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ART ET DÉCORATION FÉVRIER 1925 ANDRÉ DERAIN, PAR ROBERT REY. — LES BRONZES CHINOIS, PAR RAYMOND KŒCHLIN. — OSCAR MIESTCHANINOFF, PAR YVANHOE RAMBOSSON. — CHRONIQUE : INFORMATIONS, EXPOSITIONS, VENTES, ETC. PLANCHE HORS TEXTE : BRONZE CHINOIS, ÉPOQUE TSOUEN. EDITIONS ALBERT LEVY LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS 2 RUE DE L'ÉCHELLE - PARIS CE NUMÉRO : France : 7 fr. Étr. 8 fr.

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ART ET DÉCORATION et l'Art Décoratif REVUE MENSUELLE D'ART MODERNE Rédacteur en Chef : Léon Deshairs 29e année. — N° 278 Tous les droits sur les articles et les reproductions sont réservés pour tous pays. Les articles parus dans Art et Décoration deviennent la propriété de la revue. Les modèles publiés dans la revue sont et demeurent la propriété de leurs auteurs, toutes reproductions ou imitations même partielles, sont interdites et seront poursuivies par leurs auteurs. Le Numéro --- France . . . 7 francs --- L'Abonnement : France . . . 70 francs --- Étranger . . . 8 francs --- (12 numéros) Étranger . . . 85 francs --- L'année parue (de 1920 à 1923 inclus), brochée : 72 fr. Reliée, en 2 volumes : 96 fr. (Étranger, port en sus) L'année 1924, brochée : 84 francs. Reliée, en 2 volumes : 108 francs (Étranger, port en sus) Emboîtages (chaque emboîtement contient un semestre), 8 fr. (Port en sus : France, 2 fr. Étranger, 3 fr.) --- ÉDITIONS ALBERT LÉVY LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS 2, Rue de l'Échelle, PARIS (1er) Compte chèques Postaux 6690 R.C. Seine 64696 Téléphone Louvre 33-87 --- EDGAR BRANDT 101 BOULEVARD MURAT.PARIS TEL.AUTEUIL 07-95 12-40 REGISTRE DU COMMERCE DE LA JEINE N° 116370 FERRONNERIES LUSTRERIE OBJETS D'ART EXPOSITION PERMANENTE

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ART ET DECORATION H. MORAND & Cie FERRONNERIE LUSTREIE EXPOSITION: 32, B4 Haussmann, PARIS (Opéra) TÉLÉPHONE: MARCADET 24-90 99, Boulev. de la Liberté, LILLE FABRICATION: 13, Pass. de l'Élysée-des-Beaux-Arts PARIS (XVIIIe) TÉLÉPHONE: MARCADET 24-90 ET 24-91 R.C. Seine 79.420 H. ROLATO-PÉTION Ancienne Maison REIS, fondée en 1886 13 et 15, Rue Taitbout, PARIS Appareil d'éclairage FERRONNERIE ET SERRURERIE D'ART Paul KIS 2, rue Léon-Delhomme, PARIS-XVe Tél. Séguir 71-22 — N.S. Vaugirard — R.C. Seine 44.181 Cache-Radiateur MAISON FONDÉE EN 1720 P. et A. PICARD FABRICANTS DE QUINCAILLERIE DÉCORATIVE POUR LE BATIMENT A.P.C. 4, RUE SAINT-SAUVEUR, 4 PARIS R.d.C. No 8147 (Seine)

