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ART & DÉCORATION NUMÉRO 13 --- revue fondée en 1897 LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS --- BORIS J. LACROIX

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SOMMAIRE VACANCES par Nicole Vedrès MAISON SOUS LE SOLEIL par S. Cille-Delafon ARCHITECTURES DE TREILLAGE par Jean Silvant L'ART ANCIEN DANS LA VIE MODERNE par Louis Cheronnet LE « LOGIS 49 », LE FOYER D'AUJOURD'HUI par Boris J. Lacroix TISSUS, AUX SALONS DES ARTS MÉNAGERS ET DES ARTISTES DÉCORATEURS LES ÂGES DE LA VIE AU SALON DES DÉCORATEURS par Bernard Champigneulle NOUVELLES FORMES USUELLES par Boris J. Lacroix LES ARTISTES ET LE PAPIER PEINT LES CADEAUX DE VACANCES par Pierre Migannes INFORMATIONS LES EXPOSITIONS, L'ART DÉCORATIF À L'ÉTRANGER HORSTEXTE EN COULEURS UN RENDEZ-VOUS DE PÊCHE (Une maquette de Pierre Broc.) LA SALLE D'UNE DEMEURE NORMANDE (Une maquette d'André Arbus.) LA COUVERTURE COMPOSITION de Boris J. Lacroix. FONDÉE EN 1897, S'EST ADJOINT LES REVUES : L'ART DÉCORATIF, LES ÉCHOS D'ART, L'ARCHITECTE * PARAIT 4 FOIS PAR AN Tous droits sur les articles et les reproductions sont réservés pour tous pays. Les modèles publiés sont et demeurent la propriété de leurs auteurs ; toutes les reproductions ou les imitations, même partielles, sont interdites et seront poursuivies par les auteurs. PRIX DE L'ABONNEMENT (4 NUMÉROS) : France, fr. : 1.100. — Grande-Bretagne : £ 1.70. — Autres pays d'Europe, fr. : 1.350. Continent américain : $ 5,50. — Autres pays : $ 5,50 ou £ 1.70. LE NUMÉRO EN FRANCE : Fr. 300. Conformément à une décision syndicale : en cas de changement de prix, les abonnés seront servis jusqu'à concurrence de la somme figurant à leur crédit. À toute demande de changement d'adresse joindre 20 francs en timbres-poste. Cheques postaux, Paris 261.69. LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS 2, RUE DE L'ÉCHELLE, PARIS, OPÉRA 69-38 --- PARNOVÉZET MUZEUM DE ISKOLA KONYVTARA. --- CE NUMÉRO A ÉTÉ ÉTABLI SOUS LA DIRECTION D'ALBERT LÉVY PAR BORIS J. LACROIX BERNARD CHAMPIGNEULLE construire artistique --- ART & DÉCORATION NUMÉRO 13 CHEF DE PUBLICITÉ ANDRÉ J. BAHRY (B.I.C.)

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VACANCES Existent-elles vraiment, ces vacances? Pour combien comptent-ils ces deux ou trois mille jours — dit Gallup — que dans toute une vie nous consacrons aux loisirs et délassements? N'est-ce pas à les préparer d'abord, à les évoquer ensuite que nous en tirons le meilleur? Nous faisons des projets de vacances, nous avons des souvenirs de vacances. Quant au moment précis, comment le vivons-nous? Nous dormons au soleil quand ce serait au contraire l'instant de tout observer sous son vrai jour. En chaussons sur la mer de Glace, pieds nus sur les rochers bretons ou agitant à la proue d'un yacht son chapeau de panama, l'homme, soudain, redevient lui-même... Tel qui à la ville se veut financier-féroce n'est plus au bord de la rivière qu'un pêcheur bonasse qui rejette à l'eau les poissons qu'il n'a pris que pour son plaisir. Aux champs, la langoureuse révèle bien souvent un tempérament boy-scout, et je connais une créature qui passe dans Paris pour distraite et sentimentale et qui pourtant ne partirait pas en week-end sans mettre dans ses bagages un presse-purée et une clef anglaise! Oui, le loisir trahit son homme... Pères de famille nombreuse qui se délassent en jouant les Robinsons dans les taillis de Fontainebleau; enfants pâles de la zone qui, dans les bois de Meudon, poussent sagement les cris de la jungle et cherchent la trace du Grand Caribou. Jeunes femmes qui mettent un col marin pour diner au bord de la Marne... Attendrissantes familles de marché noir qui roulent Cadillac sur la Côte d’Azur, pêchent au fusil sous-marin et se demandent, à table, comment découper le poisson! Et les maisons! Leur aspect, leur agencement trahissent non plus tant le goût du PHOTOS MAUFROID. MAUNY : L'aménagement intérieur des premières classes et du wagon-bar, dans le train Paris-Strasbourg, monté sur pneus.

