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CIMAISE ART ET ARCHITECTURE BIMESTRIEL N° 138-139 PRESENT DAY ART AND ARCHITECTURE F 50
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CIMAISE ART ET ARCHITECTURE BIMESTRIEL N° 138-139 PRESENT DAY ART AND ARCHITECTURE F 50
Pierre BéHencourt chez Daniel Gezvis du 12 octobre au 25 novembre 1978 GALERIE DANIEL GERVIS 34 RUE DU BAC PARIS VI 261 11 73
galerie kutter luxembourg-ville 17, rue des bains PROBST KOENIG APPEL COIGNARD ATLAN SOULAGES FEITO DELAUNAY COTTÉ ADAMI HONDROGEN MIRÓ FRIEDLAENDER KORAB MANESSIER NAM SATO BORÈS HOCKNEY LOBO ESTÈVE SINGIER CHAGALL DOWNING CORNEILLE GUITET KUCHENMEISTER CLAVÉ REMÉ BEERI JUNIUS SZENES ZAO WOU-KI LA GALERIE AVEC LA PLUS IMPORTANTE COLLECTION D'ART CONTEMPORAIN DU LUXEMBOURG SCULPTURES PEINTURES ESTAMPES EXPOSITION SUR DEUX ETAGES
galerie kutter luxembourg-ville 17, rue des bains John-Franklin Koenig œuvres 1961 - 1978 8 décembre 1978 - 12 janvier 1979
Galerie Bellint Bellechasse - Internationale 28 bis, Boulevard Sébastopol - 75004 Paris Tél. 277.38.46 - 278.01.91 --- Luc Peire peintures récentes 3 octobre - 12 novembre --- Downing 15 novembre - 13 décembre --- FIAC 1978 Grand Palais, Paris 20 - 29 octobre - Bazaine - Bertholle - Boumeester - Buder - Downing - Droulers - Fagniez - J.-F. Koenig - Lanskoy - Dietrich Mohr - Luc Peire - Poliakoff - Seiler --- GERMAINE RICHIER SCULPTURES Galerie Beaubourg Marianne Nahon Pierre Nahon Patrice Trigano expert 23, rue du Renard 75004 Paris 271 20 50
CIMAISE ART ET ARCHITECTURE ACTUELS PRESENT DAY ART AND ARCHITECTURE 25° ANNÉE - N° 138-139 octobre-novembre-décembre 1978 Directeur-Rédacteur en Chef : Jean-Robert Arnaud Conseiller artistique : John Franklin Koenig Secrétaire général : René Barzilay Administration-Rédaction : 8, rue Récamier, Paris-7e. Tél. : 544-04-82 Impression : Société Mondiale d’Impression, 3, rue Maurice-Lœwy, Paris-14e. Tél. : 580-50-42 Prix --- ce numéro : --- France --- 50 F --- Etranger --- 60 F --- Abonnement --- 6 numéros : --- France --- 180 F --- Etranger --- 240 F --- C.C.P. Cimaise Paris 5542.39 --- Abonnements pour le Canada : --- PERIODICA, 5090, av. Papineau, Montréal 134, Canada --- Couverture de Zao Wou-Ki Editorial --- A propos des marchands de tableaux : J.R. Arnaud --- Les Négriers au Grand PalaisSlave-traders at the Grand Palais --- Texte --- Roger Caillois --- Stèle pour honorer un peintreStele in Honor of Zao Wou-Ki --- Visite d’atelier --- Daniel Marchesseau --- Zao Wou-Ki --- Etude --- Bernard Lamarche-Vadel --- Germaine RichierSuivi de « Trois Questions à César » --- Visite d’atelier --- Claude Bouyeure --- J. Leroy :Les Affleurements de la RéalitéThe outcroppings of Reality --- Etude --- Dora Vallier --- Eléments pour une lectureElements for a reading --- Pierre Astier --- De l’allusion en art à l’illusion de l’artFrom allusion in art to the illusion of Art --- Visites d’atelier --- Xavier Amoudru --- DodeigneLyrique et contenuLyrical and contained --- Alfred Pacquement --- Titus - CarmelBadines et attellesSticks and Splints --- José Pierre --- G. EbertA l’orée du boisAt the edge of the forest --- Gérard Xuriguera --- J. QueroUne rêverie géométrique et métalliqueA geometrical and metallic revery --- Parution prochaine : 15 décembre 1978
