Excerpt
First pages of the volume, freely accessible.
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ART & INDUSTRIE
SOMMAIRE:
- L'Art Décoratif en Belgique. Emile Hinzelin.
- L'Art Rustique Français (suite). C. de Danilowicz.
- L'Humour dans l'Art décoratif. Ch.-G** Janneau.
- Monographies d'Art asiatique. de Pouvoirville.
- Les Arts décoratifs au Théâtre. Eugene Belville.
40 pages 49 illustrations
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4e ANNÉE NOVEMBRE 1912
Y.Pouvé. 1916.
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L'Art Décoratif en Belgique
LA WALLONNIE
La Wallonnie a raison d'être fière. Son effort et son progrès ne se ralentissent plus un seul instant. C'est du gros œuvre en matière de fer, de pierre, de verre, qu'elle tire ses bénéfices les plus considérables. Mais elle excelle toujours davantage en des spécialités caractéristiques : verrerie, céramique, grès, faïence, armurerie, coutellerie, émaillerie.
Grave, pensée et parfois tragique, l'âme des antiques forges wallonnes s'est incarnée naguère en son sculpteur, Constantin Meunier. Il est né, nous l'avouons, près de Bruxelles, à Eherbeek, mais c'est à Charleroi qu'il ouvrit ses yeux à la vérité humaine. C'est là qu'il a observé et reproduit, avec une intensité poignante, l'ouvrier des usines. Représentez-vous son Monument du Travail, surtout son Marteleur, debout, masqué, guêtré et ceint de cuir, le poing gauche sur la hanche, la main droite appuyée sur une barre de fer, pareil à un guerrier de la grande guerre moderne qui s'appelle le travail. Représentez-vous son Pudleur, son Débardeur, son Mineur à la hache, son Mineur à la veine, son Vieux cheval de mine, sa Hiercheuse appelant, son Souffleur de verre, son Tailleur de pierre, son Portefaix, son Industrie. Chacune de ces figures porte, avec une résignation superbe, le stigmate d'une tâche spéciale. À un Français qui, devant lui, analysait sa méthode artistique, Meunier répliquait : « Je ne crois pas en avoir cherché si long. Ces pauvres gens, je les ai tout simplement aimés. »
Au nom de Constantin Meunier, nous voulons joindre ici les noms de deux sculpteurs wallons, Victor Rousseau et Jean Gaspar. M. Victor Rousseau est né à Feluy (Hainaut) en 1865. A dix ans, il apprenait à tailler la pierre dans les carrières de son village. A onze ans, il travaillait sur les gigantesques échafaudages du Palais de Justice de Bruxelles et déjà sculptait lui-même quelques ornements. Il continuait ainsi, à son insu, les traditions des grands artisans du moyen-âge. Après sept ans de ce labeur, il entra aux ateliers d'un sculpteur ornemaniste. Il suivit les cours de l'Académie. Il suivit surtout les théâtres et les concerts. Wagner lui révéla le prestige de l'art et Beethoven éleva sa conscience d'artiste. À Charleroi, nous retrouvons son Buste de Constantin Meunier, son groupe décoratif l'Été et l'Automne, son Vol d'oiseau, son tragique roi Lear qui semble du Schakespeare traduit par Rodin. M. Jean Gaspar, né à Arlon en 1869, expose à Charleroi, trois bronzes, un Lion, une Lionne et un Bison, traités avec un noble sentiment décoratif. Pendant des jours, pendant des semaines, le sculpteur a regardé vivre les animaux. Il a su enfermer dans le bronze l'expression et le rythme de leurs mouvements. Son chef-d'œuvre, c'est le Coq placé au sommet de la colonne de Jemmapes qu'on a inauguré avec tant d'éclat le 24 septembre 1911. Superbement dressé, le cou gonflé d'un chant triomphal, ce grand coq de bronze doré fut unanimement applaudi par la foule qui entonna la Marseillaise, comme pour lui répondre.
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L'Art Décoratif en Belgique. — Fasc. 2.
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CONSTANTIN MEUNIER. — LA MINE
(BAS-RELIEF POUR LE MONUMENT AU TRAVAIL)
CONSTANTIN MEUNIER. — LE RETOUR DES MINEURS
(COLLECTION CH. JACQUES-MEUNIER, A BRUXELLES)
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L'ÉTÉ ET L'AUTOMNE
PHOTOGRAPHIE DE P. BECKER
IXELLES-BRUXELLES
VICTOR ROUSSEAU
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AUTOMNE
VICTOR ROUSSEAU
PHOTOGRAPHIE DE PAUL BECKER
IXELLES-BRUXELLES
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Mission de Félicien Rops
L'art de la gravure, chose surprenante dans un pays qui comptait tant de peintres excellents, a été négligé en Wallonnie jusqu'au commencement du xixe siècle. Mais il se développa soudain avec une telle force et une telle maîtrise qu'on pourrait presque dire : « Aujourd'hui, en Belgique, la gravure est surtout un art wallon. »
Cette éclosion artistique est due surtout au génie de Félicien Rops, né à Namur en 1833. Rops s'engoua d'abord de lithographie. Ses premières caricatures sont d'une savoureuse extravagance. Peu a peu, son talent prit de la hauteur et de la profondeur. Il recourut aux âpres vigueurs de l'eau-forte. Il se rendit compte de ce qui lui manquait. De 1869 à 1874, il travailla surtout pour lui. Les essais qu'il grava pendant ces cinq années, il les appelle ses « pédagogiques ». Il voulait obtenir de la gravure tout ce qu'elle peut donner et même infiniment davantage. Il combinait l'eau-forte, la pointe sèche, la manière noire, l'aquatinte, le vernis mou. Lui aussi, avec une patience enflammée, exécutait une Tentation de saint Antoine. Il rêvait d'exprimer toute la sensualité humaine en ce qu'elle a de plus intense, c'est-à-dire de plus amer et de plus angoissant. Présentement, grâce à lui, la Wallonnie a deux importantes écoles de graveurs : celle de Liège et celle de Mons.
