Extrait
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
Page 1
Document Title
Section 1
Subsection 1.1
- Item 1
- Item 2
- Item 3
Subsubsection 1.1.1
- Item A
- Item B
- Item C
Subsection 1.2
1. First item
2. Second item
3. Third item
Section 2
Subsection 2.1
Bold text
Italic text
`Code block`
> Blockquote
Column 1
---
Column 2
---
Column 3
---
Row 1
---
Data
---
Row 2
---
Data
---
Row 3
---
Data
---
$$
E = mc^2
$$
$ \int_{a}^{b} f(x) dx $
$ \sum_{n=1}^{\infty} \frac{1}{n^2} $
$ \log_{e}(x) = x $
$ \text{Reference 1} $
$ \text{Reference 2} $
$ \text{Footnote 1} $
$ \text{Footnote 2} $
$ \text{Page Number: 1} $
$ \text{Header: Header Text} $
$ \text{Footer: Footer Text} $
$ \text{Figure Caption: Figure Description} $
$ \text{Diagram: Diagram Description} $
$ \text{Flowchart: Flowchart Description} $
$ \text{Logo: Logo Description} $
$ \text{Symbol: Symbol Description} $
$ \text{Icon: Icon Description} $
$ \text{Text Box: Text Box Content} $
$ \text{Callout: Callout Content} $
$ \text{Annotation: Annotation Content} $
$ \text{Watermark: Watermark Description} $
$ \text{Stamp: Stamp Description} $
$ \text{Signature: Signature Description} $
$ \text{Form: Form Description} $
$ \text{Checkbox: Checkbox Description} $
$ \text{Scientific Notation: Scientific Notation Example} $
$ \text{Chemical Formula: Chemical Formula Example} $
$ \text{Statistical Data: Statistical Data Example} $
$ \text{Measurements: Measurements Example} $
$ \text{Units: Units Example} $
$ \text{Special Characters: Special Characters Example} $
$ \text{Formatting: Bold, Italic, Underlined, Strikethrough} $
$ \text{Column Layout: Column Layout Example} $
$ \text{Borders: Borders Example} $
$ \text{Lines: Lines Example} $
$ \text{Dividers: Dividers Example} $
Page 2
REVUE
DES
ARTS DÉCORATIFS
TOME XX
Page 3
BORDEAUX
IMPRIMERIES G. GOUNOUILHOU
9-11, RUE GUIRAUDE, 9-11
TOME XX
Page 4
L'ART DANS LA VIE CONTEMPORAINE
REVUE DES ARTS DÉCORATIFS
VINGTIÈME ANNÉE 1900
DIRECTEUR : VICTOR CHAMPIER
PARIS
14, RUE SAINT-LOUIS-EN-L'ILE, 14
Page 5
Nouvel Opéra-Comique
Revue des Arts décoratifs
$\mathcal{R} \text{ cullig}$
Raphael Collin, pinceit.
Eulé
pour
le plafond
Tomp L. Bux
Page 6
E. MOREAU-NÉLATON. — Poteries décorées de la Tournelle.
L'EXPOSITION DE LA RUE CAUMARTIN
A Maurice Guillemot.
Une Revue a publié récemment une attaque à fond de train contre l’Art nouveau ou, plutôt, contre ce qu’on est convenu d’appeler l’Art nouveau, car cette expression, par elle-même, ne précise rien et pourrait indifféremment étiqueter toutes les évolutions cérébrales et toutes les modifications apportées aux formules esthétiques de l’humanité. Par exemple, le Parthénon s’est manifesté comme « modern style » par rapport au temple d’Égine, et l’ogive a poussé un cri de révolte exaspérée en chassant le plein cintre, tyranniquement implanté dans l’architecture. Or, l’abatage que je signale m’a ravi.
Il y a une quinzaine d’années, quand trois ou quatre critiques, dont j’étais, proposèrent d’abandonner le recopiage automatique des styles disparus et d’essayer de réagir contre la dévirilisante torpeur dans laquelle nous nous engourdissions, un silence méprisant répondit à ces ridicules divagations, et les chevaux de bois continuèrent à tourner, montrant tour à tour au public ravi
E. MOREAU-NÉLATON
Poterie décorée de la Tournelle.