Les négriers au Grand Palais (1) par Jean-Robert Arnaud Négriers, c’est le mot. Le mot même qu’employa Roger Garaudy l’hiver dernier pour qualifier les marchands de tableaux auxquels il s’en prit inopinément au cours d’une émission de télévision consacrée à Maurice Rheims, ancien commissaire-priseur. Des personnes présentes (Roger Bordier, écrivain et critique d’art, J.-P. Jouffroy, peintre) aucune n’éleva la moindre objection. C’est que, il faut bien le dire, ils n’ont pas bonne presse (écrite ou parlée) les marchands de tableaux, et jusqu’à ce terme même de marchand… Depuis qu’ils ont été chassés du temple, leur réputation ne s’en est pas remise. Comment faire donc pour s’en passer ? Toutes les tentatives en ce sens ont à ce jour échoué. Alors, un mal nécessaire ? Peut-être pourrions-nous aider à éclairer quelques lanternes en parlant un peu de cette profession dont on annonce périodiquement la mort, comme celle de l’art d’ailleurs, et qui paraît toujours bien vivante. Il est vrai qu’en nos pays capitalistes n’importe qui peut s’intituler marchand de tableaux, aussi bien que garagiste ou expert en quoi que ce soit. Quiconque peut ouvrir boutique et s’installer directeur de galerie. Il est vrai aussi que, chaque jour que Dieu fait, des « galeries » naissent et meurent comme des lucioles. Il est vrai encore que, parfois, des margoulins achètent et vendent des faux tableaux — la plupart du temps d’ailleurs ces « marchands » n’en sont pas, n’ayant pas « pignon sur rue ». Mais leur nombre est-il, proportionnellement, plus élevé que celui, pour employer des expressions consacrées, des notaires escrocs, des banquiers frauduleux, des avocats marrons, toutes professions éminemment respectables et toujours respectées ? Il est vrai que des marchands s’enrichissent. Mais il est vrai aussi que d’autres se ruinent ou que d’autres encore meurent, même parfois tragiquement. --- (1) Cinquième Foire Internationale d’Art Contemporain, Grand Palais, 20-29 octobre 1978. --- SLAVE-TRADERS AT THE GRAND PALAIS (1) Slave-traders: the very name used last winter by Roger Garaudy to describe the art dealers whom he suddenly attacked during the course of a telecast devoted to Maurice Reims, former auctioneer. Among those present (Roger Bordier, author and art critic and J.P. Jouffroy, painter) no one made the slightest objection. This is because, we have to admit it, art dealers are not popular with the press (the written or spoken press) and that includes the very word “dealer.” Since they have been chased out of the temple, their reputation has never been restored. What can be done, then, to get along without them? All attempts in this direction have, up to the present time, failed. A necessary evil, then? Perhaps we can cast a little light upon their role by speaking about this profession which is periodically reported to be in its death throes, just like art for that matter, and which still appears to be very much alive. It is true that in our capitalistic countries, anyone and everyone can set himself up as an art dealer, just as he can call himself a garage owner or an expert in anything you can name. Anybody can open shop and term himself a gallery director. It is also true that, each day of God’s creation, “galleries” are born and die like fireflies. It is also true that, at times, dishonest persons buy and sell alse pictures; most of the time, in fact, these “dealers” are not dealers, and enjoy no professional position. But is their number, proportionally, any higher than that, to fall back upon commonplace images, of crooked notaries, fraudulent bankers, shyster lawyers — all eminently respectable and still-respected professions? It is true that some get rich at art dealing. But it is true as well that others go bankrupt and others still die—even, at times, tragically. --- (1) Foire Internationale d’Art Contemporain.