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Les Arts du Feu
Revenons aux arts du feu. La première manufacture de faïences de Tournai date de 1670. Elle imita Delft. D'autres s'établirent ensuite dans la même ville, qui imiterent non seulement Delft, mais Rouen, Lille, Saint-Amand. Pour que la confusion soit complète, leurs produits ne portent presque jamais de marque de fabrique.
A Tournai, une manufacture de porcelaines fut fondée en 1751. Tout de suite, elle prouva qu'elle pouvait rivaliser avec Sevres. « Vous verrez que Tournai l'emportera sur Sevres », déclarait à Louis XVI le duc d'Orléans, le futur Philippe-Égalité. « Sevres aura toujours le dessus », répondait le roi. Un pari s'engagea. Tournai présenta un service décoré d'oiseaux, d'après le beau livre de M. de Buffon. C'était un ensemble si coloré, si chaud, si vivant que, sur l'avis du roi lui-même la palme lui échut. Quelques pièces de ce service ont figuré à l'Exposition de Charleroi. Voici, de Tournai, des boites, des tabatières, des flambeaux, des lustres, des pendules, des bustes, des scènes pastorales, des sujets religieux, de quoi remplir des salons, des palais, voire des cathédrales. Cette vaillante manufacture, jusqu'au dernier jour, bien que, vers la fin, elle ne produisît plus que des services d'usage courant décorés en bleu, eut toujours souci de beauté et surtout de solidité. Elle ferma ses portes en 1885.
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JEAN GASPAR
LIONNE
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JEAN GASPAR
LION
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Vers le xvie siècle, la poterie de Namur était estimée. Ses grès ornés étaient fabriqués à l'imitation de Rouen. A Hastière-Lavau, une manufacture de porcelaine fut fondée par Cyfflé. Cet admirable sculpteur, né à Bruges, avait résidé très longtemps à Lunéville, auprès de Stanislas. Lunéville et Nancy conservent de lui, des œuvres d'une élégance drue et pittoresque. Sa manufacture d'Hastière fut saccagée par la révolution brabançonne. Il se retira en 1791 à Ixelles, où il mourut chargé d'années.
Sur les bords de la Sambre, l'industrie de la poterie remonte au ixe siècle. Châtelet et Bouffioulx lui doivent non seulement leur prospérité, mais leur existence. Au xvie siècle apparaît le véritable grès-cérame. Vitrifiée par la chaleur, la terre se couvrait d'une glaçure due à l'action du sel marin qu'on jetait dans le four. Des ornements en reliefs, appliqués au moyen d'un moule, représentaient des médaillons à armoiries ou à sujets bouffons, empruntés aux légendes du cru. Au xviie siècle, Bouffioulx et Châtelet étaient maîtres du grès artistique, dans les Pays-Bas.
A la fin du xviie siècle, la production des grès émaillés prit une grande extension. Namur, Dinant, Bouvignes, en fabriqueront. Au xviiie, la concurrence de la faïence et de la porcelaine devint inquiétante. Quelques maîtres potiers créèrent encore plus d'un beau vase de circonstance. Mais, peu à peu, vaincu par les nécessités industrielles, l'art du grès orné s'éteignit.
(A suivre.)
EMILE HINZELIN.
BISON
JEAN GASPAR
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L'Art Rustique Français
L'Art Provençal
Tout autre est la Camargue.
Dans trois pays différents et lointains j'ai trouvé des analogies avec cette plaine immense, trouée de flaques d'eau, de marécages qui luisent sous le soleil ardent.
C'est la steppe de la Russie méridionale, avec ses tabouns de chevaux tous petits, aux crins hérisssés, à la longue queue pendante, qui galopent dans des pâturages sans fin.
C'est la pusztа hongroise, c'est la pampa argentine où par centaines de mille les bœufs et les vaches passent en liberté sans aucun abri, ou cavalcadent des chevaux qui rappellent et ceux de la Russie et ceux de la Camargue.
Le cheval camarguais, blanc, petit, très résistant et pas très beau a une longue et glorieuse généalogie. Il descend de l'Orohippus de l'éocène, qui fut pas plus grand qu'un renard et qui passa par plusieurs stades d'évolution pour arriver à l'Hipparion qui avait encore trois doigts, mais dont les deux doigts externes n'arrivaient pas au sol et qui finit par donner l'Equus que nous trouvons dans les Pyrénées, en telle abondance, qu'on appelle certains résidus des grottes le magma du cheval. Il servait de nourriture d'abord, car tous les os longs trouvés dans les grottes sont fendus et la moelle enlevée.
MODÈLES DE MANGEOIRE ET D'ABREUVOIR POUR LE BÉTAIL
L'Art Rustique Français. — Fasc. 7.