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PHOTOS JEAN COLLAS. RENÉ GABRIEL. Dans un petit hôtel du pittoresque département de l'Aube, les nécessités de la reconstruction ont permis une réfection complète de l'intérieur. Autour du bar, monté en briquettes apparentes, et sous un plafond aux solives en bois naturel, se groupent jauteuils, chaises, tables et tabourets en chêne clair, tous exécutés en grande série ; la qualité de ce mobilier jointe à celle d'une architecture intérieure bien équilibrée suffisent à donner un charme accueillant à un ensemble sans prétention. Dans chaque petite chambre de cet hôtel, l'espace a été utilisé au maximum, sans rien sacrifier du confort et de l'agrément. La table-bureau, à dessus de linoléum, ne fait qu'un avec la commode (qui de ce fait n'en est plus une), son dossieret, qui sert d'appui à la tête du lit, l'encadre jusqu'au pied en se retournant le long du mur. C'estomme imprimée de René Gabriel. EN HAUT DE CETTE PAGE : RENÉ GABRIEL. Petite chambre à deux lits de métal laqué.

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JEAN ROYÈRE, Coin de jardin avec cheminée d'extérieur. Meubles en métal laqué orange sangle de toile verte, le plateau de la table est en opaline blanche. Dallage en comblanchien de la Société Française de Marbrerie, muret en briquettes des établissements Carré. Ensemble présenté au Salon de l'Imagerie. propriétaire que les penchants de tout un peuple. En France, nous poussons le respect du passé jusqu'à l'amour des ruines, et ce qui fut peut-être un bien commence à devenir un mal. Rien de plus traditionnel — même de mauvais goût — que nos demeures d'été, depuis la fausse chaumière jusqu'au pastiche de Versailles. Aucune hardiesse. A peine se permet-on le parasol orange dans le jardin à la française. Ces demeures qu'on devrait bâtir pour les enfants, pour l'avenir, semblent plutôt érigées en mémoire d'aïeux pourtant bien oubliés, ou bien qu'on n'a point eus. La résidence d'été ne devrait-elle pas au contraire être l'image de la maison future ? En un temps où Einstein, Joliot, Labarthe nous promettent pour bientôt le week-end aux Pyramides, le pique-nique en hélicoptère, les grandes vacances dans la lune, ne pourrions-nous, à terre, laisser les architectes prendre quelques risques plaisants? Ainsi l'on a bâti — si l'on peut dire — en Italie, une toute petite maison suspendue qui s'accroche aux arbres, une chambre en l'air, un nid dans le feuillage. Un paradis céleste... En Amérique, autre chose : dans le désert, un trou ; dans ce trou, de l'eau ; autour de cette eau, des plantes vertes géantes; autour d'elles, enfin, la maison circulaire, dont les parois vitrées ne s'ouvrent que sur la fraîcheur. Il y a aussi la maison pour sirènes, la maison-radeau, faite pour voguer lentement sur les lacs canadiens... A les regarder on est saisi non du regret du passé, comme ailleurs, mais de la nostalgie de l'avenir. On imagine... on imagine, dans trente ans, ou pas même, M. Verdurin passant en rocking-chair à travers les nébuleuses... Nicole VEDRÉS Intérieur de l'avion « Lanquedoc-161 » (Air France).