Tout cela est bien vrai. Mais il est tout aussi vrai que, sans eux, l’art contemporain ne serait pas ce qu’il est. Non pas seulement le marché de l’art, ce qui va de soi, mais l’art lui-même. Pour créer, l’artiste a besoin de quiétude, j’entends de quiétude matérielle ; son angoisse existentielle suffit largement pour stimuler ses dons et les difficultés matérielles n’ont jamais enrichi les talents. Un marchand de tableaux, ou plus exactement un directeur de galerie (je ne parle pas de ceux qui achètent et vendent des tableaux comme ils le feraient d’une marchandise ordinaire) est un individu qui remplit une double fonction, à la fois culturelle et commerciale, les deux étant indissolublement liées. Un directeur de galerie qui n’a aucune activité culturelle, qui ne promeut pas les artistes qu’il a choisis, est un mauvais directeur de galerie. Mais celui qui ne vend pas ou pas assez de tableaux pour tenter de faire vivre les artistes dont il s’occupe, et vivre lui-même, est lui aussi un mauvais directeur de galerie. Et c’est l’aspect commerçant de la profession qui fait se voiler la face à tant de gens vertueux pour qui l’argent corrompt tout ce qu’il touche. Cette notion essentiellement chrétienne, et plus spécifiquement catholique, je crois, de l’argent sale qui pollue tout ce qu’il approche, domine nos sociétés modernes, alors que la pollution est dans les esprits. C’est dominé par cet état d’esprit que l’Etat a toujours évité soigneusement tout contact officiel avec les galeries (à l’exception de Jacques Duhamel qui, ministre des Affaires culturelles, avait institué le principe de commissions mixtes pour étudier les problèmes spécifiques de la profession). Je me souviens encore d’une époque point trop lointaine où les membres des commissions d’achat visitaient les expositions dans les galeries pour choisir des artistes en spécifiant qu’ils achèteraient ultérieurement une œuvre au prochain salon. Le même état d’esprit règne encore en bien des domaines. Alors qu’à la télévision, qui devrait être le domaine privilégié de l’art, les émissions littéraires prolifèrent, et je m’en félicite, alors qu’on n’hésite pas, en parlant d’un livre, à en montrer la couverture portant le nom de l’éditeur (et c’est normal), on prend bien soin, dans les rarissimes émissions consacrées à des expositions ayant lieu dans des galeries privées, d’omettre soigneusement le nom de la galerie. Pas de publicité clandestine, celle-ci est réservée aux panonceaux publicitaires des stades. All that is quite true. But it is also true that, without them, contemporary art would not be what it is. Not only the art market, it goes without saying, but art itself. To create, an artist needs quietude, and by this I mean material security: his existential anxiety is quite sufficient to stimulate his gifts, and material difficulties have never enriched talents. An art dealer, or more exactly, a gallery director (and I am not speaking of those who buy and sell paintings as they might deal in any ordinary merchandise) is an individual who fulfils a double function, at the same time cultural and commercial, the two being inextricably linked. A gallery director who has no cultural activity, who does not promote the artists he has chosen, is a bad gallery director. But the one who does not sell or doesn’t sell enough paintings to try to create a living for the artists under his wing, and live himself, is also a bad gallery director. And it is this commercial aspect of the profession that blinds so many virtuous folk for whom money corrupts everything it touches. This notion — essentially Christian and more specifically Catholic — I believe, that is, that money pollutes everything it touches, dominates our modern societies, while the pollution is in the mind. It is because it has been dominated by this manner of thinking that the government has always carefully avoided any official contact with the galleries (with the exception of Jacques Duhamel who, when he was Minister of Culture, instituted the principle of mixed commissions to study the specific problems of the profession). I can still remember a time in the not too distant past when members of purchasing commissions visited exhibitions in galleries to choose artists, specifying that they would purchase a work at the next salon. The same attitude still reigns in a great many domains. While on television, which should be the privileged domain of art, literary broadcasts are rife — and I am delighted — and while there is no hesitation, when speaking of a book, to show the jacket with the publisher’s name on it (which I find normal), great care is taken, during the ever-so-rare broadcasts devoted to exhibits taking place in private galleries, to omit the name of the gallery. No clandestine publicity, this being reserved to the signboards of stadiums.