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ART ET DECORATION Les Éditions ALBERT LÉVY présentent en février TAPIS TURCS 30 magnifiques planches en trichromie de format in-quarto sur papier pur fil et contenues dans un élégant portefeuille Aucun ouvrage n'avait été consacré jusqu'à ce jour à un ensemble de Tapis Turcs. Nous avons voulu combler cette lacune en présentant un choix de ces magnifiques ouvrages des xve, xvi° et xvii° siècles d'autant plus recherchés qu'ils sont plus rares : Tapis à décor géométrique du type le plus ancien, Tapis à fond rouge et à décor jaune, Tapis au décor géométrique sur fond blanc dits « à oiseaux », Tapis d' « ousak », Tapis de Transylvanie, Tapis de prière, etc... La qualité de ces trente reproductions en couleurs, d'une fidélité parfaite, le luxe de leur présentation, la beauté de ces types de tapis inédits encore pour la plupart, l'introduction et les notices de Jules de VEGH, Directeur du Musée Hongrois des Arts Décoratifs et de Monsieur Ch. LAYEZ, Conservateur du dit Musée font d'un tel recueil un instrument de travail et d'étude absolument remarquable en même temps qu'un magnifique ouvrage de bibliothèque. Prix de l'ouvrage ... 200 fr. (Envoi de spécimens et notices sur demande) --- En complément à leur revue « ART ET DÉCORATION », les Editions ALBERT LÉVY présentent une documentation unique sur le mouvement architectural moderne dans L'ARCHITECTE Publiée avec le concours de la Société des Architectes diplômés par le Gouvernement « L'ARCHITECTE » étudie les principales manifestations de l'activité constructive contemporaine en France et à l'Etranger en de magnifiques planches hors-texte en héliogravure et commentées dans des notices techniques avec plans, coupes, élévations, etc... PARMI LES ARTICLES PARUS EN 1924, CITONS - L'Enseignement de l'Architecture ... P. ABRAHAM. - Le plan d'extension de Toulon ... A. DERVAUX. - La nouvelle annexe des Magasins du Bon Marché ... M. ROUX-SPITZ. - Exhortation aux Architectes de s'intéresser aux Jardins ... A. VÉRA. - Les lois de la construction moderne aux Pays-Bas... H. ASSELIN. LES ŒUVRES QUI ONT RETENU L'ATTENTION DU COMITÉ DE DIRECTION sont présentées en 83 PLANCHES hors-texte et 146 CROQUIS, plans, coupes et reproductions photographiques. ELLES SONT SIGNÉES TONY GARNIER; FREYSSINET; BERLAGE; A. & G. PERRET; J. HOFFMANN; F. LE COEUR; J.-M. AUBURTIN; A. GODARD; R. ACKE; H. TAUZIN; R. DANIS; L.-H. BOILEAU; M. BRAILLARD; H. FAVIER; A. MAISTRASSE; DROZ & MARRAST; A. & P. VERA; BUVOET & DUIKER; SAUVAGE & SARRAZIN; V.-M. DUDOK; L. BÉVIÈRE; R. OSTBERG; A. LAPRADE; ETC... L'année 1924 de « L'ARCHITECTE » forme un magnifique recueil 1 volume sous portefeuille ... 120 fr. --- AUX ÉDITIONS ALBERT LÉVY Librairie Centrale des Beaux-Arts 2, Rue de l'ÉCHELLE, PARIS (1er) R. C. Seine 64.696

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ART ET DÉCORATION Le Batik Français et Madame PANÇON - robes - foulards - capes - écharpes - sacs - châles - blouses - dresses - neckerchiefs - capes - scarfs - bags - shawls - blouses 64, rue La Boëtie Paris Tél: Elysées 52-05 --- MAISON FEIST fondée en 1867 PEINTURE-VITRERIE-TENTURE MIROITERIE-DORURE DECORATION MAGASIN d'EXPOSITION 72 rue de MIROMESNIL Wagram 01-04 MAISON PRINCIPALE: 13 rue BELLEFOND Trudaine 15-98 --- CHEMINS de FER de PARIS à ORLÉANS LISBONNE. — Tour de Belem. --- Voyages au Portugal Il est délivré au départ de Paris-Quai d’Orsay : Des billets simples et aller et retour individuels en 1re, 2e et 3e classes : a) Pour Lisbonne-Rocio, Porto-Campanhã, Guarda, Pampilhosa, Entroncamento et Coimbra, via Fuentes d’Oñoro-Villarformoso ; b) Pour Lisbonne-Rocio Entroncamento, Coimbra et Porto-Campanhã, via Madrid-Valencia d’Alcantara. c) Pour Porto-São Bento, via Barca d’Alba. Durée de validité des billets simples, 9 jours ; des billets d’aller et retour individuels, 45 jours. Train rapide de luxe quotidien “Sud-Express” entre Paris-Quai d’Orsay et Lisbonne. Les paquebots de la ligne Bordeaux-Maroc de la Ci Gi Transatlantique font escale à Lisbonne ; l’attention du public est attirée sur l’intérêt que présente cet itinéraire pour les voyages à destination ou en provenance du Maroc. Lisbonne est également port d’escale des paquebots de la Ci Sud Atlantique à destination de l’Amérique du Sud, en provenance de Bordeaux. Pour tous renseignements, consulter le Livret Guide officiel de la Compagnie d’Orléans. --- NICS FRÈRES FERRONNERIE-SERRURERIE 98 — Avenue Félix-Faure — 98 Téléphone Ségur 49-77 EXPOSITION PERMANENTE R. C. Seine 154.734