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Table et hauteurs de jardin laqués blanc, garnis de toile rouge. (Gallot.) LOUIS SOGNOT. Meubles de jardin en rotin et appareil d'éclairage édités par la maison Rougier. RENÉ GABRIEL. Partie dallée dans la cour intérieure d'une petite maison de campagne. Lit de repos roulant à deux places, avec capote en toile assortie aux coussins. (Gallot.) RENÉ GABRIEL. Porteré dallé dans un petit jardin ; dans le carré du milieu l'eau remplace les fleurs.

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PHOTO RIVIERE. PRÉVOSTEAU ET COURCELLES, jardiniers paysagistes. Prolongement extérieur du salon d'une maison subur- baine ; cette salle de verdure ou dallage confortable forme le premier plan d'un jardin surélevé qu'il fallait réunir à l'ancienne demeure sans rien perdre de sa reposante intimité. Le mobilier de jardins, en fer peint blanc, est de la mai- son HUGONET, ainsi que le parasol et le store dont le tambrecquin apparaît au premier plan. De chez Hugonet égale- ment la petite table roulante repro- duite ci-dessus ; un filet à ouvrage et un casier à bouteilles sont astucieuse- ment placés entre les pieds ; remarquer les deux poignées qui permettent de pousser cette table comme une brouette. Ci-dessous : Jardin de villa aménagé par HENRI PASQUIER, architecte paysagiste. Meubles et parasol de Gallot. PHOTO ARMAND MÉTREUX. Canapé suspendu à trois places, avec toit-parasol réglable. (Gallot.)

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PHOTO MARCEL DUPUIS.

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PHOTO MARCEL DUPUIS. ANDRÉ BERTRAND, architecte. Le hall et le salon d'un grand hôtel à Chamonix. Sur la page précédente, depuis la porte à deux battants, en mélèze naturel et glace dépolie — qui sépare le hall d'un couloir de circulation — on aperçoit le tambour d'entrée que flanquent, à droite et à gauche, les comptoirs de la réception. Murs vert gris bleuté, au-dessus d'un soubassement qui est en mélèze naturel comme toutes les boiseries de cet ensable. Une gorge sépare le plafond des murs, elle s'éclaire en même temps que la série de hublots rectangulaires (en verre prismatique Holophane) et fait apparaître ce plafond surbaissé comme suspendu et allégé. Au centre, une rose des vents sculptée entre chaque branche de laquelle apparaît un point de lumière. Un épais tapis uni est venu remplacer la carpette orientale placée provisoirement. Les appliques sont en jet forgé blanc et or. Au centre de ce hall, véritable pivot des pièces de réception, une vaste table ronde en mélèze, à dessus de glace, dont le piétement en jet forgé se prolonge en lampadaire. Vastes fauteuils en rotin naturel garnis de coussins en tapisserie bleu et brun, brun et jaune, etc. La photographie reproduite ci-dessus montre, depuis le hall, le grand salon dont le plafond, simulant un vérum, s'élève hautement, depuis le point bas de la porte sur le hall, jusqu'à 7 mètres, au-dessus des hautes baies, guidant ainsi le regard vers le grandiose panorama du Mont-Blanc, sur lequel donnent toutes les fenêtres du salon. Murs « tabac brun », tapis vert gris bleuté, voilage drapé ivoire ; sièges en rotin aux tapisseries vert, brun, jaune, etc. Le dessus des tables est en bakélite noire.

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SUR LA PAGE SUIVANTE, HORS-TENUE : PIERRE BROC. Mobilier pliant pour un rendez-vous de pêche. Carrelage de la Société Générale des Tuileries de Marseille. D'après l'ensemble présenté au Salon des Artistes Décorateurs de 1949. Edité par Primavera. CI-CONTRE ET CI-BESOUS : ANDRÉ BERTRAND, architecte. Un autre aspect du hall d'hôtel décrit à la page précédente. Au premier plan, amorce de l'escolier conduisant aux étages. Toujours dans le même hôtel de Chamonix, le bar faisant suite au grand salon. Murs blancs, boiseries et platond en mélèze naturel, dessus de bar est bakélite noire. Appliques en céramique de Jouve. PHOTOS MARCEL DUPUIS

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