Ce double rôle, culturel et commercial, du directeur de galerie, la F.I.A.C. a le souci de le mettre en évidence. Rigoureuse dans le choix des galeries exposantes, elle laisse à chacune, bien sûr, sa libre organisation interne. L’année dernière, plus de 40 expositions individuelles furent présentées, dont certaines prestigieuses ; je me souviens encore de l’exposition Soulages (plénitude, sérénité, ampleur), de celle de Chillida (avec son austère grandeur), ou encore du cabinet noir de Bettencourt à l’érotisme glacé (c’est-à-dire le vrai). Cette année, aux 100 galeries habituelles, originaires de 13 pays, se sont jointes d’autres encore venant du Japon, d’Argentine et d’ailleurs. Cette année encore, un certain nombre d’expositions personnelles sont prévues ; et nous avons pensé qu’il serait intéressant de consacrer, dans ce numéro de « Cimaise », des études à un certain nombre d’artistes présentés individuellement, donnant ainsi à cette manifestation fugitive (elle ne dure que 10 jours) un prolongement moins fugace. Cette cinquième F.I.A.C. devrait être éclatante et marquer la victoire définitive de son organisateur, Daniel Gervis, qui accompagne J.-P. Jouet, transforme ces 6.000 mètres carrés en un tour du monde de l’art contemporain, en montrant ce que font les galeries, ce qu’elles promeuvent, ce qu’elles défendent, ouvertement, directement, en leurs noms propres. Dix jours de rencontres entre artistes, acheteurs, marchands, conservateurs de musée, critiques d’art ; dix jours sans barrière entre pouvoirs publics et domaine privé. Dix jours d’échanges culturels, humains, économiques. C’est aussi, pour le public, un lieu d’information où il peut voir réunies plus de 100 galeries, les comparer, les juger. Sur le plan commercial, les galeries sont là pour vendre, c’est une manifestation importante pour rendre à Paris sa vraie place de centre mondial des arts. Le choix du lieu, enfin, est primordial ; le prestige du Grand Palais est presque en soi une garantie de qualité et incite plus encore chacun à venir passer quelques jours à Paris. Il faut que ces dix jours de l’automne deviennent de plus en plus la plus grande concentration de tout ce que comporte le monde des arts, que le Paris des arts plastiques, dans sa vitalité, éclate de toutes parts, grâce à l’entregent des négriers de l’art, à leur goût du risque, à leur sens commercial ; mais aussi à la capacité de leur jugement, à leur clairvoyance artistique, et pourquoi ne pas le dire, à leur amour de l’art. Jean-Robert Arnaud. --- This double role — cultural and commercial — played by the gallery director is stressed by the FIAC (1). Rigorous in its choice of exhibiting galleries, it leaves to each, of course, free internal organization. Last year, more than forty individual exhibitions were presented, some of which were of great prestige: I can still remember the Soulages exhibition (plenitude, serenity, breadth); that of Chillida (with its austere grandeur) or the Bettencourt darkroom with its glacial eroticism, i.e. the read thing. This year, to the hundred usual galleries from thirteen countries, others, including Japan and Argentina, have been added. This year again, a certain number of personal exhibitions are planned; and we thought it would be interesting to devote, in this number of “Cimaise,” studies to a certain number of artists presented individually, thus giving to this fugitive manifestation — it will last but ten days — a less fugitive continuation. This fifth FIAC should be brilliant and mark the definitive victory of its organizer, Daniel Gervis, who, with the aid of J.P. Jouet, is transforming these 6,000 square meters into a world tour of contemporary art, by showing what galleries are doing, what they are promoting, what they are defending, openly and directly, in their own names. Ten days of encounters among artists, buyers, dealers, museum curators, art critics: ten days without barrier between public power and the private domain. Ten days of cultural, human and economic exchange. It is also a place of information, where the public can see more than a hundred galleries in one place and compare and judge them. Commercially speaking, the galleries are there to sell, and this is an important manifestation designed to put Paris back in its true place as the world art center. The choice of place, finally, has its importance: the prestige of the Grand Palais is almost in itself a guarantee of quality and is an incitement to one and all to spend a few days in Paris. It is important that these ten autumn days become more and more the greatest concentration of all that is included in the world of the arts; that the Paris of the plastic arts, in its vitality, burst out in all directions, thanks to the gumption of the “slave-traders” of art, to their liking for risk, their commercial sense — but also to their judgment, their artistic clairvoyancy and, why not say it, to their love of art. Jean-Robert Arnaud.