Page 7
REVUE DES ARTS DÉCORATIFS
les beautés légèrement défraichies des styles Henri II, Louis XIII, Louis XIV, Louis XV, Louis XVI et Empire, chacun prenant son rang, au hasard de la mode et du snobisme, chacun acceptant un numéro d'ordre comme à un bureau d'omnibus. La création, au Salon du Champ-de-Mars, d'une section d'objets d'art, en 1890, étonna, intéressa même, mais n'amena nullement les masses à résipiscence. Tapissiers, ébénistes, ornemanistes, modelleurs, verriers, céramistes, tisseurs, architectes continuèrent à moudre la même ren-gaine sur leurs orgues de Barbarie fatigués. Pourtant, le mouvement en avant s'accen-tuait, les énergies se réveillaient, les efforts se multipliaient, le nombre des néophytes grossissait, la graine jetée au vent se levait en moisson luxuriante, l'idée s'imposait triom-phante, l'Art nouveau se glissait à la queue et réclamait sa place au soleil. Aujourd'hui, puisqu'on le vilipende, c'est qu'il existe, c'est qu'il faut compter avec lui, c'est que le ciron, l'atôme, le néant sont devenus quelque chose, et, sans s'en douter peut-être, notre brillant adversaire a légalisé son certificat de vie.
Certes, l'enfant n'a pas atteint sa majorité; faible, hésitant, entouré de malveillances, honni de l'Institut, mis en quarantaine par l'État, il mérite une
A. JORRAND. — Cantonnières en tapisserie basse lisse.
Page 8
L'EXPOSITION DE LA RUE CAUMARTIN
partie des reproches qu'on lui adresse et pâtit de toutes les incapacités qui se réclament de lui quand elles ont échoué partout. Maintenant, toutefois, qu'il possède un état civil, nous pouvons le juger avec équité, le critiquer sévèrement au besoin, sans craindre d'anéantir le germe si frêle sur qui reposaient nos plus chères espérances, sans appréhender de décourager les
Jean DAMPT. — Table à écrire.
bonnes volontés encore hésitantes. L'Art nouveau rentre dans le droit commun et n'a plus besoin de cette bienveillance compatissante qu'on accorde aux erreurs d'un bébé.
Il est, du reste, indispensable de comprendre que la formule actuelle doit sinon disparaître, du moins se modifier sensiblement d'année en année, de mois en mois, de jour en jour, si la théorie génératrice continue à être logiquement et loyalement appliquée. Là, en effet, se dresse un écueil dont se méfieront sagement les vaillants artistes qui luttent avec tant d'ardeur contre la routine. Indépendantes aujourd'hui, leurs œuvres tourneraient au plus banal pompiérisme, s'ils jugeaient que le but est atteint et s'ils s'assoupissaient sur leurs jeunes lauriers.
Page 9
REVUE DES ARTS DÉCORATIFS
La cinquième Exposition des Six, à la Galerie des Artistes modernes, m'offre une excellente occasion de m'expliquer à ce sujet et j'en profite avec empressement.
D'abord les académies, les coteries, les petites chapelles, les bastilles ou les gros fromages servant de retraite aux rats repus, sont haïssables, à droite comme à gauche, car un sectaire athée me paraît aussi dangereux qu'un sectaire dévot. L'Art n'est-il pas le patrimoine sacré de tous? Ne serait-il pas monstrueusement égoïste d'accaparer, en faveur d'un seul, les résultats d'études dont le moteur est un faisceau d'idées, une coordination de forces ambiantes, un résumé d'influences anonymes sans lesquelles le cerveau le mieux préparé resterait stérile? On ne saurait, en conséquence, assez louer M. Chaine, esprit éclairé et libéral, impresario exceptionnel d'une troupe d'élite, qui a tenu à ouvrir les fenêtres et à desceller les verrous de sa Galerie de la rue Caumartin, afin de transformer le Salon des Six en Salon des Neuf et même des Onze, en attendant qu'il devienne Salon tout court. Les jeunes ont le droit de profiter des succès des anciens et les arrivés ont le devoir d'aider les débutants. Dans un monde qui affecte de mépriser le vil métal et de se nourrir uniquement de pur idéal, les questions de boutique, d'argent, de rivalité et de concurrence commerciale semblent lamentablement déplacées.