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ART ET DECORATION Les chiffres et cachets étaient jadis « parfaits » lorsqu'ils exprimaient toutes les lettres du mot, tel le « Karolus » de Charles le Chauve et imparfaits « lorsqu'ils n'étaient composés que de 2 ou 3 lettres, comme en témoigne la pièce frappée sous Constantin aux deux premières lettres du mot « Christ » Leur usage, qui se répandit surtout au Moyen âge pour la plus grande gloire des étendards, fut longtemps l'apanage des rois, des grands seigneurs et des évêques qui apposaient leur chiffre au bas des écrits, en manière de noble signature. Aujourd'hui le monogramme est plus que jamais en faveur, il est la marque de la possession, le signe de la personnalité. Composés des initiales des prénoms, et du nom, d'un paraphe, d'un emblème, il est devenu l'objet d'études approfondies aboutissant à de véritables petits chefs-d'œuvre. Sous la direction de M. VUITTON, « La Pleiade », groupe d'artistes, élabore sans cesse de nouvelles combinaisons de chiffres et c'est un plaisir que de s'adresser à LOUIS VUITTON, 70, CHAMPS-ELYSEES PARIS, pour se faire dessiner un monogramme, monogramme qui trouvera sa place sur le portefeuille, ou sur le sac de dame, qui sera incrusté sur la brosserie, gravé sur l'orfèvrerie, brodé sur la chemise de tennis, ou sur la blouse de golf. Le moindre bibelot revêtu du monogramme de son possesseur prend un caractère de personnalité qui lui donne une valeur particulière. LOUIS VUITTON étudie et dessine tous monogrammes.

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Nature morte — Photo de la Galerie St-Pierre, Lyon — A. DERAIN DERAIN Derain, un des noms que l'actuelle génération prononce avec le plus de gravité; un de ceux que les demi-connaissseurs, accueillent avec cet entendu hochement de tête du curé disant au père de Sébastien Roch “les Jésuites... Oh! dam, les Jésuites...” Le prestige de ce nom est grand et mystérieux. Tout le monde le cite; mais rare ceux qui virent beaucoup d’œuvres marquées de cette signature. On connaît surtout quelques études de tête et des torsos, modelés dans des tons feuille morte; les malveillants disaient: “jus de chique”. Par leur ampleur massive, par l’expression sourde, presque animale des physionomies, ces formes semblent nées d’un sentiment assez comparable à celui d’où sorti- rent les grandes nymphes de Renoir. Mais où Renoir n’avait mis que joie et total aveu, Derain enferme un air de majesté boudeuse, peut-être olympienne, à coup sûr inaccessible aux humaines déconvenues. L’aspect même de Derain et de son atelier —je devrais dire de son antre— nous explique ses rêves. L’homme est énorme et pesant. La tête aux paupières somnolentes s’ente court entre les épaules. La simplicité du masque rasé, taillé en quelques plans, la bouche étroite, aux dents écartées, aux lèvres minces, est trompeuse. On sent qu’une méfiance vigilante monte la garde derrière ce front bas. Et le mutisme de l’abord, le dandinement de ce corps

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ART ET DÉCORATION Vue des Martigues, 1913 (Musée d'Essen) - Photo de la Galerie Simon - A. DERAIN puissant, les quelques mots hésitants où grasseille un accent de faubourg, ne peuvent mentir longtemps. Derain observe l'homme qui lui parle et qui veut crocheter sa pensée. Ne va-t-il pas falloir se livrer au jeu fastidieux des mots mal employés et des inutiles rectifications? Le visiteur mérite-t-il que Derain quitte, pour sa compagnie, celle des choses inanimées dont il se fait une cour si discrète et pourtant si profondément éloquente? Ce sont bien des meubles de peintre ou de sculpteur qui chargent le plancher de cet atelier sans prétention. Pourtant on éprouve là plutôt l'impression d'être chez une manière d'alchimiste ou de sorcier; et qu'on dérange une méditation où d'éblouissantes vérités apparaissaient à travers des ustensiles absurdes. Se trouve-t-il chez Derain des cornues des crocodiles ou des hiboux empaillés?