Zao Wou-Ki STELE · POVR · HONORER · VN · PEINTRE DANS · LES · TOILES · DV · MAITRE · TV CONTEMPLES · L · UNIVERS · INDIVIS · A LA · FOIS · LA · FLAMME · ET · LA · RIVIERE · LA · BALAFRE · ET · LA · NERVVRE · LA VRILLE · ET · LA · FVTAIE · L · AILE · DE- PLOIEE · DE · L · INSECTE · LA · LINGERIE PLIEE · DV · PAVOT · LE · MAITRE · EST LVI · MEME · VNE · PARCELLE · DE · L · VNI- VERS · SON · IMAGINATION · PROLONGE LES · SEVES · ELLE · AGIT · A · LEVR MANIERE · ENTRE · LE · PAYSAGE · ET LE · TABLEAV · ENTRE · LE · HASARD ET · LA · DECISION · NVLLE · VACANCE · VNE · RATIFICATION · DEFERENTE · VNE RAMIFICATION · INFINIE · SVBTILE · DONC FRAGILE · LIBRE · DONC · FANTASQVE · SCABREVSE · OV · FORTUNEE · DANS · SES RONCES · DE · TRES · HAVT · LES · FISSVRES D · VNE · PLANETE · ESSOREE · DE · TRES PRES · LES · DENTELLES · DV · MANGANESE CAPTIVES · DV · CRISTAL · IL · DISPERSE LA · LVMIERE · EN · FEVX · LES · FEVX · EN REFLETS · LES · REFLETS · EN · TRANSPAR- ENCES · QVI · SONT · NOCES · DE · LVEVRS · L · IMAGE · LE · SONGE · LE · POEME L · IDEE · DESORMAIS · DEMEVRENT Roger CAILLOIS Extrait Zao Wou-Ki - Les estampes (Ed. Yves Rivière et Métiers Graphiques, Paris, 1975) STELE IN HONOR OF ZAO WOU-KI IN THE CANVASES OF THE MASTER WE BEHOLD THE UNIVERSE UNDIVIDED AT ONCE THE FLAME AND THE RIVER THE SCAR AND THE NERVE THE TENDRIL AND THE FOREST THE OUTSPREAD WING OF THE INSECT THE FOLDED ROBE OF THE POPPY THE MASTER IS HIMSELF A PART OF THE UNIVERSE IRRIGATED BY THE SAP OF THE PLANTS HIS IMAGINATION EXTENDS NATURE BETWEEN THE LANDSCAPE AND THE PICTURE BETWEEN CHANCE AND DECISION THERE IS NO GAP BUT DEFERENTIAL RATIFICATION A RAMIFICATION INFINITE AND SUBTLE THEREFORE FRAGILE FREE AND THEREFORE FANTASTIC ELUSIVE OR FORTUNATE HIGH UP AMONG THE FOLIAGE THE FISSURES OF A DESSICATED PLANET THE LACEWORK OF MANGANESE CAPTURED IN THE CRYSTAL SCATTERS THE LIGHT IN FIRES THE FIRES IN REFLECTIONS THE REFLECTIONS IN TRANSPARENCIES THAT ARE MARRIAGES OF LIGHT BETWEEN THE STORM AND THE TRIBUTE THE MASTER AND IN THE END BEAUTY THE DREAM THE POEM THE IDEA REMAIN
daniel marchesseau Combien de jours faut-il au peintre pour aller jusqu'au bout de son pinceau à la recherche d'une terre d'accueil tout au long de sa solitude ? Combien de temps faut-il à l’œil pour cerner les limites de sa vision et appréhender ses panoramas intérieurs ? Quel sens utiliser pour lentement percevoir la respiration d’un monde en fusion ? Zao Wou-Ki, Chinois de Chine et Parisien de Paris pose, devant moi, ces questions par toiles interposées. Non qu’elles ordonnent un sentiment d’angoisse. Mais curieux, le regard, un temps, s’interroge, cherche une clé. Ce qui nous est donné à voir ne ressemble à rien d’autre — ni peinture (ou calligraphie) chinoise, ni peinture française. Zao Wou-Ki a inventé une grammaire des formes qui, voisine de l’une et de l’autre, s’en détache singulièrement et pourrait mener, s’il n’y prenait garde, l’interprète au contresens. A travers ces nouveaux « voyages autour