Alexandre CHARPENTIER. — Porte-manteau.
Page 10
L'EXPOSITION DE LA RUE CAUMARTIN
Si le cercle s'est ouvert matériellement, ne se souderait-il pas, artistiquement parlant? Ainsi les Cantonnières en tapisserie basse lisse de M. Jorrand m'ont donné l'impression, un peu pénible pour un artiste aussi original, du déjà vu. L'iris et le tournesol, trop modelés, formant le motif de la décoration, finiront par faire prendre en grippe ces deux malheureuses fleurs si elles deviennent le canon immuable, la tarte à la crème du «modern style». Le symbolisme, qui
parait plus vieux que les Pyramides, s'est suicidé avec le lys hiératique qui, à la longue, prenait l'aspect fantastique d'un colossal rasoir; renouveler l'expérience avec l'iris ou le tournesol amènerait peut-être d'aussi regrettables résultats.
Heureusement, une admirable carpette, somptueusement composée et délicieusement lavée de bleu sombre, de vert pâle et de rose éteint, remet au point M. Jorrand dont le voisinage, écrasant pourtant, ne nuit pas au tapis de galerie de M. Aubert, mieux inspiré là que dans ses étoffes tissées, qui m'ont paru grêles et sèches.
M. Dampt, ce délicat et poétique chercheur, dont la chaise d'enfant restera comme un modèle de grâce, a envoyé rue Caumartin une table à écrire sobre, simple, pratique, menuisée dans un joli bois clair marbré de veines jaunes, et agrémentée de bronzes émaillés un peu trop cherchés, un peu trop bijoux pour l'ensemble, mais bien signés d'un artiste.
M. Alexandre Charpentier emboîte le pas et, lui aussi, s'attaque au meuble. En attendant le morceau capital qu'il prépare, dans le mystère, pour l'Exposition universelle, il expose une chaise et un fauteuil de salon dessinés avec souplesse
Page 11
REVUE DES ARTS DÉCORATIFS
et précieusement sculptés de pavots dans la frise du dossier. L'ensemble est charmant, la mouluration élégante, la tonalité agréable; ces bois sont, à mon sens, supérieurs aux meubles d'antichambre que je trouve un peu rébarbatifs et d'une silhouette trop raide. Et puis la peau de Suède qui les recouvre m'inquiète, car elle me semble bien susceptible pour... ganter les domestiques ou la triste théorie des postulants qui assiègent généralement la porte des riches. A noter, en tout cas, que M. Alexandre Charpentier vole de ses propres ailes et n'emprunte de formule à personne.
MM. Charles Plumet et Tony Selmersheim, les frères siamois du succès, boivent, eux aussi, le vin de leurs vignes et mangent le pain de leurs champs; sans se répéter toutefois, ils conservent ces formes souples et gracieuses, ce respect de la matière, ce soin dans l'exécution, ce sens de l'harmonie qui, dès le début, fixèrent
Henri SAUVAGE. — Porte-musique.
sur eux l'attention. La salle à manger dont les chaises sont recouvertes de cuirs pyrogravés, pimpante, accueillante, ensoleillée, joyeuse, exciterait l'appétit le plus récalcitrant, car, pour les nerveux que nous sommes, l'extériorité des choses exerce une influence tyrannique sur l'organisme. Deux reproches: le motif répété des chaises aurait gagné à être varié au moins deux ou trois fois, et les pieds de la table, trop pattes d'éléphant, paraissent plutôt modelés dans la glaise que taillés dans le bois. Le salon fleure bon la distinction et le luxe discret, mais je le trouve légèrement cabinet de travail, légèrement veuve
Henri SAUVAGE. — Chaise de bureau.