnisme et populisme? En parcourant cette œuvre immense, je me demande si l'on a suffisamment pris garde à l'alternance des éclosions et - le mot existe-t-il? - des inclosions qui s'y observent? Il y a le journal - qui se plie et se déploie - le chou - qui rêve de dérouler toutes les frisures de ses feuilles - le vêtement - enfilé et ôté - il y a le parapluie - véritable fleur de soie noire, mécaniquement ouverte ou fermée, et jusqu'à l'instrument de musique, trompe et trombone enroulés sur eux-mêmes, mais dont la musique est l'épanouissement. Et surtout, il y a la solitude de l'homme et de la femme, et cette grave parodie de la Crucifixion, et encore ce comble de solitude que sont les infirmités, cécité, mutilations, ou simplement chapeau rabattu sur le visage, car plus rien ne mérite d'être vu... Mais cette solitude s'inverse soudain, et le couple se forme, les membres se nouent, les bouches se joignent, les deux mains deviennent quatre mains. Systole et diastole, introversion et extraversion, implosion et explosion, telle semble être la loi de ce grand vivant. Lui-même n'obéit-il pas à ce rythme, et ce terrible autoportrait, clos sur lui-même dans un refus du monde qui pouvait paraître définitif, n'annonçait-il pas une renaissance, des yeux à nouveau grand ouverts sur le spectacle superbe des choses? Michel Tournier Isn't it looking too far, or too closely (I mean too superficially) to throw some light on Helion's itinerary to talk about abstract and figurative painting, expressionism and populism? While going through this immense work, I wonder if we have paid enough attention to these blossomings and - does the word exists - these “enclosions” that one can observe in it. There is the journal that folds and unfolds - the cabbage dreaming of spreading out all the curves on its leaves - the clothing slipped on and off- there is the umbrella, real flower in black silk, mechanically opening and closing and even the musical instrument - the horn and the trombone rolled over themselves until music gives them their full bloom. Above all, there is the solitude of the man and the woman, and this solemn parody of the Crucifixion; then there is still this crowning solitude that all infirmities are, blindness, mutilations, or simply the hat pulled over the face since nothing is worth being looked at anymore... But this solitude is suddenly reversed and the couple is formed - the limbs tie up, the mouths meet, and the two hands become four. Systole and diastole, introversion and extraversion, implosion and explosion, such is seemingly the law of this intensely alive personnage. Isn't he himself subjected to same rhythm ? And this frightening self-portrait withdrawn within himself, this rejection of the world which could seem permanent, wasn't it the announcement of a rebirth, the eyes opening up wide anew unto the magnificent sight of things? Michel Tournier
Trois brioches fendues, 1981, 146 x 197 cm.
Quelques pensées pour Hans Arp, 1981, 75 x 110 cm. Christian Zervos, grec d'Asie Mineure vint à Paris faire un doctorat et y demeura. Je le connus en 1932 lors de ma première exposition chez Pierre qu'il accueillit avec compréhension et à qui il fit une petite place dans sa superbe revue: “Les Cahiers d’Art”. Il était beau, intelligent, à la fois grave et malicieux, distingué et populaire, mais est-ce le mot juste et n’était-il pas intéressé par le peuple par dignité aristocratique? On allait le voir dans son vaste appartement 40, rue du Bac où sa femme Yvonne d’abord fort jolie et mince et puis énorme vous accueillait avec de l’alcool blanc, dont elle prit à la longue un goût excessif. Il racontait des histoires colorées, bien formulées, peut-être aux dépens de leur exactitude - mais dont l’une des plus belles est celle-ci qu’il me conta dans les années 50. Durant la guerre et l’occupation allemande, un soir on frappe à la porte, il ouvre et là se trouve, en grand uniforme, un officier allemand qui lui dit: Ne me reconnais-tu pas? Je suis le Docteur Dörner, conservateur du Musée de Hanovre. Zervos le fit entrer, asseoir, boire et parler. Toute cette guerre me dégoûte, dit Dörner. Je suis, au fond, contre les nazis et m’arrange pour survivre. Par exemple j’essaie de sauver des juifs. Je les aime. Alors, dit Zervos à Dörner tout balafré des duels d’étudiants à Heidelberg, si tu en voyais un, ici, qu’est-ce que tu ferais? Je l’embrasserais répondit Dörner. Vas-y, dit Zervos en ouvrant une porte d’où sortit Léonce Rosenberg, le marchand des cubistes, rue de la Baume qui se trouvait pour l’instant caché là: Alors vas-y ! Et Dörner, fier, teuton et balafré, embrassa Léonce, mince, effrayé et moustachu, sur les deux joues. C’était en 42. Etais-je encore prisonnier en Poméranie ou déjà évadé? Arp avait amené Dörner, une fois, dans mon petit atelier de la rue Pierre Larousse au 50. J’étais alors orthogonal. Il y avait sur la table une grande marmite de nouilles qui refroidissait. Mangez vos nouilles fit Arp, gentil comme toujours. Ils repartirent et je me repris à rêver. Comme ici. Hélion. Extrait du Carnet 22 III 81 Christian Zervos, a Greek from Asia Minor, came to Paris to work on a Doctorate and then decided to stay on. I met him in 1932 during my first exhibition at Pierre’s Gallery which he greeted with comprehension. He even gave it a little space for reviewing in his superb magazine called “Les Cahiers d’Art”. He was good looking, intelligent, both serious and malicious, distinguished and common. Or perhaps his interest in common people was another effect of his aristocratic dignity? We went to see him in his vast apartment located at 40, rue du Bac where his wife Yvonne - who was pretty and thin but later became quite enormous - offered us some of this white liquor she developed an excessive liking for as time went on. He amused us with colourful stories, always very well told even if sometimes at the expenses of the facts. The best one is probably this story he told me during the fifties. During the war, while the country was occupied by Germany, one evening, somebody knocks on his door. He opens and who should be there, in full uniform, but a German officer who asks: “Don’t you recognize me? I am Doctor Dorner, curator of Hanover’s Museum”. Zervos let him in, gave him a seat, offered him drinks and spoke with him. “I am disgusted by this whole war” Dorner said”. Deep in my heart, I hate the Nazis. I am just trying to survive. For instance, I try to save Jews. I love them. “Then if you saw one here” asked Zervos to Dorner, all gashed by the duels of his student days in Heidelberg “what would you do?” “I’d kiss him” Dorner answered. “Go ahead, do it” said Zervos, opening a door which let in Leonce Rosenberg, dealer of the Cubists, rue de la Baume, who at this moment was hiding there. Then the proud, teutonic and gashed Dorner kissed the skinny frightened and moustached Leonce on the two cheeks. That was in 1942. Was I still prisoner in Pomerany or had I already escaped? Arp once brought Dorner in my small studio, 50 rue Pierre Larousse. I was “orthogonal” then. On the table, there was a huge pot of noodles getting cold. “Eat your noodles” said Arp, nice as ever. After they left, I resumed dreaming. Like I do here. Helion. Extract from diary, march 22nd 1981
PREMIER ESSAI D'UN --- Allumeur --- Guéridon --- Balance. --- Hareng --- Chou --- Iris --- Défense D' --- Journalier --- Equilibre --- Képi --- Figure --- Luxembourg ---

Ce numéro double de la revue "Cimase" présente des œuvres récentes de l'artiste Hélion, avec une introduction de Michel Tournier. Il inclut également des textes sur d'autres artistes comme Luis Caballero, Claude Bouyeure, et Antonio Barrera, ainsi que des nouvelles internationales sur la scène artistique au Canada.