de sa chambre », Zao Wou-Ki nous parle d’une autre ère, d’un monde autre. C’est qu’il « dépeint » des « paysages » connus et inconnus. Sa peinture d’évidence nous est familière et pourtant étrangère. Une longue tradition poétique en Chine, avant l’écoute des plus grandes voix de la peinture occidentale (Klee, Picasso...) lui ont appris l’ascèse du brio, l’économie de la richesse, la modestie du savant. Et lui-même jamais n’apparaît dans une peintude de paysage, attentive à la leçon des choses de l’espace où l’homme ne peut que disparaître — n’avoir jamais paru — devant tant de grandeur. Dire cela sous-entendrait une vision figurative. C’est que l’abstraction chez Zao Wou-Ki procède de la nature. Rejeté, le gestuel comme formule, devient une technique à l’apprentissage de laquelle Zao Wou-Ki reste toujours lié. --- How many days does it take a painter to reach the end of his brush in the seeking of a welcoming shore for the entire length of his solitude? How much time does it take for the eye to encompass the limits of its vision and seize these inner panoramas? What sense may we use to slowly perceive the respiration of a world in fusion? Zao Wou Ki, Chinese of China and Parisian of Paris, by means of his canvases, asks these questions in my presence. Not that they engender a sentiment of anxiety. But, the regard, curious, for a time, questions, seeks a key. That which is presented to our eyes resembles nothing else, neither Chinese painting (nor calligraphy), nor French painting, Zao Wou Ki has invented a grammar of forms which, neighboring upon one and the other, detaches itself from them in a singular fashion, and could lead, if he did not take care, to a false interpretation. By means of these new “travels around his chamber,” Zao Wou Ki speaks to us of another era, of another world. That is what he “paints” in his known and unknown “landscapes.” It is clear that his painting is both familiar and yet strange to us. A long poetic tradition in China, before the greatest voice of Occidental painting (Klee, Picasso...) were heard taught him the asceticism of the brio, the economy of the richness, the modesty of the wise man. And he himself never appears in a landscape painting, heedful of the lesson of space, in which man can only disappear, has never appeared, before all that grandeur. Io say that without expecting a figurative vision, means that the abstraction of Zao Wou Ki proceeds from nature. Rejected, action painting as a formula becomes a technique of apprenticeship to which Zao

Ce numéro de la revue Cimaise, consacré à l'art et à l'architecture actuels, couvre la période d'octobre à décembre 1978. Il inclut des études sur des artistes tels que Zao Wou-Ki, Germaine Richier, J. Leroy, Dodeigne, Titus-Carmel, G. Ebert et J. Quero. L'éditorial aborde la profession des marchands d'art et leur rôle dans le marché de l'art contemporain, tandis qu'un article traite des "Négriers au Grand Palais", faisant référence à la FIAC 1978.