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DERAIN A. DERAIN Non; mais presque. On y voit des masques et des statues que nous disons encore, tout simplement, “Nègres”, Derain ne tombe point dans l’esthétisme; et s’il goûte la hauteur de ton et d’expression de ces masques, il voit ou pressent la somme de divination et d’initiation qui leur donna leur forme et surtout leur sens. Chacun d’eux est comme la matérialisation enfin aboutie de concepts météorologiques, religieux, qui s’enchaînent et s’harmonisent, nés d’une entité divine. Dans le même ordre d’idées, mais à l’inverse, Derain peut contempler sans irritation, voire sans horreur, deux têtes de cire deux têtes “de coiffeur”, plus mortes que des têtes coupées, posées sur une table, et qui symbolisent l’absolu du néant dans l’expression de la forme. Sur une étagère, ce sont des polyèdres en cristal. La matière a déjà par elle-même son caractère, comme une face en état de sommeil. On constate auprès de Derain un phénomène rare et curieux et qui peut-être explique ce que je crois voir de particulier dans son art. Il parle peu; mais sa confiance une fois captée, apparaît, en quelque sorte, l’initié. La vie sousjacente des choses est constamment poursuivie et scrutée, à travers leur aspect extérieur, par sa pensée à la fois calme et avide. On dirait qu’il a rendu familière, dans ces objets parmi lesquels il vit, la vie cachée qu’ils contiennent enclose; et que là, dans cet atelier, elle ose se montrer à fleur de forme. Telle petite chose en étoffe, en métal, pas

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ART ET DÉCORATION A. DERAIN même ancienne, qu'on n'eut point remarquée dans une vitrine ou sur une sparterie de la foire aux puces, montre là, soudain une physionomie digne de considération. C'est bien un antre que cet atelier; antre d'un alchimiste qui, lorsqu'il touche un morceau de fer, de bois ou d'ivoire, entend, avec les papilles de ses doigts, la voix mystérieuse qui chante dans les molécules même du fer, du bois et de l'ivoire. Ce qui domine dans cet homme et dans cet art c'est l'obsession de l'occulte. Cette vie secrète de la matière et des formes, c'est elle qu'il importe à Derain de voir et de fixer sur la toile. Elle est très perceptible, mais elle n'est point verbalement dicible. La traduire par la voie du symbole littéraire, comme l'ont fait Puvis et Gustave Moreau, ne correspond

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DERAIN absolument pas à l'intime vœu de Derain. Tout au plus pourrait-on dire que Gauguin et Odilon Redon ont éprouvé un désir sensiblement analogue. Il serait donc très erronné de prétendre que Derain s'exprime par des moyens poétiques ou traduisibles en jeux verbaux. Son pouvoir de suggérer n'emploie que la plastique, il est exclusivement d'un peintre. On sent que Derain connaît les musées et les maîtres: Vinci, le Tintoret, Magnasco... C'est dans la lignée des peintres qui perçurent à sa façon la présence constante de certaines entités sous des formes momentanées, accidentelles et variables qu'il faut chercher sa filiation artistique. On arrive rapidement à ceux dont l'âme pieuse s'ouvrait aux possibilités de l'inconnu, à la majesté des choses divines et durables; aux peintres et aux graveurs populaires du début du XVIIe siècle. A. DERAIN Et, de fait, je ne sais quel archaïsme étrange émane de certaines œuvres de Derain. Il y a, par exemple, dans la collection privée de M. Paul Guillaume, une grande nature morte. Elle représente, sur une table de bois, des cruches, des linges, du pain je crois, quelques fruits. Rien ne date ces objets. Ils auraient pu servir dans une nature morte de Courbet. Mais ils ont je ne sais quelle uniformité sombre. On les dirait éclairés par un jour de couloir, en quelque couvent de capucins. Ils répandent une odeur de dépense ecclésiastique; et c'est cet air que devaient prendre, à la tombée du jour, les miches, les brocs et les langes, sur les tables, au fond des Val-de-grâce, après que s'en étaient allés, leurs œuvres de charité accomplies, les cavaliers et les belles dames d'Abraham Bosse. Une autre toile de la même collection montre un Arlequin et un Pierrot. Ils dansent, de face sur un fond de ciel. Leur A. DERAIN